L'éducation au Tibet remonte au et au roi Songtsen Gampo, sous le règne duquel l'écriture tibétaine fut introduite.

Selon Daniel Perdue, un spécialiste des religions, si en 1959 quasiment tous les moines (un tiers des hommes) et toutes les nonnes (un quart des femmes) savaient au moins lire et écrire, quasiment tous les autres Tibétains de l'époque étaient analphabètes Daniel Perdue, Religion, Education and the Role of Government in Old Tibet : . Pourtant, selon Frédérick O'Connor, un officier britannique ayant vécu au Tibet dans les années 1900, le nombre de gens du peuple sachant lire et écrire était surprenant, le chef de chaque village et au moins un ou deux membres de chaque famille étaient relativement instruits. Tous les moines étaient alphabétisés, de même que les enfants des familles nobles. La majorité des villes comportaient des écoles ouvertes à tous pour une somme modique, et Lhassa en comportait plus de vingt.

Au début du , le gouvernement tibétain lui-même, sous la direction du dalaï-lama, a fait un certain nombre de tentatives éphémères de mettre sur pied un système d'éducation séculier moderne au Tibet, en envoyant 4 jeunes Tibétains en Angleterre en 1912 et en ouvrant une école anglaise en 1923.

La Chine instaurera au Tibet un système éducatif laïque à partir des années 1950. Selon Michael Harris Goodman, les habitants de Lhassa constatèrent que les écoles primaires chinoises nouvellement ouvertes (dans les années 1950) étaient des instruments de propagande communiste anti-tibétaineMichael Harris Goodman, Le Dernier Dalaï-Lama ?, traduction de l'anglais Sylvie Carteron et Catherine Béranger, postface Jean-Paul Ribes, Editeur Claire Lumière, 1993, p. 174.

Pour Catriona Bass, en 1999 les progrès des autorités chinoises pour améliorer l'éducation au Tibet depuis 1950 étaient très inférieurs à ceux réalisés dans le reste de la Chine Chinese claims of improved education standards in Tibet challenged, AFP, 1 février 1999, . De même, pour Vegard Iversen en 2002 les rapports sur l'éducation au Tibet contredisent les déclarations des autorités chinoises qui affirment poursuivre des efforts sérieux pour le développement du TibetVegard Iversen Le Tibet est-il chinois ?, Ouvrage collectif dirigé par Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, ed. Albin Michel, coll. Sciences des religions 2002 , p. 326 : .

Avant 1951 thumb|École à Lhassa en 1922, un garçon montre ses écrits à un professeur. Avant que l'organisation de l'enseignement soit totalement transformée par le gouvernement chinois dans les années 1950 Tibetan Centre for Human Rights and Democracy, General background to the state of education in Tibet, 1997, trois modes d'enseignement collectif coexistaient au Tibet : l'enseignement bouddhiste assuré dans les monastères, l'enseignement officiel organisé par le gouvernement tibétain et enfin l'enseignement privéTashi Dorje, L'éducation au Tibet, traduction K. Dhondup in Le Tibet Journal, Editions Dharma pour la traduction française, 1985, Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom..

Au début du , le gouvernement tibétain lui-même, sous la direction du dalaï-lama a tenté de développer un système d'éducation laïque moderne au Tibet. En 1912, le dalaï-lama a envoyé quatre garçons des familles aristocratiques tibétaines pour recevoir une instruction à l'École de Rugby en Angleterre. Quelques années plus tard, un éducateur britannique, Frank Ludlow, a été invité par le gouvernement tibétain pour fonder une école anglaise à Gyantsé, basée sur le système d'école privée anglais. L'école ouverte en 1923, fut fermée trois ans plus tard. Un projet similaire d'école du gouvernement, fondée par Richard Parker à Lhassa en 1944, n'a duré que six mois avant d'être aussi fermée : [...] .

Selon les statistiques publiées par le China Tibet Information Center, avant 1951 le nombre d'enfants allant à l'école ne dépassait pas les au plus China's Tibet Facts & figures 2002 - Education, Livre Blanc, 2002, République populaire de Chine (RPC) : .

L'enseignement des métiers manuels s'effectuait le plus souvent par transmission de père en fils, mais également par formation interne au sein des ateliers Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Other Forms of Education..

Selon Frédérick O'Connor, un officier britannique arrivé au Tibet en 1904 et qui resta comme attaché commercial à Gyantsé, . Le chef de chaque village qu'il visitait, et au moins un ou deux membres de chaque famille étaient relativement instruit. Tous les moines étaient alphabétisés, de même que les enfants des familles nobles. La majorité des villes comportaient des écoles ouvertes à tous pour une somme modique, et Lhassa en comportait plus de vingt.

Selon Michael Rank, la répugnance des Tibétains à dépenser de l'argent pour l'éducation fut la source d'une profonde frustration pour le Britannique Frank Ludlow, directeur de l'école anglaise de Gyantsé de 1923 à 1926. Ce dernier écrit dans son journal le : : . Toutefois, Ludlow clôt son journal en précisant qu'il a simplement noté des idées qui lui passaient par la tête, et que des erreurs ont pu se glisser : .

L'enseignement bouddhiste thumb|200px|Folios 35 et 67 du Bardo Thödol, ouvrage du

Selon le sociologue chinois Rong Ma, jusqu'au milieu du , le Tibet est resté sous un régime médiéval. Avant 1951, l'éducation était le monopole des monastères, qui formaient les élites dirigeantes et préparaient aux carrières ecclésiastiques. L'éducation hors monastère était quasiment inexistante (à l'exception des écoles établies par le gouvernement chinois, principalement pour les élèves Han). Les politiques éducatives étaient envisagées surtout en fonction de leur rapport au bien-être de la religion, laquelle fournissait le fondement philosophique et théorique du système éducatif. Sous ce régime médiéval, les monastères étaient des écoles, la religion était l'éducation. En gros, il n'y avait pas d'écoles en dehors des monastères, pas d'éducation en dehors de la religion et pas de professeurs en dehors des moines Rong Ma, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 390 p., p. 281 : .

Selon Tenzing Lama, pendant des siècles, monastères et couvents furent les principaux centres de savoir et d'enseignement. La tradition voulait que toute famille ayant plus de deux fils, en envoie un au monastère pour qu'il devienne moine Tenzin Sherpa Lama, China's impact on Tibetan cultural and linguistic identity, archive.wikiwix Tibetan Bulletin, January-April 2007 : . Du temps de son indépendance, les plus de monastères et couvents servaient d'écoles et d'universités, répondant aux besoins en éducation du Tibet Tibet: Proving Truth from Facts - Socio-economic conditions and colonialism, site tibet.com : . Selon le gouvernement tibétain en exil, avant 1959, on comptait plus de moinesAnne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Le Tibet est-il chinois ?, Albin Michel, 2002, p. 226 ., tandis que le nombre de nonnes étaient de Havnevik Hanna, Combats des nonnes tibétaines, 1995, Éd. Dharma, , p. 51 au Tibet (incluant les anciennes provinces tibétaines d'U-Tsang, du Kham et de l'Amdo), soit au total près de 10 % de l'ensemble des Tibétains. Ces écoles donnaient aux élèves, principalement de jeunes moines, une formation religieuse, philosophique et artistique, et leur enseignaient également la lecture et l'écriture de la langue tibétaine, ainsi que les bases de la médecine tibétaine traditionnelle et du calendrier tibétain Education in Old Tibet Under Feudal Serfdom - Monastic Education : .

Rong Ma affirme que de nombreux moines étaient illettrés à l'époque. Se fondant sur une enquête conduite en 1949 indiquant que le Luo se lin tra tsang, une des parties constitutives du monastères de Drépung, avait moines, dont 80 % étaient illettrés, il en déduit que si un monastère aussi grand et riche ne pouvait pas fournir à ses membres une éducation de base, les possibilités d'éducation pour la majorité des moines devaient être limitéesMa Rong, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 390 p., p. 280..

La forme la plus évoluée d'enseignement se rencontrait dans les trois monastères de Lhassa. Il y avait trois niveaux : kham tsen, tra tsang et laji. Les moines se répartissaient en six groupes : « Bouddhas vivants », moines professionnels chargés des rituels, moines étudiant les écritures, moines artisans, moines soldats et factotums, moines gestionnaires. Seuls les moines versés dans les écritures (bei qia wa, « lecteurs de livres ») recevaient une véritable éducation leur permettant d'obtenir le diplôme de geshé, ainsi que les Bouddhas vivants et les moines chargés des rituelsMa Rong, Population and Society in Tibet, Hong Kong University Press, 2010, 390 p., p. 281..

L'éducation monastique avant 1952 avait de bons et de mauvais côtés. D'une part, elle avait précisément pour tâches de former des traducteurs, des historiens, des rédacteurs et des docteurs, de diffuser l'histoire, la géographie, l'astronomie et la médecine dans la population, de développer la langue tibétaine, d'enseigner l'écriture tibétaine à une petite partie de la population. Mais par ailleurs, elle servait à répandre la notion bouddhiste de la réincarnation, amenant les gens à se soucier moins de l'amélioration de leur vie présente que de leur prochaine réincarnation, elle disposait d'un monopole qui laissait la majorité de la population analphabète, elle avait peu d'intérêt à promouvoir la science et la technique modernes, elle prêtait peu d'attention au développement social, le retrait d'un nombre croissant de moines des forces productives ne faisait qu'alourdir le fardeau porté par les paysans et les pasteurs chargés de produire.

Selon Daniel Perdue, si en 1959 quasiment tous les moines (un tiers des hommes) et toutes les nonnes (un quart des femmes) savaient au moins lire et écrire, tous les autres Tibétains de l'époque étaient analphabètes. Pourtant, selon Frédérick O'Connor qui vécut au Tibet dans les années 1900 les enfants des familles nobles étaient également instruits, et la Chine avait introduit des écoles dans les années 1950.

L'enseignement de la médecine La médecine tibétaine thumb|Plantes de la médecine tibétaine, illustration du traité du Béryl Bleu de Sangyé Gyatso

C'est au que deux sages médecins, Vidjaya (Vijay) et Vimala (Belha), originaires d'Inde se rendirent au Tibet. Ils y restèrent plus d'une décennie, s'employant à soigner et transmettre leur savoir.. Le roi du Tibet de l'époque, Lha Thothori Nyantsen, fut très touché par leur bonté et offrit une de ses filles en mariage à Vidjaya. Ils eurent un enfant, Dounggui Tor-tcho (Dungi Thorchog), qui devint un médecin célèbre. Il fonda la première lignée médicale dont le plus éminent représentant est Yutok Yonten Gonpo le jeune au .

Chandranandana, disciple de Vagbhata, écrivit en sanscrit dans la continuité de l'Ayurveda classique, enrichi par les siddhas indiens bouddhistes le texte du rGyud-bZhi qu'il donna au traducteur tibétain Vairotsana.

Une des premières personnalités dans le développement de cette médecine fut Yutok Yonten Gonpo l'ancien (708-833), médecin renommé qui reçut de Vairotsana les « Quatre Tantras Médicaux », ouvrage connu sous le nom tibétain de rGyud-bZhi et à la base de la médecine tibétaine, intégrant différents éléments des médecines d'Asie, en particulier celles de Perse, de l'Inde et de la Chine. Cet ouvrage comprend un total de 156 chapitres sous la forme de 80 peintures ou thangkas. Il fut modifié et complété par les générations suivantes.

La médecine conventionnelle thumb|Le Dr. Bo Tsering, qui travailla de nombreuses années comme chirurgien auxiliaire au Tibet. Gyantsé, 1927.