Le congrès du Mans est le congrès ordinaire du Parti socialiste français, qui s'est tenu au Mans du 18 au . L'objectif du Congrès était de régler les divisions du parti apparues avec le référendum sur la Constitution européenne, de fixer la ligne générale du parti socialiste en vue de la désignation des représentants du parti à tous les échelons (section, fédération, national).

Historique : le Conseil national du Parti socialiste s’est réuni afin de convoquer le Congrès. Début du dépôt des contributions. : date limite pour la déposition des contributions : Conseil national de synthèse afin de définir les motions. Le lundi , l’ensemble des motions sera arrivé dans les fédérations et chez les militants. : vote dans les sections sur l’ensemble des fédérations et du territoire. 10 au : tenue des congrès fédéraux. 18 au : Congrès au Mans. : Élections des premiers secrétaires fédéraux, des secrétaires de section et du premier secrétaire national. : Conseil national de désignation du secrétariat national

Listes des contributions générales déposées

La phase des contributions précède celle des motions. Elle permet de faire valoir des idées de groupe qui se rassemblent lors de celles des motions, beaucoup moins nombreuses. Volonté, vérité, unité : Contribution présentée par la direction sortante tel que François Hollande, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang. Contribution d’Utopia : Contribution présentée par Utopia (Franck Pupunat) Socialisme & réalité : Contribution présentée par Gérard Collomb. Pour une Alternative socialiste : Contribution présentée par Henri Emmanuelli, Marc Dolez, Gérard Filoche et Jean-Pierre Masseret. Pour le choix d’un nouveau modèle économique et social : Contribution présentée par Régis Passerieux. Trait d’union ! : Contribution présentée par Jean-Luc Mélenchon. Le socialisme du : pour un réformisme radical : Contribution présentée par Laurent Baumel. Face au libéralisme, une seule alternative : le socialisme : Contribution présentée par Martine Aubry Courage, authenticité, modernité : Contribution présentée par Jean Glavany Pour un socialisme libéral : Contribution présentée par Jean-Marie Bockel Nouvelle voix : Contribution présentée par Gaëtan Gorce Du contrat social au contrat sociétal : Contribution présentée par Michel Debout et René Teulade. Pour rassembler la gauche : Contribution présentée par Alain Vidalies. Républicains, européens et solidaires : Contribution présentée par la fédération des Bouches-du-Rhône. Une ambition pour les socialistes et pour la gauche : Contribution présentée par Marie-Noëlle Lienemann. Urgence sociale : Contribution présentée par Pierre Larrouturou. Agir à gauche : Contribution présentée par Laurent Fabius. Rendre la gauche possible : Contribution présentée par le Nouveau Parti socialiste (Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon).

Les contributions peuvent également être consultés librement sur http://www.parti-socialiste.fr/

Il existe également des contributions thématiques (plus de 300) consultables sur le site donné ci-dessus.

Listes des motions déposées La phase des motions est celles des textes finalement mis au vote des militants, après synthèse de contributions. Ils doivent être déposés lors du conseil national du . Les noms précédés par # ont quitté la majorité issue du précédent congrès.

Cinq motions sont déposées: - Socialistes, pour réussir à gauche : Volonté - Vérité - Unité déposée par François Hollande et sa majorité sortante, dont font partie la plupart des éléphants du parti, tels DSK, Martine Aubry, ou Jack Lang, mais aussi Bertrand Delanoë, Julien Dray, Jean-Marc Ayrault amputée des noms marqués avec un #. Rassembler à gauche : déposée par #Laurent Fabius et soutenue par Alain Vidalies, Jean-Luc Mélenchon et Marie-Noëlle Lienemann. C'est la première motion déposée par Laurent Fabius depuis le congrès de Rennes. À Dijon, il s'était rallié à la majorité de Hollande. Utopia par le groupe Utopia mené par Franck Pupunat. Pour un socialisme libéral : vérité et action déposée par le sénateur-maire de Mulhouse #Jean-Marie Bockel, défendant une ligne sociale-libérale assumée. C'est la première fois que ce courant dépose une motion en son nom propre. Il était auparavant rallié à la majorité. Nouveau Parti socialiste : Pour une alternative socialiste : Déposée par le Nouveau Parti socialiste- avec Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Michel Vauzelle et Guy Bono soutenu par Alternative socialiste (Henri Emmanuelli, Marc Dolez, Gérard Filoche, Jean-Pierre Masseret). Cette motion est dans le prolongement de celle déposée au Congrès de Dijon et souhaite la rénovation du parti pour tirer les leçons du .

Débats Rentrée politique

À l'approche de l'université d'été de La Rochelle, plusieurs dirigeants du PS ont émis des déclarations sur le futur congrès.

Principal lieutenant de Laurent Fabius, Claude Bartolone s'est exprimé parmi les premiers le mardi . Il a expliqué que le « parti a besoin d'une autre majorité », d'un « autre cap », a-t-il déclaré dans Le Parisien. Pour lui, la direction de François Hollande est comptable « d'un triple échec » : elle a « divisé les socialistes », elle a été « méprisante vis-à-vis d'autres formations politiques de gauche », elle est « silencieuse » dans l'opposition au gouvernement. Il a renchéri : « au niveau national, jamais n’a existé une telle désespérance. Nous devons en tenir compte, y compris en revenant s’il le faut sur des décisions que nous avons soutenues. Nous ne ferons jamais croire que la défaite de 2002, c’était la faute à pas de chance ». Pour le député Bruno Le Roux, membre de la majorité sortante « les fabiusiens sont dans une stratégie de tension ».

Certains refusent l'alignement rapide derrière l'un ou l'autre camp. Christophe Caresche regrette « les déclarations extrêmement belliqueuses de Claude Bartolone » et la façon « extrêmement militaire dont se regroupe la majorité ». Le député de la Nièvre Gaëtan Gorce estime que « le parti a souffert. Les militants sont fatigués des conflits de clan ».

Le jeudi 16, Michel Rocard s'est exprimé très durement dans une interview accordée au Nouvel Observateur. Il y déclare qu'« au terme du congrès du Mans, il y aura une minorité, qui devra se soumettre ou se démettre […]. Le pire serait de rester dans la confusion ». Selon lui, « il faut régler ce débat centenaire entre pseudo-marxistes et vrais réformistes […]. Nous aurions dû sanctionner ceux qui transgressaient nos décisions collectives lors du référendum du 29 mai ». Qualifiant la possible candidature de Laurent Fabius à la présidentielle de 2007 de « profondément opportuniste », il estime qu'il « faudrait peut-être envisager la création d'un nouveau parti », en cas de changement de majorité lors du congrès. « Si le PS commettait l'erreur de détruire le candidat le plus crédible qu'il a, ce serait une catastrophe politique » lui a rétorqué Jean-Luc Mélenchon. Même dans la majorité du parti, la plupart des responsables se sont démarqués de Michel Rocard ; Daniel Vaillant, député PS de Paris, estime dans Le Parisien du qu'une scission serait « dramatique ». « J'ai du respect pour lui mais je trouve ses propos excessifs. Il a raison de rappeler la règle majoritaire, mais je ne crois pas que l'heure d'une scission ait sonné. Ce serait dramatique, après tous les efforts passés pour réunir les deux gauches ».

Dans une déclaration le , le porte-parole du Parti Julien Dray annonce que l'université d'été du PS « sera placée sous le signe de la contre-offensive nécessaire à la politique du gouvernement Villepin […]. L'ensemble des responsables et des élus doivent consacrer leur énergie à cela et uniquement à cela ».

Lors de la traditionnelle Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, le , Arnaud Montebourg a déclaré : « Transformer et régénérer notre parti autour des projets de la gauche volontaire […] ne peut passer que par la construction d'une nouvelle majorité […] Il est impossible de construire quelque chose avec Hollande, il nous a conduit à deux désastres, celui de 2002 et celui de 2005. Les marchands de scission se trompent », répondant à Michel Rocard et invitant ses camarades à plus s'occuper de combattre l'UMP. Invité d'honneur, Hubert Védrine a dit qu'il ne faut « pas abandonner nos ambitions, voire nos rêves pour l'Europe, mais leur redonner une assise et redéfinir une méthode ». Enfonçant le clou lundi, Montebourg a affirmé : « Lorsque l'on regarde les textes des uns et des autres […] nous apercevons un immense silence du côté de la majorité actuelle, de François Hollande, de Dominique Strauss-Kahn, qui nient les dégâts de la mondialisation et qui refusent finalement de s'y attaquer ».

Lundi 21, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que « ce n'était pas une idée très intelligente de nous obliger tous à déposer nos motions mi-septembre. Résultat, on se trouve en plein mois d'août à se faire des querelles auxquelles personne ne comprend rien » a-t-il ajouté. L'animateur de Pour la république sociale déclare que ce congrès est aussi celui du choix du candidat à l'élection présidentielle : « Au point où nous en sommes il en reste deux : Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. J'espère que le PS ne fera pas l'erreur de présenter un candidat qui aurait été pour le oui lors du référendum sur la Constitution européenne. […] Sans lui donner un chèque en blanc […] par raisonnement, j'en déduis Fabius. Par la force des choses, c'est le seul ».

Selon son lieutenant Claude Bartolone, Laurent Fabius, qui participera à l'atelier sur le logement « qui lui parait correspondre à une préoccupation importante des Français », n'assistera pas au discours de clôture du premier secrétaire sortant François Hollande. Enfin, Fabius a accepté l'invitation de Marie-George Buffet à la Fête de l'Humanité des 10-.

Dans un entretien à paraître le dans le Nouvel Observateur, le premier secrétaire sortant François Hollande annonce qu'il sollicitera un dernier mandat. Il explique : « Ma seule ambition a été de relever le Parti socialiste, de le conduire aux victoires électorales et surtout d'effacer l'affront du 21 avril 2002. J'assume mon bilan mais je n'ai pas achevé ma tâche ». Il affirme dans le même article projeter de quitter le poste de Premier Secrétaire après la présidentielle de 2007.

Dans un entretien avec Le Figaro le , Bernard Kouchner se dit prêt à travailler avec François Bayrou et « avec d'autres ». Il affirme qu'il « aime autant discuter avec les militants centristes qu'avec ceux d'Attac », et préfère « une bonne scission » à une « fausse synthèse ». Lors d'une interview au journal télévisé de 20 heures de TF1 le , le chef de l'UDF a affirmé qu'il était prêt à accueillir des socialistes en rupture avec leur parti.

L'ancien fabiusien Jack Lang, qui avait défendu le « oui » au référendum, a confirmé sa rupture avec Laurent Fabius. « C'est un désaccord politique et idéologique. […] La principale divergence entre nous porte sur notre conception du parti et de la démocratie ». « J'entends sans cesse invoquer le nom de François Mitterrand. […] [Mais] on n'imagine pas qu'il aurait pu tourner le dos à leur vote » a-t-il dit.

À Fouras, le Nouveau Parti socialiste, d'une voix commune, militants et dirigeants, annonce publiquement présenter sa motion autonome au congrès du Mans face à François Hollande. Henri Emmanuelli propose néanmoins au Nouveau Parti socialiste, une motion commune (sans Laurent Fabius).

Dans un entretien au Monde, le Numéro 3 du parti, François Rebsamen, a critiqué Arnaud Montebourg : « [La] manie de la provocation d'Arnaud Montebourg nuit à la qualité des débats », mais a réfuté la scission de l'essentiel de la majorité sortante : « Si nous sommes minoritaires, nous serons minoritaires. Nous avons toujours respecté le vote des militants ».

Université d'été du PS à La Rochelle