François Brousse, né le à Perpignan et décédé le à Clamart, est un poète ésotérique et kabbaliste français, auteur d’environ une centaine d'ouvrages publiés à partir de 1938 : poésie, essais (métaphysiques, astronomiques, historiques, ésotériques), romans, théâtre et contes.

Il est un précurseur des cafés philosophiques qui surgiront un peu partout en France à la fin du .

Présentation

Dans la quarantaine de recueils poétiques dont il est l’auteur, François Brousse incarne le rôle du poète qu’il décrit comme le « jardinier de l’humanité » dans une émission radiophonique (1957) : WENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, 2005,

Outre son intérêt pour l’écriture, il est remarqué dans la ville de Perpignan pour animer des entretiens informels sur les places publiques, cafés, herboristeries, cercles spécifiques (Groupe de la Quatrième Dimension-1950, Association France-Inde-1953, etc.) et participe à de nombreuses revues régionales (Madeloc, Sources Vives, Agni, Conflent, Tramontane, etc.).

Son talent d'orateur, sa connaissance, trouvent lieu à se manifester dans des conférences à partir de 1951 et de façon régulière à partir de 1963 d’abord à Prades, puis à Perpignan et ensuite à travers toute la France ainsi qu'à Genève (Suisse, 1990) et Tell el-Amarna (Égypte, 1992). Les thèmes abordés dans ces conférences généralement annoncées dans la presse locale répondent notamment au but qu’il s’était lui-même fixé dès 1945 : « Une de mes missions terrestres consistera à révéler non seulement les clefs de l’ésotérisme hugolien mais encore les arcanes de saint Jean et les secrets de Nostradamus. »AMAZAN Charles [un des pseudonymes littéraires de François Brousse], L’Avenir des peuples, Imprimerie SINTHE & Co, Perpignan, Achevé d’imprimer le 25 janvier 1945,

Perçu comme un personnage inclassable et pittoresque de la cité, il se définit comme « un homme tranquille ». Il explique ainsi : « Je préfère méditer plutôt que de rencontrer des gens et des foules. Je veux seulement être lu car j’ai un important message à communiquer. […] Ma mission est de rallumer le flambeau éclatant de la poésie, de la métaphysique et de l’idéal. »BROUSSE François, interviewé par François Villée, « L’Apocalypse n’est pas pour demain », revue L’Inconnu, Paris, , avril 1980

Les quotidiens locaux L'Indépendant, Midi Libre, La Dépêche du Midi ainsi que d’autres supports de presse régionale et nationale lui ont consacré pas moins de 250 articles tandis que les revues périodiques font apparaître plus de trois cents autres articlesWENGER Jean-Pierre, Conférence « François Brousse, Homme-Cosmos du », Colloque SONGE le concernant de près ou de loin.

Biographie 1923 - 1938 : La Poésie Aurorienne Fantaisies (1923-1928) Enfant unique d’une famille catalane française de Perpignan, François Brousse y déroule une jeunesse studieuse et secrète.

« Maîtrisant déjà les subtilités de la versification et de la langue française, il écrit son premier poème « Soir », « à l’âge de dix ans peut-être. » En virtuose extraordinaire, il commence également à rédiger son premier ouvrage intitulé FantaisiesBROUSSE François, Fantaisies, Éd La Licorne Ailée, Clamart, 2000 qu’il dédie à ses « parents bien-aimés » et qu’il terminera à quinze ans : cent cinq poèmes, quelque trois mille vers, trois nouvelles en prose, une quarantaine de dessins et peintures, et déjà ce goût prononcé pour la littérature et tout particulièrement pour la poésieWENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, oct. 2005, ».

Contes du pigeon et de la source – Jasmine (1927)

À quatorze ans, il écrit les Contes du pigeon et de la sourceBROUSSE François, Contes du pigeon et de la source, revue B. M. P., -234, mai-juin 2004, Éd. La Licorne Ailée, Clamart traitant de « l’amour aboutissant au sacrifice volontaire de soi-même, c’est-à-dire à l’acceptation de la souffrance et de la mort pour l’être aiméWENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, oct. 2005, », suivi d’un roman de cape et d’épée, Jasmine, se déroulant à l’époque du roi Louis XIV et de la Révocation de L’Édit de Nantes (1685).

« Aurorienne ou chez ma Fée » (1928) Il faut sans doute aborder le poème « Aurorienne ou chez ma Fée » (date de fin d’écriture, ) du Livre VIII de Fantaisies pour approcher ce que François Brousse conçoit comme « La poésie aurorienne » (Titre du Livre VIII). « La « divine Poésie », incarnée sous la forme d’une femme à la blonde chevelure, montre au jeune poète, au cours d’un voyage aérien, les œuvres de Ronsard, de La Fontaine, de Victor Hugo et de Leconte de Lisle ». Le poète demande : « Parmi ces quatre esprits, lequel dois je imiter ? » La déesse répond : « Tu jugeras toi-mêmeBROUSSE François, Fantaisies, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2000, » :

« Il faut à l’Art pour qu'il soit libre Tout l’infini de tous les cieux, Il faut que l’Éternité vibre À ses élans capricieux. »

Le sens profond de ce long poème (916 vers) est que tout meurt mais que tout renaît aussi, « l’animal, les hommes et les plantes » et même les soleils : « Oui, l’astre immortel est tué ! / Mais l’Infini le fait revivreBROUSSE François, Fantaisies, Huitième Livre « La poésie aurorienne » – « Aurorienne ou Chez ma Fée », Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2000, . » C’est l’idée d’une création permanente, d’une renaissance perpétuelle dans un entrechoquement de mondes en fusion. À la fin de sa vie, François Brousse en présence de ses amis confiera :

« Quand j’étais enfant, mon père m’avait demandé : - Qu’est-ce que tu veux créer ? Je lui avais répondu : – La poésie aurorienne. Il m’a dit : – C’est extrêmement ambitieux, car tu penses que l’Aurore n’existe que depuis ta Poésie ? Et je lui ai dit que l’Aurore est toujours renouvelée, qu’elle se renouvelle encore et encore. Il m’a dit que j’avais raison et qu’il m’aiderait du fond des abîmes quand il aurait pénétré l’infini, l’absolu et l’éternelBROUSSE François, « Anniversaire – 07-05-1995 », Revue B. M. P., -202, mars-juillet 2001, Éd. La Licorne Ailée, Clamart.»

Une Gorgée de Poésie (1928)

Parmi ses sources d’inspiration et d’admiration, très jeune, François Brousse franchit le pas et affiche sa préférence, ce sera Victor Hugo. Elle apparaît déjà dans la préface d’Une Gorgée de Poésie (écrit de mai à ), recueil dédié à Victor Hugo, où il précise que toute âme possède un germe de poésie et que « l’être sans poésie est un être sans âme […] incapable de sentiment surhumainWENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, oct. 2005, ».

La Poésie de Victor Hugo (1935 ?) Son carnet sur La Poésie de Victor HugoBROUSSE François, « La poésie de Victor Hugo », Revue B. M. P., -230, octobre-décembre 2003–janvier-février 2004, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, « géant fort surtout par sa douceur envers les humbles », témoigne à nouveau de cette haute conscience poétique. Il laisse flâner ses pensées sur les Odes et Ballades, Les Quatre Vents de l’Esprit, Le Pape, la Pitié suprême, Religions et Religion, L’Âne, Toute la lyre, Dernière Gerbe mais il avoue que « les plus beaux livres de cet immense génie sont Les Contemplations, La Légende des siècles, La Fin de Satan et Dieu. »

Une pensée de ce carnet retient plus particulièrement l’attention révélant à la fois le style impétueux et l’engagement précoce du jeune François Brousse :

« Quand la Mort posa sa main de squelette sur ses paupières, le pays reconnaissant lui fit des funérailles grandioses et lui bâtit une statue d’airain et d’or. Mais quelques moustiques, envieux, gonflés de venin, vinrent tourbillonner autour de la statue et harcelèrent de leurs minuscules piqûres le colosse rêvant sous le ciel lumineux. Un enfant passa. C’était un adolescent que la gloire du Titan, son ancêtre, emplissait de joie et d’orgueil. Il vit l’affreux essaim jeter ses huées autour du front puissant. D’un geste indigné et serein il chassa l’immonde tourbillonnement et s’agenouilla devant le grand insulté. Je serai cet enfant. »

Pour lui, « un peuple sans poète est une terre sans azurBROUSSE François, « Bloc mémo – 29 juin 1931 », Revue B. M. P., -257, mars-juillet 2006, Éd. La Licorne Ailée, Clamart ». « L’enfant » incarne cette poésie aurorienne. Le poète naissant souhaite apporter une aurore nouvelle au vieux monde croulant et pourrissant. C’est ce qu’il répètera à la fin de sa vie :

« Le propre des grands poètes, c’est d’apporter toujours quelque chose de nouveau. En apportant quelque chose de nouveau, ils font évoluer leurs lecteurs, car ces lecteurs sont complètement désarçonnés et, étant désarçonnés, ils essaient de trouver la clef du mystère, l’énigme, la grande clef qui nous ouvre tous les paradis. Et ils y arrivent, il suffit tout simplement d’aimer. Aimer est un mot composé de toutes les étoiles » .

Les Dieux (1930-1932) – Les Colosses (1932-1938) Au cours des deux dernières années au Collège-Lycée de Perpignan (1930-1932), François Brousse termine une série de trente-cinq poèmes regroupés sous le titre Les DieuxBROUSSE François, Le Rire des dieux, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 2006 et commence une série de sonnets sur Les Colosses, présentés ainsi par Jean-Pierre Wenger dans sa biographie François Brousse l’Enlumineur des MondesWENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, 2005, :

« Ce recueil développe une source d’inspiration déjà amorcée auparavant : celle prise aux mythologies – grecque principalement – et aux traditions égyptienne, cambodgienne, biblique, hindoue. Ces sonnets baignent leurs strophes dans ces sphères immatérielles où s’exprime l’épopée universelle vécue par l’humanité. Le lecteur est transporté dans le domaine des pures idées rendues si vivantes qu’il en oublie le reste. Il amorce en parallèle Les Colosses, ces génies civilisateurs, Homère, Eschyle, Virgile, dont les carrures démesurées ont exercé une influence décisive sur les peuples. Il est composé de cinquante-sept sonnets. Aucun conquérant n’y prend place. Si la Grèce antique a la préférence de l’auteur, il n’en néglige pas pour autant l’épopée biblique avec Isaïe, Ézéchiel, auxquels par la suite il consacrera des études. Il place aussi parmi Les Colosses certaines gloires latines comme Tacite, Juvénal, Virgile, déjà installées au Panthéon de l’Humanité par Victor Hugo dans la préface de Cromwell. »

Julien (1935) – Ganelon (1935 ?) À la faculté des lettres de Montpellier où il s’est inscrit en 1932, F. Brousse se lance dans la rédaction de deux épopées : Julien (750 vers, terminée le ) qui retrace quelques événements de la vie de l’empereur romain Julien (331-363) ; et probablement Ganelon (2060 vers) qui traite de la légendaire Chanson de Roland et de la trahison de Ganelon. Roland mourra dans un destin d’apothéose, en donnant son sang « pour sauver l’univers » afin de maintenir allumée la torche de la sagesse et de la liberté.

La Reine du lotus – Les Réveils de Lazare (1936) « En (ou ), François entre dans l’Éducation Nationale d’abord en tant que Maître d’Internat, puis adjoint d’enseignement et, à partir de 1940, il enseigne la philosophie et la littérature dans le Languedoc-Roussillon jusqu’à sa retraite en 1975. Il professera également la cosmographie (1955, 1962)WENGER Jean-Pierre, François Brousse l’Enlumineur des mondes, Éd. Danicel productions, Saint-Cloud, 2005, . »

« , Hitler répudie les accords de Locarno et réoccupe la Rhénanie qui était démilitarisée. François Brousse pressent les immenses bouleversements à venir dans le poème « La reine du lotus »BROUSSE François, La Reine du lotus, poème fini le 13-07-1936, dans La Rosée des constellations, Éd. La Licorne Ailée, Clamart, 1991, » qu’il classera parmi les poèmes majeurs de son œuvreBROUSSE François, Conférence, Paris, 22 novembre 1991 » :