thumb|Manuscrit calligraphié en 2003 par Xavier Piton. Cançon de santa Fe(chanson de Sainte Foy). Texte partie 39: Ar audirez un / mot eschiu. / Lo sangs en tèrra fez gran riu. / Non l'ausan sebellir li uiu, / qe'l fell o ueda per son briu.... thumb|Chanson de sainte Foy d'Agen, en bas à droite le même texte Ar audirez un.... Folio 19v-20r, Bibliothèque universitaire de Leyde, cote VLO 60. La chanson de sainte Foy d'Agen (Cançon de santa Fe) est un des plus anciens textes littéraires en occitan, composé à la fin du .
Le romaniste Joan Coromines le qualifie de . L'historien Frédéric de Gournay y voit un « poème primordial » dont la dernière partie « anticipe le style des chansons de geste ».
L'œuvre Le poème compte 593 octosyllabes rimés. Il conte la vie de sainte Foy, jeune fille d'Agen, son martyre en l'an 303, et le châtiment qui frappa ses tortionnaires : Dacien, Dioclétien et Maximien.
Il figure dans un seul manuscrit, conservé à la Bibliothèque universitaire de Leydeconservé à la Bibliothèque universitaire de Leyde avec cote VLO 60. 36 pages., et fut édité pour la première fois par José Leite de Vasconcelos en 1902Romania, t. 31, 1902, p. 177-200 .
La langue est archaïque ; par exemple, le titre du poème s'écrirait dans cette langue Canczon de sainta Fed. Il est remarquable que le nom de Foy n'apparaisse qu'une seule fois dans la chanson, sous la forme latine Fides, au vers 72.
Citation Partie 39 :
Traduction :
Date et provenance La datation du poème le situe entre 1060 et 1100. La patrie du poète anonyme a fait l'objet de plusieurs hypothèses : la région de Narbonne, « sous toutes réserves » (selon son éditeur Antoine Thomas)Antoine Thomas, La chanson de sainte Foi d'Agen, Champion, 1925, introduction, p. xxxviii., la Cerdagne ou plutôt l'abbaye de Cuxa en Conflent (Hoepffner et Alfaric), Conques et le Rouergue (Denis Grémont, André Soutou)... Les isoglosses du dialecte de la Chanson ont conduit Ernest Nègre à désigner une région allant d'Agen à Saint-Pons-de-Thomières, et centrée sur le Tarn. Pour Frédéric de Gournay, le poète, lié à l'abbaye de Conques, aurait composé la Chanson pour un auditoire pyrénéen, peut-être à Morlaàs. Quant à Robert Lafont, il voit dans le dialecte du poème une « langue du Chemin », liée à l'influence de l'abbaye de Conques en Navarre. Le poète ferait partie de l'entourage de Pierre d'Andouque, ancien moine de Conques originaire du nord de l'Albigeois, devenu évêque de Pampelune de 1082 à 1114.
L'auteur serait un laïc et un aristocrate s'adressant aux moines de sainte Foy de Conques, peut-être dans un prieuré proche des Pyrénées.
Éditions et traductions La Chanson de Sainte Foi d'Agen : poème provençal du siècle, édition d'après le manuscrit de Leyde avec fac-similé, traduction, notes et glossaire par Antoine Thomas, Champion, 1925 ; réédition 1974. En ligne sur Gallica, et sur Wikisource. La Chanson de sainte Foy, Ernest Hoepffner et Prosper Alfaric, Les Belles-Lettres, 1926, 2 tomes.
La Chanson de Sainte Foi : texte occitan du siècle, édité, traduit, présenté et annoté par Robert Lafont, Genève, Droz, 1998.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Frédéric de Gournay, « Relire la Chanson de sainte Foy », Annales du Midi, t. 107, octobre-, p. 385-399. En ligne sur le site Persée. Denis Grémont, « Le culte de Ste-Foi et de Ste-Marie-Madeleine à Conques au d'après le manuscrit de la Chanson de Ste-Foi », Revue du Rouergue, t. 23, 1969, p. 165-175. Ernest Nègre, « Le dialecte de la Chanson de sainte Foy », Actes du Congrès international de Linguistique romane, Québec, 1971, p. 341-347. André Soutou, « Localisation géographique de la Chanson de sainte Foy », Annales du Midi, t. 82, 1970, p. 109-122. Michel Zink, « Autour de la Chanson de sainte Foy et de Bernard d'Angers : réflexions sur la naissance de la poésie romane », Etudes Aveyronnaises, 2013, p. 285-298.
Articles connexes Vie de saint Alexis
Catégorie:Littérature occitane Catégorie:Œuvre poétique médiévale Sainte foy d'agen Catégorie:Ancien occitan Catégorie:Premier témoignage de la langue catalane