thumb|upright=0.7|Giampietro Campana.

La collection Campana est une collection d'œuvres d'art et d'archéologie, principalement originaires d'Italie, rassemblée au par le marquis Giampietro Campana. Elle a été mise en vente et dispersée entre différents musée d'Europe à partir de 1857.

Constitution et dispersion

La collection de Giampietro Campana Di Cavelli est constituée à Rome durant la première moitié du . C'est la plus extraordinaire collection privée d’œuvres d'art et d'antiques de l'époque. Elle est exposée dans les différentes villas appartenant au marquis de Campana à Rome et dès 1838 elle est fameuse dans toute l'Europe pour être Ludovic Vitet, Revue des deux mondes, septembre 1862. Le pape Pie IX lui-même visite la collection en 1846.

vignette|Le sarcophage des époux, musée du Louvre, DAGER, Cp 5194.

Les œuvres sont principalement des tableaux et sculptures de la renaissance italienne, une collection de céramiques grecques et étrusques et un ensemble de bijoux antiques. L'originalité de la collection d'antique réside dans l'origine des objets. En effet, Giampetro Campana commandite lui-même des fouilles à Rome et en Étrurie. La collection est ainsi très hétérogène avec des objets d'un intérêt de premier plan qui côtoient des artefacts plus ordinaires, voire faux, destinés à être vendus ou échangés. Ainsi les terres cuites bénéficient des restaurations parfois très invasives des frères Pietro et Enrico Penelli. Ces derniers étaient déjà célèbres du vivant de Giampetro Campana pour leurs reconstitutions de terres cuites antiques. Salomon Reinach écrit ainsi : Salomon Reinach, Revue archéologique, 1904, .

Dans le but de vendre sa collection, il a rédigé un catalogue en 1857 pour la présenter. Il l'a répartie en douze ensembles ou classesGiampietre Campana, Cataloghi, Proemio : I- Vasi dipinti etruschi e italo-greci, II- Bronzi etruschi e romani, III- Ori, argenti, glittica etrusca e romana, Serie de monete in oro del romano impero da Augusto agli imperatori bizantini e saggio di monete d'oro consolari IV- Opere in plastica o terrecotte etrusche e greche-romane e sculture etrusche in alabastri e pietre indigene, V- Vetri etruschi, romani e fenicî, VI- Dipinti etruschi antichissimi di Cere ed affreschi grechi e romani, VII- Scultura greco-romana, VIII- Opere del risorgimento della pittura in Italia dall'epoca delle scuole bizantine fino a Raffaello, IX- Opere de' principali maestri e capiscuola della pittura italiana dai primordî del 1500 fin quasi al 1650, X- Gabinetto de pitture in majolica dei piu' celebri artefici d'Italia del secolo XV al XVI, XI- Sculture in majolica di Luca della Robbia e suoi contemporanei, ed un saggio di lavori di bassorilievo in marmo del Donatello e di Michel' Angelo, XII- Oggetti diversi di curiosita' e di erudizione, etruschi e romani. Les titres donnés aux différents ensembles composant sa collection montrent sa volonté de donner une vision aussi complète que possible, non seulement de l'art, mais aussi de la vie quotidienne dans l'Antiquité en Italie. Pour sa collection de bronzes il s'est intéressé aux armes, aux statuettes et aux ustensiles du quotidien, passant des plus belles productions plastiques aux détails les plus humbles de la vie domestique. Pour les sections VIII et IX, il a réuni plus de 600 tableaux de peinture italienne depuis ses origines jusqu'à 1700.

Pour payer l'achat d'une villa à Florence, Ottavio Gigli a confié une partie de sa collection d'œuvres d'art héritée de son père au marquis Campana qu'il avait enrichie de sculptures pour constituer un musée de sculptures du Risorgimento Arcangelo Michele Migliarini, Museo di Sculture del Risorgimento raccolto e posseduto da Ottavio Gigli, tipi di Felice Le Monnier, Firenze, 1859 (lire en ligne). Cette partie de sa collection a été impliquée dans les opérations financières du marquis Campana dans le Monte di Pietà de Rome et a été saisie avec celle du marquisTreccani, Dizionario Biografico degli Italiani : Gigli, Ottavio.

Dès 1854, des problèmes financiers menacent le marquis Campana, qui envisage de vendre sa collection au gouvernement britannique pour une somme estimée à . À la suite de malversations, Campana est arrêté et voit sa collection saisie et mise en vente en 1857. En effet les autorités pontificales accusent le marquis de Campana de péculat et le condamnent à passer 20 ans aux galères avant de voir sa condamnation commuée en banissement, moyennant la cession de sa collection à l'État pontificalÈve Gran-Aymarich, Les chercheurs du passé 1798-1945. Aux sources de l’archéologie, (aperçu)..

La collection est dispersée entre la Russie, la Grande-Bretagne et la France. On retrouve ainsi au South Kensington museum (aujourd'hui le Victoria and Albert museum) 84 majoliques et sculptures de la Renaissance italienne dès décembre 1860. Le tsar de Russie, Alexandre II, achète, lui, 777 antiques dont 519 vases. Une vaste majorité de ces objets est aujourd'hui conservée au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Léon Heuzey souligne, en 1858, l'urgence qu'il y a pour l'État français d'acheter cette collection. En 1859, Jean-Victor Schnetz, directeur de l'Académie de France à Rome, écrit à Napoléon III pour le persuader d'acheter la collection Campana, insistant sur « l'heureuse influence qu'auraient sur les arts et même pour l'industrie la vue et l'étude d'aussi beaux modèles ». Informé de l'achat d'une partie de la collection par la Russie, Napoléon III décide de faire l'acquisition de la collectionPar ailleurs, Napoléon III avait une dette envers la famille Campana, car, en juillet 1851, la marquise Campana, née Emily Rowles, qu’il avait connue jeune fille à Chislehurst, lui avait prêté trente trois mille francs.. Léon Renier, épigraphiste, proche d'Hortense et Sébastien Cornu, mène la négociation, sans intervention du musée du Louvre qui est tenu à l'écart. La collection est achetée en mars 1861, comprenant , moyennant la somme de . Parmi ceux-ci on compte La recherche au musée du Louvre en 2012, [archive], site du musée du Louvre. dont le sarcophage des époux, la plus importante collection de vases grecs connue jusqu'alors ainsi que 646 tableaux dont des chefs-d'œuvre comme La Bataille de San Romano de Paolo Uccello, des sculptures et des objets d'art.

L'achat de la collection va créer une polémique entre ceux qui voulaient qu'elle reste un ensemble unique dans le Musée Napoléon III qui serait le musée des arts industriels à l'image de ce qui existait à Londres au musée du South Kensington, et leurs opposants qui demandaient que la collection soit attribuée au musée du Louvre et répartie entre les différents départements du muséeÈve Gran-Aymarich, Les chercheurs du passé 1798-1945. Aux sources de l’archéologie, (aperçu)..

Musée du Louvre

Une partie de la collection est exposée à la maison pompéienne construite sous la direction de Nicolas Normand pour le prince Bonaparte. Mais rapidement après son acquisition, l'ensemble se retrouve entre les murs du palais de l'Industrie dans ce qui est le musée Napoléon III inauguré le mai 1862, le même jour que l'Exposition universelle de Londres. Ce musée est éphémère et dès le 12 juillet 1862 un décret ordonne la fermeture de celui-ci et le transfert des objets au musée du Louvre. Ce dernier est par ailleurs autorisé à céder les artefacts qu'il possède en double ou qu'il juge inutiles à d'autres musées en région. C'est ainsi qu'aujourd'hui de très nombreux musées en région possèdent des éléments de cette collection.

C'est véritablement l'acquisition par Napoléon III de la collection Campana qui va permettre au musée du Louvre de faire un bond en avant, à la fois qualitatif et quantitatif, dans la compétition que se livrent les grands musées européens.

+ Liste d'œuvres du musée du Louvre provenant de la collection Campana Illustration Titre Artiste Origine géographique Date Technique/matériaux Dimensions Numéro d'inventaire Département 100px Alexandre le Grand, roi de Macédoine (336-353 ), copie romaine d'un portrait de bronze d'Alexandre nu brandissant une lance inconnu D'après Lysippe (né à Sicyone, Péloponnèse, Grèce ; actif vers 370-300 ) vers 130 marbre H. 62 cm Cp 6430 département des Antiquités grecques, étrusques et romaines 100px Saint François d'Assise (1182-1226) inconnu Rome (Italie) vers 1225-1250 bois, fond d'or H. 95 cm ; l. 39 cm RF 975 département des peintures 100px Saint Jacques de la Marche (1391-1496) Carlo Crivelli Italie 1477 huile sur bois H. 198 cm ; l. 64 cm MI 290 département des peintures 100px Plat d'apparat : Bella donna inconnu Deruta, Italie vers 1500-1530 faïence lustrée diam. 24 cm OA 1463 département des objets d'art 100px La Vierge assise tenant l'Enfant sur les genoux et entourée de deux anges volants Antonio Rossellino stuc polychrome H. 69,5 cm ; l. 53,5 cm ; pr. 8,5 cm Camp 16 département des sculptures 100px Les Grimpeurs attribué au peintre du bassin d'Apollon Urbino ou Gubbio, lustré à Gubbio dans l'atelier de Maestro Giorgio Andreoli en 1531 1531 assiette, faience lustrée H. 3,5 cm ; diam. 26 cm OA 1538 département des objets d'art 100px Scènes de l'histoire de Virginie : Appius Claudius fait arrêter Virginie ; Le Décemvir condamne Virginie à l'esclavage ; Virginie tuée par Virginuis Filippino Lippi vers 1478-1480 panneau provenant d'un coffre de mariage ? bois H. 45 cm ; l. 126,5 cm MI 501 département des peintures 100px Buste d'homme lauré probablement fait et lustré dans l'atelier de Giorgio Andreoli Gubbio 1530 assiette, faience lustrée H. 2,5 cm ; diam. 23,5 cm OA 1543 département des objets d'art 100px La Vierge et l'Enfant entre deux anges musiciens inconnu Romagne vers 1470 ? bois H. 64,5 cm ; l. 41,7 cm MI 539 département des peintures 100px Le Jugement de Pâris atelier Fontana Urbino vers 1540-1550 plat, faïence H. 4 cm ; diam. 45,5 cm OA 1857 département des objets d'art 100px Vénus et trois putti Sandro Botticelli et atelier Florence 1510 bois H. 85 cm ; l. 219 cm MI 546 département des peintures 100px Combat de tritons inconnu Bologne fin du relief, terre cuite H. 38 cm ; l. 57,8 cm ; pr. 7,5 cm Camp 84 département des sculptures 100px Assiette à décor de trophées et de chimère inconnu duché d'Urbino vers 1540 faïence H. 3 cm ; diam. 24 cm OA 1788 département des objets d'art 47px53px Pilastres à décor de candélabres inconnu Italie du Nord début du pierre (bordures refaites) H. 207 cm ; l. 27,8 cm ; pr. 12 cm H. 206,5 cm ; l. 27,8 cm ; pr. 12 cm Camp 85 A Camp 85 B département des objets d'art 100px Carreaux de pavement à décor de grotesques inconnu Sienne 1509 Deux carreaux à fond jaune : H. 19 et 19,3 cm ; l. 19,5 et 19,3 cm ; pr. 2 cm Deux carreaux à fond noir : H. 20,5 cm ; l. 13,5 cm ; pr. 1,8 cm Carreau carré à fond jaune : l. 13,8 cm ; pr. 2,2 cm OA 1636 OA 1637 OA 1641 OA 1643 OA 1644 département des objets d'art 100px100px Deux têtes de séraphins Andrea della Robbia Florence vers 1494-1519 terre cuite émaillée H. 33,5 cm ; pr. 11 cm H. 33,5 cm ; pr. 11,5 cm Camp 65 A Camp 65 B département des sculptures 100px Vase à deux anses inconnu Deruta (Ombrie) moitié du faïence lustrée H. 26,3 cm ; l. 25 cm OA 1879 département des objets d'art 100px Plat d'apparat « Bella Donna » inconnu Deruta (Ombrie) début du faïence lustrée H. 4,5 cm ; diam. 32,8 cm OA 1704 département des objets d'art 100px Assiette à cuvette profonde, décorée d'un putto tenant une épée ensanglantée et une tête coupée inconnu Gubbio (Ombrie) vers 1525-1535 faïence lustrée H. 4 cm ; diam. 24,5 cm OA 1532 département des objets d'art 100px Coupe à décor moulé figurant la Vierge à l'Enfant inconnu Gubbio (Ombrie) vers 1530-1540 faïence lustrée H. 6 cm ; diam. 21,5 cm OA 1474 département des objets d'art

Musée du Petit Palais à Avignon

vignette|La Sainte Conversation de Vittore Carpaccio, Avignon, musée du Petit Palais, MI 548.