La bibliothèque diocésaine de Nancy (BDN) est une bibliothèque dépendant du diocèse de Nancy, elle est située au domaine de l'Asnée, à Villers-lès-Nancy.

La bibliothèque diocésaine de Nancy conserve plus de volumes traitant de la culture, des sciences humaines et des sciences religieuses.

Historique de la bibliothèque du séminaire de Nancy (1780-1906) La création de la bibliothèque (1780-1849) C'est en 1780 que sont établis le Grand Séminaire et sa bibliothèque. À l'époque, les locaux se situent dans la maison des Missions royales en face de l'église Saint-Pierre de Nancy. Les lazaristes qui dirigeaient la bibliothèque avaient reçu les biens de la communauté des jésuites missionnaires, qui s'étaient eux-mêmes établis dans la maison des Missions royales. Sous la Révolution, le Séminaire se voit obligé de fermer et, le , volumes sont confisqués en vertu de la Constitution civile du Clergé () et placés à la Bibliothèque municipale de Nancy. Le Grand Séminaire ne rouvrira ses portes qu'en 1804. Quelques jours avant la réouverture on rendit au nouveau Séminaire une partie des livres qui lui avaient été enlevés en 1794. À ce moment-là, la bibliothèque est tenue par M. l'abbé Michel, professeur puis supérieur du Séminaire. Zélé et avisé, il obtient d'aller visiter les combles du lycée de la ville (qui servirent de dépôt pendant la Révolution) afin d'y choisir des ouvrages pour la bibliothèque. L'abbé eut le droit d'emporter tout ce qu'il voulait, à condition de fournir au lycée autant de voitures de denrées alimentaires qu'il prendrait de voitures de livres ! Le fonds de la bibliothèque du Grand Séminaire se constitue alors de à volumes. Quand M. Michel quitte le Séminaire en 1825, c'est M. Ferry qui lui succède. C'est d'ailleurs durant son supériorat que la Révolution de 1830 éclata. Elle eut lieu les 27, 28 et . Alors que le Séminaire fut envahi et pillé, la bibliothèque du séminaire, par chance, échappa aux pillages. La bibliothèque ne rouvrit qu'en 1832 et fut confiée à M. Berman. C'était un professeur savant et expérimenté, mais il était trop absorbé par le ministère extérieur. Il céda donc volontiers sa place à M. Rohbacher en 1836. Celui-ci travailla beaucoup pour la bibliothèque et il acquit pour elle des ouvrages historiques ainsi que des livres écrits en allemand. La bibliothèque continuera de s'enrichir grâce aux dons des abbés, comme l'abbé Marchal qui, lorsqu'il reçoit des ouvrages intéressants, les confie ensuite à la bibliothèque. Ses héritiers donneront d'ailleurs par la suite quelques-uns de ses manuscrits.

Une bibliothèque qui s'enrichit (1849-1903)

En 1849, une seconde bibliothèque destinée aux séminaristes est créée par M. Barnage, successeur de M. Rohrbacher. M. Barnage songe alors à rendre l'accès aux livres de la bibliothèque du Séminaire plus facile. Aidé des séminaristes eux-mêmes pour la gestion de la bibliothèque, ils commencent la rédaction d'un catalogue par auteurs puis d'un catalogue par matières.

La bibliothèque commence alors l'acquisition de la collection de patrologie «Migne»1, fait relier des revues et réparer les ouvrages abîmés. En 1877 la bibliothèque est sous la responsabilité de M. Dalbin. Celui-ci terminera en 1877 la rédaction du catalogue par matières commencé en 1849. Pendant cette période, la bibliothèque a pu compter sur de nombreux legs, comme le legs de M.Charlot qui, en 1874, enrichira la bibliothèque de manuscrits de l'abbé Guilbert, de mandements, de livres liturgiques et d'ouvrages lorrains. De 1877 à 1890, M. Thirier réalise un nouveau catalogue par ordre alphabétique en tenant compte cette fois des formats et crée une section spéciale pour les ouvrages sur la Lorraine. Des réserves sont aménagées en salle de travail. La bibliothèque se trouve alors un nouveau bienfaiteur en la personne de M. l'abbé Le Bègue de Girmont qui légua, entre autres, des manuscrits de Chatrian1.

Le , M. Thirier décède et est remplacé par M. Vacant. L'espace manquait à la bibliothèque et M. Vacant aménage des greniers pour y ranger volumes. Un «Enfer» est créé pour y stocker les livres jugés dangereux. Un fichier papier est constitué. Les collections s'agrandissent grâce à l'achat de la suite des patrologies de Migne et d'un livre d'heures manuscrit. En 1897, la bibliothèque compte alors environ volumes. La place manque encore et M.Vacant explique lui-même qu'il était alors obligé de placer deux rangs de livres sur un même rayon2.

Le 10 du bâtiment Saint Jean, qui servait à stocker les doubles, est alors utilisé pour y ranger les livres dangereux pour la doctrine ou les mœurs. Il accueillit, en outre, la section musique et la section littérature et M. Vacant projette d'y placer aussi la section sciences naturelles et physiologiques. Les catalogues sous forme de registres sont eux aussi bien remplis et il ne reste pas assez de place pour l'inscription des nouvelles acquisitions. Un catalogue général sur fiche est alors entrepris. En 1890, l'Écriture Sainte, la théologie, l'histoire, la Lorraine, la liturgie, la littérature et la musique y sont répertoriés. Mais cela ne représente alors que les deux tiers du fonds de la bibliothèque. La bibliothèque ne cesse de s'enrichir, que ce soit par dons, par échanges ou par achats. Les principales acquisitions faites sont les 103 volumes du dictionnaire italien de l'érudition de Moroni, les œuvres complètes d'Albert le Grand et de Jean de Saint Thomas, un livre d'heures manuscrit à miniature.

À ce moment-là, la bibliothèque possède déjà de très belles pièces. En outre plus d'une vingtaine d'incunables antérieurs à 1500 parmi lesquels l'ouvrage Pauli Orosii Historiae, imprimé à Venise en 1483. La bibliothèque possède également des manuscrits de six sortes: des manuscrits liturgiques, des manuscrits d'ordre didactique, des manuscrits d'ordre historique hors Lorraine, des manuscrits sur l'histoire générale ou civile de la Lorraine, des manuscrits relatifs à l'histoire de l'instruction religieuse en Lorraine, des manuscrits qui traitent de la vie privée de personnages lorrains. Parmi les plus belles pièces se trouve un Breviarium Tullense qui daterait du , des Lettres à Dom Calmet du .

La crise de 1903

L'année 1903 marque la première crise du pour la bibliothèque. D'une part, c'est cette année que décède le Père Vacant. Il sera alors remplacé par l'abbé Jérôme. D'autre part, 1903 marque le début de l'expulsion des religieux. Les séminaristes sont expulsés des Missions Royales. Alors que la collection personnelle de l'abbé Michel avait été conservée par les Dominicains, l'expulsion de ceux-ci en 1903 c'était accompagnée de la confiscation de leurs biens. L'évêché entame alors un procès en vue de récupérer les livres et le gagne. En effet, les livres avaient seulement été confiés aux dominicains, et non donnés. Ce n'est donc pas leur propriété, l'État n'est alors pas en droit de les saisir. On reconnaît l'évêché comme véritable propriétaire et la collection de l'abbé Michel est alors rattachée à la Bibliothèque du Grand Séminaire. La Bibliothèque fait également l'acquisition d'archives franc-maçonnes. L'origine de cette acquisition est inconnue. On raconte qu'un prêtre accompagné de fidèles aurait pénétré dans les locaux des francs-maçons pour les saccager et saisir les archives. Le , la loi de séparation de l'Église et de l'État est adoptée et de nouvelles confiscations ont lieu. La séparation se passe plutôt mal. Le Pape, Pie X, n'a pas accepté la création d'associations qui auraient alors permis de sauver certains biens. Au lieu de cela, tous les biens, meubles comme immeubles, sont confisqués. Un inventaire de 1897, rédigé par l'abbé Vacant, dressait une liste de 238 titres particulièrement précieux. La Bibliothèque Municipale choisira d'en confisquer 101 (soit environ 300 volumes). 33 titres disparaîtront mystérieusement. Ce serait l'abbé Jérôme qui, voyant les choses arriver, aurait confié les plus belles pièces à d'autres prêtres afin de les cacher. Certains ouvrages seront retrouvés, comme un manuscrit de de La Fare. De manière générale, le fonds de la bibliothèque réussit à ne pas être trop touché. La Bibliothèque Municipale n'est pas intéressée par les ouvrages de théologie. Avec les confiscations, le séminaire et la bibliothèque sont donc privés de la Maison des Missions Royales. M. Paul Garnier-Lestany, riche bienfaiteur, rachète en 1906 la Chartreuse de Bosserville et la donne à l'évêque de Nancy, Turinaz. Le séminaire et la bibliothèque s'y installent donc. L'accès à la bibliothèque n'est encore que réservé aux professeurs et éventuellement à quelques chercheurs.

Une bibliothèque qui s'ouvre vers l'extérieur.

Le déménagement à la Maison de l'Asnée.

Vient la Première Guerre mondiale. La Chartreuse de Bosserville ne sera pas occupée. Pendant les années 1920 et 1930, la bibliothèque continuera de s'enrichir grâce à des dons de prêtres. En 1936, le Séminaire de l'Asnée est construit d'après les plans de Jules Criqui dans le but d'y accueillir le séminaire. Une aile est spécialement conçue en vue d'y abriter la bibliothèque. C'est le Cardinal Tisserant, préfet de la bibliothèque du Vatican, mais originaire de Nancy, qui conseillera l'architecte pour l'aménagement de la bibliothèque. En 1940, les Allemands envahissent Nancy et s'installent à la Maison de l'Asnée. Le séminaire est alors transformé en hôpital, tour à tour aux mains des Allemands, puis des Américains, et enfin des Français. Étonnamment, durant toute cette période, la bibliothèque ne souffrira pas. Des prêtres ont en effet continué à veiller à l'intégrité de celle-ci et la bibliothèque ne fut ni volée ni vandalisée. Après la guerre, tout le séminaire se remet en route. Les professeurs disposent des quatre étages de la bibliothèque. Les séminaristes, quant à eux, ont maintenant accès à une sélection faite par les professeurs de volumes. En 1972, la bibliothèque reçoit un incroyable legs, celui du cardinal Tisserant. Celui-ci se compose de beaux volumes, dont beaucoup sur le Proche Orient. C'est le prêtre Jules De Vaulx qui est alors chargé de la bibliothèque. Pour l'occasion, il fait aménager une salle dans le seul but d'accueillir cette énorme collection. La bibliothèque reçoit donc 460 cartons de livres. Sur les volumes, seulement 1 ou 2 portent l'ex-libris du cardinal, ce qui laisse supposer que les plus beaux ouvrages ont été retirés et que la bibliothèque diocésaine n'a pas reçu tout ce qu'elle aurait dû... Le meilleur lui a échappé et a dû aller soit au Vatican, soit à la famille de M. Tisserant, soit à son secrétaire... Le cardinal avait également légué l'intégralité de ses archives à la bibliothèque du séminaire. Seulement, son secrétaire de l'époque, Roche, a obtenu de pouvoir bénéficier des archives de M. Tisserant le temps de ses recherches... C'est ainsi que les archives personnelles du cardinal échapperont à la bibliothèque. Il faut dire que Tisserant et le Pape de l'époque, Paul VI, s'entendaient mal, et le Vatican avait peur qu'il y ait dans les archives des choses indélicates sur le Pape.

Parmi les 20 000 ouvrages légués par le cardinal Tisserant, on trouve des fonds éthiopien, syriaque, arménien, copte, chaldéen, hébraïque, grec, arabe, chinois, ukrainien et russe, formant de rares fonds orientaux.. En 2024, seuls les fonds éthiopienhttp://www.bdnancy.fr/ethiopie.php et arménienhttp://www.bdnancy.fr/armenie.php ont été catalogués.

La convention avec l'Université de Lorraine