Anagantios est le de l'année chez les Celtes de la protohistoire, marqué par la fête religieuse de Imbolc Approximativement vers le novembre du calendrier grégorien. Il est constitué de 29 jours. Il prend place entre les mois de riuros et de ogronios. Il correspond approximativement au mois de février du calendrier grégorien.

Anagantios

Anagantios est le de l'année celtiqueVenceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, page 412., il se situe entre les mois de riuros et de ogronios. Il est constitué de 29 jours et est considéré comme un mois néfaste (anmat).

C’est au début de ce mois qu'était célébrée la fête religieuse d’Imbolc.

Étymologie

Selon Xavier Delamarre, le nom de ce mois signifierait « où l'on ne voyage pas »Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, page 44.. Anagantios pourrait se décomposer en *An- prefixe de négation (comme in dans intolérant) *agant- dérivé de la racine *ag- qui voudrait dire « aller ; conduire, guider », à rapprocher du gallois â « il va », ânt « ils vont » et du vieil irlandais aigid « il conduit ». Traduit littéralement cela donnerait « pas-aller ».

L'année celtique

L'année celtique était divisée en deux saisons : une saison claire et une saison sombre. La saison claire commence à Beltaine (), fête dédiée à Lug et se termine avec celle de Samain, elle est notamment consacrée aux récoltes et, dans les contextes guerriers, aux razzias.

La fête de Samain () durait une semaine et donnait lieu à des destins rituels. Cette période était propice aux échanges entre le monde des dieux et celui des humainsChristian-Joseph Guyonvarc’h et Françoise Le Roux, Les fêtes celtiques, pages 35 à 82..

Le calendrier de Coligny thumbnail|Le calendrier de Coligny.

Le calendrier de Coligny est le plus important document archéologique en langue gauloise ; il est daté du et appartient donc à l'époque gallo-romaine. Il s'agit d'une table (fragmentée) de sur , qui comporte placés sur et . Il est révélateur des connaissances des druides en astronomie, ce que Jules César avait déjà noté dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules :

Le mouvement des astres, l'immensité de l'univers, la grandeur de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels, tels sont en outre les sujets de leurs [les druides] discussions : ils les transmettent à la jeunesse.

Découvert en 1897 sur la commune de Coligny dans l’Ain (territoire des Ambarres), il est exposé au musée gallo-romain de Fourvière à Lyon.

Les mois du calendrier

Les douze mois avec leur durée et leur attribut sontLe terme mat signifie « bon, faste » ; anmat signifie « néfaste », équivalent du mot gallois anfad, voir Les druides de Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, pages 364 et 404. :

Samonios (30 jours, mat), Dumannios (29 jours, anmat), Riuros (30 jours, mat), Anagantios (29 jours, anmat), Ogronios (30 jours, mat), Cutios (30 jours, mat), Giamonios (29 jours, anmat), Simivisonnios (30 jours, mat), Equos (30 jours, anmat), Elembivios (29 jours, anmat), Edrinios (30 jours, mat), Cantlos (29 jours, anmat) ; auxquels il faut ajouter les deux mois supplémentaires : Ciallos (entre Cutios et Giamonios, 30 jours, mat) Quimon (entre Cantlos et Samonios, 30 jours, mat).

Compléments

Articles connexes

Calendrier de Coligny Fêtes religieuses celtiques : Beltaine – Imbolc – Lugnasad - Samain Consulter aussi la bibliographie de la mythologie celtique et la bibliographie sur les Celtes.

Notes

Sources et bibliographie

Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise (approche linguistique du vieux celtique continental), éditions Errance, Paris, 2003, . Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Druides, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1986, . Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les fêtes celtiques, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, 1995, . Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000, .

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