La Renault Fuego est un coupé à quatre places présenté lors du Salon de Genève en en remplacement des Renault 15 et 17.
Voiture au style emblématique du début des années 1980 en Europe, elle connaîtra une carrière plus longue et relativement plus de succès en Argentine.
Historique
Développement thumb|left|Renault Fuego modèle 1984-85 Les études de la Fuego débutent dès 1976 au centre Style de Renault dirigé par Robert Opron (père des Citroën SM et Citroën CX), sur la base des dessins de Michel Jardin. Elle utilise la plate-forme et de nombreuses pièces mécaniques de la Renault 18 étudiée et produite à la même époque, pour une économie de coût de production.
Ce coupé ne présente pas de différences techniques majeures par rapport à ses prédécesseurs mais introduit des lignes plutôt originales, plus arrondies et aérodynamiques (Cx de 0,34), avec en particulier un hayon bulle entièrement vitré et une bande noire latérale à cannelures, qui affine et dynamise la ligne.
La Fuego reprend les solutions techniques de la Renault 18 (traction, moteur longitudinal, essieu arrière rigide) et la plate-forme de la 18 break, mais le train avant à déport négatif provient de la Renault 20 diesel. Elle récupère donc une bonne partie du comportement routier de la 18. La Fuego abandonne aussi certaines avancées de sa devancière la 17 TSRenault 15 & 17 : La victoire du style - Renault France (qui était le haut de gamme de ce modèle), comme l'injection électronique ou les quatre freins à disque, ce qui lui vaudra quelques critiques lors de la présentation des premières versions TL/GTL.
Lancement Disposant à l'origine de motorisations peu sportives, la Fuego ne bénéficie pas d'un grand prestige et les ventes, parties très fort, déclinent rapidement notamment du fait des tarifs jugés assez élevés. Cela a été en France la cause principale du succès de la motorisation de base au détriment des versions plus puissantes. Au lancement, la version GTS et son « moteur Cléon-Alu » de est la plus puissante, accompagnée des TL et GTL dotées du « moteur Cléon-Fonte » de à boîte de vitesses à quatre rapports (cinq en option sur GTL). Le millésime 1981 voit l'apparition des et GTX avec le « moteur Douvrin » de . Le lancement de la version turbo diesel, avec le « moteur Douvrin » dans sa version diesel de au millésime 1983 n'inverse pas la tendance. Pourtant, la Fuego Turbo D est le diesel le plus rapide du monde en avec , mais les ventes ne se rétablissent pas pour autant. À partir de 1983 la version GTL reçoit le moteur d' de la GTS dégonflé à .
Restylage Pour le millésime 1984L'Automobile Magazine , octobre 1983, la Fuego est restylée () au niveau de la calandre, des pare-chocs, et reçoit un nouveau tableau de bord style « visière » (sauf pour les versions en conduite à droite). Mais la nouveauté la plus marquante est la version turbo essence qui reçoit un de . La Fuego peut enfin afficher une réelle sportivité, ce qu'elle ne manque pas de faire, étant équipé de jantes aluminium BBS « nid d'abeille », de quatre freins à disque, d'un intérieur tout velours, d'un ordinateur de bord à huit fonctions, de rétroviseurs électriques, d'une ouverture centralisée à télécommande infrarouge… Cette version est décorée de gros autocollants « TURBO » au bas des flancs et d'une vitrophanie (autocollant collé à l'intérieur) du même motif à la base de la bulle arrière. Mais il est trop tard pour contrer la progression sur le marché des GTI, et comme ses concurrentes, les Ford Capri et Opel Manta, sa production s'arrête à la fin du millésime 1985 et ne sera remplacé qu'en 1995 par la Mégane Coupé.
Les marchés d'export européens ont au cours de la carrière de la Fuego toujours connu un traitement de faveur : la TL était parfois remplacée par une TS peu équipée mais motorisée par le , et avec la une version () de a aussi existé.
Parmi les équipements notables, la Fuego a été la première voiture au monde à recevoir un système de télécommande sans clé avec centralisation, disponible depuis l’année-modèle 1983 (). Ce système a été inventé par le français Paul Lipschutz (d'où le nom de la télécommande PLIP utilisé en Europe) et fut plus tard répandu sur les autres modèles Renault.
La Renault Fuego a été produite à l’usine MCA à Maubeuge (Nord) en France du mois d’ à et à l’usine de Santa Isabel (Argentine) de à 1992. Les stocks ont été écoulés en Europe jusqu'en 1987. La production totale de Renault Fuego est de Fuego : un fort capital sympathie - Renault France.
Caractéristiques
Chaîne cinématique
Motorisations +EssenceModèle et boîteProductionMoteurCylindréePuissanceCoupleVitesse maximale Consommation et émissions de Renault Fuego TL / GTL(boîte 4) - 4 cylindres en ligne() () à à Renault Fuego GTS(boîte 5) - 4 cylindres en ligne() () à à Renault Fuego TX / GTX(boîte 5) - 4 cylindres en ligne() () à à Renault Fuego Turbo(boîte 5) - 4 cylindres en ligne() () à à +DieselModèle et boîteProductionMoteurCylindréePuissanceCoupleVitesse maximale Consommation et émissions de Renault Fuego Turbo D(boîte 5) - 4 cylindres en ligne() () à à
L’image de la Renault Fuego Dans la fin de la décennie 1970 et le début de la décennie 1980, beaucoup de coupés de constructeurs généralistes (Opel Manta, Ford Capri, Lancia Beta, etc.) étaient vendus entre 50 et 60 % avec des motorisations de à (seulement 6 % pour les cylindrées supérieures à ). La Renault Fuego était donc dans le bon segment du marché des coupés mais la sortie de la Volkswagen Golf et autre Peugeot 205 GTI (dessin classique mais moteur très puissant) a mis à mal la vente des coupés avec ces motorisations moyennes. Malgré cela, la Fuego fut le coupé le plus vendu en Europe en 1981 et le coupé Turbo Diesel le plus rapide au monde en 1983 avec en vitesse de pointe (selon la publicité Renault parue dans des journaux automobiles de cette année). Cette motorisation fut décriée à l’époque mais représente la majorité des ventes de coupés .
Il a fallu attendre le millésime 1981 pour avoir une motorisation de () et un équipement cossu, et 1983 pour la version Turbo essence de .
La comparaison par certains journaux avec la Porsche 924 (alors 40 % plus chère) en raison de la ressemblance esthétique alors qu’il s’agit de deux catégories différentes, a donné à la Fuego une image de « Porsche au rabais ». La mode de la personnalisation avec de gros kits de carrosserie de la fin des années 1980 sur des modèles d’occasion sous-motorisés n'a pas contribué à redorer son image. Si, dans certains films ou clips, elle est parfois tournée en dérision, notamment dans le film Qui a tué Pamela Rose ? de Kad et Olivier, la Renault Fuego (et ultérieurement la Renault 5 Turbo) fait aussi l'objet d'un hommage en 2021 avec un court métrage publicitaire de grande diffusion sur le thème de la nostalgie pour la voiture des années 1980 et intitulé Renault Care Service, www.automotive-marketing.fr, 4 mai 2021. Un dénigrement qui ne s'opère qu'en France d’ailleurs, car elle est reconnue dans la catégorie « voiture de sport » en Allemagne (les modèles d’exportation étaient bien mieux équipés et motorisés que dans l’hexagone).
La Renault Fuego dans le monde Ce coupé a été vendu sur les cinq continents, puisque nous retrouvons aujourd’hui des collectionneurs de pays aussi éloignés que le Canada, l'Australie, les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande… Il ne faut pas oublier sa présence dans les Antilles et la Réunion, en Europe et sur le continent américain.
La Renault Fuego en Amérique du Nord
Fabriquées à l'usine MCA de Maubeuge, les premières Fuego arrivèrent aux États-Unis au printemps 1982. À cette époque, grâce à la nouvelle alliance avec le constructeur American Motors Corporation (AMC), les ventes des Renault étaient en progrès constant en utilisant le réseau de distribution d'AMC. Cette augmentation des ventes est surtout due à la Renault 5 appelée Le Car. Renault fabriqua à Kenosha (Wisconsin) des Renault 9 appelée Alliance, des Renault 11 appelée Encore, et exporta aussi des Renault 21 appelée Medallion ainsi que des Premier sur base de Renault 25 mais de conception 100% AMC. Cette dernière fut vendue sous la marque Eagle lors de la revente d’AMC en 1987.
Renault eut un succès d’estime plus précisément au Québec, mais le climat local était très dur pour tous ses modèles, cédant rapidement à la corrosion due au salage des routes. L'exportation de la Fuego s'arrêta à la fin du millésime 1985.
La Fuego modèle américain se reconnait grâce aux pare-chocs plus imposants avec amortisseurs intégrés absorbant un choc de moins de , des phares et des clignotants avant spécifiques ainsi qu'aux feux de position latéraux, selon les normes américaines. Toutes les versions sont catalysées d'où une puissance plus faible que les modèles européens.
La version Turbo reçoit de série des jantes alliage de type TRX, la climatisation et des décalcomanies « Turbo » latéraux. Le toit ouvrant électrique en toile, le verrouillage centralisé, les vitres avant électriques ainsi que l'intérieur cuir présentant un losange sur les sièges avant étaient en option.
En 1982 et 1983, était disponible la version ( à injection de , cinq vitesses en boîte manuelle ou trois vitesses en boîte automatique) ainsi que la version Turbo ( turbo à injection de , cinq vitesses en boîte manuelle).
En 1984 et 1985, était disponible avec la phase 2 la version ( à injection, cinq vitesses en boîte manuelle ou trois vitesses en boîte automatique) ainsi que la version Turbo ( turbo à injection de , cinq vitesses en boîte manuelle).
La Renault Fuego en Amérique du Sud thumb|Renault Fuego GTX thumb|Renault Fuego GTA thumb|Renault Fuego GT Turbo (espagnole) Renault Argentina SA a commencé la production de la Renault Fuego GTX en mars 1982, uniquement à l’usine Renault de Córdoba (Santa Isabel). La Fuego est considérée comme un modèle de « standing » en Argentine grâce à son équipement et aux courses de TC2000 dont elle fut victorieuse huit années consécutives de 1986 à 1993, pilotée par Juan Maria Traverso. Sa concurrente était la Ford Sierra XR4 Coupé, aussi bien sur les pistes que sur les routes.
De 1982 à 1985, on trouve la version GTX avec un moteur de de , au début fabriquée en France. Puis le millésime 1986 introduit la GTX 2 litres II avec un intérieur de type , et avec la même motorisation que la version précédente. En 1987 et 1988, le moteur de de équipe la version GTX , dotée de quatre freins à disques, de jantes aluminium et d'un ordinateur de bord huit fonctions.
Pour les millésimes 1989-1990, une nouvelle ligne apparaît avec la version GTA redessinée par le designer Renault Alain Clenet. Il avait travaillé sur le style extérieur (pare-chocs avant et arrière, becquet arrière, disparition des baguettes latérales noires, moulures de protections le long de l'auto, nouveaux rétroviseurs, nouvelles jantes , custodes arrière gravées « FUEGO », feux arrière noirs et clignotants blancs) et intérieur (nouveaux sièges, commande de la radio au volant) pour reprendre le nouveau style de la Régie. Le moteur est toujours le de . C'est en 1991 et 1992 que Renault Argentina produit la version équipée d'un nouveau moteur de , de sièges en velours (cuir en option), de la climatisation, d'un nouveau volant et d'un troisième feu stop intégré au becquet arrière.
À l’arrêt de la fabrication, en 1992, Fuego auront été produites à l’usine de Santa Isabel 1981.Apareció el Fuego, síntesis de maestria - Renault Argentina.
Les versions spéciales
Les versions cabriolets Heuliez créa un prototype de Fuego Cabriolet sur la base de la version Turbo pour le marché américain, mais cette version n'eut pas de suite. Elle fut présentée en au Salon de Paris. Ce prototype a été vendu pour la somme de le lors du Mans Classic, au circuit du Mans, par la société de vente aux enchères ArtcurialPage de présentation de la vente de la Fuego Cabriolet Heuliez sur artcurial.com. Ce véhicule fut vendu sans carte grise.