Le pont Saint-Nicolas, dénommé pont Saint-Mesmin avant le , est un pont français enjambant le Loiret et reliant les villes de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin sur la rive gauche à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin sur la rive droite, dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

Géographie

L'ouvrage offre la dernière possibilité de franchir le Loiret, à environ avant sa confluence avec la Loire et à en aval du pont de l'autoroute A71. Il est situé dans le nord du territoire de la commune de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et au Sud-Ouest du territoire de la commune de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, l'unité urbaine d'Orléans et la région naturelle du Val de Loire.

L'entrée du pont en rive sud est située à d'altitude Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche..

Le pont est situé sur l’ancien itinéraire Orléans-Tours qui reliait ces deux villes par la rive gauche de la Loire au Moyen Âge. Cet itinéraire est désigné comme grand chemin de Paris à Tours et en Bretagne dans le « Guide des chemins » de 1553. Au cet itinéraire fut classé dans la voirie départementale comme route départementale , puis au début du comme route nationale 751, enfin en 1973, il est reclassé chemin départemental , puis ultérieurement route départementale Les ponts sur la Loire et le Loiret (1984), ..

Histoire

Moyen Âge

La légende veut que ce soit au que Saint Maximinus, dont on a fait Saint Mesmin, ait fondé l'abbaye royale de Micy dont l'histoire se rattache intimement à celle du pont Saint Mesmin. Le pont permet alors aux religieux d'accéder à la paroisse de Saint-Hilaire. Les documents historiques n’attestent de la présence d’un pont qu’à partir de l’extrême fin du , mais l’importance du chemin et la présence d’une maladrerie en haut de la côte de Saint-Hilaire dès le peut laisser supposer que le pont existait dès cette époque Jean Mesqui (1982), ..

En 1389, le pont et les chaussées de Saint-Mesmin sont et des maçons d'Orléans sont chargés des réparations qui durent de 1389 à 1410. Les dépenses d’entretien et de réparation sont à la charge des habitants de Saint-Hilaire qui sont autorisés par le pouvoir royal à percevoir pour cela une « barre » (péage provisoire) à l’entrée de l’ouvrage. Pour cela deux gouverneurs sont élus pour percevoir ces taxes. Cette organisation est calquée sur celle de la ville d’Orléans pour l’entretien du pont d’Orléans.

Mais ce droit de barrage rapportant des sommes relativement modiques, vers 1391, le roi ordonne l’imposition de 300 livres sur douze paroisses, toutes riveraines de l’itinéraire de Paris à ToursJean Mesqui (1982), .. Cette organisation ne tient pas longtemps puisqu’en 1392, Charles VII donne à son frère Louis, le duché d'Orléans, ce qui entraîne un refus de payer une quelconque taxe par les paroisses n'appartenant plus au duché d’Orléans. Il faut alors trois ans pour régler ce conflit Jean Mesqui (1982), ..

Époque moderne

Du , le pont de Saint-Mesmin subit, soit par les guerres, soit par les inondations, des dommages importants. En 1527, une crue de la Loire et du Loiret emporte une grande partie du pontLes ponts sur la Loire et le Loiret (1984), ..

En 1563, les protestants détruisent le pont après avoir pillé le monastère de Micy et la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André. Cette même année, le duc de Guise est assassiné au voisinage du pont de Saint-Mesmin car le pont étant détruit, son escorte est contrainte de faire le tour par le pont d'Olivet, alors que lui-même traverse en barque.

En 1586, une nouvelle crue de la Loire emporte le pont de Saint-Mesmin. L’année suivante, face à Henri de Navarre, futur Henri IV, les catholiques font rompre le pont qui n'est réparé qu'en 1593.

Le , les eaux de la Loire et du Loiret se rejoignent encore à Saint-Nicolas, ce qui occasionne sans doute le remplacement d'une ou plusieurs arches par des tabliers provisoires en bois puisqu'en 1629 est dressé un devis des œuvres à faire au « pont de bois » de Saint-MesminJean Mesqui (1982), ..

En 1707, une violente crue de la Loire emporte le pont « dont trois arches sont renforcées ». À cette époque, le pont réparé est à nouveau entièrement en pierre (relevé dressé par l'ingénieur Nicolas Poictevin).

En 1789, à la suite de la grande débâcle du printemps, le pont est encore l'objet de réparations. La paroisse de Saint-Nicolas sur le territoire de laquelle se trouvait édifiée l'abbaye de Micy est supprimée à la Révolution française et rattachée au territoire de Saint-Pryvé.

Époque contemporaine

De 1861 à 1864, l'ouvrage est restauré avec élargissement au moyen de placage de maçonnerie sur le côté amont des arches à et de gros corbeaux de pierre de taille soutenant les trottoirs et un parapet de fonte à dessins d'ogive. L'arche est entièrement refaite par un arc de plein cintre à cause d'un premier tassement de la pile . En outre, le tablier est élargi par un encorbellement de , ce qui permit de porter la largeur totale minimale du pont à .

Ce n'est qu'au début du que l'ouvrage est baptisé « pont Saint-Nicolas » ; en effet, les plans de la restauration de 1864 désigne encore l'ouvrage sous le nom de « pont de Saint-Mesmin ».

En 1925, la pile ayant subi un tassement de l'ordre de , les arches adjacentes se fissurent. La reconstruction de la pile et des deux arches et est effectuée en béton armé recouvert des anciennes pierres de taille.

Au cours de la seconde Guerre mondiale, le , dans leur retraite, les troupes allemandes font sauter la troisième arche et la pile Jean Mesqui (1982), .. Ce n'est que le que le pont est rendu à la circulation après une inauguration en grande pompe.

En 1985, les fondations sont confortées par encagement dans un batardeau en palplanches et injection de l'ensemble du massif.

Descriptif

Long de , l'ouvrage est constitué de huit arches d'ouverture de six à treize mètres, deux de ces huit arches sont voûtées en arc brisé, toutes les autres étant des pleins cintres ou des arcs segmentaires. Les piles ont des avant-becs triangulaires recouverts de chaperons pyramidaux à ressauts. L'avant-bec de la pile est de plus surmonté par un obélisque portant une croix en fer forgé. Les piles , et sont prolongées à l'aval par des contreforts rectangulaires animés d'un ressaut et couverts d'un chaperon pyramidalLes ponts sur la Loire et le Loiret (1984), ..

L'adjonction en 1864 à l'amont des arches à de massifs de maçonnerie a permis de porter la largeur de l'ouvrage entre tympans à .

La largeur du tablier passe de en rive droite à en rive gauche et la chaussée à une largeur constante de .

Les trottoirs sont en demi-encorbellement : la corniche en béton à parements bouchardés et moulurés a une hauteur de et est en saillie sur le tympan de . Elle est supportée par des corbeaux en béton armé à parements bouchardés de sur de section espacés de d'axe en axe.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

Articles connexes Liste de ponts du Loiret Saint-Hilaire-Saint-Mesmin Saint-Pryvé-Saint-Mesmin

Liens externes

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