Ambroise Dubois, né à Anvers vers 1570, mort à Fontainebleau le Avon, archives communales, registre paroissial, Sépultures, 1610-1637, feuillet 10 verso - reproduit in , et discussion . La date de son décès était fixée au jusqu'à ce que Wirth consulte les documents : première inexactitude de lecture, l'écriture de l'enregistrement se lit comme et non 29; mais surtout en considérant que le feuillet paroissial s'étend de juillet 1618 à février 1619, et que l'enregistrement se situe entre un précédent du 13 janvier et un suivant du 15, Wirth a mis en évidence l'inversion erronée des chiffres 4 et 9 de l'écriture : versus . Quant à la date du parfois renseignée, elle est celle figurant sur sa pierre tombale - date manifestement erronée cf. . est un peintre français d'origine brabantçonne, de la seconde école de Fontainebleau.
Biographie La vie d'Ambroise Dubois est assez mal connue. Concernant sa naissance, la seule certitude est le lieu : Anverscf. lettre de naturalité du , reproduite in et l'inscription de sa pierre tombale, reproduite in . Sans aucun justificatif documentaire, sa date de naissance a traditionnellement été renseignée à 1542 ou 1543. Wirthcf. synthèse in qui n'a - malgré l'étendue de ses recherches - pu trouver de documents certains à Anvers, propose de la situer désormais vers 1570Ses principaux arguments sont : l'absence d’œuvre conservée ou mentionnée avant 1595; la date de ses premiers travaux pour Henri IV (v. 1595-1600), réalisés selon Félibien peu après ses 25 ans; son absence du Schilder-Boeck de Van Mander paru en 1604; son autoportrait dans Théagène reçoit le flambeau de Chariclée (1609) où il semble âgé d'une quarantaine d'années; et enfin l'évolution continuelle de son style - peu probable par un peintre qui serait âgé de soixante ans.. La date de son arrivée à Paris est incertaine. Pour Félis, Dubois a exercé à ses débuts comme portraitiste. Il est cité en 1595 comme « peintre du roi » et reçoit plusieurs commandes pour la décoration des intérieurs du château de Fontainebleau, où il restera longtemps et fera la majorité de sa carrière. Veuf de la fille du peintre Maugras, il épouse en 1601 Françoise de Hoey, fille de son collaborateur Jean de Hoey. La même année, il est naturalisé français et anobli. Veuve, Françoise de Hoey épousera par la suite le peintre Martin Fréminet. Dubois devient peintre de Marie de Médicis en 1606.
Si ses œuvres sont majoritairement des tableaux à visées décoratives pour le château de Fontainebleau (murs et plafond du salon ovale décoré de scènes des Amours de Théagène et Chariclée, décors de la galerie de Diane, dont seuls quelques fragments nous sont parvenus, décors du cabinet de la reine avec 23 scènes de l'histoire de Tancrède et Clorinde, tirée de La Jérusalem délivrée du Tasse, et qu'il aurait exécuté avec la participation de Honnet, Dumée, et Bunel selon Sauval et Félibien), on peut aussi noter quelques tableaux remarquables, dont une La toilette de Psyché, Flore ou Allégorie de l'été, Allégorie de la peinture et de la sculpture, Allégorie du mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis (château de Fontainebleau), un Portrait de Marie de Médicis en Minerve (Château de Fontainebleau), un Portrait de Gabrielle d'Estrées en Diane (château de Chenonceau) qui serait en réalité une copie d'après son œuvre. On lui attribue également un ensemble remarquable de dessins (conservés au Pierpont Morgan Library de New York, au musée du Louvre, au musée des beaux-arts de Rouen, et à l'Albertina museum de Vienne).
On sait également peu de choses sur son fils Jean Dubois le Vieux ( à Fontainebleau? - 1676 à Fontainebleau?), si ce n'est qu'il est l'auteur du tableau du maître-autel de la chapelle de la Trinité du château de Fontainebleau, La Sainte Trinité au moment de la déposition de croix, daté en 1642, auquel est associé un dessin, qui est le seul dessin connu de l'artiste, La Madeleine éplorée (Louvre). Il a également réalisé La Félicité, dit autrefois Portrait de la reine Anne d'Autriche (1642, Paris, Musée du Louvre). Il est nommé valet de chambre du roi, et épouse le Marie Oultrebon, dont il a plusieurs fils : Jean Dubois dit Le Jeune (1645 - 1694) et Louis Dubois (1646 - 1702).
Œuvres
Les index sont ceux du catalogue raisonné de l'œuvre établi par Wirth.
Peintures conservées au château de Fontainebleau
Les murs et voûtes de La Galerie de la Reine, dite de Diane (vers 1600-1605), détruite... La galerie de Diane mesurait 84,50 mètres de long sur 10 de large - de sa décoration complète il n'en reste aujourd'hui que quelques fragments, présentés galerie des Assiettes La Chute de Phaëton (fragment : inv. 4174) (P37) De Jeunes garçons dansent autour du chiffre d'Henri IV que des amours couronnent (inv. 4180) (P41) Jupiter lançant la foudre (inv. 4173) (P42) L'Apothéose d'Henri IV (fragments : inv. 4166, 4173, 4176, 4177) (P43) Neptune se repose sur un dauphin (inv. 4167) (P44) Flore accompagnée des Grâces (inv. 4171) (P46) Junon et Vénus s'entretiennent pendant que les Grâces et les amours font un concert (fragments : inv. 4164, 4165, 4168, 4172, 4181, 4182 et 4183) (P47) La France sous la figure d'une femme est couronnée par des amours (fragments : inv. 4178, 4182 et 4183) (P48) Hercule est reçu au nombre des dieux (fragment : inv. 4179) (P49)
Le Cycle de Tancrède et Clorinde (1601-1606) huit tableaux peints d'après La Jérusalem délivrée du Tasse, pour le cabinet de la Reine (actuel Salon Blanc) du château de Fontainebleau La Naissance de Clorinde (loc. actuelle inconnue) (P69) Le combat de Tancrède et Clorinde, (inv. F1980-4) (P70) Tancrède et Clorinde à la fontaine (inv. F1980-3) (P71) Tancrède devant les murs de Jérusalem (inv. 4160) (P72) L'assaut de Jérusalem (inv. F 3232C) (P73) Clorinde devant Aladin (inv. 4159) (P74) Clorinde incendie la tour, localisation actuelle inconnue (P75) Le baptême de Clorinde (inv. 4161) (P76) Le plafond du cabinet de la reine était orné de six tableaux sur bois d'Ambroise Dubois - seul subsiste : Allégorie du dauphin, futur Louis XIII (inv. 4162) (P77)
Le Cycle de Théagène et Chariclée (15 œuvres, vers 1509-1510) d'après les Éthiopiques d'Héliodore d'Émèse, commande de Henri IV, pour la chambre ovale (dite ensuite cabinet du Roi) du château de Fontainebleau : Le cortège des Thessaliens et de Chariclée (inv. 4144) (P83) Théagène reçoit le flambeau des mains de Chariclée, (inv. 4158) (P84) Le Sacrifice des Thessaliens sur le tombeau de Néoptolème (inv. 4145) (P85) Le songe de Calasiris (inv. 4147) (P86) Le médecin Acestinus visite Chariclée (inv. 4146) (P87) Entrevue de Chariclée et Calasiris (inv. 4148) (P88) L'Enlèvement de Chariclée par Théagène (inv. 4149) (P89) Le Serment de Théagène (inv. 4150) (P90) L'Embarquement de Théagène, Chariclée et Calasiris pour retourner en Égypte (inv. 4151) (P91) Chariclée enlevée par Trachin (inv. F 1980-2) (P92) Chariclée et Théagène blessé sont épiés par des voleurs (inv. 4152) (P93) Théagène soigné par Chariclée (inv. 4153) (P94) Théagène et Chariclée prisonniers des brigands dans l'îles de Patres (inv. 4154) (P95) Le désespoir de Théagène (inv. 4155) (P96) Théagène retrouve Chariclée dans la caverne de l'île des Pâtres (inv. 4156) (P97)
Chapelle haute de Saint-Saturnin La Résurrection, huile sur toile, (fragment : inv. 30392), commandé en 1612 par Marie de Médicis
Les décors du Louvre
Autres : Gabrielle d'Estrées en Diane chasseresse (1595-99), localisation inconnue : pour Wirth l'original (P1) situé sur la cheminée de la première chambre du deuxième étage, au Pavillon des Poêles, a disparu, et les versions de Chenonceaux et Fontainebleau des copies : Huile sur toile, , Chenonceau, Château (PC1) Huile sur toile, , Fontainebleau, Musée national du Château, inv. F 2000.2 (PC2) Flore (vers 1600), huile sur toile, , Fontainebleau, Cour des Princes, inv. F 2001.1 (P68) Allégorie du mariage de Henri IV et de Marie de Médicis, huile sur toile, (inv. F 1986-1) (P3) Allégorie de la peinture et de la sculpture, huile sur toile, (inv. F 3361 C) (P113), peint pour la cheminée de la Volière au bout de la galerie de Diane La toilette de Psyché (d'après Ambroise Dubois), , Fontainebleau (inv. F.3243c) Henri IV en mars pacificateur (vers 1610), Pau, Musée national du château (inv. P.81-20-1) Henri IV en Hercule terrassant l'hydre de Lerne, Paris, Musée du Louvre (inv. R.F. 1997-13)
Œuvres sur papier
Théagène reçoit le flambeau des mains de Chariclée, grisaille, Paris, musée du Louvre Embarquement de Chariclée, dessin, Paris, Bibliothèque nationale de France (réserve B. 15) (D8) Daphnis et Chloé sacrifiant le bouc à Pan, Paris, Musée du Louvre, département des Arts graphiques (inv. 33571) (D16) Daphnis et Chloé épiés par Lycoenion, Bayonne, musée Bonnat-Helleu (inv. RF 50 914) (D17) Le berger Dryas découvre Chloé dans la grotte des nymphes, Hanovre, Landesmuseum (inv. PHz 629) (D18) L'Église militante et triomphante, dessin, Paris, musée du Louvre Toilette de Psyché, sanguine, New-York, The Morgan Library (inv. I, 50) (D20)
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Eugène-Gabriel Leroy, « Documents inédits sur les peintres Ambroise Dubois et Martin Fréminet. Notes sur quelques œuvres d’art de l’abbaye du Lys, près Melun », Revue des sociétés savantes des départements, t. VI, année 1873, 2e semestre, 1874, p. 327-332. Aglaüs Bouvenne, « Epitaphes des peintres Mathieu Soin et Ambroise Dubois (1613-1615) », Nouvelles Archives de l’Art français, 3e série, t. XI, 1895, p. 170. Octave Brissaud, « Ambroise Dubois et les peintures de l’histoire de Théagène et Chariclée au château de Fontainebleau », Revue Henri IV, t. III, 1909, p. 28-43. Sylvie Béguin, « A drawing by Ambroise Dubois », The Art Quarterly, vol. XXII, n°2, été 1959, p. 164-168. Sylvie Béguin, « Deux peintures d’Ambroise Dubois », La Revue du Louvre et des musées de France, n°4-5, 1965, p. 183-190.
Ekhart Berckenhagen, « Dubois, Mellin, Silvestre : zeichnungen des 17. Jahrhunderts für Berlin », Berliner Museen, vol. 21, n°2, 1971, p. 75-80. Boris Lossky, « Ambroise Dubois à Fontainebleau », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, année 1969, 1971, p. 125-135.
Anthony Blunt, « A Drawing illustrating Tasso by Ambroise Dubois », The Burlington Magazine, vol.115, n°838, janvier 1973, p. 38-41.
Sylvain Kerspern, « Une peinture retrouvée d’Ambroise Dubois : la Pentecôte », Notre département : la Seine-et-Marne, n°13, juillet 1990, p. 25. Dominique Cordellier, « Ambroise Dubois : quelques feuilles inédites au Cabinet des Dessins du Musée du Louvre », dans Jean-Pierre Babelon (éd.), Les Arts au temps d’Henri IV, actes du colloque de Fontainebleau, 1990, Pau, Association « Henri IV 1989 », 1992, p. 139-156. Sylvain Kerspern, « Un élément du décor de la chapelle haute du Château de Fontainebleau : la Pentecôte d’Ambroise Dubois », dans Jean-Pierre Babelon (éd.), Les Arts au temps d’Henri IV, actes du colloque de Fontainebleau, 1990, Pau, Association « Henri IV 1989 », 1992, p. 255-258.
Dominique Cordellier, « Breve dialogo tra Francia ed Emilia, a proposito di Ambroise Dubois, Girolamo Mirola e Jacopo Bertoja », dans Michela Scolaro, Francesco P. Di Teodoro (dir.), L’Intelligenza della passione. Scritti per Andrea Emiliani, Bologne, Minerva, 2001, p. 143-159. Danièle Véron-Denise, « Ambroise Dubois (Anvers 1543-Fontainebleau 1614 ou 1615). Flore », Revue du Louvre, la revue des musées de France, 4, octobre 2001, p. 92. Cécile Scailliérez, « Ambroise Dubois (Anvers ? vers 1542-Paris, 1614). Théagène reçoit le flambeau des mains de Chariclée », Revue du Louvre. La revue des musées de France, 5, décembre 2002, p. 88. Stanislas Wirth, Ambroise Dubois, mémoire de DEA sous la dir. d’Alain Mérot, Université Paris IV Paris-Sorbonne, 2003, 4 vol.