En architecture et construction, une fenêtre ou un châssis en français louisianais., est une baie, une ouverture dans un mur ou un pan incliné de toiture, avec passage de l'éclairement et peut-être de l'air. Sur un mur, sa différence rudimentaire avec la porte réside dans le fait qu'elle ne descend pas jusqu'au sol (sinon c'est une porte-fenêtre, un élément créé au , traité ici aussi). Dans le langage familier, le mot « fenêtre » désigne de façon générique les diverses menuiseries permettant de fermer la baie, le châssis de fenêtre.

Fonctions vignette|Fenêtre d'église à Le Guerno, protégée par un fer forgé à pointes orientées vers le bas (Morbihan, France). vignette|Une fenêtre antique datant du , intégrée dans son décor intérieur d'époque, baptistère des Orthodoxes de Ravenne (Italie). vignette|Fenêtre romane à linteau à profil courbe, à arc simulé délardé en bas-relief dans la tête du linteau et à cordon d'imposte. vignette|Le bois, le cadre, les arcs, les moulures, un éventuel balcon, le verre coloré, etc., accroissent la valeur décorative de la fenêtre. Cet art de la fenêtre prit un développement particulier dans l'Art nouveau. Ici une maison de Tournai (Belgique). vignette|« Accès pompiers », matérialisé par une signalétique spécialisée.

Une fenêtre assure plusieurs fonctions pour le local concerné : l'éclairage, la vue possible intérieur-extérieur ou vers l'extérieur seul, l'aération, auxquels s'ajoutent parfois la communication verbale et la sécurité des évacuations. Tout ceci est fait en respectant la séparation des lieux par leur isolation thermique et phonique selon le besoin. La fenêtre a servi autrefois à faire entrer et sortir en façade sur rue des marchandises dans des magasins situés en étage. Elle a servi à évacuer des ordures ménagères, aussi bien à la ville qu'à la campagne et cet usage a disparu avec son interdiction dans les règlements royaux puis municipaux. Aux fonctions d'éclairement de porte d'accès à baie vitrée, une mise en conformité de sécurité incendie pour partie non privative (les communs) est obligatoire comme pour toutes les portes. Dans le même cadre sécuritaire, les éclairements qui concernent en haut des escaliers les dômes, il est prévu une évacuation des fumées d'incendie déclenchée par un automate. Pour l'aménagement des intérieurs à éclairer, une incitation par diminution des impôts est faite en France pour la maîtrise de la chaleur entrant dans le bâtiment par l'ensoleillement; Concernant la perte de la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur en France après la jurisprudence loi 2010, la loi 2019 interdit au la vente de locaux habitables « indécents » par carence d'isolation graveLogements impossibles à chauffer : ce que va changer la loi. En finir avec les « passoires thermiques », c’est l’objectif des mesures adoptées ce vendredi par les députés. Le texte ne prévoit pas de sanction., site Le Parisien, 28 juin 2019, (lire en ligne, consulté le 2 février 2023).<ref>« Appartement mal isolé : l’acquéreur peut obtenir l’annulation de la vente », site monimmeuble', 2010, (lire en ligne, consulté le 2 février 2023). </ref>.

La fenêtre de plain-pied sur la rue est devenue une vitrine pour l'étal du commerce. Selon les marchandises vendues, c'est devenu ensuite un étal non accessible depuis la rue.

Lorsque la baie est un accès à la lumière dans un local sans vue autorisée sur l'extérieur, la baie est un jour-de-souffrance qui fait partie des servitudes intégrées dans les règlements d'immeubles.

La fenêtre a eu une importance sociale et politique : défenestration, impôt sur les portes et fenêtres, importance qui est aussi relatée dans la littérature et la peinture. Un élément de construction vignette|Fenêtre d'un chalet-restaurant en Suisse (septembre 2018).

Composants d'une fenêtre Une fenêtre peut être fixe ou bien s'ouvrir et comporte alors un ouvrant. Elle peut être unique, géminée ou multiple (triple, quadruple, quintuple, sextuple).

La partie scellée au mur de manière étanche est le fixe, le bâti, le dormant. La partie mobile est l'ouvrant qui, refermé, doit assurer en façade l'étanchéité aux intempéries et au bruit. La partie mobile est soit le vantail ou battant qui s'ouvre en formant un angle avec le mur vertical, soit le châssis intermédiaire glissant latéralement dans le plan du mur vertical, soit le dôme qui s'ouvre en toiture en dormant un angle.

La forme de la baie peut être une traduction symbolique à valeur essentielle culturelle constituant sa fonction primordiale parfois. Les fenêtres hautes d'église signifient l'élévation, le sublime et les rosaces, le rayonnement de Dieu.

Les chambranles de fenêtre font partie de la structure de l'édifice, constitués dans le matériau de structure de l'édifice : il s'agit de bois (majorité des cas jusqu'au compris), de pierre maçonnée, de brique (généralisée à partir du ) qui parfois donnent des arcs (plein-cintre, brisés), puis il s'agit de béton (au milieu du ), avec lequel le chambranle est un vide obtenu simplement par une réservation mise dans le coffrage. Le béton autorise toutes les formes possibles par sa plasticité, mais on reste cependant le plus souvent sur la forme rectangulaire de base pour la fenêtre. Dans des immeubles à structure poteaux-dalles, les fenêtres peuvent ne plus avoir de chambranle à véritablement parler.

Historiquement, le jumelage des baies a constitué les croisées à meneau, milieu . Ces fenêtres avec une croix de pierre au centre du tableau de maçonnerie sont devenues ensuite les fenêtres à double-battant qui sont si répandues.

Les dispositifs de fermeture des fenêtres sont le loquet, l'espagnolette à poignée (avec une tringle tournante verticalement agrippant le bâti avec un crochet en haut et bas), la crémone à bouton (avec une béquille métallique en bas et une en haut s'enfonçant dans des gâches), qui datent du . Cela constitue la quincaillerie devenue décorative à laquelle s'ajoutent les paumelles, fixations articulées en charnière des battants au bâti qui restent en général assez sobres en comparaison de celles mises en place pour les portes renforcées de style ostensible traditionnel actuel.

Selon le mode d'ouverture, on distingue actuellement différents types de fenêtres : les fenêtres à frappe avec des vantaux battants, les fenêtres coulissantes sur châssis, les fenêtres de toit en pente, les lanternes de toit ou de terrasse fournissant un éclairage zénithal, les portes-fenêtres, les impostes de porte.

Les volets intérieurs ou les contrevents à l'extérieur sont répandus au . Ils devinrent ensuite les persiennes extérieures ajourées. Les volets et contrevents équipent la fenêtre pour assurer l'occultation totale de la baie, pour permettre à la fois l'obscurité et la résistance à l'effraction. On leur ajoute ensuite selon les besoins des stores extérieurs en toile qui protègent du soleil et peuvent prendre une forme de corbeille à arceaux, des stores vénitiens intérieurs à lames et des moucharabieh-jalousies qui protègent l'intimité et aussi du trop-plein de lumière et de chaleur avec les baies situées en hauteur. Des moustiquaires sont mises en place contre les insectes. Dans l'architecture moderne du apparaît le brise-soleil comme élément de façade marquant le style.

Éléments d'histoire L'apparition des baies avec des vitraux dans l'architecture correspond à la conception de la visibilité et de la protection par rapport à l'extérieur à partir de l'Antiquité dans les bâtisses (Histoire du verre). Les ouvertures du sont plus grandes que celles de la pratique antérieure qui faisait des toutes petites embrasures rectangulaires ou rondes-ovales. Certaines petites proportions sont restées : dans les lucarnes pour les rectangulaires, dans les lunettes et oculi pour les rondes. L'ensemble des portes-fenêtres installées sur des terrasses à l'intérieur ou à l'extérieur des bâtiments, est une composante majeure de la notion du dedans pour un espace clos mais pas forcément couvert (par exemple une fabrique de jardin en forme de ruine ou une cour de maison de ville avec jour de souffrance sur le voisin). Le dehors est un espace forcément à ciel ouvert. L'intermédiaire entre ces deux éléments existe aussi bien symboliquement que pratiquement par la porte-fenêtre et le porche en avant-corps du bâtiment : le dedans et le dehors peuvent se joindre et nécessitent alors de faire disparaître le mur mais aussi de le refermer (porte, pont-levis etc.); ainsi est fait le porche des églises qui est le symbolique corps de logis représentant le Paradis.

Dans la fenêtre, la partie maçonnée haute, le linteau (monolithe ou clavé, évidé ou à profil plat ou courbe, avec ou sans cordon d'imposte), est à l'origine une table de pierre ou de bois appuyée sur les pieds-droits. Cette partie haute fut renforcée en rigidité par l'invention du chaînage (partie métallique horizontale encastrée) qui se marque souvent par un bandeau en façade ; chaînage qui autorisa des embrasures larges à moindre risque d'effondrement par dislocation de la structure.

La partie maçonnée basse sur laquelle s'appuyait la fenêtre formait à l'origine la banquette intérieure faite dans l'épaisseur du mur avec son dossier mince qui constitue l'allège qui n'est pas forcément marquée en façade. Elle allégeait la construction faite en mur épais. En même temps pour la partie latérale verticale, on rigidifiait les trumeaux évidés par les alettes. À l'apparition des murs minces en parpaings ou briques, on simplifia l'ouverture maçonnée cette partie de la maçonnerie de l'épaisseur de mur visible à l'extérieur de la baie.

Les fenêtres font partie avec les portes de ce qui constitue l'huisserie placée sur les tableaux de maçonnerie dès le . La totalité de la fenêtre a été, dès lors, traditionnellement réalisée en menuiserie de bois avec l'emboîtement de gueule-de-loup. , ses cadres fermants et leurs traverses, croisillons et parcloses tenant les carreaux de verre. L'intérêt de cet ouvrage léger est qu'il peut suivre les déformations que subit le gros œuvre non monolithique par ses contraintes dues au sol, aux planchers qui s'affaissent et déforment les baies. Le travail de fabrication et d'installation est depuis fait par la même corporation que celle qui fait les meubles , celle des menuisiers. Des profils en fer furent utilisés en substitution du bois (le chêne a eu une très grande importance dans le bâtiment et un grand prix) fin du , puis le bois exotique prit une place éminente. puis usage de fer, d'aluminium et de PVC pour le bâti au . Au l'éclairage des passages souterrains et des montées d'escalier jour en façade mais aussi des parties intérieures en second-jour en se fait avec des briques de verre.

Au Moyen Âge, dans les vitrages dormants, les carreaux sont tenus dans une résille de plomb fixée au mur. Cela donne par exemple les éclairages des églises avec vitraux. Dans les vitrages ouvrants, la résille est fixée à un châssis bois. Cela donne par exemple les croisées des grandes demeures.

Les vitres de la fenêtre ont été translucides avant d'être transparentes. Ce fut du parchemin, de la toile huilée, du mica, avant de pouvoir être au du verre ou du cristal. L'Europe connaît une innovation avec le verre blanc qui se répand aux fenêtres au , alors que le volet reste plein et sans vitrage dans les campagnes pendant plus de deux siècles encore. Le verre acrylique (le verre des dômes d'éclairage zénithal dans les garages ou dans les montées d'escalier, le verre des fenêtres arquées modernes) s'y est ajouté à partir du milieu du ..

Des grilles en avant-corps ont pu être disposées pour protéger les locaux. Elles devinrent des garde-corps sur lesquels on pouvait s'accouder. La ferronnerie d'art qui avait pris son essor fut grandement remplacée au par de la fonte moulée reprenant les dessins classiques, la grille devint banale. Y succédèrent de simples barres métalliques encastrées, avec l'épuration des lignes architecturales au . La plaque d'acier découpé au laser trouve sa place au .