Le musée des Beaux-Arts de Chartres, dans le département français d'Eure-et-Loir, est le principal musée de la ville. Il bénéficie du label Musée de France. Situé dans l'ancien palais épiscopal classé monument historique en 1906 avec un ensemble des , , à côté de la célèbre cathédrale, il abrite une collection d'œuvres d'art variée : peintures, dessins, sculptures, objets d'arts, archéologie, mobilier, etc.

Le musée a été fermé durant le premier semestre 2017., puis rouvert le , avec un accès gratuit, excepté lors des expositions temporaires.

Historique Quelques dates permettent de retracer un bref historique du musée : 1833 : création le et installation dans une salle de l'hôtel de ville. L'ouverture au public a lieu le ; 1874 : construction d'une aile annexe de l'hôtel de ville ; 1876 : achat de la Sainte Lucie de Zurbarán ; le musée bénéficie de legs nombreux et importants, tel celui de Noël Ballay, ancien gouverneur de l'Afrique-Occidentale française ; 1939 : installation des collections dans les bâtiments de l'ancien évêché et inauguration le par Georges Huisman, directeur général des Beaux-Arts. Les dons se poursuivent, notamment celui des collections de la Société archéologique d'Eure-et-Loir ; 1967 : les collections d'histoire naturelle sont transférées dans le nouveau muséum des sciences naturelles et de préhistoire ; 2012 : le musée risque cependant de ne plus exister d'ici quelque temps. La municipalité n'est pas propriétaire des lieux, qui ont été affectés en 1905 au conseil général d'Eure-et-Loir, et se verra peut-être obligée de répartir toutes les œuvres d'art dans divers lieux chartrains, abandonnant à la fois un lieu imprégné d'histoire et une collection d'une grande richesse. 2013 : un projet de rénovation du conseil général conduirait à transformer la salle à l'italienne et la chapelle de cet ancien palais épiscopal en salons de réception de la Cosmetic Valley. 2015 : le muséum des sciences naturelles et de préhistoire est fermé et ses collections réintègrent le musée des Beaux-Arts, réduisant d'autant l'espace d'exposition : seules 1 % des œuvres sont exposées. 2017 : Le , sur décision du maire Jean-Pierre Gorges, le musée ferme, en raison de la vétusté des bâtiments à la suite du non-entretien par la municipalité. Les collections seront déplacées et le personnel redéployéSébastien Couratin, « La ville de Chartres ferme le musée des Beaux-Arts jugé vétuste et insalubre », lechorepublicain.fr, 23 décembre 2016.. Le , après le rachat au département par la ville pour un euro symbolique., le musée est à nouveau ouvert.

Collections Peinture

La collection de peintures (peinture ancienne et moderne) est la plus riche :

Renaissance La Renaissance italienne est notamment illustrée par une Vierge à l'Enfant de Benvenuto Tisi, provenant des collections du cabinet du roi Louis XIV (petite galerie, Versailles). Sont également présents Mariotto Albertinelli (Glorification de la Vierge, triptyque, huile et feuille d'or sur bois) et Orazio Sammachini (La Vierge et l'Enfant, Sainte Barbe, Saint Raymond de Penyafort et un ange, huile sur cuivre).

La Renaissance flamande et le Maniérisme hollandais sont illustrés par Quentin Metsys (La Vierge, Marie Madeleine et saint Jean au pied de la Croix, huile sur bois), Gillis van Coninxloo (Siège d'une ville par Henri IV (Chartres ?, Rouen ?), huile sur bois, vers 1594) et Roelandt Savery (Paysage de neige au moulin à vent (attribution), huile sur toile, Pays-Bas, vers 1600).

Pour le , sont réunies des œuvres de David Teniers le Jeune (Joueurs de boules dans la cour d'un estaminet, Le Concert, Tabagie de singes), Francisco de Zurbarán avec sa Sainte Lucie, Claude Vignon (Le Christ devant Pilate, esquisse), Gaspard Dughet (Paysage), Pierre Mignard (Le mariage mystique de sainte Catherine) et Jacques Carrey (Vue d'Athènes en 1674).

La section consacrée au est particulièrement riche, avec des œuvres de Hyacinthe Rigaud (Portrait du duc de Saint-Simon, Le Comte Jan Andrzej Morsztyn et sa fille et Portrait d'homme), Nicolas de Largillierre (Portraits de Fontenelle et Charles Gobinet), François Boucher (Berger endormi, volé en 1996), Charles-Joseph Natoire (La Pêche), Carle Van Loo (Pomone et lAdoration des bergers), Jean-Honoré Fragonard (Paysage (le Gué)), Jean Siméon Chardin (Le Singe peintre et Le Singe antiquaire), Jean-Baptiste Greuze (Portrait de Cambacérès), Claude Joseph Vernet (Marine), Hubert Robert (Vue des aqueducs de Maintenon), Jean-Germain Drouais (Philoctète sur l'île de Lemnos), Élisabeth Vigée Le Brun (Portrait de la comtesse Marie-Thérèse Antoinette de Cluzel), Pierre-Paul Prud'hon (Portrait de Marie-Louise).

Les écoles étrangères sont par exemple représentées par un portrait équestre de Catherine II, en uniforme d'officier, du peintre danois Vigilius Erichsen.

Concernant les œuvres du , sont notamment présents François Gérard (réplique de l'''Entrée de Henri IV à Paris le 22 mars 1594 en format réduit)., Camille Corot (Le repos des chevaux)., Philippe-Auguste Jeanron (Scène de Paris), Adolphe Lalyre (Sainte Cécile), Johan Barthold Jongkind (Paysage), Léon Mathieu Cochereau (Le boulevard des Capucines et Cours fait par Prévost pour apprendre à peindre les panoramas), Alexandre Ségé (Une ferme à Ouerray).

Pour le , figurent en particulier des œuvres de Chaïm Soutine (Le Grand enfant de chœur, Les escaliers de Chartres, La raie, La Femme au lit ou La Liseuse, ), Paul Sérusier (Sainte Cécile), André Derain (Portrait de Vlaminck), Octave Morillot (Léda et le cygne, huile sur toile, mai 1925) et Henri Villain, auquel une exposition temporaire est consacrée en .

Une salle est consacrée à l'œuvre de Vlaminck, ainsi qu'à sa collection personnelle d'art africain, avec une vingtaine d'œuvres présentées, dont Nature morte au panier de fruits, Nature morte au pichet et à l'orange (1910)., Bords de Seine (1912), Bouquets de pavots (1914), Effet de neige à Beauche (1932), Les bottes de navets (1933), L'incendie (1945), Les meules de blé (1950), Vue de Saint-Maurice-lès-Charencey sous la neige (1950), La baie des Trépassés (1952)Un second tableau portant le même titre est présenté au musée d'Art et d'Histoire de Dreux., Bouquet d'anémones (1955), Marine (1956)..

Sont également présentes des œuvres de Maurice Marinot et de Jean Guérin, ami de Jean Cocteau, ayant surtout travaillé aux États-Unis.

Émaux

Un ensemble exceptionnel d'émaux, classé monument historique au titre d'objet., de Léonard Limosin (émailleur) et de Michel Rochetel (cartonnier) d'après des dessins du Primatice, représente les Douze Apôtres.

Sont également exposées : la crosse dite de Regnault de Mouçon, évêque de Chartres de 1182 à 1217. La crosse est en émail champlevé de Limoges du ; une croix de procession en émail champlevé du ..

Sculpture En sculpture, il faut remarquer le bas-relief intitulé Tuerie d'Auguste Préault (bronze de 1851 réalisé à partir du plâtre original de 1834), considéré comme le manifeste du romantisme en sculpture.

Sont également exposées des œuvres du sculpteur souabe Ivo Strigel (Sainte Catherine, Saint Nicolas, vers 1490), de François Marchand (Saint Paul captif, 1543, .), de Charles-Antoine Bridan (La Fidélité, la paire Jeune garçon tenant un oiseau et Jeune fille tenant un nid, Enfants à la chèvre daté de 1768), de Gabriel-Jules Thomas (maquette en plâtre de la statue de Marceau afin d'orner la façade du Louvre), de Paul Richer (Faucheur, Salon de 1889, Forgerons, années 1890 et Travaux de la moisson, bas-relief de 1895.).

En 2024-2025, lors de l'exposition temporaire « Mille ans de sculptures à Chartres », sont notamment présentées une série de plâtres peints, réalisés par Bridan en 1787, maquettes de bas-reliefs en marbre ornant le chœur de la cathédrale de Chartres (La Présentation au temple, L'Adoration des bergers, L'Adoration des mages, Déploration sur le Christ mort), ainsi que des œuvres d'Aristide Husson (, plâtre de 1827), de Jean-Louis Chenillion (Jeune Berger pansant son chien blessé, bronze de 1876) et de Vincent Feugère des Forts (La mort d'Abel, bronze de 1892).

Collection océanienne L'essentiel de la collection provient du legs en 1970 de Louis Joseph Bouge par sa veuve, Emma Bouge, des relations amicales ayant été tissées avec René Gobillot, conservateur du musée de 1937 à 1967.

Gouverneur de la Polynésie française de 1928 à1930, membre de la Société des océanistes, collectionneur et bibliophile averti, la collection de Louis Bouge réunit presque objets ethnographiques, une abondante documentation, ainsi qu'environ coquillages provenant du Pacifique et des Antilles, certains étant la référence de l'espèceCartel de présentation de la collection..

Aujourd'hui, la collection, enrichie d'acquisitions postérieures, comprend notamment des pièces originaires des territoires suivants : Îles Marquises (Polynésie française) : tiki marquisien en bois sculpté (inv. 2010.0.359), massue U'u, étrier d’échasse et ornements d’oreille putaiana ; Nouvelle-Calédonie : chambranle de case, population Kanak ; Papouasie-Nouvelle-Guinée : masque Jipae, population Asmat ; Vanuatu (Mélanésie) : bâton de grade ; Wallis-et-Futuna : étoffe Tapa, îles Alofi et Futuna.

La collection de peintures présente également des œuvres de Louis-Auguste de Sainson (1801-1887), Eugène de Jonquières (1850-1919) et Octave Morillot (1878-1931).

Tapisserie La collection de tapisseries provient du chapitre de la cathédrale Notre-Dame, commandée puis offerte par l'évêque de Chartres Nicolas de Thou en 1578. Ces tapisseries parent l'intérieur de l'édifice lors du sacre d'Henri IV en 1594, ainsi que pour les cérémonies d'importance. Les tapisseries du trésor de Chartres achetées par l'évêque comportent 11 pièces. Dix d'entre elles, faites en laine et en soie et dont la longueur est de aunes, représentent des scènes de l'histoire de Moïse, d'après des tableaux de Raphaël, et ont été tissées dans l'atelier bruxellois de Martin Reymbouts II. Seules cinq d'entre elles nous sont parvenues, . :

Tenture Les Chasses de Maximilien : quatre pièces murales de 1723, représentant les mois de janvier, février, octobre et décembre de la huitième tenture des chasses de Maximilien, . : Janvier (Verseau) : Chasse au sanglier, flambée du sanglier au château de Tervueren et curée ; Février (Poissons) : Hommage des chasseurs au roi Modus et à la reine Ratio ; Octobre (Scorpion) : Chasse au cerf, la curée sur le vallon de Boendael ; Décembre (Capricorne) : Chasse au sanglier, prise de la bête aux abords du château des Trois Fontaines.

Tenture des amours des dieux : 3 pièces murales du réalisées par la manufacture de Beauvais à partir d'un carton de François Boucher ; sont représentés Ariane et Bacchus, Borée et Orythie et l'enlèvement de Prospérine, ..

Autres collections Le musée présente également plusieurs collections à découvrir : Une salle regroupant les œuvres de Maurice de Vlaminck (1876-1958), ainsi que sa collection personnelle d'art africain ;

Mobilier : Ensemble de clavecins des ; Deux globes, terrestre et céleste, rares témoins de l'édition de 1751 du géographe Didier Robert de Vaugondy, provenant du château de Crécy de Madame de Pompadour (bois, papier et cuivre) : les trépieds supportant ces globes sont ornés d'une tour rappelant les trois tours du blason de cette dernière ; Bureau écritoire dit "mazarin" ou "brisé" de Pierre Gole, 1620-1684 ; Collection d'armes anciennes.

Partie inférieure de l'entrée Collection d'instruments anciens, linstrumentarium, dont les représentations dans la cathédrale Notre-Dame sont au nombre de pour instruments différents.. La pratique de ces instruments a donné lieu à l'enregistrement de deux albums... ;

Ensemble de deux statues de vieillards musiciens de l'Apocalypse, copies de la porte centrale du portail ouest (), et trois bustes, dont : un vieillard tenant une vièle ; un second vieillard présentant une harpe gothique.