La bibliothèque municipale de Grenoble, également citée sous le sigle BMG, est une bibliothèque municipale classée créée en 1772, et qui rassemble et anime un réseau de douze bibliothèques réparties sur la ville, mais également huit autres bibliothèques d'institutions culturelles locales. Son siège situé 12 boulevard Maréchal-Lyautey à Grenoble est labellisé « Patrimoine du XXe siècle » de Grenoble depuis 2003.
Elle détient des fonds de personnages illustres comme Champollion, Stendhal ou Berlioz et continue d'acquérir des livres rares, anciens et des incunables.
Histoire Création de la bibliothèque L'occasion de créer l'institution se présente en après la mort de l'évêque de Grenoble, Jean de Caulet qui laisse parmi son héritage au marquis de Grammont, une bibliothèque privée de ouvrages. Une souscription est aussitôt ouverte pour recueillir auprès des notables grenoblois, l'argent nécessaire afin de la racheter au profit de la ville. Après avoir récolté la somme de livres de la part de notables et de grenoblois de toutes conditions, une assemblée générale des souscripteurs nomme le , une commission exécutive de douze membres présidée par Louis de Sausin, afin de constituer un conseil de direction.
Le , André Faure, imprimeur du Roi et membre de la commission exécutive, se présente au nom des souscripteurs à la barre de la Chambre des comptes du Dauphiné où la bibliothèque de l'évêque lui est adjugée pour la somme de livres. Le reliquat de l'argent étant prévu pour aménager un local provisoire et l'installation des ouvrages. Dans l'enthousiasme, l'ordre des avocats de la ville y joint le don de leur bibliothèque ouverte au public depuis 1748 dans l'hôtel de ville de Grenoble, et composée de plus de volumes.
vignette|redresse|gauche|Entrée de la bibliothèque avant 1872. Dès l'année 1777, des pièces égyptiennes léguées par l'abbaye de Saint-Antoine figurent dans le cabinet des Antiques de la bibliothèque municipale, dont Jean-François Champollion sera le bibliothécaire adjoint. En 1779, la bibliothèque acquiert un sarcophage et deux vases canopes provenant du Caire par l'intermédiaire de M. de Mure, consul de France en Égypte mais également parent du docteur Henri Gagnon, grand-père du jeune StendhalJoëlle Rochas, Un cabinet d’égyptologue au Siècle des lumières, pages 11 et 12, 2010.. Parallèlement, le conseil de direction va devenir le noyau d'une petite société savante baptisée « Société littéraire » qui obtiendra en 1789 le titre d'Académie, connue par la suite sous le nom d'Académie delphinaleAlmanach du vieux dauphinois de 1992, article de Paul Dreyfus, page 69..
Le premier bibliothécaire est l'abbé Davaux en 1772, suivi par la suite de l'abbé Ducros en 1775, puis Pierre-Vincent Chalvet en 1802 et Jean-Gaspard Dubois-Fontanelle en 1808Inventaire général des richesses d'art de la France, tome 4, Paris, Librairie Plon, 1892, p. 122Emmanuel Pilot-de-Thorey, Notes pour servir à l'histoire de Grenoble page 110.. Jacques-Joseph Champollion-Figeac est bibliothécaire de 1812 jusqu'à la nomination d'Amédée Ducoin en 1816Hyacinthe Gariel, La bibliothèque de Grenoble, 1772-1878, page 6.. En 1800, la bibliothèque municipale de Grenoble s'installe sur un étage entier de l'ancien collège des Jésuites devenue l'École Centrale en 1796, puis lycée à partir de 1803Il va prendre le nom de Lycée Stendhal en 1955..
Hyacinthe Gariel est directeur de la bibliothèque de 1848 à 1882 après avoir été l'adjoint d'Amédée Ducoin. Il travaille très vite en collaboration avec le directeur du musée, Alexandre Debelle, pour construire un bâtiment commun aux deux institutions, ce qui permettrait des innovations dans l'organisation des espaces de la bibliothèque, notamment la création d'une salle réservée aux expositions. Le , le conseil municipal du maire Eugène Gaillard vote le principe de construction d'un nouvel édifice. Le choix du site de construction est défini à la jonction de la ville ancienne et de sa récente extension par le général Haxo, à l'emplacement des anciens remparts construits par Lesdiguières dans les toutes premières années du .
Nouvel édifice place de la Constitution vignette|Les fondateurs de la bibliothèque. Les travaux de construction débutent en . Le nouveau bâtiment appelé musée-bibliothèque est dessiné par l'architecte Charles-Auguste Questel sur la place de la Constitution (actuelle place de Verdun), et les services de la bibliothèque ouvrent au public en 1872Yves Jocteur Montrozier, « Le fonds Stendhal de la bibliothèque municipale de Grenoble » dans Bulletin des bibliothèques de France, 1997 (vol. 42), n°2. Lire en ligne, cent ans après la création de l'institution. Sur les murs du vaste vestibule d'entrée commun aux deux institutions, figurent les noms des généreux donateurs de la bibliothèque, ainsi que ceux de ses fondateurs.
Gariel développe le fonds, dont la taille est multipliée par trois. Il crée et développe surtout le fonds dauphinois, ancêtre de l'actuel fonds de conservation et fait entrer à la bibliothèque volumes de manuscrits de Stendhal obtenus à partir de 1860 auprès de la veuve de Louis Crozet, maire de Grenoble de 1853 à 1858.
Durant les décennies 1890 et 1900, Jules Bernard conservateur du musée de Grenoble et Edmond Maignien, conservateur de la bibliothèque entretiennent une relation privilégiée avec un grand mécène, le général Léon de Beylié, qui après sa mort, va léguer à la bibliothèque de Grenoble toute sa bibliothèque personnelle, constituée d'ouvrages d'art, de belles publications (art, histoire de l'art, et mémoires).
Au moment du legs en , près de ouvrages entrent dans le fonds de la bibliothèqueSelon le catalogue Le général de Beylié 1849-1910, collectionneur et mécène. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, alors que la fréquentation annuelle est de lecteurs, la bibliothèque doit fermer quelque temps faute de personnel, mais rouvre avec un personnel restreintGrenoble et sa région 1900-1925.. Afin de mettre en valeur les richesses de la bibliothèque, le nouveau conservateur Louis Royer organise en 1920 conjointement avec le musée une exposition sur Stendhal, dans laquelle manuscrits, portraits et documents de l'écrivain sont exposés de juillet à septembreCatalogue de l'exposition de manuscrits, portraits et documents stendhaliens (1920)..
En 1924, une autre exposition temporaire est consacrée aux livres à figures du siècle. L'année suivante, dans le cadre de l'exposition internationale de la houille blanche, un ouvrage collectif est édité dans lequel le conservateur de la bibliothèque précise que son institution détient un médaillier constitué de près de pièces.
Bibliothèque du boulevard Maréchal-Lyautey À l'initiative du recteur Henri Pariselle, le permis de construire d'une nouvelle bibliothèque universitaire est validé le par le service de salubrité de la ville. Conçu par l'architecte Jean Benoit, l'édifice contenant 30 km de rayonnages, entre en fonction le sur le boulevard Maréchal-Lyautey. Mais avec le lancement d'un nouveau domaine universitaire en dans la banlieue de Grenoble, à Saint-Martin-d'Hères, le besoin de déménager l'institution universitaire devient impératif. Ainsi, avec l'ouverture de la bibliothèque universitaire sur le campus le qui laisse sans affectation l'immeuble du boulevard Maréchal-Lyautey, le directeur de la bibliothèque, Pierre Vaillant, décide du transfert des collections du musée-bibliothèque dans ces locaux.
Le , après six mois de déménagementLe Dauphiné Libéré du 15 mai 1970, page 10., la bibliothèque centrale de Grenoble ouvre ses portes au public dans les anciens locaux de la bibliothèque universitaire du boulevard Maréchal-Lyautey. Elle sera inaugurée le suivant en présence du maire Hubert Dubedout et d'Étienne Dennery, administrateur général de la Bibliothèque nationaleDocument de l'Enssib..
Aujourd'hui, la bibliothèque détient des fonds concernant l'ancienne province du Dauphiné et de la région Rhône-Alpes ou d'autres extrêmement prestigieux, tels que ceux du monastère de la Grande Chartreuse, Stendhal, Berlioz, Champollion...
Architecture Labellisé patrimoine du en Base Mérimée, le bâtiment de la bibliothèque municipale de Grenoble construit entre 1955 et 1959 par l'architecte Jean Benoit (1900-1976), conserve de nos jours environ livresSelon le dépliant de la bibliothèque et édité par la ville et documents sur une superficie de . L'originalité de sa façade provient de sa forme qui se termine en chevet comme l'abside des églises, et surtout qu'elle ne reflète pas l'organisation interne de la bibliothèque. Les trois divisions externes de la façade n'expriment pas les sept étages internes, en effet, certaines baies font plusieurs étages.
vignette|Hall d'entrée avant sa rénovation. Constitué de sept étages et d'un sous-sol, le bâtiment réunit à l'origine, des salles de travail, des ateliers de restauration des ouvrages ainsi qu'un appartement réservé au bibliothécaire (conservateur).
Le rez-de-chaussée dispose d'un service d'accueil, d'une cafétéria, d'une salle d'exposition de afin de recevoir des manifestations à caractère littéraire. Le bureau d'accueil permet aux visiteurs d'acheter les publications relatives à d'anciennes expositions de la bibliothèque. Les collections patrimoniales sont conservées dans les quatre niveaux de magasins et réparties sur 23 kilomètres de rayonnage. Les salles de lectures réservées au public sont situées au afin d'offrir aux lecteurs une meilleure luminosité naturelle en complément d'une façade vitrée haute d'environ .
Pour accéder à ces salles, les visiteurs ont à leur disposition, outre un escalier, deux ascenseurs de sept places. Le personnel dispose de son côté de trois ascenseurs et d'un monte-livres. Grâce aux colonnes porteuses et à l'absence de murs porteurs internes, l'agencement interne est différent selon la fonction de chaque étage. Ainsi la salle de lecture, autre étage public, est ordonnée d'une manière totalement différente.
En 2019, des travaux visant à agrandir et rénover le rez-de-chaussée imposent la fermeture de la bibliothèque au second semestre. Avec plusieurs mois de retard dû à la pandémie de Covid-19, sa réouverture intervient le en lui procurant un nouvel espace café d'une cinquantaine de places assises. De leur côté, l'artothèque et la salle des expositions ayant fait l'objet d'une rénovation complète.
Réseau de bibliothèques vignette|droite|Bibliothèque Kateb Yacine Dans les années 1960 et 1970, plusieurs petites bibliothèques de quartier sont créées, accompagnant ainsi le développement de la ville. En 1976, s'ouvre une première médiathèque au sein du centre commercial de Grand'Place, ce qui représente une vraie originalité en France. En 2005, après quelques semaines de fermeture sa surface est portée à m², sur deux niveaux et prend le nom de Bibliothèque Kateb Yacine. Elle offre également la possibilité à ses abonnés d'emprunter des œuvres d'art contemporaines à travers une collection de 650 photographies et un millier d'estampes (gravures, lithographies, sérigraphies).
La mission de la bibliothèque municipale est de contribuer au développement de la lecture et de lutter contre l'illettrisme. La bibliothèque a ainsi établi un réseau maillé de recherche et de consultation avec 19 autres bibliothèques dans la ville, dont huit bibliothèques associées dépendant d'institutions culturelles locales, élargissant ainsi sa réserve de lecture. Le tableau suivant en présente la liste complète :