La basilique Saint-Andoche de Saulieu est une église de type roman située à Saulieu, dans le département de la Côte-d'Or (Bourgogne-Franche-Comté). Elle a été construite à partir de la fin du sur un plan clunisien.

Histoire de la basilique Saint-Andoche Les prémices de l'actuelle basilique La basilique actuelle a été construite sur les ruines d'autres édifices religieux antérieurs situés sur le lieu probable de conservation des reliques de trois martyrs chrétiens du , Andoche de Saulieu, Thyrse d'Autun et Félix de Saulieu. Compagnon de saint Bénigne de Dijon et disciple de saint Polycarpe de Smyrne, Andoche aurait été tué avec ses compagnons en 177 par les Romains, sur la route de Saulieu (Sedelocus), date à laquelle l'empereur romain Marc Aurèle fit escale dans la ville. Faustus accompagné de son fils Symphorien auraient alors mis leurs corps à l'abri dans un sarcophage en marbre de Carrare, puis les auraient clandestinement inhumés dans la crypte de saint Andoche. Très rapidement un culte est rendu aux restes des martyrs, attirant de nombreux pèlerins et fidèles qui viennent vénérer les reliquesL'équipe de la pastorale du tourisme de Saulieu, Saint-Andoche de Saulieu, Saint-Priest, éditions Lescuyer, 2009, .Christian Sapin, La Bourgogne préromane, Paris, Picard, 1986, ..

Dans un petit creux souterrain près du lieu de leur martyre, leurs reliques auraient été conservées et seraient devenues lieu de pèlerinage dès leur martyre. En 306, une première église est construite, qui porte déjà le titre de basilique si l'on en croit le testament d'un abbé de Flavigny et Saulieu, (do ad basilicam sancti Andochii)l'Abbaye Saint-Pierre de Flavigny fut fondée en 719 et son premier abbé était Magoalde..

La première basilique est un lieu de pèlerinage fréquenté, y compris par Clovis, Colomban, le roi de Bourgogne Gontran et Brunehaut.

En 447, l'évêque d'Auxerre, saint Germain, vint vénérer les reliques de la basilique alors qu'il se rendait à Ravenne en Italie. Au début du , l'abbé franc Guiré, aussi appelé Widrad de Flavigny, fondateur de l'abbaye de Flavigny, fit don d'une grande partie de ses biens à cette dernière. Dans son testament daté de 722 et rédigé à Semur-en-Auxois, on trouve la mention d'une basilique située à Saulieu, abritant les corps des trois martyrs. Il lèguera à la basilique certaines de ses terres en Auxois, en Avallonnais et en Nivernais, ainsi que des biens matériels.

En remerciement, les moines bénédictins de l'abbaye, dont leur présence au sein de celle-ci est attestée par le testament de Guiré, accordèrent à ce dernier le titre de fondateur de l'abbaye, et il devint ainsi l'abbé de SaulieuL'équipe de la pastorale du tourisme de Saulieu, Saint-Andoche de Saulieu, Saint-Priest, éditions Lescuyer, 2009, .Christian Sapin, Bourgogne romane, Dijon, Faton, 2006, .. En 747, une attaque des Sarrasins provoque la première ruine de l'église, ainsi que d'une grande partie de la cité. Charlemagne finance la reconstruction de l'église, qui perd son titre de basilique pour prendre celui d'« église royale » de Charlemagne.

L'église carolingienne est ruinée par les guerres et les pillages des . Pendant la première partie du , elle est en ruinesGeorges Barbier et Denis Grivot, Bourgogne romane, Éditions Zodiaque, .. Mais, les sont des périodes de consécration pour la basilique. C'est à l'évêque , que revient véritablement la charge de la basilique. Il fut nommé abbé de Saulieu en 1112, et engagea de grandes reconstructions : c'est lui qui fit construire l'église Saint Andoche, réduction du modèle clunisien, avec un plan simplifié et sobre. En 1119, c'est Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne, élu pape sous le nom de Calixte II, qui porte son attention sur l'église Saint-Andoche : il procède à la translation des reliques des trois saints martyrs du sarcophage présent dans la crypte, jusqu'au grand autel de l'église. Aux alentours de 1139, l'évêque d'Autun installe un chapitre dans la ville de Saulieu, prenant ainsi le titre d'abbé et de comte de Saulieu. Il fait alors de l'église abbatiale une église collégialeL'équipe de la pastorale du tourisme de Saulieu, Saint-Andoche de Saulieu, Saint-Priest, Éditions Lescuyer, 2009, .KA Horst-Arriens, Basilique Saint-Andoche à Saulieu. Pèlerinage entre le bien et le mal, Groningen, Wolters-Noordhoff, 1987, ..

Construction de l'édifice roman vignette|Nefs de la basilique romane selon Auguste Choisy, 1899.|alt=Dessin noir et blanc d’un plan à trois nefs surmonté de son axonométrique.

La basilique est construite très rapidement et en continu. Le , elle est consacrée par le pape Calixte II, lui-même d'origine bourguignonne. La basilique est alors un grand édifice de 65 à de long et de large. Elle est construite sur un plan classique en croix latine à trois nefs, un transept, un vaste sanctuaire entouré d'un déambulatoire orné d'abside et de chapelles rayonnantes. Au narthex s'élèvent deux hautes tours carrées.

La façade de la basilique comprend le mur pignon de la nef, surmonté d'un petit fronton triangulaire percé de trois baies en plein cintre, encadrée des deux tours, ainsi qu'un portail dont le tympan sculpté est décoré. Les tours de la basilique sont de hauteurs inégales et témoignent de conceptions différentes : la tour sud est à deux niveaux, coiffée d'un toit quadrangulaire à tuiles plates, alors que la tour nord contient trois étages et est surmontée d'un dôme de plomb avec un lanternon. La façade est très sobre, voire austère, puisqu'elle ne comporte aucune ornementation sculpturale embellissante, mais simplement de légers décors discrets tels les modillons, aussi appelés corbelets bourguignons. La pierre utilisée pour la confection de Saint-Andoche, est typique de la région : du calcaire hettangien (ou lumachelle), qui avec le temps prit cette teinte grise responsable de l'aspect sévère de la basilique.

Sa nef est un des seuls rares témoignages qui nous soit parvenu de la période romane, même si elle fut quelquefois modifiée au cours des siècles, principalement lors de restaurations exécutées au . Cette nef, conçue sur le modèle de Cluny, est typique du style dit roman bourguignonL'équipe de la pastorale du tourisme de Saulieu, Saint-Andoche, éditions Lescuyer, 2009, .. Elle possède six travées, établies sur trois niveaux différents : de grandes arcades brisées à double rouleau ; un triforium aveugle, muni d'arcatures en plein cintre, encadrées par des pilastres à chapiteaux moulurés ; et tout en haut, une baie en plein cintre. Les voûtes qui rythment cette nef sont typiques du style de l'époque dans la région : elles sont en berceau brisé, tel que nous pouvons également en observer dans l'église de l'abbaye de Fontenay.

Ces voûtes rappellent quelque peu des inspirations orientales, tout en annonçant la venue du gothique. Les voûtes d'arêtes présentes dans la nef, quant à elles, sont formées par des voûtes en berceau brisé qui retombent sur des piliers. Ouvrant sur les bas-côtés, les importants piliers de la nef qui composent les travées, portent les grandes arcades et sont composés d'un noyau cruciforme flanqué de demi colonnes engagées. Les bas-côtés eux sont voûtés d'arêtes et prennent appui sur des piliers qui supportent des arcs-doubleaux transversaux. Au nord, de petites baies plein cintre viennent rythmer les travées, dont deux seulement subsistent. De chaque côté, les bas-côtés se terminent par une petite chapelle orientée : au nord celle de la Vierge Marie et au sud celle de Saint-Joseph.

Périodes de troubles Au cours de la guerre de Cent Ans, Saulieu est située dans des zones de batailles et de combats entre Anglais, Bourguignons et Français. Saulieu est assiégée par les Anglais en 1359 et en pénétrant dans la ville, ils incendient la basilique. Les toitures brûlent, les cloches fondent et les clochers s'effondrent au cours de l'incendie. De la croisée du transept au sanctuaire, toute la partie orientale de la basilique est détruite. Ne restent debout que les trois nefs.

Durant les siècles suivants, la basilique n'a jamais réellement été rebâtie. Entre le , des chanoines augustins qui occupent la basilique comme collégiale ferment les nefs par des murs, au niveau du début de l'ancien chœur. Au début du ils font reconstruire une petite abside au bout du transept.

En 1793, la Convention nationale réquisitionne une cloche de la basilique datant de 1621 à titre de bien national. Elle est vendue et sert depuis lors le temple de La Chaux..

Après la Révolution française, d'autres travaux sont entrepris dans la basilique. Le sol est surélevé d'environ un mètre pour mettre le sol de l'église au niveau de la place sur laquelle elle s'ouvre. La toiture des collatéraux est également rehaussée, afin de supporter le poids d'une nouvelle charpente et des tuiles, mais ce faisant une dizaine de baies hautes sont obturées.

Composants chrétiens architecturaux Description et identification des chapiteaux romans de la basilique Saint-Andoche Les chapiteaux de la basilique Saint-Andoche de Saulieu créés au et restaurés au , révèlent toutefois la grande qualité d'exécution des sculpteurs et imagiers du . Entre terre et ciel, ces chapiteaux étaient la manifestation matérielle de la quête de spiritualité des fidèles de l'époque ; ils faisaient véritablement communiquer le monde céleste et le monde terrestreMarcello Angheben, Les Chapiteaux romans de Bourgogne, Thèmes et Programmes, Turnhout, Brepols, 2003.KA Horst-Arriens, Basilique Saint-Andoche à Saulieu, Pèlerinage entre le bien et le mal, Groningen, Wolters-Noordhoff, 1987.Robert Jacques Thibaud, L'Art initiatique roman, Saulieu, berceau de l'ésotérisme chrétien, L'arbre de Jessé, 1996.André Scobeltzine, L'Art féodal et son enjeu social, Paris, éditions Gallimard, 1973.. Tout en témoignant de la pensée médiévale, féodale et romaine, ils sont emblématiques de la mise en valeur du patrimoine culturel classé aux Monuments Historiques de France et entretiennent entre eux des liens dans l'espace interne de la basiliqueL'équipe de la pastorale du tourisme de Saulieu, Saint-Andoche, Saint-Priest, éditions Lescuyer, 2009.Christian Sapin, Bourgogne Romane, Dijon, Faton, 2006, .Raymond Oursel, Bourgogne Romane, Saint-Léger Vauban, Édition Zodiaque, la nuit des temps, 1968.Sylvain Demarthe, Églises romanes de Bourgogne, Châtillon-sur-Chalaronne, la Taillanderie, impr. 2012..

Les chapiteaux historiés Les chapiteaux historiés de la basilique peuvent être répartis en deux catégories : ceux de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Parmi les chapiteaux historiés de l'Ancien Testament, nous trouvons, dans la partie Nord de l'édifice, l'épisode de Balaam sur son ânesse.

Parmi les chapiteaux historiés tirés du Nouveau Testament, nous trouvons, dans la partie Nord de la basilique la Tentation du Christ (en référence aux évangiles de Mc 1, 12-13 et Lc 4, 1-13) et, dans la partie Sud la Fuite en Égypte (Matt. 2, 13-15 ). Dans la partie Sud également se trouve La Pendaison de Judas (en référence à Matt. 27, 3-6) : Judas est pendu par le démon Lucifer qui tire la corde de sa pendaison, mais il ne semble pas mort pour autant, puisque ses yeux et sa bouche sont ouverts, comme s'il poussait des cris.

La dernière figuration historiée est la Résurrection du Christ (en référence à Matt. 28, 1-14 ; Mc 16, 1-8 ; Lc 24, 1-11 ; Jn 20, 1-11 et 18). Une fois le corps du Christ mort, il ressuscite spirituellement et sort de son tombeau. Les bras levés, regardant les femmes réparties autour de lui, les paumes des mains tournées, le Christ annonce « Noli me tangere » (« Ne me touchez pas »). Trois femmes seraient représentées : Marie Madeleine, Marie, ainsi qu'une autre, mais dans deux phases successives. Elles se rendent, dans un premier temps au tombeau en constatant qu'il est vide, en raison de la résurrection du Christ, et vont ensuite annoncer la bonne nouvelle, comme leur demande l'ange situé au-dessus d'elles.

Les chapiteaux animaliers ou bestiaires