Sécurité parisienne est un réseau de la Résistance intérieure française durant la Seconde Guerre mondiale. Il est le seul réseau de résistance intrinsèquement lié au régiment de sapeurs-pompiers de Paris.
Fondé au tout début de l'année par le capitaine Frédéric Curie, dit « Chanal » dans la Résistance, autour d'un noyau composé de quelques officiers du régiment, Sécurité parisienne a été officiellement baptisé en .
Le nom du groupe reprend les initiales des sapeurs-pompiers et de leur devise : .
Par le recrutement interne, Sécurité parisienne a pris rapidement de l'ampleur. Il a été composé d'officiers, de sous-officiers et de sapeurs. Il a compté durant les journées de la Libération de Paris 653 hommes répartis en six compagnies et une compagnie de commandement.
Le , Charles Luizet, tout nouveau préfet de police de Paris, demanda aux chefs de Sécurité parisienne de prendre le commandement du régiment. Le commandant Charles Camus, promu lieutenant-colonel, est devenu le chef de corps et le capitaine Frédéric Curie, promu chef de bataillon, fut son adjointwww.frederic-curie.org..
Sécurité parisienne fait partie des forces gouvernementales chargées de préparer la mise en place du Gouvernement provisoire de la République française du général de Gaulle et composées de gardes républicains, de gendarmes et de sapeurs-pompiers.
Historique vignette|Caserne Château-Landon. Sécurité parisienne a été créée par Frédéric Curie, alors capitaine à la (Vitry-sur-Seine) du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris au tout début de l'année . Frédéric Curie, issu de Saint-Maixent, était entré au régiment, sur sa demande, le .
Nommé tout d'abord à la caserne de Château-Landon, tout près de la gare de l'Est, il effectue ensuite quelques mois à la caserne de Drancy. Le , il s'installe à la (Vieux-Colombier) dans la rue du même nom à un jet de pierre de l'église Saint-Sulpice. Il est l'adjoint du commandant de compagnie.
En compagnie de son chef, le capitaine Lucien Sarniguet, il va mettre sur pied une technique visant à doter de faux papiers des prisonniers évadés des camps ou des colonnes de prisonniers en raison du désordre du moment. Dénoncés, les deux hommes seront arrêtés par les Allemands le et condamné le par un tribunal militaire allemand Mémoire de proposition pour la croix de la Libération. pour .
Frédéric Curie purgera 15 mois de prison à Fresnes, Troyes et au fort d'Hauteville, près de Dijon. Sitôt sa sortie de prison le , il mettra sur pied Sécurité parisienne, en commençant le recrutement en .
Actions Pendant l'Occupation Renseignement Pendant l'Occupation, la première des missions du groupe était la recherche, la centralisation et la transmission de renseignements. Effets des bombardements, objectifs à détruire et manière d'y parvenir arrivèrent à Londres. Les plans des aérodromes, des gares de triage, des centrales et transformateurs électriques, des lignes téléphoniques souterraines importantes furent relevés et des photographies de bombardements furent prisesRapport du capitaine Blanc au ministre de la Guerre, André Diethelm..
Sabotage La seconde mission consistait au sabotage de l'extinction des incendies touchant des intérêts allemands et ce, chaque fois que cela a été possible comme lors du sinistre de l'Organisation Todt à Choisy-le-Roi dans la nuit du au . Sous sa responsabilité, Frédéric Curie détourne une voiture d'incendie, ce qui eut pour effet la destruction d'une grande partie des chantiers de l'organisationL'Agent de liaison, .. Même chose vers le où les itinéraires allemands, détruits ou modifiés, provoquèrent à Choisy-le-Roy, un embouteillage de convois qui dura toute une nuit.
Ravitaillement des maquis Le groupe fit également des transports d'armes à l'intérieur de Paris au profit de maquis des « forces gouvernementales » près de Nemours. Ces maquis rassemblaient en entre . Ils sont commandés par Paul Delouvrier et ont pour mission de d'emmener le général de Gaulle à Paris dans le cas où la ne pourrait le faire.
Le sergent-chef Maurice Lemaire de Sécurité parisienne ira ravitailler ces maquis avec une camionnette chargée de fûts d'essence prélevés sur le stock du quartier Dupleix. Des vivres et des couvertures, prises à des miliciens, bénéficièrent aux mêmes maquisMémoire de proposition à la Croix de la Libération de Frédéric Curie.Citation de Maurice Lemaire à l'ordre de la Brigade du ..
Pendant la semaine de la libération de Paris Prise de commandement du Durant la semaine de la libération de Paris, les sections clandestines de Sécurité parisienne sont opérationnelles mais les actions de résistance ne doivent pas éloigner des missions traditionnelles des sapeurs-pompiers de Paris.
Le , sur ordre du préfet Charles Luizet, préfet de police de Paris et chef des Forces gouvernementales, Sécurité parisienne prend la tête du régiment de sapeurs-pompiers de Paris.
En voici le rapport établi par le capitaine Sarniguet, qui n'a jamais fait partie de Sécurité parisienne, en date du dimanche : .
À la même date, , le colonel Teissier de Marguerittes, dit colonel Lizé, commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du département de la Seine, atteste : Attestation Colonel Lizé (collection particulière)..
Brassards et insignes Les brassards des sapeurs-pompiers appartenant à Sécurité parisienne avaient été confectionnés par les sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde de Vitry-sur-Seine, ville où était basé le poste de commandement de la ainsi que par l'épouse du chef de corps du Centre de secours de Maisons-Alfort et le sapeur BottinEntre autres, rapport capitaine Charron..
Composés d'une bande d'étoffe tricolore, les brassards portaient en leur centre une croix de Lorraine. De chaque côté de celle-ci, étaient imprimées les lettres S et P, pour « Sécurité parisienne ». Le tampon du réseau était appliqué ainsi qu'un numéro à quatre chiffres. Celui des milliers désignait la compagnie clandestine, celui des centaines, la section, celui des dizaines, le groupe et enfin les unités désignait le résistant.
Ces brassards n'ont été distribués, pour des raisons évidentes de sécurité, que le au matin, lors de la prise du commandement du régiment par le lieutenant-colonel Camus et le chef de bataillon Curie.
Quant à l'insigne d'honneur, il ne fut distribué qu'un mois plus tard. C'est un module rond d'environ de diamètre. Sur le pourtour doré est inscrit : . Sur fond bleu et rouge, une croix de Lorraine dorée est enchâssée dans un « V » blanc. Chaque insigne est numéroté en chiffres arabes pour les sapeurs et les sous-officiers et en chiffres romains pour les officiers. Frédéric Curie disposait de l'insigne « ».
Actions de Sécurité parisienne Du au , les missions de Sécurité parisienne furent : liaisons avec la préfecture de police, transmissions de renseignements, captage de messages allemands, ravitaillement en armes, en munitions et en explosifs de la préfecture de police, participation directes à la bataille par la mise à disposition de chefs FFI, nettoyage des toits à partir du , liaisons avec les alliés dont l'état-major d'Eisenhower, du général de Gaulle et de Leclerc et déploiement sous l'arc de Triomphe du premier drapeau tricolore. Sans oublier la sécurisation de la descente des Champs-Élysées par le général de Gaulle le Journaux de marche des unités.www.securite-parisienne-force-gouvernementale.org..
Les sapeurs-pompiers de Sécurité parisienne relevèrent également, sur l'ordre du commandant Curie, les points stratégiques de Paris et de sa banlieue occupés par les Allemands. Le nombre d'hommes et les armes en présence furent scrupuleusement notés ainsi que les rues où étaient construites des barricadesLiaisons, Magazine de la Préfecture de Police, spécial de pour le de la Libération de Paris où à la date du on trouve : . Ces renseignements furent communiqués aux résistants et aux alliés entrant dans la capitale.
Distribution de L'Information officielle des armées de la République Frédéric Curie, franc-maçon depuis Il a été initié à la loge « Les Amis éprouvés » de Montbéliard (Doubs) rattachée au Grand Orient de France. À Paris, il fait partie de plusieurs loges dont Voltaire, Étoile Polaire et La Clémente Amitié qu'il rejoint en . Voir aussi . fait partie du groupe de résistance Patriam Recuperare principalement composé de francs-maçons.
Il côtoie également Pierre Favreau dit docteur Pierre, éminent franc-maçon, qui édite le , du premier journal de la presse parisienne libérée : L'Information officielle des armées de la République.
Le au soir et le , ces Bulletin du Mouvement combattant de Résistance de ..
Liaisons avec les Alliés Le réseau Sécurité parisienne permit à Pierre Favreau de traverser à plusieurs reprises les lignes allemandes. Le , tout d'abord puis le lendemain en compagnie entre autres du sergent Pierre Lemaire, de la de Sécurité parisienne
Après la guerre Le groupe Sécurité parisienne sera reconnu par le Conseil national de la Résistance (CNR), au sortir de la Seconde Guerre mondiale, comme membre du Mouvement combattant de Résistance (MCR), dirigé par Pierre Favreau. Frédéric Curie deviendra même l'un des vice-présidents du MCR, aux côtés du médecin-général Arène, directeur du Service de santé de la région de Paris, et de Jean Le Guen.
Principaux membres René Blanc, premier officier recruté par Frédéric Curie. Charles Camus, qui deviendra, le , le chef de corps du régiment de Sapeurs-Pompiers de Paris. René Beltramelli
Bibliographie . . Chef de Bataillon Arnaud, Histoire des sapeurs-pompiers de Paris, France Sélection, 1958. Bulletin du Mouvement combattant de Résistance, . Revue du Comité d'action de la Résistance, La Voix de la Résistance, , .
Liens externes
Site biographique de Frédéric Curie Site biographique du commandant Julien Charron Détenteur des archives de la sécurité parisienne Site de Patriam Recuperare Memoresist
Notes et références
Catégorie:Réseau ou mouvement de la Résistance française Catégorie:Unité militaire française de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Organisation paramilitaire Catégorie:Brigade de sapeurs-pompiers de Paris