Confucius ( ; ), né le à Zou (陬) et mort le à Qufu (曲阜) dans l’actuelle province du Shandong, est un philosophe chinois. Son patronyme est Kong, son prénom Qiu, et son prénom social Zhongni. Il est le personnage historique qui a le plus marqué la civilisation chinoise, et est considéré comme le premier « éducateur » de la Chine.

Son enseignement a donné naissance au confucianisme, doctrine politique et sociale érigée en religion d'État dès la dynastie Han et qui ne fut officiellement bannie qu'au début du , avec une résurgence en 1973 (voir Critique de Lin Piao et de Confucius). Ses principaux disciples sont nommés les Douze Philosophes et honorés dans les temples confucéens.

Son enseignement s'est répandu au Japon, en Corée, au Vietnam et à Singapour. Son influence en Asie de l'Est est telle qu'on peut la comparer à celles de Jésus et Platon en Occident.

Il est généralement appelé Kǒngzǐ (孔子) ou Kǒng Fūzǐ (孔夫子) par les Chinois, ce qui signifie « Maître Kong » et a été latinisé en Confucius par les Jésuites. Les Coréens l'appellent Kong-ja, les Japonais, Kôshi, et les Vietnamiens, Khổng Tử.

Sa vie vignette|Statue de Confucius à Montevideo (Uruguay). Sa figure mi-historique, mi-légendaire est retracée dans sa première biographie issue de Shiji ( / , Shǐjì), œuvre de l'historien chinois Sima Qian écrite de 109 à 91 av. J.-C., soit plus de quatre siècles après sa disparition.

Noms

Il avait pour nom personnel Kong Qiu (孔丘), et pour nom social Zhongni (仲尼). Aussi appelé respectueusement Kongfuzi (孔夫子 : « maître Kong »), ou simplement Kongzi (孔子)..

Le nom latinisé « Confucius », dérivé de Kongfuzi, a été créé au par des missionnaires jésuites en Chine, probablement par Matteo Ricci.

Origines

La famille Kong était originaire de l'État de Song. Kong Fu Jia, son arrière-grand-père, y était le ministre de la Guerre. Après que celui-ci fut assassiné, son fils Fang Shu se réfugia dans l'État de Lu, où il mena une carrière militaire. Son fils, Shu Lianghe, allait suivre ses traces et faire lui aussi une brillante carrière militaire. La famille Kong était une famille de grands guerriers. Confucius, fils de Shu Lianghe, fut le premier de sa lignée à abandonner la voie des armes.

Naissance

Confucius est né le 28 septembre 551 avant notre ère à Zou (陬), ville dont son père était le gouverneur, non loin de la ville de Qufu (曲阜), pays de Lu, actuelle province de Shandong. Sa mère Zheng Zai étant allée prier sur le mont Qiū (丘) le prénomma ainsi.

Une naissance légendaire

D'après la légende, des événements extraordinaires auraient précédé sa naissance ; un qilin aurait en outre prédit sa naissance. Elle vomit une tablette de jade qui prédisait la naissance d'un enfant qui soutiendrait la déclinante dynastie Zhou. Au cours de la nuit de sa naissance, deux dragons se seraient posés sur le toit de sa maison. Cinq vieillards, dont les corps étaient formés des éléments les plus purs des cinq planètes, arrivèrent dans sa cour. Des chants célestes se seraient fait entendre. Puis finalement, des voix prophétisèrent : Le Ciel favorisera la naissance d'un fils saint.

Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des « Printemps et des Automnes » (春秋), faisant ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint entre 771 et 481 précisément dans cette région que l'on nommait alors le pays de Lu.

Famille

Selon la tradition, son père, Shu Lianghe (), était un descendant de (), premier ministre de Cheng Tang (), le fondateur de la dynastie Shang ().

Gouverneur de la principauté de Lu (), dans le sud-est de l’actuelle province du Shandong, il épousa en secondes noces à l'âge de 65 ans la jeune Zheng Zai, alors âgée de 15 ans.

Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté.

Descendance

La famille de Confucius, les Kong, possède l'arbre généalogique le plus grand du monde. Les filiations de père en fils, qui comptent aujourd'hui 83 générations, ont été enregistrés depuis la mort de Confucius. Selon le Comité de Compilation de la Généalogie de Confucius, il compte 2 millions de descendants connus et enregistrés, sur un total de descendants estimés de 3 millions.

Apparence physique Selon le Shiji, Confucius mesurait six pieds neuf pouces de haut, ce qui équivaut à 2,06 mètres. Cette haute stature lui venait de son père qui mesurait lui-même plus de 2,20 mètres.

Enfance et jeunesse

Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à dix-neuf ans et eut son premier fils, Kong Li () un an plus tard. Celui-ci fut suivi de deux filles. Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province.

Âge adulte

Relations avec le duc Jing de Qi Confucius qui séjournait au pays de Qi () fut reçu à cette occasion par Jiang Ziya (), duc Jiang de Qi, qui le fit mander. Les deux hommes dialoguèrent à propos d'affaires d'État, mais aussi sur des sujets comme la morale et les us et coutumes. Ils se parlèrent régulièrement pendant tout le séjour de Confucius. Le duc Jing, qui aimait les idées de Confucius, était décidé à lui confier des charges dans son gouvernement mais en fut finalement dissuadé par un de ses conseillers, qui craignait probablement pour son poste. Finalement, quand le duc Jiang rencontra une dernière fois Confucius, il lui dit « Je suis trop vieux pour vous employer. » Par la suite, Confucius retourna au pays de Lu.

Rencontre avec Lao Tseu

La légende veut qu’il ait rencontré Lao Zi (老子), père du taoïsmeHistoire comparative des idées politiques, Maurice Robin, 1988. Il serait allé le trouver, à Luoyang, pour s'enrichir de connaissances concernant les rites de deuil. Ils auraient eu un long échange et, au moment où Confucius allait le quitter, Lao Dan lui aurait dit :

Après, Confucius resta sidéré et renonça à parler pendant trois jours - ou un mois - tellement Lao Zi l'avait troublé.

Peinte de siècle en siècle par les écrits taoïstes, cette célèbre entrevue n'a probablement jamais eu lieu car, selon toute vraisemblance, Lao Zi n'a jamais existé en tant que personnage historique.

Carrière Comme intendant des Jisun Au cours de sa jeunesse, Confucius fit toutes sortes de petits travaux, souvent manuels, où il expérimenta le monde des réalités concrètes.. Les études de cette période ne relevaient pas seulement d'une spécialité intellectuelle, mais avaient aussi une dimension pratique et corporelle liée à la formation du caractère et de la personnalité..

À la cour de Lu Après la mort de sa mère en -530, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour du duc de Lu, il devint Grand Ministre de la Justice de Lu à l'âge de 53 ans. Yuan Xian était le chef de la maisonnée de Confucius quand celui-ci exerçait la fonction de ministre de la Justice de Lu. Après la mort de son maître, Yuan Xian partit dans l'État de Wei, où il a vécu reclus et dans la pauvreté..

Cependant, après que ce duc eut préféré prendre du plaisir trois jours durant avec des danseuses au lieu d'assurer sa tâche de gouvernement, Confucius décida de quitter son poste de ministre et, en -497, partit pour treize années d’errance.. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, le 11 avril -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.

Entrevue de Jiagu

Années d'errance Séjour au pays de Wei

Séjour au pays de Chen

Dangers du pays de Song

Piégé entre Chen et Cai

Confucius et ses disciples étaient dans le pays de Chen quand le roi de Chu envoya des cadeaux à Confucius. Le roi Zhao de Chu voulait demander à Confucius d'exercer une charge dans son gouvernement. Cependant, Chen et Cai, qui étaient des ennemis de Chu, voulurent l'empêcher et cernèrent Confucius et ses disciples, les mettant en état de siège. Le roi de Chu l'ayant appris, qui tenait son camp à Chengfu, détacha un corps d'armée pour les dégager de leur position fâcheuse. L'opération fut un succès et Confucius et ses disciples purent s'échapper. Confucius était tout disposé à exercer une charge au sein du pays de Chu et voulut rencontrer son roi. Mais Zixi, grand conseiller de Chu, sentant sa position au sein du gouvernement de Chu menacée, ne ménagea pas ses efforts pour faire changer d'idée au roi de Chu qui, finalement, renonça.

Dangers du bourg de Kuang Étonnamment, Confucius ressemblait physiquement à un homme cruel nommé Yang Huo. Or celui-ci avait commis des exactions contre la population du bourg de Kuang. Les gens de Kuang qui prenaient Confucius pour Yang Huo, le cernèrent et voulurent le pendre. Confucius réussit néanmoins à s'échapper.

Retour au pays de Lu et mort Son disciple Ran Qiu, avait été sollicité par Ji Kangzi pour exercer une charge dans le gouvernement de Lu et il rentra à Lu. Après son arrivée, Ran Qiu demanda à Ji Kangzi, premier ministre de l'État de Lu, de faire revenir son maître. Ji Kangzi accepta. Confucius revint à Lu, mais n'allait pas exercer de charge dans le gouvernement. Il continua son enseignement jusqu'à sa mort.

Piège de Yang Huo thumb|Tombe de Confucius

Yang Huo était déterminé à rencontrer Confucius ; aussi décida-t-il de lui envoyer un cadeau au moment où Confucius n'était pas chez lui. D'après la tradition, un lettré qui n'est pas chez lui et qui reçoit un cadeau d'un seigneur doit aller chez ledit seigneur à pied le remercier de ses bonnes grâces. Or Confucius s'est résolu à ne pas le voir, estimant qu'il s'agissait d'un piège tendu par cet homme fourbe et cruel. Aussi décide-t-il d'aller le remercier au moment où il n'est pas chez lui, pour ne pas le voir. Cependant Yang Huo prévoit la manœuvre et prend les devants, tant et si bien que les deux se rencontrent sur le chemin. Quand il voit Yang Huo, il réalise qu'il est bel et bien piégé. Sa vivacité d'esprit le sort de cette mauvaise situation. Yang Huo voulait en fait demander à Confucius d'exercer des charges dans son pseudo-gouvernement, dans le but de semer le trouble dans le gouvernement légitime du prince Ting.

Sa pensée

L'essentiel de la pensée de Confucius nous est parvenu à travers les Analectes, ou Entretiens, recueil de propos de Confucius et de ses disciples ainsi que de discussions entre eux, compilés par des disciples de deuxième génération, et à travers leur supplément, les Entretiens familiers de Confucius.

Bien qu’il n’ait jamais développé sa pensée de façon théorique, on peut dessiner à grands traits ce qu’étaient ses principales préoccupations et les solutions qu’il préconisait. Partant du constat qu’il n’est pas possible de vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages, et qu’il faut donc vivre en bonne société avec ses semblables, Confucius tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. En son temps, la Chine était divisée en royaumes indépendants et belliqueux, les luttes pour l’hégémonie rendaient la situation instable et l’ancienne dynastie Zhou avait perdu le rôle unificateur et pacificateur que lui conférait le mandat du Ciel. Confucius voulait donc restaurer ce mandat du Ciel qui conférait le pouvoir et l’efficacité à l’empereur vertueux. Cependant, bien qu’il affirme ne rien inventer et se contenter de transmettre la sagesse ancienne, Confucius a interprété les anciennes institutions selon ses aspirations, il a semé les graines de ce que certains auteurs appellent l'« humanisme chinois ».