La Fédération est un mouvement fédéraliste français fondé en 1944 qui cherche à promouvoir un État décentralisé dans une France fédérale et une Europe des nations.

La Fédération a notamment : édité le livre Paris et le désert français de Jean-François Gravier ; inventé et développé les jumelages de communes en Europe ; promu le regroupement des élus locaux.

Historique Fondation et fondateurs La Fédération naît en sous le nom de « Centre d’études institutionnelles pour l'organisation de la société française » ; elle est déclarée à la préfecture de police de Paris au mois d'. Ses fondateurs sont André VoisinAndré Voisin est le pseudonyme d'André Bourgeois., l'industriel Jacques BassotJacques Bassot (1907-1996), est le fils de l’industriel polytechnicien Marcel Bassot (1871-1943), gérant des laminoirs de Paris, Rouelles et Harfleur – Marcel Bassot et Cie, administrateur des Hauts-fourneaux de Denain-Anzin et président de Bull en 1934-1935. Diplômé de l'École libre des sciences politiques et docteur en droit (1942), il a été le secrétaire général de la Compagnie des machines Bull de 1932 à 1938 et il est administrateur jusqu'en 1964 de cette firme. Mobilisé en 1940, il est fait prisonnier puis libéré l’année suivante comme père de famille nombreuse. Il est aussi propriétaire de plusieurs immeubles à Paris, président-directeur général de sa propre entreprise de conditionnement d’air de 1946 à 1966, PDG de la société Variel-France (depuis 1965), et administrateur d’autres sociétés. Il est vice-président du Comité Hyacinthe Dubreuil (Équipes autonomes d'entreprise) dans les années 1970. Il est le père d'Hubert Bassot., Max Richard, Jean Daujat, Jean Bareth et Jean-Maurice Martin, alors chargé de mission au ministère des prisonniers, déportés et réfugiés (1944-1945).

André Voisin, Max Richard, Jean Bareth et Jean-Maurice Martin sont au début des de jeunes instituteurs formés à l’École normale d’Auteuil, nationalistes proches sinon membres de l'Action française, membres de l'Union corporative des instituteurs fondée en 1933, animée par Serge Jeanneret et issue du Cercle Fustel de CoulangesHélène Fréchet (dir.), Penser et construire l'Europe : 1919-1992, Nantes, éditions du temps, 2007, .. Max Richard est encore membre du comité de rédaction de L'École française, le périodique de l'UCI, en 1938L'Action française, .. C'est aussi un ancien de la revue de la Jeune droite L'Insurgé à l'instar d'André Voisin.

Le politiste Antonin Cohen a montré que la Fédération est issue des milieux corporatistes ayant hérité des réflexions du catholicisme social, de la Jeune Droite catholique et maurrassienne des années 1930 et accueilli favorablement l'idéologie communautaire de la Révolution nationale au temps du régime de Vichy. André Voisin a milité au cercle La Tour du Pin, aux Métiers français et a dirigé le périodique La Justice sociale à la fin des années 1930. Jacques Bassot a été membre du conseil de surveillance de la société exploitant ce périodique en 1939, la société de la Presse corporativeLe Quotidien juridique, février 1939. Voisin a été le premier directeur de l'Office des comités sociaux fondé en 1941 tandis que Jacques Bassot, autre disciple de La Tour du Pin, a dirigé les services parisiens de cet Office. Bassot a été aussi le directeur du service d'information et de propagande de l'Institut d'études corporatives et sociales de Maurice Bouvier-Ajam. Sa thèse de doctorat, intitulée Travail et propriété, actualité révolutionnaire de La Tour du Pin, a été publiée en 1943 par cet InstitutFiches bibliographiques, juin 1944. André Voisin y a enseigné et dirigé son Collège d'études syndicales et corporatives. Jean Bareth et Jean Daujat ont aussi enseigné à l'IECS. Au lendemain de la guerre, ces hommes ont substitué un nouveau vocabulaire, fédéraliste, à l'ancien vocabulaire du corporatisme communautaireAntonin Cohen, « De la révolution nationale à l’Europe fédérale. Les métamorphoses de la troisième voie aux origines du mouvement fédéraliste français : La Fédération (1943-1948) », Le mouvement social, octobre-. Sur l'IECS, cf. notamment Jean-Pierre Le Crom, « La défense du corporatisme intégral sous Vichy. Ses acteurs leurs inspirations, leurs réalisations », Les Etudes sociales, 2013/1 n° 157-158 : Lire en ligne.

Le nom complet de l'association est . Elle devient l'une des nombreuses organisations fédéralistes françaises et plus largement européennes.. Le mouvement a pour objet social : ..

Essor La circulaire interne du mouvement ne devient une véritable revue, Fédération, qu'en 1947, date de l'essor du mouvementOlivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Perrin, 2008, .. Une société à responsabilité limitée est constituée au début de l' pour l'appuyer. Elle est appelée « Les études fédérales ». André Voisin est son gérant, et les autres associés sont Jacques Bassot, René Bazin de Jouy, Jean de Fabrègues, ancien de la jeune droite catholique, Marcel Felgines, Eugène Hervouet, Pierre Masquelier, Max Richard, et Luc Robert. Marcel Felgines est un ancien militant de l'Action françaiseL'Action française, 26 février 1934. et c'est aussi un ancien militant corporatiste : il a aussi enseigné à l'Institut d'études corporatives et sociales, a participé en 1937 au congrès des Métiers français, comme André VoisinCourrier royal, 3 juillet 1937. et au cercle La Tour du Pin, proche de l'AF, dans la première moitié des années 1930L'Action française, 3 novembre 1935, Ibid., 24 juin 1934..

L'équipe rédactionnelle de la revue mensuelle Fédération, dirigée par Max Richard est alors constituée de Voisin, l'économiste catholique et corporatiste Louis Salleron (rédacteur en chef durant trois années jusqu'à son retrait en 1954), Robert Aron, Daniel-Rops, Daniel Halévy, Thierry Maulnier, Robert Favre, Claude Saint-Jean, éditorialiste au quotidien de droite L'Époque, le Belge Marcel De Corte selon Olivier Dard. D'autres les rejoignent ensuite comme Bertrand de Jouvenel en 1951O. Dard, Bertrand de Jouvenel, Perrin, 2008. Selon le biographe de Daniel Halévy, ses membres sont, outre ce dernier, Voisin, Aron, Maulnier, Gabriel Marcel, Hyacinthe Dubreuil, Paul Sérant, Georges Vedel, Bertrand de Jouvenel, Maxime LeroySébastien Laurent, Daniel Halévy, Grasset, 2001..

En 1948, La Fédération se donne un « comité directeur » composé de Jacques Bassot et André Voisin, avec René Bazin de Jouy, Lucien De Broucker, Jean de Fabrègues, Marcel Felgines, les députés Raymond Marcellin, qui a été le secrétaire général de l'Institut d'études corporatives et sociales, Robert Bichet et François Mitterrand, ainsi que Robert Aron, Alexandre Marc et Claude-Marcel Hytte.

En , la SARL « Les études fédérales » change de nom et devient la revue Fédération, au capital de , apportés par André Voisin (), l'homme d'affaires Eugène Schueller - il a assisté à Paris en 1942 à l'inauguration des nouveaux cours de l'Institut d'études économiques et sociales : La Petite Gironde, 23 janvier 1942. - (), Jacques Bassot (), Daniel Halévy (), l'industriel du Nord Bertrand Motte, Louis Salleron, René Bazin de Jouy et son gérant Max Richard ( chacun)La Loi, 5 mai 1951..

Parmi les collaborateurs plus ou mois réguliers de la revue Fédération, on relève aussi Claude-Joseph Gignoux, Jean-François Gravier, François Perroux, Louis Rougier, Gilbert MaireVéronique Auzépy-Chavagnac, L'Europe au risque de la démocratie: essai sur le sens de la construction européenne, L'Harmattan, 2006, ..

L'association bénéficie de l'appui financier du Conseil national du patronat français (CNPF) de Georges Villiers et celui de l'industriel grenoblois Jacques BouchayerAntonin Cohen, « Les métamorphoses de la troisième voie aux origines du mouvement fédéraliste français : La Fédération (1943-1948) », op. cit., issu du Parti républicain de la libertéCollectif, Le moment PRL: Le Parti républicain de la liberté. 1946-1951, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013. ; il a été un temps trésorier de l'associationCollectif, Dix ans d'efforts pour unir l'Europe, 1945-1955, Bureau de liaison franco-allemand (de la Fédération), 1955, Le Monde, 26 juin 1950..

Elle tient un congrès annuel à partir de 1948 ; des personnalités y discutent de thèmes fédéralistesLa Croix, 4 août 1950L'Est républicain, juillet 1954.

La Fédération s'est dotée d'un comité directeur, présidé par Jacques Bassot, d'un comité exécutif, présidé par André Voisin et d'un conseil national, présidé par le général Antoine Béthouart, à la fin des années 1950Jacques Tessier, Marché commun et Euratom, La Fédération, 1958 : Lire en ligne. Font partie de son comité national et de son comité directeur en 1954-1955 : Jacques Chaban-Delmas, François Mitterrand, André Bettencourt, alors ministres ou secrétaires d'État, et des anciens ministres : Maurice Schumann, Roger Duchet, Léon Martinaud-Déplat, Pierre Schneiter, Raymond Marcellin, etc. D'autres personnalités comme Émile Roche, les syndicalistes Gaston Tessier et André Malterre, Alexis Thomas, président de l'Union nationale des combattants, Claude-Joseph Gignoux, Bertrand de Maud'huy, Jean de Fabrègues, Daniel Halévy y figurentLa Dépêche tunisienne, 10 juillet 1955 (congrès et membres du comité directeur)..

Réseaux Les dirigeants de la Fédération sont liés à d'autres associations, parfois issues de ses rangs, et occupent des fonctions dans d'autres organisations, ce qui permet d'accroître leurs réseaux et de diffuser leurs idées.

Ainsi, André Voisin est à la fois le dirigeant de l'association et l'animateur du Mouvement national des élus locaux (MNEL), fondé en 1953, ce qui lui permet de tisser des liens avec les milieux politiques françaisJérôme Cotillon, Ce qu'il reste de vichy, Armand Colin, 2003.. Les deux organisations tiennent d'ailleurs leur congrès en 1959 le même jour dans la même ville, à Beaune, dont le maire est le sénateur Roger Duchet, initiateur et secrétaire général du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), membre de La Fédération et président-fondateur du MNEL... Max Richard est membre du comité directeur du MNEL..

Jean-Maurice Martin, démographe, est à la fois secrétaire général de la Fédération à la fin des années 1950.. et secrétaire général. puis vice-président à partir de 1962 de l'Union nationale des combattants (UNC)Jérôme Cotillon, Ce qu'il reste de vichy, Armand Colin, 2003. (L'auteur le présente faussement comme président de l'UNC.). Il est aussi secrétaire général en 1968 du Mouvement national pour la décentralisation et la réforme régionale, dont Voisin est l'un des vice-présidents, conseiller technique à la délégation à l'information du Conseil national du patronat français (CNPF) à partir de 1968Population et avenir, 1986]..