Sanaa (\sa.na\), aussi orthographié Sana ou, plus fidèlement, San'a (en / ṣanʿāʾ), est la capitale et la plus grande ville du Yémen, ainsi que le centre administratif du gouvernorat de Sanaa.

Cependant, le district d'Amanat Al Asimah, dans lequel elle se trouve, dispose d'une très large autonomie, au point d'avoir un statut équivalent au gouvernorat (subdivision administrative).

Géographie Localisation La ville est située à environ d'altitude, sur un plateau entre le djebel Nogoum et le djebel Ayban.

Climat Sanaa connaît un climat désertique (Köppen: BWh, Trewartha: BWal) plus frais et legérement plus humides que le reste du pays. Ceci est principalement du à son altitude, environ 2200 m au dessus du niveau de la mer.

Histoire

Antiquité et Moyen-Âge Les premières traces de peuplement remontent à plus de 2500 ans () et elle obtient un statut officiel au . Capitale de différents royaumes arabes préislamiques dans l'Antiquité, Sanaa est devenue au et au un centre culturel islamique. Elle conserve un patrimoine religieux important avec une université musulmane, 106 mosquées, 12 hammams et 6 500 maisons d’avant le .

Sanaa est un chef-d'œuvre artistique et architectural ancien héritant de l'architecture sabéenne antique, ce qui rend la ville unique et l'a fait inscrire au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986.

Pendant l'occupation du royaume d'Himyar par les Aksoumites au , la capitale est transférée de Zafār vers Sanaa.

Époque moderne Pendant la période ottomane, Sanaa est le chef-lieu de l'eyalet du Yémen de 1549 à 1626 ; elle devient ensuite la capitale des imams qasimides chiites qui chassent les Ottomans du Yémen en 1635. Lors de la seconde conquête ottomane, la ville est reprise par les Ottomans en 1872 et devient le chef-lieu du vilayet du Yémen qui durera jusqu'en 1918. La garnison ottomane réside dans la citadelle et autour de la mosquée sunnite Al-Bakiriyya. Les administrations et casernes et ottomanes, avec le commandement du corps d'armée, se fixent dans le nouveau quartier de Bir el Azeb.

Après l'indépendance du pays en 1918 À l'indépendance du Yémen, en 1918, Sanaa en devient la capitale. Cependant, Le roi Ahmed ben Yahya la quitte en 1948 pour fixer sa résidence à Ta'izz, ce qui freine le développement de la ville. La capitale revient à Sanaa en 1962 lors de la proclamation de la République arabe du Yémen. Pendant la guerre civile du Yémen du Nord (1962-1970), la ville est occupée par l'armée égyptienne qui y mène un effort de modernisation ; en 1967, elle est assiégée pendant 8 mois par les forces royalistes.

Guerre civile de 2014 Le , les rebelles Houthis s'emparent de la villePourquoi Les Houthis ne dirigent pas le Yémen après la chute de Sanaa ?, aa.com.tr, 6 octobre 2014.. Le , trois attaques suicides visent simultanément deux mosquées chiites. Ces attentats, les pires de l'histoire du pays (142 morts et des centaines de blessés), sont revendiqués le lendemain par Daesh.

Le , la vieille ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial en périlYemen’s Old City of Sana’a and Old Walled City of Shibam added to List of World Heritage in Danger, UNESCO, 2 juillet 2015.. En 2015 et 2016, elle subit plusieurs raids aériens de la coalition formée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unisGulf Institute for Democracy and Human Rights, War Crimes in Yemen: Targeting Cultural and Historical Objects, juin 2020..

Le , le maire Abdel Kader Hilal est tué dans un raid aérien saoudien. Les bombardements, qui visaient un enterrement, font au moins 140 morts et 500 blessés parmi la foule.

Le , l'ancien président Ali Abdallah Saleh est tué alors qu'il tente de se désolidariser des Houthis au profit d'une alliance avec l'Arabie saoudite.

La ville est soumise à des bombardements par l'Arabie saoudite, tuant un grand nombre de personnes et rendant la vie très difficile. L’humanitaire Suad Al-Qadri explique que .

Le blocus mis en place par la coalition rend très difficile l'arrivée de l'aide humanitaire. Celle-ci arrive au compte-gouttes et bien souvent périmée. La population manque de tout : nourriture, médicaments, essence, matériaux de construction. Beaucoup d'enfants sont rachitiques, épuisés par la dysenterie, contaminés par l’uranium appauvri contenu dans les bombes larguées par les avions.

Administration Jumelages et partenariats La ville de Sanaa est jumelée avec :

En 1987, Sanaa a signé un traité de coopération avec la ville de Paris.

Patrimoine La vieille ville de Sanaa a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1986. On y trouve en particulier : La Grande Mosquée de Sanaa, datant du et où ont été découverts les manuscrits de Sanaa. La mosquée al-Bakiriyya, construite vers 1596-1597. La mosquée Al-Mahdi, construite en 1651.

À Sanaa se trouvent également les mosquée suivantes : La mosquée al-Saleh, la plus grande et la plus moderne des mosquées de la ville, inaugurée en 2008.

Évolution démographique Année Populations 1911 1921 1931 1940 1963 1965 1975 1981 1986 1994 2001 2005 2007 2010

Culture La vieille ville est inscrite au patrimoine mondial depuis 1986 Vieille ville de Sanaa., whc.unesco.orgune cité millénaire qui s’éteint ? Regard de Patrimoine sans frontières sur Sanaa.. Un des monuments notables de la région de Sanaa est le palais Dhar Al Hajjar.

Sanaa a été désignée par l'UNESCO « Capitale culturelle du monde arabe » pour 2004.

La ville est aussi au coeur de l'intrigue de la saison 5 de Prison Break, où le personnage de Michael Scofield est détenu dans la prison fictive d'Ogygia.

Manuscrits de Sanaa

Un grand nombre d'anciens corans datant du premier siècle de l'Hégire ont été découverts dans la Grande Mosquée de SanaaLe Coran ; nouvelles approches. En 1972, pendant des travaux de restauration, une cache fut découverte entre le plafond et le toit de la structure, remplie d'une pile de parchemins anciens, en mauvais état et apparemment sans valeur. Ils furent néanmoins conservés, car porteurs apparemment de fragments du Coran.

Qadhi Isma'il al-Akwa, président de l'Autorité des antiquités yéménites estima que les ouvriers avaient découvert l'équivalent de ce que, dans le judaïsme, est nommé une gueniza (espace dans la synagogue réservé au dépôt des objets liturgiques et vieux livres ou écrits abîmés mais interdits à la destruction ou à l'abandon car ils portent le nom de Dieu. Ces documents y étaient conservés un certain temps avant d'être par la suite enterrés). Les musulmans lettrés partageaient ce point de vue de retirer de la circulation les copies usées ou endommagées du coran pour n'employer que des ouvrages en bon état, mais se refusaient à détruire des corans abîmés. Une cachette sûre était nécessaire pour protéger les livres du vol, de la profanation ou de la destruction en cas d'invasion éventuelle, ce qui explique cette « tombe pour corans » dans la grande mosquée de SanaaLe Monde, 7 septembre 2001..

Aucun universitaire yéménite n'ayant encore de formation sur la préservation des fragments, Al-Akwa obtint une assistance internationale pour leur préservation, leur classement et leur étude. En 1997, un universitaire allemand persuada son propre gouvernement d'organiser et de financer un projet de restauration.

En 1984, en coopération entre le Yémen et l'Allemagne, la Maison des Manuscrits (Dar al Makhtutat) fut inaugurée non loin de la Grande Mosquée. La restauration des manuscrits s'organisa avec Gerd-Rüdiger Puin de l'université de Saarland en Allemagne.

Musique Le Qanbus est un instrument à cordes pincéés originaire du Yémen qu'on appelle aussi oud de Sanaa. Le chant de Sanaa a été en 2003 proclamé "Chef-d’œuvre du Patrimoine Oral et Immatérial de l'Humanité" par l'UNESCO

Économie Sanaa est desservie par l'aéroport international El Rahaba.

Voir aussi

Bibliographie Miquel Barceló (dir.), Les Jardins de la vieille ville de Sanaa, Yémen : inventaire établi lors de la mission UNESCO octobre- et janvier-, Universitat Autònoma de Barcelona, Servei de Publicacions, Bellaterra (Barcelona), 2004, 140 p. Guillemette et Paul Bonnenfant, Les vitraux de Sanaa : premières recherches sur leurs décors, leur symbolique et leur histoire, CNRS, Paris, 1981, 99 p. Guillemette et Paul Bonnenfant, L'art du bois à Sanaa : architecture domestique, Edisud, Aix-en-Provence, 1987, 191 p. Paul Bonnenfant (dir.), Sanaa : architecture domestique et société, CNRS éd., Paris, 1995, 644 p. Gilbert Grandguillaume, Franck Mermier et Jean-François Troin (dir.), Sanaa hors les murs : une ville arabe contemporaine, URBAMA, Tours, CFEY, Sanaa, 1995, 247 p. Fouad Khoury, Architecture de Sanaa, Éditions Le Sycomore, Paris, 1979, 111 p. Jean Lambert, La médecine de l'âme : musique et musiciens dans la société citadine à San'a' (République du Yémen), EHESS, 1990 (thèse de sociologie) Ronald Lewcock, The old walled city of Ṣanʿāʾ, UNESCO, Paris, 1986, 124 p.

Franck Mermier, Le cheikh de la nuit : Sanaa, organisation des souks et société citadine, Actes sud, Arles, 1996, 253 p. (texte remanié d'une thèse) Samia Naïm-Sanbar, L'arabe yéménite de Sanaa, Peeters, Leuven, Paris, 2009, 232 p.

Articles connexes Bousculade de Sanaa Liste des aires urbaines du Moyen-Orient

Liens externes

Sanaa "Cité du Monde multimédia" "Sana'a - City of lights. The German-french Cultural Project 2007. Webl

Notes et références

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