2007 en Turquie - 2008 en Turquie - 2009 - 2010 en Turquie - 2011 en Turquie 2007 par pays au Proche-Orient - 2008 par pays au Proche-Orient - 2009 par pays au Proche-Orient - 2010 par pays au Proche-Orient - 2011 par pays au Proche-Orient] Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 en Turquie.

Chronologie

Janvier 2009 thumb|left|Recep Tayyip Erdogan (Octobre 2008) thumb|left|Ali Babacan (Septembre 2006 Mardi : La Cour européenne des Droits de l'homme condamne la Turquie pour le décès d'un homme, Süleyman Yeter (37 ans), soupçonné d'appartenir à une organisation marxiste-léniniste illégale et qui avait été torturé à mort pendant une garde à vue en 1999. Il avait été interpellé puis placé en garde à vue le à la section antiterroriste de la police d'Istanbul en compagnie de quatre autres personnes soupçonnées d'appartenir au Parti communiste marxiste-léniniste, une organisation armée interdite. Deux jours plus tard, Süleyman Yeter décédait pendant son transport à l'hôpital. Les poursuites contre les policiers soupçonnés d'avoir participé aux tortures avaient également été abandonnées.

Dimanche : Quelque personnes manifestent dans le centre d'Ankara contre l'offensive israélienne à Gaza, à l'appel de syndicats et de mouvements musulmans.

Lundi : La Turquie n'a ouvert à ce jour que 10 des 35 chapitres thématiques qui jalonnent ses négociations d'adhésion à l'UE, dont seulement deux en 2008. Parmi les chapitres non encore ouverts figurent celui portant sur les questions énergétiques, en raison notamment de fortes réserves des Chypriotes grecs, ce qui, selon le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan, obligerait la Turquie à revoir sa position sur le projet de gazoduc Nabucco, qui doit permettre l'approvisionnement en gaz de l'Europe en évitant la Russie, en cas de blocage de ses négociations d'adhésion à l'UELe Figaro.fr, Turquie : Ankara menace de revoir sa position sur le gazoduc Nabuco.

Jeudi : Dans le cadre de l'affaire Ergenekon, la justice lance un nouveau coup de filet contre des policiers et des militaires soupçonnés d'avoir voulu déstabiliser l'État et d'avoir tenté de renverser le gouvernement en organisant attentats et assassinats. Cette onzième série d'arrestations depuis le début de l'affaire en 2007 va durer jusqu'au et concerner quarante suspects.

Dimanche : Dans le cadre de l'affaire Ergenekon, 17 suspects sur les 40 arrêtés sont écroués. Une avalanche survenue dans le massif de Zigana (province de Gümüşhane) emporte un groupe de 17 alpinistes, causant la mort de six d'entre eux, quatre ont été blessés et sept autres ont disparu, emportés et ensevelis dans la neige.

Lundi : La Turquie et le Fonds monétaire international sont parvenus à un accord sur les grandes lignes d'un plan pour aider Ankara à atténuer les retombées de la crise internationale, mais des divergences persistent. Les pourparlers continueront dans les prochains jours « pour achever le travail sur des réformes structurelles à long et à moyen terme dans le cadre de ce plan ».

Jeudi : À Davos (Suisse), le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan quitte brutalement un débat sur le conflit à Gaza, en reprochant aux organisateurs de l'empêcher de parler après une longue intervention du président israélien Shimon Peres tendant à justifier l'opération d'Israël dans la bande de Gaza. À son retour, quelque personnes l'accueillent en héros à sa descente d'avion, alors qu'une partie de la presse et de l'opposition l'accuse d'être en faveur du mouvement islamiste Hamas, classé comme une organisation terroriste par l'Occident.

Février 2009 Mardi : les pirates somaliens ont relâché un cargo turc et ses 11 hommes d'équipage qu'ils avaient capturé à la mi-.

Jeudi : un tribunal de Diyarbakır (sud-est), importante ville à majorité kurde, a condamné la députée kurde, Aysel Tuğluk, membre et ex-présidente du Parti pour une société démocratique (DTP) la principale formation pro-kurde de Turquie, à un an et demi de prison pour "propagande" de la rébellion kurde et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pour des propos tenus en 2007 lors d'un meeting politique, mais elle n'ira pas immédiatement en prison à cause de son immunité parlementaire. Son dossier sera déféré devant la Cour de cassation qui pourra dans les mois à venir demander au Parlement d'Ankara de lever par un vote son immunité parlementaireLe Figaro.fr, Turquie: une députée kurde condamnée.

Mardi : le Parlement turc autorise l'envoi, par le gouvernement, d'un navire de guerre dans le golfe d'Aden dans le cadre de sa participation à la force internationale qui pourchasse les pirates et trafiquants d'armes somaliens dans le nord de l'océan Indien. La mission du navire est d'un an et il se rendra sur place dès la fin février. Selon le ministre des Affaires étrangères, Ali Babacan, il s'agit d'une « participation de la Turquie à une force navale impliquant un certain nombre de pays » et sa mission consistera à patrouiller au large de la Somalie, à escorter les bateaux de commerce, à se saisir des navires des pirates « en usant de la force si les circonstances l'exigent » et à les arrêter si « cela s'avère nécessaire ».

Jeudi : près de 40 % des femmes en Turquie sont victimes de violences conjugales mais très peu d'entre elles (4 %) rapportent les faits aux autorités. Selon les organisations féministes, la Turquie, pays laïc mais à majorité musulmane, a multiplié les réformes en faveur des femmes pour renforcer ses chances d'adhérer un jour à l'Union européenne, mais sur le terrain et dans les mentalités, il reste beaucoup à faire pour réduire les discriminations.

Mardi : Un séisme de magnitude 5 secoue ce matin la ville de Simav et ses environs (province de Kütahya), sans faire de victimes mais provoquant quelques dégâts matériels. Des affrontements ont opposé la police à des milliers de Turcs d'origine kurde à Diyarbakır (sud-est), à l'occasion de manifestations pour le de la capture du dirigeant nationaliste kurde, Abdullah Öcalan, condamné à la prison à perpétuité. La police a procédé à 86 arrestations. Huit personnes ont été blessés parmi les protestataires et 17 au sein des forces de l'ordre.

thumb|right|Un Boeing 737-800 de Turkish Airlines Mercredi : Un Boeing 737-800 de la Turkish Airlines s'est écrasé quelques kilomètres avant d'atteindre la piste d'atterrissage de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol se brisant en plusieurs morceaux. 9 passagers sont morts, 25 personnes - dont des membres de l'équipage - ont été blessées grièvement et une cinquantaine d'autres ont été blessés plus légèrement.

Mars 2009 Mardi : La compagnie Turkish Airlines s'engage à indemniser tous les passagers de son Boeing 737-800 qui s'est écrasé pour une raison encore inconnue la semaine dernière près de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, qu'ils soient décédés, blessés ou pas : « Nous allons dans un premier temps verser la somme de euros pour les personnes décédées, entre et euros pour les blessées et euros pour les autres passagers […] Même si un de nos passagers n'a pas subi de blessure corporelle, il a certainement subi un traumatisme mental et nous en tenons compte ». L'accident avait fait neuf morts, cinq Turcs, dont les pilotes, et quatre Américains, et plus de 80 blessés.

Samedi : Un attentat criminel à la bombe, contre un bar de Trabzon (nord-est), blesse 9 personnes dont une grièvement.

Dimanche : Une collision entre un autobus et une camionnette, près de Nizip (province de Gaziantep, cause la mort de 9 personnes et en blesse 16 autres.

Mercredi : La deuxième parti de l'acte d'accusation du procureur dans l'affaire Ergenekon, du nom de l'organisation secrète ultra-nationaliste soupçonnée d'avoir comploté contre le gouvernement, prévoit que 56 personnes, dont deux généraux quatre étoiles à la retraite, des journalistes, des universitaires et des hommes politiques, comparaîtront à partir de juillet. Les douze principaux accusés de cette organisation illégale risquent la prison à vie. Un premier groupe de 86 accusés sont jugés depuis devant le tribunal de Silivri (banlieue d'Istanbul). Un colonel de gendarmerie, Cemal Temizoz, est inculpé et placé en détention provisoire, par le tribunal de Diyarbakır, dans l'enquête sur les « puits de la mort » concernant l'assassinat d'un nombre indéterminé de Kurdes dans le sud-est de la Turquie. Inculpé pour appartenance à une organisation armée illégale et d'incitation au meurtre, il est le troisième suspect inculpé depuis le début du mois dans l'enquête sur l'assassinat de Kurdes sympathisants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) par les forces de sécurité ou des hommes de main. Leurs corps auraient été jetés dans des puits et recouverts d'acide, dans les années 1990, au plus fort de l'insurrection kurde en Turquie. Le colonel dirigeait une unité de gendarmerie à Cizre (sud-est), de 1993 à 1996, et il est actuellement commandant de la gendarmerie à Kayseri (centre). La veille le même tribunal a inculpé l'ancien maire de Cizre, Kamil Atak, des chefs de meurtre et d'appartenance à une organisation interdite.

Dimanche : élections municipales générales. Le Parti de la justice et du développement (AKP, islamistes-conservateurs) du premier ministre Recep Tayyip Erdoğan arrive largement en tête avec 39 % des voix (41,6 % en 2004), après un scrutin marqué par des violences qui ont fait au moins 5 morts. Le Parti républicain du peuple (sociaux-démocrates), principale force d'opposition au Parlement, est en deuxième position et le Parti d'action nationaliste (nationalistes) arrive en troisième position.

Avril 2009 Samedi : Plus d'un millier de personnes réunies à l'appel d'organisations de gauche ont manifesté dans le quartier de Kadiköy, sur la rive asiatique d'Istanbul contre la prochaine visite du président américain Barack Obama en Turquie. Des drapeaux de l'Organisation atlantique et des États-Unis ont été brûlés au cours de la manifestation.

Dimanche : le président américain Barack Obama a soutenu devant 30 000 personnes à Prague, l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne alors que cette adhésion en cours de négociation reste controversée parmi les pays européens. Sur la chaîne française TF1, le président français, Nicolas Sarkozy a rappelé son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'UE : « Je travaille main dans la main avec le président Obama, mais s'agissant de l'Union européenne, c'est aux pays membres de l'Union européenne de décider […] J'ai toujours été opposé à cette entrée et je le reste. Je crois pouvoir dire qu'une immense majorité des États membres (de l'UE) est sur la position de la France ».

Lundi : le président américain, Barack Obama, a profité de sa visite en Turquie, pour rappeler les grandes lignes de sa politique à l'égard de l'Islam en général et du monde arabe en particulier. Lors de son discours au Parlement turc, il a déclaré : « Les États-Unis ne sont pas et ne seront jamais en guerre contre l'Islam ». Évoquant le conflit israélo-palestinien et le reniement la semaine dernière par le nouveau chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, de la promesse faite à Annapolis en d'œuvrer à la création d'un État palestinien, il déclare : « les États-Unis soutiennent fermement l'objectif de deux États, Israël et la Palestine, coexistant dans la paix et la sécurité ». Il a aussi abordé le génocide arménien perpétué par les Turcs en 1915 lors de sa visite au parlement turc, assurant qu'il faut « surmonter le passé après les évènements de 1915 » en saluant les « mesures prises par les leaders turques et arméniens », demandant « une frontière ouverte entre les deux pays » affirmant que les États-Unis soutenaient la « normalisation des relations entre les deux pays ».