François Blanchot de Verly (1735-1807) est un officier général et un administrateur colonial français qui fut gouverneur du Sénégal à deux reprises. Confronté aux difficultés liées au changement de régime en France – la Révolution – et au changement de statut du Sénégal, le général Blanchot eut aussi à défendre Saint-Louis et Gorée contre les offensives anglaisesConnaissance du Sénégal, volume 11, IFAN, Dakar, 1966, .

Biographie

François Michel Émile Blanchot de Verly est né le à Paris.

À la demande du chevalier de Boufflers sous les ordres duquel il a servi au régiment de Chartres-Infanterie, il est nommé major du bataillon d'Afrique le , puis lieutenant-colonel le , enfin colonel le .

De son côté, le chevalier de Boufflers, nommé gouverneur du Sénégal, est arrivé en , mais repart temporairement au mois de juin. François Blanchot assure alors l'intérim jusqu'au retour de Boufflers, de février à Andrew F. Clark et Lucie Colvin Phillips, « Table I. Governors of Senegal », in Historical Dictionary of Senegal, The Scarecrow Press, Metuchen (N. J.) et Londres, 1994 ( éd.), 41-42. Un bref intérim est cette fois confié à Charles Joseph Bonaventure Boucher, en attendant le retour de Blanchot de France au mois de décembre. Après deux années d'intérim, Blanchot est officiellement nommé gouverneur le . Lorsque la convocation des États généraux est annoncée, les notables de Saint-Louis rédigent un cahier de doléances local et, en 1790, François Blanchot se rend en France pour tenter d'accélérer le processus de réformesG. Wesley Johnson, Jr., Naissance du Sénégal contemporain : aux origines de la vie politique moderne (1900-1920) (trad. François Manchuelle), Karthala, Paris, 1991, . D'autres témoignagesAnnales maritimes et coloniales, Ministère de la Marine et des Colonies, 1816-47, vol. 1, mettent l'accent sur des raisons liées à sa santé, altérée par le climat. Alors âgé de près de 55 ans, le gouverneur se rétablit et, pendant le séjour qu'il effectue à Paris, se marie le à l'église Saint-Médard avec la veuve d'un capitaine, de vingt ans sa cadette.

Pendant son absence, il est successivement remplacé par Boucher (1790-1792), le capitaine Charbonnié et le colonel Louis Henri Pierre Laserre. À la suite des troubles qui éclatent dans la colonie, Blanchot y retourne en 1802, nommé chef de brigade commandant le Sénégal et ses dépendances par le Premier consulThierry Lentz (dir.), Correspondance générale de Napoléon I, tome 3, Pacifications 1800-1802, Fayard, Paris, 2006, .

On le décrit « comme un vieux militaire animé du sens du devoir et bien intégré à la population dont il avait su se faire aimer »Pierre Biarnès, La fin des cacahouètes, L'Harmattan, Paris, 2005, . Déjà marié en France avec Marie Josèphe de Lesseps de Beaumont (fille naturelle de Dominique de Lesseps) avec qui il eut en 1791 une fille prénommée Augustine Marie Henriette, il épouse « à la mode du pays » Marie Coumba Guèyecf. Anciens actes de baptêmes, mariages et sépulture, détenus par l'évêché de Saint-Louis, cité par Sylvain Sankalé, « Une société métisse originale : Saint-Louis du sénégal aux 18 et 19 siècles », in Éthiopiques, 64-65, et 2000, , dont il a quatre enfants, qu'il reconnaît.

Il meurt le , à l'âge de 71 ans, à Saint-Louis où il est inhumé. À sa mort, le capitaine Levasseur assure l'intérim. Moins de deux ans plus tard, le , Saint-Louis tombe aux mains des Anglais pour la troisième fois – Gorée avait déjà été reprise – et Charles William Maxwell devient gouverneur du Sénégal.

Le docteur Henri Savigny, l'un des rescapés du naufrage de La Méduse, célèbre la popularité de Blanchot à Saint-Louis. À sa mort, les commerçants et les employés du gouvernement se seraient réunis pour lui faire élever un monument. En outre, les officiers anglais qui s'emparèrent de Saint-Louis peu après auraient demandé à participer aux dépenses exigées par l'érection de ce monument, qui porte une épitaphe commençant par ces mots « Ici reposent les restes du brave et intègre général Blanchot... »Alexandre Corréard et Henri Savigny, Naufrage de la frégate la Méduse, faisant partie de l'expédition du Sénégal, en 1816, Altaïr, Neuilly-sur-Seine, 2000, XIII-366 p. (réédition en fac simile).

Hommages François Blanchot de Verly a donné son nom à l'École primaire supérieure et professionnelle Blanchot de Verly à Saint-Louis (Sénégal), pépinière de cadres de l'Afrique-Occidentale française (AOF).

Un boulevard de Nantes porte également son nom.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Jean Delcourt, « Blanchot et la Révolution », in La turbulente histoire de Gorée, Éditions Clairafrique, Dakar, 1982, G. Wesley Johnson, Jr., Naissance du Sénégal contemporain : aux origines de la vie politique moderne (1900-1920) (trad. François Manchuelle), Karthala, Paris, 1991, ; 57 ; 59-60 ; 86 ; 223 Jules François Saintoyant, La colonisation française pendant la révolution (1789-1799), vol. 2, Les événements coloniaux, La Renaissance du livre, Paris, 1930, . Christian Schefer, « L'infortune d'un gouverneur colonial », in Journal des Débats du

Articles connexes Histoire du Sénégal

Liens externes

« Notice biographique sur M. le général Blanchot, ancien commandeur de la colonie du Sénégal » (notice de P. Labarthe, Annales maritimes et coloniales, Ministère de la Marine et des Colonies, 1816-47, vol. 1, )

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