vignette|Sépulture du général Maurice Pellé au cimetière des Batignolles (div. 25) à Paris XVII Maurice Pellé, né le à Douai et mort le à Toulon., est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur.

Il commence sa carrière militaire à Madagascar puis comme attaché militaire en Allemagne. Il se trouve au Maroc au début de la Première Guerre mondiale. Il rejoint rapidement le général Joffre en qualité de major-général au GQG jusqu'en . Il dirige ensuite une division puis un corps d'armée jusqu'à la fin de la guerre. En 1919 il est envoyé en Tchécoslovaquie puis, en , à Constantinople comme haut–commissaire de la République française en Orient, avec rang d’ambassadeur représentant la France aux négociations et à la signature du traité de Lausanne en .

Biographie Famille Il est le fils de Charles Pellé (1826-1906), général, commandant de l'École polytechnique, et de Céline Bruneau.

Formation Il entre à l’École polytechnique en , puis comme sous-lieutenant à l’École d’application de l’artillerie en .

Lieutenant en premier en il est muté dans divers régiments d’artillerie avant d’être instructeur à l’école d’artillerie à .

Capitaine en second le adjoint à la direction de l’artillerie à Nice, il suit les cours de l’École supérieure de guerre en , puis stagiaire à l’EM en , il est officier d’ordonnance du ministre de la Guerre Billot en .

Colonies et ambassades De à , il est chef d'état-major du colonel Joffre à Madagascar.

Le colonel Pellé est attaché militaire à Berlin auprès de l'ambassadeur Jules Cambon de à . Il rédige au cours de cette période de nombreux rapports sur la société allemande et rencontre de nombreuses personnalités allemandes notamment le Guillaume lors des chasses. Il est un des officiers français les plus connaisseurs de l’Empire allemand.

En , il est muté au Maroc comme chef d'état-major du Résident général Lyautey. Il commande les Troupes auxiliaires marocaines.

Première Guerre mondiale et amitié avec le maréchal Joffre Le général Maurice Pellé commence la guerre en dirigeant la de tirailleurs de la division de marche marocaine.

Il est appelé très rapidement auprès du général Joffre au Haut-commandement, où il exerce à partir du les fonctions de major général à la Direction supérieure de la Guerre et des Théâtres d'opérations extérieurs au Grand Quartier général (GQG) jusqu’en . À la suite de la disgrâce de son ami Joffre, le général Pellé est lui aussi contraint de quitter le GQG.

Le maréchal Joffre écrit dans ses Mémoires au sujet du général Pellé :Pellé était l’intelligence la plus ouverte, la plus déliée que j’ai peut-être rencontrée dans ma carrière. Doué d’une puissance de travail prodigieuse, de dévouement à toute épreuve, d’une largeur de vues d’une finesse qui doublaient d’un admirable diplomate le magnifique officier que j’avais auprès de moi depuis de longues années.

Il retrouve un commandement opérationnel et dirige la D.I et se distingue particulièrement à la bataille du Chemin des Dames. Général de division le , il prend la tête du corps d'armée qu'il dirige jusqu'en . Avec ce corps, il participe aux batailles de Noyon, de la Marne et en Argonne.

Participation à la création de l’armée tchécoslovaque

En Tchécoslovaquie Maurice Pellé est connu pour avoir contribué à organiser et à fournir en armes et munitions l'armée tchécoslovaque alors membre de la coalition antibolchévique en lutte contre la République des conseils de Hongrie, aux côtés des troupes de l'armée française de Hongrie, de l'armée franco-serbe de Louis Franchet d'Espèrey et de l'armée roumaine soutenue par la mission Berthelot ; à cette époque la France avait aussi une mission Faury en Pologne, alors en lutte contre les bolcheviks de Russie. Cette mission en Tchécoslovaquie fait suite à l'accord du entre la France et la nouvelle république tchèque et slovaque, issue de la dislocation de l'empire austro-hongrois. Maurice Pellé est nommé à la tête de la mission militaire française à Prague avec le titre de « chef de la Mission française en Bohême »Récépissé de brevet de Gd. Off. LH daté du 3 juin 1921 à Constantinople, Pellé étant alors affecté à l'Armée d'Orient..

Maurice Pellé devient le premier chef d'état-major des armées de la jeune Tchécoslovaquie, puis de à , il est nommé généralissime. Lors de cette période, il réussit à bloquer l'avance des troupes hongroises et contre-attaque, mettant fin à la République slovaque des conseils. Il réorganise le ministère tchécoslovaque de la Défense nationale et met en place des écoles militaires et des centres d'instruction pour le développement de l'armée tchécoslovaque. Célibataire de , il rencontre à Prague son épouse Jára Braunerova : ils auront en 1921 une fille unique, Maryška.

Constantinople En , Maurice Pellé est envoyé à Constantinople comme haut–commissaire de la République française en Orient, avec rang d’ambassadeur représentant la France aux négociations et à la signature du traité de Lausanne en .

Décès Il s’éteint prématurément le à Toulon. Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le même jour que son décès, le brevet est envoyé à sa veuve à Prague.

L'État français lui organise des obsèques solennelles aux Invalides. Jean de Pierrefeu déclare à propos de Pellé : Jean de Pierrefeu, ..

Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles ().

Hommages

1991 : Exposition « Le général Pellé, premier généralissime de l'armée tchécoslovaque », au musée de l'armée à Prague. 2004 : Inauguration de son buste à l’ambassade de la République tchèque à Paris. Deux rues au Maroc et une à Beyrouth ont porté son nom. Une rue de Prague lui est dédiée. La maison de Prague où il fut logé, classée monument historique tchèque et appelée « Villa Pellé », se trouve dans la rue éponyme Pelléova. Février à : Exposition au Mémorial de Verdun « Dans l'ombre de Joffre : le général Pellé, soldat, diplomate et artiste » - : Exposition à l'École polytechnique de Palaiseau « Le général Pellé, La guerre ne tardera pas » : regards de Polytechniciens ». - : Exposition « Pellé-Braunerova, destins croisés de France et de Bohême », au Stredoceske Museum de Rostoky - Prague. Septembre - : Exposition « Le général Pellé et les artistes de la Grande Guerre », à la « Villa Pellé » à Prague.

Décorations et ordres Françaises

Grand Officier le . Commandeur à titre militaire le . Officier le . Chevalier le (avec deux palmes). Médaille interalliée 1914-1918. Médaille coloniale avec agrafe « Maroc ». Étrangères Croix de Madagascar. Mérite militaire chérifien. Grand officier de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (royaume d'Italie). Croix de guerre belge 1914-1918. Grand officier de l'ordre de la Couronne de Belgique. Mérite militaire d'Espagne ( et classes). Commandeur de l'ordre du Bain. Grand officier de l'Aigle blanc de Serbie. Ordre de Sainte-Anne de Russie ( classe) avec glaives Ordre du Soleil levant du Japon ( classe). Ordre du Lion blanc tchécoslovaque. croix de guerre tchécoslovaque.

Notes et références

Sources et bibliographie

Philippe Hauser, De Berlin à Prague, la carrière exceptionnelle du général Maurice Pellé (thèse de doctorat), 2002 Radko Brach, Le général Maurice Pellé, premier chef d'État-major de l'armée tchécoslovaque, 2007 Isabelle Sandiford-Pellé, Général Pellé : carnet de croquis, 2010 Ronald Mattatia, « Le général Maurice Pellé », in Bulletin de la Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique, , (en ligne) Base Léonore de la Légion d'honneur : cote LH/2084/16 .

Voir aussi

Articles connexes Liste des grands-croix de la Légion d'honneur Liste de généraux français du

Liens externes

Pellé, Maurice César Joseph (X 1882 ; 1863-1924), sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique. Site officiel géré par Isabelle Sandiford-Pellé Fonds Maurice Pellé de l'Institut de France « Le général Maurice Pellé », par Ronald Mattatia, Bulletin de la SABIX, , 2009. Le général Pellé, soldat, diplomate et artiste, diffusion Canal-U (Isabelle Sandiford-Pellé et famille Pellé, Marina d'Halluin) (26 mn)

Catégorie:Général français du XXe siècle Catégorie:Chef militaire de la Première Guerre mondiale Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale Catégorie:Élève du collège Stanislas de Paris Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Titulaire de la médaille commémorative interalliée (1914-1918) Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre belge 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Grand-croix de l'ordre du Lion blanc Catégorie:Grand-croix de l'ordre de l'Étoile de Roumanie Catégorie:Chevalier commandeur de l'ordre du Bain Catégorie:Grand officier de l'ordre de la Couronne Catégorie:Grand officier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare Catégorie:Grand officier de l'ordre du Ouissam alaouite Catégorie:Officier des Palmes académiques Catégorie:Chevalier de l'ordre du Nichan Iftikhar Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Soleil levant de deuxième classe Catégorie:Récipiendaire de l'ordre du Lion et du Soleil Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Sainte-Anne Catégorie:Naissance en avril 1863 Catégorie:Naissance à Douai Catégorie:Décès en mars 1924 Catégorie:Décès à Toulon Catégorie:Décès à 60 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière des Batignolles Catégorie:Attaché militaire français