La riziculture en Camargue, connue dès le , a été développée par Henri IV. Après plusieurs tentatives au début du , la culture du riz a redémarré en 1942. Aujourd’hui, le produit emblématique en est le riz rouge de Camargue, résultant d’une mutation naturelle.

Historique Premières tentatives thumb|left|Rizière de Camargue à Aigues-Mortes.

Du au la riziculture ne cesse d’augmenter en Provence et surtout en Camargue. C’est à Henri IV que l’on doit la culture de riz en Camargue dès la fin du , où il ordonna sa production, ainsi que celle de la canne à sucre et de la garance.

On disait alors que . Mais consommé chaud, il avait la réputation d'affaiblir la vue et de conduire à la cécité.

Dans les années 1840, les rizières vont être très utiles pour absorber l’eau des grandes crues du Rhône qui est à proximité, ainsi que pour dessaler les terres, disponible en accès libre.; le riz est en effet la seule plante disponible pouvant pousser dans les étendues d'eau douce utilisée pour empêcher la salinisation des terres.. Grâce à cela, les terres vont être utilisées pour la culture des vignes. Au début du , la riziculture couvrait en Camargue . Les agronomes avaient mis en exergue que la terre et le climat lui étaient très favorables, ce dernier étant en effet caractérisé par une amplitude thermique plutôt réduite. Entre 1840 et 1913, plusieurs centaines d'hectares de rizières sont enregistrés. À cette époque, le riz n'est pas récolté, ou alors pour servir de nourriture aux cochons. La dernière rizière de cette époque disparaît en 1939.

+ Relevés à Arles Température : Tour de Valat/Pluie : ArènesMoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnéeTempératures maximales moyennes (°C)11121618232731302620141120Températures minimales moyennes (°C)346812161919151274Précipitations totales (mm)563323493631273466705841524

Extension dans la seconde moitié du La riziculture connaît un développement important à partir de 1941, corrélé à une augmentation de la population du moustique Culex modestus, vecteur de la fièvre du Nil occidental.

Travailleurs indochinois (1942-1946)

Entre et , l’État français fait venir indochinois dans les usines d’armement ; une petite partie est volontaire, mais la grande majorité est désignée par les chefs de village respectant les quotas imposés par le gouverneur. Ceux-ci ne touchent souvent aucun salaire. En 1941, craignant la pénurie alimentaire, Henri Maux décide de relancer la riziculture en Camargue en redéployant cette main-d'œuvre: à partir de l'automne 1941, indochinoises y travaillent, dans les exploitations de Pierre du Lac ou Edmont Clauzel. L'accord entre l'État et les propriétaires est le suivant : l'État fournit la main-d'œuvre deux fois moins chère que les ouvriers agricoles italiens ou espagnols ainsi que les semences ; les propriétaires fournissent le terrain et vendent l'ensemble de la production au Ravitaillement général, à un prix fixé. La première récolte d' est un succès ( de paddy, soit de riz consommable, pour de rizières), malgré l'immense travail que les sols, délaissés depuis des années, nécessitaient. En 1943, les récoltes ont doublé et y travaillent ; une équipe de France Actualités réalise un reportage sur ces récoltes, diffusé dans les cinémas le . Une partie de la production est vendue au marché noir par les propriétaires, où il s'échange dix fois le prix fixé par l'État. Malgré la fin de la guerre, la récolte de 1946 est encore le fait des travailleurs d'Indochine, où sont récoltées de paddy pour de culture. Les derniers retournent dans leur pays en 1952Pierre Daum, Immigrés de force. Les travailleurs indochinois en France (1939-1952), Actes Sud, Arles, 2009..

Mécanisation Il faut attendre l’endiguement du Rhône, qui a permis l’apport d’eau douce à la fin du , puis le plan Marshall, qui a financé d’importantes infrastructures hydrauliques, pour voir apparaître une riziculture intensive. L’eau est pompée dans le Rhône puis envoyée dans de grands canaux vers quelques propriétés qui partagent les frais d’entretien. Elle est ensuite distribuée par d’innombrables petits canaux - les « porteaux » - aux rizières. Il est nécessaire d'utiliser de à d'eau par hectare afin d’éviter les remontées de sel. Sans ce vaste réseau d’eau affecté à la riziculture, qui profite aussi aux étangs et aux marais, l'écosystème camarguais serait sans doute très différent en raison de la salinité importante des sols. En 1958, les rizières s'étendaient sur . Les riziculteurs, au nombre de , cultivaient des parcelles d'une moyenne de et pompaient, chaque année entre et d'eau dans le Rhône. Au cours des années 1960, les riziculteurs commencèrent à mécaniser plantation et récolte. Sur cultivés, on comptabilisait une moyenne de quatorze tracteurs et de quatre moissonneuses-lieuses.

L'introduction de Chilo suppressalis en 1970 porte un coup à la riziculture camarguaise qui devient moins compétitive. Le minimum de surface exploitée est atteint avec en 1981, année où est mis en place un plan de soutien.

Production thumb|left|Récolte du riz en Camargue. thumb|Usine Sud-Céréales, pour le conditionnement du riz, à l'entrée d'Arles. En 2008, le riz était cultivé en Camargue sur avec une production de de riz paddy (à l'état brut, non décortiqué).

En 2014, à la suite de la baisse des subventions de la politique agricole commune, la culture du riz en Camargue régresse à et est menacée de disparition avec la cessation progressive des aides financières voulue par Bruxelles..

En 2019, les 160 exploitations agricoles occupant hectares de rizières ont récolté de riz paddy, de rentabilité faible.

Riz rouge thumb|Sel et riz de Camargue. Le riz rouge de Camargue est un riz complet dont le péricarpe est teinté par mutation naturelle d'un rouge foncéLe riz en Camargue. Cultivé de façon biologique, il se récolte à pleine maturité pour que son goût subtil et sa texture particulière soient totalement préservés. Il est de plus séché naturellement sous les effets conjugués du soleil et du mistral..

Riziculture biologique En 2010, 30 exploitations, soit 5 % des surfaces sont cultivées en agriculture biologique. Les rendements moyens en riz paddy s'établissent à 4 t/ha avec une variabilité de 0,5 t à 8 t/ha, contre 5,7 t/ha (oscillant entre 2 et 10 t/ha), obtenus en riziculture conventionnelle.

La riziculture biologique peut se faire en parallèle avec l'élevage de canards utilisés pour le désherbage des rizièresPoulain C., 2011 : « Canards aux herbes, une recette 100 % bio », INRA Magazine : alimentation, agriculture, environnement n° 19 (décembre 2011) - pp. 27-28.

Riz de Camargue

Le riz de Camargue bénéficie d'une indication géographique protégée (IGP) depuis 2000., qui apporte des garanties au consommateur.

L'indication géographique protégée est actuellement régie par le Cahier des charges IGP « Riz de Camargue »Cahier des charges IGP « Riz de Camargue », tel que déposé par le Syndicat des riziculteurs de France et Filière auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)., tel que déposé par le Syndicat des riziculteurs de France et Filière auprès de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) et par l'arrêté du portant homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Riz de Camargue »arrêté du 14 septembre 2011 portant homologation du cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « Riz de Camargue », sur Légifrance.

Notes et références

Bibliographie . .

Voir aussi

Articles connexes Riz de Camargue Riz rouge de Camargue Agriculture en Camargue Rizière Culture du riz

Lien externe

Camargue Catégorie:Agriculture en Camargue Catégorie:Cuisine camarguaise Catégorie:Agriculture à Arles