Édouard Auguste NousveauxOn trouve aussi Edmond Auguste Nousveaux à l'état civil, né à Paris le et mort à Saint-Louis (Sénégal) le , est un peintre et lithographe français.
Après une série de paysages remarqués au Salon de Paris, l'occasion lui est donnée de rejoindre le capitaine de vaisseau Bouët-Willaumez sur les côtes africaines et il devient ainsi un témoin privilégié de la société coloniale au Sénégal pendant la monarchie de JuilletRevue française d'histoire d'outre-mer, vol. 76, 1989, , .X. Ricou, Trésors de l'iconographie du Sénégal colonial, Riveneuve, Marseille, 2007, .. Telles quelles ou réinterprétées par d'autres artistes, plusieurs de ses œuvres illustrent des ouvrages et des revues de voyage, Nousveaux a également produit des lithographies de sites parisiens, avant et après son expérience africaine.
Biographie vignette|redresse|Pirogue franchissant les brisants de Guet-N'Dar, aquarelle publiée dans Côte occidentale d'Afrique (1890). Né à Paris le D'après le dictionnaire de Bellier de la Chavignerie, le même qui lui donnera une date de décès erronée, reprise ensuite jusqu'à nos jours., il est le fils de Nicolas Nousveaux, peintre en porcelaines, et de Marie Catherine Henriette Asséré. On sait aujourd'hui qu'après le décès de son père, la mère d'Édouard Auguste s'était remariée à l'artiste peintre François-Joseph Dupressoir (1800-1859)Se reporter à la note qui renvoie vers un lien sur une étude généalogique la famille Nousveaux. Nousveaux se forme à l'École des beaux-arts de Paris sous la direction de Dufresnois. Il expose au Salon à partir de 1831. Cette année-là il se déclare domicilié au 56, rue du Faubourg-Saint-Denis à ParisExplication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, lithographie et architecture des Artistes vivans : exposés au Musée Royal, le , Vinchon, Paris, 1831, .. Le Salon de 1834 lui prodigue ses encouragements : . En 1835, il vit au 28, rue des Petits-Hôtels, dans le futur Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, et lithographie des artistes vivans exposés au Musée royal le , Vinchon, Paris, 1835, ..
Une revue critique de la quatrième Exposition annuelle des beaux-arts au musée de Rouen en 1836 porte un jugement mitigé sur l'unique œuvre présentée par Nousveaux et y décèle déjà des velléités exotiques : Un paysage (209) : au centre un grand arbre probablement étudié avec soin sur la nature, mais d'une configuration si insolite, avec des embranchemens si contournés, si tourmentés, si capricieux, qu'il ressemble bien plutôt à quelqu'une de ces végétations presque fantastiques dont les voyageurs aux rives du Niger ou du Gange, garnissent leurs albums, qu'au prosaïque poirier de nos masures qui, cependant, a dû servir de modèle. Des terrains accidentés, des arbres coupés, les fondrières obligées d'un chemin vicinal, tout cela étudié avec minutie, mais rendu avec quelque sécheresse et peint avec lourdeurRevue de Rouen et de Normandie, Société des émules, Rouen, 1836, ..
Lorsque le peintre Stanislas Darondeau meurt en 1842 à son retour en France, des suites d'une maladie contractée au Sénégal« Un jeune peintre paysagiste que nous avons eu occasion de citer quelquefois avec éloge, , vient d'être attaché, comme dessinateur, à la station extérieure d'Afrique, sous le commandement de , gouverneur provisoire du Sénégal. succède à , dont nous avons eu à déplorer la mort récente, alors qu'il rentrait en France pour recueillir le fruit de ses travaux et de ses études », in L'Artiste, 1842, ., son collègue Nousveaux arriva à la côte pour continuer ses œuvres et compléter un album pittoresque destiné à être publié par le département de la MarineÉdouard Bouët-Willaumez, Description nautique des cotes de l'Afrique occidentale, comprises entre le Sénégal et l'Équateur : commencée en 1838 et terminée en 1845 par les ordres de , Impr. administrative de Paul Dupont, , 1849, ..
De retour en France, Nousveaux expose neuf aquarelles lors du Salon de 1845. Arthur Guillot les commente ainsi : [elles] appartiennent au ministère de la marine et font partie d'un ouvrage sur le Sénégal et les côtes occidentales d'Afrique. Ces aquarelles, dont plusieurs ne sont, à vrai dire, que des croquis, offrent cependant beaucoup d'intérêt, en ce sens qu'elles représentent des contrées où nos paysagistes s'aventurent rarement, et qu'elles permettent de saisir çà et là quelques traits de la vie de ces pays lointains« Salon de 1845 : Aquarelles, pastels, dessins », La Revue indépendante, vol. 18-19, 1845, ..
Il vit à Neuilly-sur-Seine en 1846 où sa femme, Louise Aimée Bourgeois, brunisseuse en bijoux, accouche d'un garçon en novembre de la même année ; son atelier se trouve quant à lui à Paris au 31, rue du Faubourg-du-RouleAnnuaire des lettres, des arts et des théâtres avec gravures et illustrations, L'Époque, Paris, 1847, .. Il achève encore dans la capitale quelques travaux sur le thème du Sénégal.
Puis, autour de cette même année, il réalise une série de lithographies de sites parisiens, tels que la Sorbonne ou le collège des Cholets, qui ont fait l'objet de critiques parfois sévères. Nousveaux, fidèle à des modèles fort éloignés de la réalité, aurait donc contribué à diffuser des inexactitudes, comme l'affirme A. Bonnardot : Je suis désolé, je l'avoue, de pouvoir si rarement citer une pièce de cet artiste de talent et d'imagination, sans être obligé de faire une sévère critique de ses œuvres qui, à peu d'exceptions près, donnent du vieux Paris, des portraits faux ou pleins d'anachronismes« Iconographie du vieux Paris », Revue universelle des arts, vol. 9, 1859, ..
Passionné de voyages, il avait collaboré à plusieurs périodiques tels que Le Magasin pittoresque ou L'Illustration.
C'est le que Nousveaux, lors d'un voyage au Sénégal meurt de maladie dans la ville de Saint-Louis, âgé d'environ 35 ans. Son décès est reporté à l'état civil parisien le suivantArchives de Paris Acte de décès reconstitué : transcription en provenance de Saint-Louis au Sénégal, du décès de Nousveaux à l'état civil parisien le 14/10/1848, vue 18 / 40. De récents travaux sur la généalogie du peintre ont démontré l'inexactitude de sa date de décès supposée à tort en 1867. Notamment le fait que sa femme s'est remariée dès 1851 avec Étienne Motin (ca 1828-1880), peintre sur métaux et fleuriste. Puis, on trouve une notice nécrologique dans le Moniteur des Arts en date du concernant le beau-père du peintre, Dupressoir cité plus haut (second mari de sa mère) qui venait de décéder. Dans cette nécrologie, M. Audiffred nous rappelle les liens entre Dupressoir et Nousveaux et rappelle son décès en 1848Site Retronews Le Moniteur des Arts, édition du 5 mars 1859 (vue 2 / 8) ou p.138 du document.
Récompenses et distinctions Titulaire d'une médaille de du Salon de 1839, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1847 H. W. Janson (dir.), « Paris. Salon de 1866 », Catalogues of the Paris Salon, 1673 to 1881, vol. 46, Taylor and Francis, 1866, ..
Postérité Des périodiques tels que Le Tour du monde publient des dessins inspirés des aquarelles de Nousveaux. C'est ainsi que l'article « Voyages et expéditions au Sénégal et dans les contrées voisinesLe Tour du monde, semestre 1861, . » publié en 1861 est notamment illustré de quatre dessins d'Évremond de Bérard et de deux dessins de G. Boulanger , tous réalisés d'après des œuvres de Nousveaux. vignette|redresse|Femme peule (1847). Une vingtaine d'années après sa disparition, le colonel Frey utilise quelques-unes de ses aquarelles pour illustrer son ouvrage Côte occidentale d'Afrique : vues, scènes, croquis, publié en 1890Côte occidentale d'Afrique : vues, scènes, croquis, Paris, Marpon et E. Flammarion, 1890, (en ligne sur Gallica).. La diffusion de l'ouvrage contribue à la notoriété de l'artiste.
Plus généralement, l'œuvre sénégalais de Nousveaux a été abondamment reproduit, non seulement ses paysages, mais aussi les personnages qu'il met en scène, les signares, ainsi que les types ethniques, les Peuls (le berger, le guerrier, la femme)« Costumes de Peuls », Le Magasin pittoresque, 1847, vol. 15, . ou les Wolofs« Costumes Iolofs [sic] », Le Magasin pittoresque, 1846, vol. 15, . principalement. On retrouve ainsi les figures peules dans La France coloniale illustrée (1888), sans indication d'auteur et avec des légendes simplifiées« Femme peule des bords du Sénégal » devient ainsi « Femme peule » dans Alexis-Marie Gochet, La France coloniale illustrée : Algérie, Tunisie, Congo, Madagascar, Tonkin et autres colonies françaises considérées au point de vue historique, Tours, A. Mame et fils, 1888, .. La réflexion contemporaine, par exemple le colloque L'idée de « race » dans les sciences humaines et la littérature (s) (2000)L'idée de « race » dans les sciences humaines et la littérature (s), Actes du colloque international de Lyon, (16-), textes réunis et présentés par Sarga Moussa), L'Harmattan, 2003, ., souligne la place de l'iconographie dans la propagation des stéréotypes. De fait « l'album pittoresque », confié à Darondeau puis à Nousveaux, était bien destiné à la propagande maritime et coloniale auprès des jeunes Français, « Un peintre colonial méconnu : Édouard Nousveaux », Notes africaines, , 1948, .. Comme d'autres illustrateurs de la littérature coloniale, il a contribué à fixer une certaine vision du continentJean-Marc Boutonnet-Tranier (dir.), L'Afrique fantastique par les explorateurs et les dessinateurs du , Ivry-sur-Seine, Aethiopia Editions, 1993, (une sélection d'articles publiés dans Le Tour du monde entre 1860 et 1890)..
Œuvres
vignette|redresse|Place et marché de Gorée d'après une aquarelle de Nousveaux, publié dans Côte occidentale d'Afrique (1890). Vue d'une usine sur les bords de la Drôme, 1831. Vue d'Amboine, prise des hauteurs de Batou-Ganton, 1833, lithographie coloriée, National Library of Australia .. Vue de Saint Denis, Ile Bourbon, 1833, lithographie coloriée, National Library of Australia.. Le Lac d'Escoubous, 1834, lithographie, In Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, décrit dans Base documentaire régionale, Montpellier .. Montagnard écossais, 1835. Entrée de l'avant-garde à Salamanque. , 1839, aquarelle, , musée national des châteaux de Versailles et de TrianonBase Joconde, Ministère de la Culture Église de la Sorbonne, 1840, lithographie, Planche , in Paris et ses environs reproduit par le daguerréotype, sous la direction de , Paris, chez Aubert et , 1840.. La Destruction de la ville de Cascas au Sénégal, 1843, aquarelle. Village de Diadoumé au Sénégal, 1845, huile sur toile, , Paris, musée du Quai BranlyRéunion des musées nationaux.. Porto-Praga, aquarelle. L'Escale des Trarzas, aquarelle. Rio-Cestos. Rivière de Gallinas, aquarelle. Cimetière africain au clair de lune, 1845, huile sur toile, , Autun, musée RolinNotice dans la base Joconde.. Arrivée de la Belle Poule à Saint-Louis, Paris, musée national de la Marine. Tisserand au village, aquarelle. Le Prince de Joinville se rendant au Brésil assiste à une danse indigène sur la Place du Gouvernement à l'île de Gorée en , 1846, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon. Signare et serviteurs à Gorée (scène d'esclavage : maison des esclaves à Gorée), 1848, aquarelle sur papier, , Paris, musée du quai BranlyRéunion des musées nationaux.. Signare et négresse de Saint-Louis en toilette, vers 1848-1849. Vue générale de St Louis. Sénégal, 1846, dessin aquarellé, 39 x 54 cm, La Rochelle, musée du Nouveau Monde Ile de Gorée. Côtes occidentales d'Afrique, 1846, dessin aquarellé, 39 x 55 cm, La Rochelle, musée du Nouveau Monde Campement au Sénégal, huile sur toile, , Chantilly, musée Condé Ustensiles textiles de la Sénégambie, huile sur toile, Le Puy-en-Velay, musée Crozatier. Le Val de Grâce, mine de plomb et aquarelle, . Le Collège de Sorbonne en 1550, vers 1850, lithographie en couleurs d'après François Alexandre Pernot, Notice dans la base Mnemosyne, INRP..