Pauline Adhémar de Monteil de Grignan, par son mariage marquise de Simiane, née à Paris en 1674, morte à Aix-en-Provence le , est la fille de Françoise de Sévigné, comtesse de Grignan, elle-même la fille de Sévigné qui était la petite fille de sainte Jeanne de Chantal, fondatrice de l'Ordre de la Visitation. Pauline de Simiane joue un rôle important dans l'édition des lettres de sa grand-mère.

Biographie

Elle naît lors d'un séjour de sa mère à Paris, le . Roger Duchêne hésite entre le 6 (655) et le (378, ainsi que dans et dans Madame de Sévigné, Correspondance, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1972, I, )., de François Adhémar de Monteil, comte de Grignan (1632-1714) et de Françoise de Sévigné (1646-1705), fille et principale correspondante de Sévigné. Elle a pour parrain le cardinal de Retz, et pour marraine la princesse d'HarcourtSaint-Surin, « Simiane (Pauline Adhémar de Monteil de Grignan, marquise de) », in . — Françoise de Brancas épouse en 1667 Alphonse Henri de Lorraine-Elbeuf, comte d'Harcourt, dit le prince d'Harcourt (1648-1718). Elle meurt le . Saint-Simon a dépeint férocement ces deux personnages. Saint-Simon, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1983, II, 270-275.. Son enfance est .

La comtesse de Grignan, lorsqu'elle veut se défaire de Pauline, la confie à la sœur du comte, Marie, abbesse de Saint-Benoît d'Aubenas. En octobre 1688, Pauline a quatorze ans. Grignan, qui vient d'en être séparée huit ans durant. Roger Duchêne, in Madame de Sévigné, Correspondance, , 1978, III, 1334, de 378., envisage d'en faire une religieuse, comme elle a fait de sa sœur aînée Marie-Blanche. intervient, faisant valoir les côtés positifs du devoir maternel : du de cette année-là au , son plaidoyer en faveur de Pauline est récurrent dans ses lettres. Elle réussit à convaincre sa fille de garder l'enfant auprès d'elle.

Celle-ci épouse au château de Grignan, le , Louis III de Simiane, marquis d'Esparron, dit le marquis de Simiane, gentilhomme du duc d'Orléans, lieutenant des gendarmes écossais (1671-1718). Elle est nommée dame de compagnie de la duchesse d'Orléans. Elle reste à la Cour jusqu'en 1704. Commence alors une série de deuils. Pauline perd son frèreLouis Provence, marquis de Grignan (1671-1704). cette année-là, sa mère l'année suivante, son père en 1714.

En 1715, Louis de Simiane succède à son beau-père en tant que lieutenant-général de ProvenceSaint-Surin in .. Simiane s'engage dans dix années de procès contre les créanciers de son père. En 1718, elle perd son mari.

En 1720, elle accompagne jusqu'à Antibes la fille du Régent, Valois, qui va s'embarquer pour épouser François Marie d'Este (le futur François III de Modène). Pauline reste alors en Provence, où elle s'établit définitivementElle . Saint-Simon, , 1987, VII, 602-604..

thumb|alt=entrée et façade en contre-plongée|right|upright=1|L'hôtel de Simiane d'Aix-en-Provence.

L'enfant gracieuse et de vive intelligence, dont s'émerveillait sa grand-mère, n'a pas connu la brillante existence à laquelle elle semblait promise. Épreuves, tracas et procès ont fait d'elle une femme austère, sérieuse, aspirant à l'effacement et au repos. En 1727, elle acquiert à Saint-Giniez, quartier de Marseille, la bastide Belombre, sa «guinguette» où, de 1731 à 1737, elle va passer les étés. On a gardé ses lettres de cette époque. Elle les signe parfois «la Bastidane de Belombre»« Saint-Giniez », sur titidegun.fr..

En 1730, elle acquiert à Aix-en-Provence, rue Saint-Michel (devenue rue Goyrand), un hôtel aujourd'hui connu sous le nom d'hôtel de Simiane, ou de Grignan Simiane« Jean Gaspard Goyrand », sur ruesdaix.ag13.pagesperso-orange.fr. L'hôtel de Simiane d'Aix-en-Provence ne doit pas être confondu avec l'hôtel de Simiane de Valréas.. Elle se partage entre cette résidence et BelombreGuy Liégeois, « Hôtel de Simiane », sur guyliegeois.fr, 21 mars 2013..

Elle meurt le , à Aix-en-ProvenceActe de décès de 1737 de la paroisse de Saint-Esprit de la commune de Aix-en-Provence (vue 12 de 22 du registre, page de droite tout en bas). Extrait de l'acte : Dame pauline de coppelone adhémar de grignan marquise de la garde dame de compagnie de son altesse royale madame la duchesse d'orleans veuve du haus et puissans seigneur messire Louis marquis de simiane lieutenans general pour le roy commandant en provence premier gentilhomme de la chambre de son altesse royale Le monseigneur Le duc d'orleans de soixante trois ans est morte dans la communion des fideles... le troisième juillet mille seps cens trente seps et a été ensevelie le même jour... dans l'église monastere de la visitation.... Pour accéder au registre il faut cliquer sur "État civil" (dans la couleur verte) puis sur "Lien vers le site externe 'Accéder aux registres paroissiaux et état civil'" ensuite dans le cercle à gauche de "Aix" et "Rechercher" puis on clique sur "Sépulture, décès" et ensuite inscrire "1737" dans année, facultatif (à gauche de "Ou entre") puis "Rechercher" puis finalement sur le chiffre "9" en bleu à gauche pour finalement aboutir au registre, en ligne sur le site des archives départementales des Bouches-du-Rhône.

Publication des lettres de madame de Sévigné

Pauline joue un rôle important dans l'édition de la correspondance de sa grand-mère, qui n'avait pas envisagé une publication« La marquise introuvable », sur la-pleiade.fr, La Lettre de la Pléiade, , avril-mai-juin 2001..

En 1725, vingt-neuf ans après la mort de Sévigné, ou extraits de ses lettres paraissent à la sauvette. L'année suivante, paraissent . L'une d'elles décrit Pauline comme laide et bossue, ce qui est une erreur de transcription : dans l'original, il s'agit de sa sœur. Pauline proteste. La même année, paraît une troisième édition : . Ces trois « éditions furtives » comportent essentiellement des lettres à Grignan. , elles sont pleines de fautes, leur texte est .

Furieuse, Pauline décide alors de prendre les choses en main. Elle charge un ami aixois, Denis-Marius, chevalier de Perrin, d'établir une édition. Mais Pauline est sensible, délicate et dévote. Elle est . Sur ses instructions, Perrin remanie considérablement. Il tronçonne les lettres jugées trop longues, pour en faire plusieurs. Il retranche ce qui paraît d'ordre purement domestique, inintéressant, inopportun, inconvenant ou d'un style trop négligé — soit, en tout, plus d'un tiers du texteRoger Duchêne, in .. Il publie en 1734-1737. Si calamiteuse qu'elle soit, cette édition est malgré tout moins corrompue que les trois éditions furtives de 1725 et 1726.

En 1754, longtemps après la mort de Pauline, Perrin propose une deuxième édition comportant encore plus de modifications que la première, et de plus. Comme il a détruit tous les autographes et même ses propres copies de travail (toujours sur instruction de Pauline, selon Roger Duchêne), la moitié des lettres de Sévigné à sa fille ne sont aujourd'hui connues que par ces éditions tronquées.

Un « miracle » se produit en 1873. Charles Capmas, professeur de droit, découvre par hasard chez une antiquaire de Dijon quelque de lettres de Sévigné à sa fille (soit près de la moitié des lettres à Grignan que nous connaissons aujourd’hui) : Pauline avait confié les autographes au fils de Roger de Bussy-Rabutin, Amé-Nicolas ; ce dernier en avait pris copie, entre 1714 et 1719, avant de les restituer à Pauline. Ces copies manuscrites vont se révéler assez fidèles. Il faudra pourtant attendre 1953 pour qu'elles soient utilisées dans l'édition des lettresRoger Duchêne, « Introduction aux lettres de de Sévigné », sur web17.free..

Selon Roger Duchêne, c'est Pauline qui a exigé la destruction des lettres de GrignanRoger Duchêne, in ..

Vue par sa grand-mère

À de Grignan, (Pauline a un an et demi) : À de Grignan, (Pauline a trois ans) : À de Grignan, (Pauline a cinq ans) : À de Grignan, (Pauline a cinq ans et demi) : À de Grignan, (Pauline a quinze ans) : À Bussy-Rabutin, (Pauline a seize ans et demi) :

Famille

Sa trisaïeule (la grand-mère paternelle de Sévigné) est sainte Jeanne de Chantal (1572-1641), canonisée en 1767.

De son mariage le avec Louis de Simiane, Pauline eut trois filles : Anne, religieuse, morte en 1728 ; Sophie (1701-1769), qui épouse en 1723 Alexandre-Gaspard de Villeneuve, marquis de Vence ; Julie (1704–1728), qui épouse Jean-Baptiste II de Castellane, marquis d'EsparronDe La Chenaye-Desbois, Badier, Dictionnaire de la noblesse, Paris, Schlesinger, 1873, XVIII, col. 616..

Œuvres

Des poèmesOn trouve deux poèmes de Pauline de Simiane dans « Pauline de Grignan Simiane », sur poetesses.fr. et des lettres de Pauline de Simiane ont été publiés. Dans ses lettres, dit Parquet, il ne faut pas chercher . Portefeuille de ***, contenant diverses odes, idylles et sonnets, des imitations de Jean Second, lHistoire du cœur de Loulou, et autres opuscules, tant en prose qu'en vers, Paris, impr. Ballard, 1715. Selon Antoine-Alexandre Barbier, la moitié du volume est composée des opuscules de la marquise de Simiane« Porte-feuille de Mme*** », sur catalogue.bnf.fr. — Le Cœur de Loulou est . .. Le Portefeuille de de T*** donné au public par M. de V***, Berlin, 1751. Attribué à la marquise de Simiane par Antoine-Alexandre Barbier. Selon Georges Bengesco, M. de V*** serait Voltaire« Le Porte feuille de Madame de T*** », sur catalogue.bnf.fr.. Recueil des lettres de de Sévigné, Paris, Bossange, Masson et Bessonan, an IX (1801). Le contient des lettres de la marquise de Simiane« Recueil des lettres de Mme de Sévigné », sur catalogue.bnf.fr.. Lettres nouvelles ou nouvellement recouvrées de la marquise de Sévigné et de la marquise de Simiane, sa petite-fille, pour servir de suite aux différentes éditions des lettres de la marquise de Sévigné, Paris, Lacombe, 1773. Lettres choisies de de Sévigné, de Grignan, de Simiane et de Maintenon, Paris, Robert, 1813. Lettres de madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis, Paris, Dalibon, 1823. Choix de lettres morales de de Sévigné, Grignan, Maintenon et Simiane, à l'usage des maisons d'éducation, Paris, Lavigne, 1835. Lettres choisies de de Sévigné, de Grignan, de Simiane et de Maintenon, pour servir de modèle aux jeunes personnes dans le style épistolaire, Paris, Pougin, 1836. Opuscule inédit par Pauline de Grignan, petite-fille de madame de Sévigné, publié par un ex-doyen d'académie, Paris, Hachette, 1867. la marquise P. de Simiane et M. le marquis de Caumont (lettres inédites), Chartres, Louis-Henri Durand, 1882. Livre secret, petit carnet pieux d'une jeune pensionnaire, notes et pensées chrétiennes, quelques lettres de son directeur spirituel, vocation religieuse. Manuscrit anonyme, fin du , Aix-en-Provence, impr. Makaire, 1891. Attribué à Pauline de Grignan par l'éditeur Émile Ricard« Livre secret », sur catalogue.bnf.fr..

Notes et références

Bibliographie Chevalier de Perrin, Notice sur de Simiane, Paris, Grouvelle, 1806. Fernand Caussy, « Pauline de Grignan, d'après des documents inédits », Paris, Le Correspondant, . « Dossiers biographiques Boutillier du Retail. Documentation sur Pauline de Grignan », Paris, Le Correspondant, 1910-1914.

Articles connexes Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan François Adhémar de Monteil, comte de Grignan Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Rabutin de Chantal Éditions Perrin des Lettres de Madame de Sévigné

Liens externes

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