Le carnaval de Cholet, organisé par le comité des fêtes de Cholet (Maine-et-Loire), se déroule au mois d'avril ou mai durant une semaine.

Historique À la fin du , le succès de deux grandes manifestations festives suscite la création d'un comité des fêtesAprès avoir pris l'appellation de Comité permanent des fêtes puis de comité des fêtes, foires et salons (CFFS), il est devenu en 2014 Cholet évènements en qui organise dès l'année suivante la première Mi-carême. Pour les premiers défilés le commissaire de police en uniforme ouvre le cortège que termine un piquet du 77régiment d'infanterie en grande tenue.

Entre 1915 et 1919, les défilés sont annulés en raison de la guerre. L'année 1920 voit le retour de la Mi-carême. Lors de cette les Choletais défilent sans char.

De 1940 à 1945, la Mi-carême est à nouveau interrompue par la guerre. En 1946, les carnavaliers reprennent leur fabrication autour du thème de la Libération.

À partir de 1946, René Guinoiseau, sur un mini-vélo, aux côtés, à bord ou sur le capot de la voiture publicitaire du Courrier de l'Ouest, prend progressivement une place majeure pour les enfants, dans l'animation de l'imposante caravane précédant le défilé de l'époque. Il incarne « », personnage de la bande dessinée d'Armand Godet.

Le se déroule la de nuit. Le défilé de jour est tout juste terminé qu'une équipe illumine son char et arpente de nouveau les rues. Cela devient une coutume et plus encore, la fierté des carnavaliers choletais. Éparpillés jusqu'ici dans Cholet et ses alentours, les « carnavaleux » s'unissent et créent l'amicale des carnavaliers de Cholet (ACC).

En 1952, l'amicale construit un hangar autofinancé dans le quartier des Roches à Cholet qui permet la construction de sept chars. Les autres chars voient le jour dans des granges louées par l'amicale.

thumb|upright=0.8|Les Musiciens en Folie 1958 (fanfare de Cholet créée par Georges Gambert en 1957). En 1957, Georges Gambert crée « Les Musiciens en Folie », groupe musical aussi farfelu que rigoureux qui atteint des sommets de popularité. Depuis 1958, le groupe participe à tous les carnavals de Cholet.

En 1959, l'amicale affirme son identité et s'honore de son . À la suite de différends avec le comité des fêtes, les carnavaliers organisent leur propre Mi-carême : dix-huit chars défilent et la fête est un véritable succès. En 1960, le torchon brûle entre l'amicale et le comité des fêtes ; les carnavaliers décident de défiler dans la commune voisine de Mortagne-sur-Sèvre. Parmi les chars, le public découvre « Le Grand Jeu » : un taureau, représentant le comité des fêtes de Cholet, qui encorne un lion symbolisant les carnavaliers. En 1962, tout rentre dans l'ordre et les carnavaliers réintègrent la Mi-carême de Cholet.

À partir de 1971, le défilé de nuit évolue en technicité : les chars dépassent cette année-là les ampoules. À la suite de la démolition de l'atelier des Roches, la Ville de Cholet et le comité des fêtes financent la construction d'un hangar de à proximité du centre technique municipal. Une partie est réservée au comité pour la construction de deux chars, le reste étant laissé à la disposition de l'amicale ; huit boxes permettent la construction de huit grands chars, le centre du hangar pouvant accueillir entre quatre et huit autres réalisations. En 1976 le comité des fêtes quitte l'atelier et laisse l'ensemble du site à l'amicale des carnavaliers.

En quelques années, le nombre des ampoules se multiplie ; en 1980 certains chars comptent jusqu'à lampes gérées par ordinateur sur un système créé par les carnavaliers. À partir de 1984, les défilés de jour et de nuit sont séparés d'une semaine. Les carnavaliers ont désormais cinq jours pour habiller leurs chars pour la parade nocturne : ils en profitent pour améliorer leurs techniques.

En 1985, une équipe se constitue dans la commune voisine de Saint-Christophe-du-Bois. Bien qu'elle soit entièrement autonome, cette nouvelle équipe est en étroite relation avec l'amicale des carnavaliers. Depuis l'arrivée de l'ordinateur dans la gestion des éclairages, ceux-ci ne cessent de faire évoluer leur technique avec plus de ampoules par char.

En 1990, la Mi-carême est rebaptisée « Carnaval », le calendrier liturgique n'étant plus respecté pour les défilés. En 1994, un foyer est construit à côté de l'atelier des carnavaliers. Il porte le nom de Raymond Russon, ancien président de l'amicale.

En 1995, la municipalité décide la gratuité des entrées du défilé de jour et devant le succès, l'année suivante, le défilé de nuit est à son tour gratuit.

En 1999, à l'occasion de ses 50 ans, l'amicale des carnavaliers édite une série de 50 cartes postales en souvenir des 50 années de défilé. L'ensemble de l'atelier est agrandi, remis aux normes et aménagé en douze cases autonomes.

En 2000, la barre des ampoules sur un char est atteinte ; une technicité de pointe se développe et plus de lampes illuminent l'un des plus impressionnants défilés de nuit de France. En 2006, le carnaval fête son centenaire. En 2009, les diodes électroluminescentes (LED) commencent à remplacer les ampoules traditionnelles.

Le marque les de l'amicale des carnavaliers de Cholet ; anciens et nouveaux partagent leurs souvenirs et préparent l'avenir. En 2011, le nombre de ampoules sur un char est atteint.

Le , l'amicale des carnavaliers annonce la présentation, le , d'un livre retraçant l’histoire du carnaval. En outre les carnavaliers disposeront de nouveaux locaux au printemps 2017.

En 2017, à l'issue des festivités, les carnavaliers ne rentrent pas les chars dans leur hangar habituel mais dans un nouvel atelier mis à disposition par la municipalité à quelques dizaines de mètres de l'ancien site et qui offre quatre fois plus de surface.

En 2020 et 2021, toutes les festivités liées au carnaval sont annulées en raison de la pandémie de Covid-19 et reportées à 2022. Pendant la période de confinement, le , l'amicale des carnavaliers perd l'un de ses plus anciens membres, Claude Grolleau (dit « P'tit Claude ») âgé de 75 ans.

Organisation Reines, rois, ambassadrices thumb|upright=0.8|Gustave Valette : L'oiseau bleu - Mi-Carême 1959 Cholet.

Une des traditions liées au carnaval est qu'il soit présidé par trois personnes représentant les Choletais. À partir de 1908 il est décidé de procéder à l'élection d'une reine du carnaval et de deux demoiselles d'honneur. Jusqu'en 1966, ces majestés sont désignées par un vote de leurs collègues de travail dans les différentes activités de la ville : tissage, confection, agriculture, métallurgie, électronique. De 1966 à 1980, l'élection est ouverte à toutes les jeunes filles répondant aux critères d'âge fixés par le comité des fêtes et à partir de 1981 elles prennent le titre d'ambassadricesArchives municipales de Cholet, consultées le 15 mars 2017. Le jour du carnaval elles défilent sur un char spécialement aménagé pour les mettre en valeur. Elles sont reçues solennellement par les autorités municipalesOuest France, quotidien régional, édition de Cholet du 26 avril 2014.

Depuis le début des années 1990, l'élection a lieu par le public à l'occasion d'une soirée festive organisée par le comité des fêtes. Les ambassadrices, en plus du carnaval, sont présentes à toutes les organisations importantes de la ville (jumelages, manifestations sportives, cérémonies officielles). En plus de l'hommage de la foule elles reçoivent des cadeaux (vêtements, accessoires, bijoux, voyages) de la part des organisateurs et des commerçants.

Certaines années un « Roi Carnaval » est désigné, soit par ses collègues de travail, soit par le comité des fêtes ou l'amicale des carnavaliers. Il participe également aux défilés. En 2014, ce rôle est dévolu au doyen des carnavaliers, Raymond Langlois, ancien président de l'amicale mort le à l'âge de 89 ans. Le , le conseil municipal de Cholet donne son nom à une rue de la ville.

Pendant quarante ans, dans la première moitié du un Choletais, Gustave Valette, a mis sa fierté à gagner tous les ans le premier prix, à titre individuel, des carnavaliers costumés consacrant tout son temps à choisir les tissus et à les coudre pour réaliser lui-même ses costumes qui lui ont valu le titre de « Roi de la fête ».

Construction des chars thumb|upright=0.8|King-Kong : char recouvert de fourrure synthétique (1977). thumb|upright=0.8|Char illuminé au défilé de nuit. Certaines usines participent parfois à la construction d'un char, telle la Société française radio-électrique (SFR)Qui a changé plusieurs fois de nom pour devenir Compagnie générale de télégraphie sans fil (CSF) puis Thomson-CSF et enfin Thales au début du en 1939.

Les plateaux servant de supports aux chars sont soit d'anciens autobus soit d'anciens châssis de camions. Les chars peuvent mesurer jusqu'à huit à dix mètres de hauteur pour une longueur de dix mètres et une largeur de quatre à cinq mètres. Ils sont tous composés d'éléments articulés dont la mise en place définitive et le déploiement s'effectuent à l'extérieur de l'atelier, avant chaque défilé.

Les méthodes de construction des chars évoluent au cours des années avec l'utilisation de différents matériaux. Pendant longtemps la base de la construction est une ossature en bois (madriers, chevrons, tasseaux) sur laquelle sont fixés des cercles de châtaignier refendu habillés de grillage. Dans les mailles de ce grillage est introduit du « frison » (sorte de paille de bois servant aux emballages) pour obtenir la forme définitive de l'élément qui est ensuite recouverte de toile de jute cousue puis enduite de plâtre avec un additif (colle d'os) pour une prise plus rapide. Avec la difficulté de se procurer les cercles de châtaignier, puis la toile de jute, apparaît la technique du papier collé. Des lambeaux de papier journal sont collés directement sur le grillage en plusieurs épaisseurs, la dernière couche étant souvent en carton léger pour éviter de voir le dessin du grillage à travers le papier. En 1977, une équipe réalise un char représentant King Kong dont le corps est recouvert de fourrure synthétique.

À partir des années 1980, l'armature principale est composée de métal (IPN, tubes, cornières, ferraille de récupération, fer à béton) soudé à l'arc électrique. Vers 1990 le polystyrène change complètement la fabrication. Les sujets sont alors sculptés directement dans des blocs de ce matériau puis recouverts de papier journal comme précédemment avec le grillage. Dans toutes les techniques la touche finale est apportée par la peinture et les accessoires.

Les articulations qui ont commencé avec des câbles ou manuellement sont devenues plus affinées avec l'utilisation de moteurs d'essuie-glaces remplacés par des vérins pneumatiques ou hydrauliques.

Pour l'éclairage, après l'utilisation des batteries de voitures les groupes électrogènes apportent une source de puissance électrique qui permet, avec l'avènement des ordinateurs pour programmer les jeux de lumière, de faire du défilé de nuit une véritable féerie lumineuse.

Avec ces différentes évolutions, la réalisation des chars fait de plus en plus appel à des compétences spécialisées : soudage, pneumatique, électricité, hydraulique, programmation informatique. Avant tout le carnavalier est un bon bricoleur.

Préparation des groupes festifs thumb|upright=0.8|Groupe de grosses têtes : l'école est finie (1964). En plus des chars à construire, il y a aussi les costumes à confectionner, spécialité choletaise, parfois même des personnages aux allures de géants. Des groupes dansants sont formés sur place (enfants, ados, adultes, toutes générations confondues) et participent aux réjouissances.