Le CSS SumterLe général Thomas Sumter (1734-1832), surnommé , fut un héros de la Révolution américaine. À Fort Sumter, une casemate défendant la baie de Charleston, sont échangés le les premiers coups de canon de la guerre de Sécession est un trois-mâts barque avec machine à vapeur auxiliaire actionnant une hélice. C'est à l'origine un navire de commerce, le Habana, construit à Philadelphie en 1859 pour la compagnie McConnell's et destiné à assurer la liaison La Nouvelle-Orléans – La Havane.

Le commerce raider CSS Sumter thumb|left|Un forceur de blocus, le CSS Sumter, sortant du delta du Mississippi et échappant à l'USS Brooklyn en juin 1861, au début de sa carrière. Il recommencera à forcer le blocus unioniste à partir de l'été 1863, cette fois sous le drapeau britannique et sous le nom de Gibraltar. Le gouvernement confédéré l'achète en , le transforme en croiseur, le baptise CSS SumterNe pas confondre le CSS Sumter avec le CSS General Sumter, un vapeur à aubes fluvial qui fut équipé d'un éperon, « blindé » avec des balles de coton, armé de quelques canons et re-lancé en avril 1862. Il se distingua lors de la fluviale de Memphis (Tennessee), fut capturé par les Unionistes en juin de la même année, rebaptisé USS General Sumter, et détruit en août., et en confie le commandement à Raphael Semmes.

Le CSS Sumter est admis officiellement dans la Confederate States Navy le , et force à la fin du mois le blocus maritime établi par l’Union Navy dans le delta du Mississippi en échappant, au terme d'une chaude poursuite, au sloop-of-war (corvette) .

Début , le nouveau commerce raider (corsaire) de la Confederate States Navy a déjà capturé près des côtes de Cuba 8 navires de commerce nordistes. Puis le CSS Sumter vire au sud, et, près des côtes de l'État du Maranhão, au Brésil, prend 2 bateaux yankees, et 2 autres encore en septembre et , alors que la frégate à aubes le recherche à travers les Antilles.

Début , l' recherche le CSS Sumter dans la mer des Antilles, ne le trouve pas, et s'apprête à faire du charbon à Cuba. Mais son capitaine, l'inflexible Charles Wilkes apprend que deux personnalités confédérées, James M. Mason et John Slidell, s'y trouvent, et qu'elles cherchent à gagner l'Europe. Il arraisonne le paquebot anglais, le Trent, sur lequel les émissaires confédérés ont pris passage, les arrête, et les transfère à son bord. Il déclenche ainsi l'affaire du Trent, qui vit presque la Grande-Bretagne déclarer la guerre à l'Union.

Cependant, à la mi-, le CSS Sumter entre pour faire du charbon à la Martinique, et la corvette nordiste vient le bloquer dans le port. Le corsaire sudiste réussit à s'échapper à la faveur de la nuit, et reprend ses activités.

Il quitte l'Atlantique ouest pour se diriger vers l'Europe, et pendant son voyage, qui se déroule de novembre à , arraisonne encore 6 navires de commerce.

thumb|La vieille ville de Cadix (coupole dorée de la Catedral Nueva, cube ocre de la Catedral Vieja, palais de justice et casernes, fortifications face à la mer, quartier populaire de La Vina...) peu différente de celle que virent les marins du CSS Sumter en arrivant par l'ouest, en janvier 1862 Le CSS Sumter entre au port de Cadix le , mais les autorités espagnoles lui refusent l'autorisation de s'approvisionner, et acceptent seulement qu'il effectue quelques réparations urgentes. Le CSS Sumter se dirige donc vers Gibraltar, où il entre, et où il ne peut faire effectuer les réparations qui lui sont alors nécessaires. À partir d'avril il est mis en cale sèche, et de plus sous la surveillance de navires de guerre nordistes qui se succèdent, parmi lesquels se trouvent la corvette , et la canonnière .

Semmes et ses officiers participent à la vie mondaine locale, et rencontrent leurs homologues anglais, en particulier le jeune attaché-militaire adjoint du gouverneur Godrington, un officier des Coldstream Guards nommé Arthur Fremantle, qui s'intéressera à la cause confédérée au point de traverser les États du Sud, alors en guerre, en 1863.

thumb|left|Printemps 1862 : l'USS Kearsarge et ses redoutables obusiers Dahlgren de 11 pouces (âme lisse, précis même à grande distance, forte charge supportée par l'épaisse culasse en « bouteille de soda ») attendent avec détermination le CSS Sumter devant Gibraltar. Comme ils attendront le devant Cherbourg en juin 1864. Semmes et la plupart de ses officiers quittent le CSS Sumter immobilisé et gagnent l'Angleterre, puis prennent le commandement d'un nouveau corsaire, le , qui reprend la guerre de course au profit de la Confédération.

Bien que son activité comme corsaire n'ait duré qu'environ six mois, le CSS Sumter a entre-temps fait 18 prises. Il en a brulé 8, et relâché ou consigné 9 ; une d'elles est capturée à nouveau. Par ailleurs, l'effet de diversion qu'il a causé, en attirant des navires nordistes loin du théâtre des opérations, a un effet fortement bénéfique pour la Confédération.

Les dégâts causés par le CSS Sumter à la marine de commerce nordiste sont incorporés au montant des réparations demandées par l'Amérique du Nord à la Grande-Bretagne, lors de l'affaire des réclamations de l'Alabama.

Le forceur de blocus Gibraltar Le CSS Sumter est désarmé et vendu aux enchères. C'est une société anglaise, la Fraser, Trenholm & Co (des négociants en coton de Liverpool qui défendaient fortement les intérêts sudistes) qui l'achète. Le corsaire, sous le drapeau britannique et rebaptisé Gibraltar, continue comme forceur de blocusLes Forceurs de blocus, un roman de Jules Verne rédigé en 1865 et publié en 1871, décrit avec précision le lancement d'un navire rapide destiné à échanger avec les États sudistes des armes et fournitures de guerre contre le coton dont les manufactures anglaises avaient le plus grand besoin : les filatures anglaises périclitaient, et la pénurie de coton du Lancashire sévissait, génératrice de troubles sociaux dans le prolétariat industriel. sa carrière au profit de la Confédération et de la Grande-Bretagne.

L'activité de forceur de blocus du Gibraltar est peu répertoriée. On sait toutefois qu'il entre au moins une fois à Wilmington, en Caroline du Nord, sous le commandement du capitaine E.C. Reid, un sudiste. Il était parti de Liverpool le avec une importante cargaison de munitions et deux canons Blakely de , et il revint chargé de coton. Le début du voyage est resté dans les annales grâce à la véhémente protestation du consul américain Charles Francis Adams, Sr. : il s'insurgeait contre le fait que le Gibraltar puisse prendre la mer, officiellement pour Nassau, aux Bahamas, sans que de véritables formalités de douane soient accomplies, et il écrivait : .

D'autre part l'entrée du Gibraltar à Wilmington est restée aussi dans les archives, mais cette fois grâce à une erreur du service de renseignements de l'amiral John B. DahlgrenJohn Adolphus Bernard Dahlgren (1809-1870), marin nordiste, promoteur dans l'artillerie d'améliorations techniques (en particulier d'un type de canon de gros calibre à âme lisse qui porte son nom) qui favorisèrent grandement les troupes nordistes. Fut surnommé « le père de l'artillerie de marine américaine » et commanda le South Atlantic Blockading Squadron à partir de 1863. : l'ancien Sumter, devenu Gibraltar, est confondu avec le transport de troupes Sumter, récemment victime d'une tragédie devant Charleston, en Caroline du Sud.

Un autre rapport du consul des États-Unis à Liverpool, en date du , mentionne que .

La date de fin d'exercice du Gibraltar est mal connue. Selon le gendre de M. Trenholm, il aurait sombré lors d'une tempête dans la Manche, près du point où le avait coulé, au large de Cherbourg, peut-être en 1867.

Notes et références

Bibliographie Semmes, Raphael, The Cruise of the « Alabama » and the « Sumter », Carleton, 1864, Digitized by Digital Scanning Incorporated, 2001, . Semmes, Raphael, Le Requin de la Confederation. L'épopée d'un corsaire sudiste, 1861-1865, Bellicum, 2011, .

Annexes

Articles connexes La Grande-Bretagne et la guerre de Sécession Raphael Semmes Pénurie de coton du Lancashire Réclamations de l'Alabama

Liens externes History of War American Civil War

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