Historiquement issues de l’alpinisme, les techniques spéléologiques de progression dans les cavités naturelles à des fins d'exploration, développées par les spéléologues, évoluent selon les besoins, avec l’introduction de nouveaux matériaux et matériels.
Cet article ne constitue pas un manuelManuel technique de l'École Française de Spéléologie (EFS). Ne sont présentés ici que les éléments de base.
Sécurité
La maîtrise des techniques spéléologiques ne suffit pas à assurer la sécurité dans les grottes. Le milieu souterrain peut être dangereux.
Les risques principaux sont les chutes, l’hypothermie, l’épuisement, les éboulements, les crues
Sous terre, les risques s’additionnent et s’aggravent facilement, alors que le sauvetageSpéléo Secours en France, cellule opérationnelle nationale : numéro appel gratuit 0800 121 123 y est complexe.
Pratiquer la spéléologie, c'est apprendre à lire ce milieu. L'initiation par des spéléologues compétents, la formation, l’expérience, une bonne évaluation de ses propres capacités physiques, le tout additionné d’une attention permanente et d’une humilité de chaque instant, permettent de mieux comprendre le monde souterrain, et par là d'apprendre à en maîtriser les dangers.
Nutrition
Une bonne nutrition contribue à une pratique sûre de l'activité et se doit d'être associée à la sécurité de pratique.
Comme pour toute activité sportive il est préférable d'absorber des sucres lents (pâtes) la veille de la sortie afin de disposer de réserves de sucres (donc d'énergie) pendant la pratique.
Pendant la sortie, le spéléologue peut emporter dans ses poches des barres énergétiques qu'il absorbe pendant les temps d'attente. Si la sortie dure sur une journée il est souvent prévu une pause pour le repas. Les temps de repas doivent être plutôt courts car on se refroidit rapidement. Il est donc préférable de privilégier des aliments qui se consomment rapidement et ne nécessitent pas de perte de temps en découpe, en installation ou en cuisson (sandwichs, barres céréales, fruits feront l'affaire). Si la sortie est plus longue, les spéléologues sont souvent amenés à installer un campement. Dans ce cas l'équipement emporté est plus important et contient souvent de petits réchauds, généralement à alcool solide, permettant de chauffer des aliments.
Il est également important de s'hydrater régulièrement, de préférence avec de l'eau apportée avec soi et d'éviter de consommer l'eau souterraine qui peut être polluée ou porteuse de germes, car les efforts nécessaires à la progression font perdre beaucoup d'eau, tant sous forme de transpiration que dans le fonctionnement musculaire.
Matériel personnel
Vêtements et accessoires
Sous-combinaison
Le faible volume d'échanges gazeux fait que la température d'une cavité est presque toujours différente de la température extérieure. Elle est grossièrement égale à la moyenne des températures annuelles à l'entrée. En été, il fera donc usuellement plus froid dans la grotte qu'à l'extérieur, et inversement en hiver.
Le premier ennemi à affronter est donc le froid. Il peut conduire à l'hypothermie. Or, en spéléologie, il ne suffit pas d'abandonner pour être en sécurité. Lorsqu'on est entré dans une cavité, il faut ressortir. L'équipement anti-froid idéal est composé d'une sous-combinaison hydrofuge : on peut utiliser une sous-combinaison de ski, mais cette dernière ne doit pas gêner en limitant l'ampleur des mouvements ; l'épaisseur de la sous-combinaison dépend du type de cavités que l'on rencontre dans la région où l'on évolue : si un synthétique de running peut être suffisant en Languedoc, une épaisse polaire sera bienvenue dans le Jura ou le Vercors ; dans les cavités très aquatiques, une combinaison néoprène permettra de se protéger du froid ; des modèles spécifiquement étudiés pour la spéléologie, plus ou moins étanches, sont aussi commercialisés ; précédemment les spéléologues utilisaient une pontonnièreUne pontonnière est une sorte de sous-combinaison étanche d'une seule pièce des pieds jusqu'au torse. en latex mais la fragilité, le risque de remplissage et le maintien de l'humidité due à la transpiration font que son usage devient rare.
La sous-combinaison doit être bien ajustée pour être efficace, de façon à éviter l'effet de « soufflet » lors des mouvements : le courant d'air chasse la couche réchauffée au contact du corps, conduisant à une perte rapide de chaleur ; de plus, les bourrelets du tissu peuvent gêner dans les passages étroits. Le coton, qui retient l'eau froide, est à éviter.
Combinaison
La combinaison de spéléologie est conçue pour ne pas gêner la progression : elle reste en place et ne fait pas de bourrelet dans les passages étroits. Elle est indispensable pour aller sous terre car elle protège de la boue, de l'humidité, de l'abrasion
Le tissu synthétique épais résiste à l'abrasion. Il est assez dense pour ne pas s'accrocher à la roche.
Les combinaisons semi-étanches ne sont pas enduites aux coutures ; les combinaisons imperméables protègent efficacement de l'eau, qui est abondante sous terre, mais laissent peu passer la transpiration.
Il est important de bien choisir sa combinaison de spéléologie. Par exemple il est préférable de choisir une combinaison en PVC jaune pour les cavités humides ou froides. Elle est plus pratique pour ramper dans la boue ou faire de la désobstruction, évite que l'eau pénètre par ruissellement jusqu'au corps, protège plus efficacement du froid dû au vent À l'inverse elle maintient l'humidité due à la transpiration et peut donc être la cause d'un refroidissement du spéléologue.
La combinaison doit correspondre au type moyen de cavité dans la région dans laquelle le spéléologue pratique.
Gants et bottes
Les gants sont surtout utiles pour protéger de l'abrasion de la roche même s'ils concourent aussi à protéger du froid. Utiliser des gants imperméables peut s'avérer utile dans des grottes humides et très froides mais entre les frottements de la corde et ceux de la roche, on finit souvent par les trouer après quelques sorties. De plus, quand on équipe une cavité (pose de vis, plaquettes, mousquetons, nœuds sur corde…), on a besoin d'une dextérité maximale que l'utilisation de gants va dégrader. Dans les moments où les gants peuvent devenir gênants, la meilleure option est de les ranger dans la combinaison, contre soi pour les garder au chaud.
L'utilisation de bottes est pratique dans la plupart des cas : protection contre l'eau et la boue, facilité à nettoyer, rapidité à faire sécher (en particulier pour les bottes non toilées). Mais il faut faire attention à ne pas les remplir d'eau. L'autre option est l'utilisation de chaussures de marche (montantes pour protéger les chevilles) ou de canyonisme, conjointement avec des chaussons néoprènes. Les néoprènes protègent du froid, même mouillés. Les chaussures assurent un meilleur confort et une légèreté accrue par rapport aux bottes. Dans les deux cas, il faut veiller à avoir des semelles de qualité pour assurer une bonne accroche au sol.
Genouillères et coudières
Il est conseillé de s'équiper de genouillères et de coudières de protection pour les passages étroits ou ceux où il faut ramper. Elles permettent d'éviter le frottement des genoux ou des coudes lors de la reptation au sol ou contre les parois dans les passages étroits. Parfois les genouillères sont directement intégré dans la combinaison.
Kit
Le kit (abréviation de kitbag) de spéléologie est un sac épais et semi-étanche qui permet de transporter le matériel de progression (cordes, connecteurs, sangles). Il permet également de ranger tout ce qui n'est pas immédiatement nécessaire en progression comme une trousse à pharmacie, des vivres (barres de céréales, sandwich, eau), du matériel de secours
Il se porte généralement sur les épaules, mais est poussé dans les passages étroits et attaché au maillon central lors des progression verticales sur corde.
Bidon étanche
Le bidon étanche permet de protéger la nourriture et d'éventuels vêtements de rechange. Il est aussi pratique pour remonter à la surface la chaux de combustion des lampes acétylène et les matières fécales. En effet, le milieu souterrain est exempt des bactéries qui pourraient recycler les déchets. Il est donc nécessaire de les remonter en surface. Les inconvénients du bidon étanche (volume incompressible même vide, rigidité, poids) fait qu'il est abandonné par les adeptes de la spéléologie légèrehttp://www.speleologie.free.fr/Publications/Techniques%20Light%20v2.0.pdf , page 16.
Éclairage
Sous terre, il n'y a aucune source lumineuse et passé quelques virages, la lumière extérieure n'est plus perceptible. Sans éclairage artificiel, la progression est impossible.
L'éclairage électrique a supplanté l'éclairage dit « à acétylène ». La puissance (> ) des diodes électroluminescentes a bouleversé la vision des volumes dans le monde souterrain. Les éclairages électriques diffusent une lumière constante, plus fiable que celle des éclairages à acétylène.
Les éclairages à acétylène offrent toutefois un champ d'éclairage (et donc de vision) plus large, et une lumière plus « vivante », plus douce et plus agréable à l'œil. Ces dispositifs à combustion produisent une chaleur parfois appréciable. Ils sont cependant lourds et encombrants. De plus la suie qu'ils dégagent et la chaux qu'ils produisent dégradent les grottes.
Dans tous les cas l'éclairage est fixé sur le casque.
L'équipement du spéléologue comprend un éclairage de secours par individu. Celui-ci est souvent porté sur le casque ou autour du cou, permettant ainsi de l'activer même si le spéléologue progresse sur corde.
Équipement de protection individuel
Outre le casque obligatoire en toutes circonstances les EPI en spéléologie concernent aussi le matériel de progression sur corde qui permet notamment d'éviter les chutes. En effet, les grottes et avens peuvent présenter des passages verticaux ou des passages présentant un risque de chute. Il convient donc de progresser en équipant la cavité de cordages. Le corps du spéléologue est tenu par un harnais relié à la corde. Le matériel nécessaire à la progression est attaché au harnais.
Ci-après est décrite la composition du matériel standard en Europe. Il permet de franchir la plupart des obstacles rencontrés dans les cavités européennes.
Comme tout EPI, le matériel du spéléo ne doit pas subir de modification structurelle, ni d'altération, et doit être l'objet de vérification et d'entretien constants, afin de susciter la confiance et de permettre au spéléologue d'évoluer en sécurité.
Casque
La protection de la tête est indispensable et obligatoire : dans une grotte, les plafonds peuvent être bas, le sol glissant et accidenté, et les chutes de cailloux plus ou moins volumineux, délogés par les équipiers ou les cordes, sont monnaie courante.
Les casques de spéléologie sont généralement constitués d'une calotte et d'une coiffe. La calotte permet de protéger la tête d'un contact avec une pierre qui tombe, ou d'un rocher lors d'une chute du spéléologue, ou tout simplement lorsqu'on se relève après une reptation. La coiffe est constituée de sangles en forme d'araignée qui s'intercalent entre la calotte et la tête. La garde correspond à l'espacement entre la coiffe et la calotte. La présence de la garde permet aux sangles de s'étirer pour amortir le choc et éviter de transmettre une onde qui risquerait de provoquer des lésions cervicales.
Dans les casques récents, la coque extérieur est en ABS et l'espace de garde est remplacé par des matériaux absorbants, tels que le polypropylène expansé, et nommé calotin.
Les boulons de fixation des dispositifs d'éclairage doivent être tournés à l'extérieur du casque, sans dépasser vers la calotte, où ils risqueraient de perforer le crâne lors d'un choc.
Harnais