La peau (, provenant du ) est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Elle est la première barrière de protection de l'organisme chez les Chordés.
vignette|gauche|Photographie rapprochée de la peau humaine. C'est l'organe le plus étendu et le plus lourd du corps humain. ; chez l’adulte sa surface est d’environ si M est la masse corporelle en kg et L la taille du sujet en m, on peut estimer la surface S par : S = (71,84×M0,425×(100×L)0,725)/104 ., l'épaisseur varie de . Sa surface d'échange est cependant bien plus petite que celles de l'intestin (, environ deux terrains de tennis) et du poumon ()..
La dermatologie est la spécialité médicale qui traite les affections de la peau.
Un traitement médical basé sur une substance active qui doit être administrée en lui faisant traverser la peau est dit « percutané ».
Caractéristiques vignette|Dermatome (chaque couleur correspond à la partie de la peau innervée par un nerf différent, à partir de la moelle épinière). vignette|gauche|Dans le monde animal la peau des myxines est parmi les plus lâches et souples. Elle leur permet de passer au travers d’orifices très petits et de résister à la morsure d’un requin. Selon l’espèce considérée la peau est plus ou moins épaisse, souple, innervée et riche en vaisseaux sanguins, et plus ou moins liée aux muscles, fascias et organes sous-jacents. La peau est souvent protégée par des écailles et/ou un mucus, des poils, des pics (hérisson, porc-épic) ou des plumes.
Certains animaux ont une peau très lâche qui leur permet par exemple de se comprimer pour passer dans un petit orifice (si la tête passe, le reste du corps peut suivre). Un des cas les plus spectaculaires est celui des myxines qui peuvent faire des nœuds complexes, s’enfouir dans le sédiment ou s’introduire dans un cadavre immergé, et passer comme les poulpes et certains rongeurs dans des trous de faible diamètre. On a montré que cette peau très souple, indépendante des organes sous-jacents et entourant une cavité très élastique emplie de fluide vital (sang) leur permet même de survivre indemnes à une morsure de requin Pennisi E. (2017) , , publié le ..
Histologie Des points de vue histologique et anatomique, la peau comprend trois parties principales : la partie superficielle, la plus mince, nommée : épiderme. Elle est rattachée à une partie inférieure (4 sur le diagramme) ; la partie interne la plus épaisse : le derme (5 sur le diagramme) ; une couche plus profonde, l’hypoderme, qui n’est classiquement pas assimilée à une couche de peau (6 sur le diagramme).
L’ensemble « peau » et phanères (ongles, poils) se nomme le « tégument ».
1 - Pore de transpiration2 - Jonction dermo-épidermique3 - Terminaison nerveuse (toucher)4 - Épiderme (anatomie)5 - Derme6 - Hypoderme7 - Veine8 - Artère9 - Poil10 - CornéeFichier:Skin-no language.PNG11 - Couche pigmentée12 - Kératinocytes13 - Mélanocytes14 - Muscle érecteur du poil15 - Glande sébacée16 - Follicule pileux17 - Bulbe18 - Nerf19 - Système lymphatique et vasculaire20 - Glande sudoripare exocrine21 - Corpuscule de Pacini
Couches de cellules A- Stratum corneum ou couche cornéeB- Stratum lucidum ou couche claireC- Stratum granulosum ou couche granuleuseD- Stratum spinosum ou couche épineuse ou couche de MalpighiE- Stratum germinativum ou couche germinative ou couche basale309px Épiderme L’épiderme est composé principalement de kératinocytes, qui sont segmentées dans la couche cornée, ainsi que les mélanocytes, donnant la pigmentation de la peau et sont juste au-dessus de la strate germinative. Dans les coupes histologiques on peut observer les cellules de Langerhans et des lymphocytes qui sont responsables d’assurer la protection immunitaire, en plus de trouver la ou les cellules mécanoréceptrices de Merkel. Le est constituée d’une couche de cellules cylindriques ou cubiques avec des noyaux de forme ovale ; le cytosol est pourvu de tonofibrilles et les cellules de cette couche sont liées par des désmosomes, bien ancrées à la membrane basale Le est formée de cellules polygonales, les noyaux sont ronds et le cytosol a des caractéristiques basophiles. Cette couche possède une teneur plus élevée en tonofibrilles que la couche germinative. Les extensions cytosolique ressemblent à des épines (cellules dites épineuses), car les tonofibrilles plus nombreuses dans ces extensions vont donner la forme d’épines. Le est composée de de cellules aplaties, le cytosol contient des granules basophiles appelé grains de kératohyaline. La kératohyaline est un précurseur de la kératine. Lorsque les kératinocytes atteignent la dernière couche de cellules épidermiques, elles meurent et déchargent leur contenu dans l’espace intercellulaire. Le se distingue par une zone très mince avec des caractéristiques éosinophiles. Les noyaux commencent à dégénérer dans les cellules externes du et au niveau du ils disparaissent. Le est composé des cellules planes kératinisées et anucléées, ce sont des cellules squameuses, également appelées cellules de la cornée. Cette couche se distingue comme la plus épaisse et éosinophiles. Le se compose de lignes des cellules aplaties principalement composées de kératine. Chaque jour, nous éliminons les couches de ces cellules.
Flore cutanée La peau humaine est naturellement couverte d’une population de micro-organismes, spécialisés ou opportunistes, que l’on nomme flore cutanée ou microbiote cutané : bactéries, acariens, micro-nématodes, micro-champignons. Ce micro-écosystème est organisé en biofilm et s’alimente à la fois de molécules et de composés excrétés par la peau elle-même, et de composés sécrétés par ces communautés de micro-organismes plus ou moins symbiotes. La composition de cette « flore cutanée » varie selon les individus, leur âge, leur sexe, leurs activités, leur comportement et l’environnement. Elle varie selon les parties du corps : mains, cuir chevelu, visage, dos, aisselles La peau d’un adulte héberge en moyenne de plus de différentes.
Physiologie Maintien de la température corporelle La peau selon son épaisseur, sa texture et sa couleur absorbe et/ou émet plus ou moins bien le rayonnement visible, ultraviolet ou infrarouge HT Hammel (1956), ; (extrait avec JSTOR). ; la présence de poils, plumes, écailles modifient également les caractéristiques d’absorption et d’émission de rayonnements.
L’organisme peut modifier - dans une certaine mesure - ces caractéristiques en changeant la couleur de la peau (bronzage, rougeur) ou à court terme par la sécrétion de sueur qui joue un rôle majeur dans la régulation de la température corporelle (la production de sueur augmente avec la température extérieure ou avec celle de l’intérieur de l’organisme, en situation d’effort par exemple), et provoque un rafraîchissement de la peau grâce à son évaporation en surface par effet de refroidissement éolien. Elle diminue lorsque la température s’affaiblit.
Presque tous les mammifères ont une peau recouverte de poils. Ceux-ci interviennent dans la régulation thermique par leur rôle isolant contre le froid ou le chaud, ce en créant une couche d’air isolante entre la peau et les poils. Le fonctionnement est identique à celui des plumes.
Protection La peau, caractérisée par une grande capacité de régénération et de cicatrisation, constitue - en continuité avec les muqueuses - une barrière physique souple qui protège les tissus et les organes de la plupart des agressions extérieures. La peau est résistante à la plupart des infections tant que son intégrité physique et fonctionnelle est assurée.
La peau permet de maintenir le milieu corporel intérieur isolé et limite les pertes d’eau, tout en contenant les fluides corporels (sang, lymphe…) bien qu’étant semi-perméable aux liquides extérieurs.
Par ailleurs, elle joue un rôle de protection contre les rayons solaires, en particulier les ultraviolets, notamment grâce à la présence de mélanocytes.
Perception La peau joue un rôle dans la nociception. Les terminaisons nerveuses contenues dans la peau, et notamment au bout des doigts, permettent à l’être humain d’explorer son environnement par le toucher. La peau permet ainsi une sensibilité à la pression, à la température, et à la douleur. Elle possède quatre types de récepteurs, qui réagissent en fonction de stimuli différents, et qui retournent des informations interprétables par le cerveau. Ces informations parcourent la colonne vertébrale, jusqu’au thalamus via deux types de canaux : l’un pour les informations concernant la douleur et la température, l’autre pour le toucher à proprement parler (texture, dureté). Récepteur Perception Forme Durée de perception Grandeur du champ récepteur Fréquences perçues Merkel Pression lente : légère tape, petits détails Disque Tant que stimulus est présent petit () Meissner Pression rapide : tremblement, frottement Boudin Ne dure pas petit Ruffini Étirement Cylindre Tant que stimulus est présent grand () Pacini Vibration rapide Oignon Ne dure pas grand
Immunité Certaines cellules épidermiques jouent un rôle important dans la protection immunitaire du corps humain. On y trouve des cellules dendritiques, autrement appelées cellules de Langerhans.
Réservoir sanguin et lymphatique
Le derme contient un réseau de vaisseaux sanguins représentant environ 10% du sang chez l’adulte. Durant un exercice physique, les vaisseaux sanguins de la peau se contractent pour favoriser l’apport sanguin aux muscles.
Synthèse de la vitamine D Lorsqu’elle est exposée aux rayons ultraviolets, la peau participe à la synthèse de la vitamine D (à partir de dérivés du cholestérol) nécessaire à la croissance et à l’équilibre calcique et phosphorique du corps humain.
Santé et affections de la peau En médecine humaine, la branche traitant des affections de la peau est la dermatologie.
Une « peau saine » présente des caractéristiques mécaniques (souplesse, élasticité), biologiques (cellules et biofilm de microflore en bon état, de même que les systèmes lymphatiques, nerveux et sanguins qui irriguent la peau), d’intégrité (barrière) et d’épaisseur. Ces caractéristiques varient selon l’âge et les conditions environnementales. Il existe de nombreux moyens, non-invasifs, d’étudier et mesurer les qualités de la peauFraiture AL, Henry Frédérique, Goffin Véronique, Pierard, Gérald (2002), « Comment j'explore… Une sclérodermie cutanée d'une manière non invasive [] » Revue Médicale de Liège 57(3):179-82 (Résumé)..
Les affections sont soit isolées et plus ou moins systématiquement localisées sur le corps (morphées), soient constitutives d’une atteinte dite systémique, c’est-à-dire touchant toute la surface de la peau. Les causes sont souvent multifactorielles et liées à un déséquilibre du biofilm cutané. L’intégrité de la peau peut être mise en jeu par des agents externes, comme une colonisation par des micro-organismes pathogènes, des insectes ou parasites, des altérations provoquées par des piqûres, brûlures, ou un traumatisme ou encore par une affection systémique.
Le pH « naturel » de la surface de la peau humaine est en moyenne de 4,7. D’après une étude de la Sara Lee Corporation, le simple usage d’eau du robinet augmenterait le pH de la peau humaine jusqu’à après l’application de l’eau., notamment en Europe, où le pH de l’eau du robinet est autour de 8,0. Une peau au pH en dessous de 5,0 serait en meilleure condition qu’une peau au pH au-dessus de 5,0. L’utilisation de produits cosmétiques, spécialement les savons, aurait une influence néfaste sur ce pH, le rendant plus basique.
Troubles trophiques locaux Localement, la peau salie, érodée ou blessée peut être source de développement d’organismes pathogènes.