Alligny-en-Morvan (Ailnié en bourguignon-morvandiau) est une commune située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie Situation et description Alligny-en-Morvan est un village du Morvan situé à au sud de Saulieu, limitrophe du département de la Côte-d'Or et proche de la Saône-et-Loire. Il s'agit de la commune la plus orientale de la Nièvre et la plus grande du canton de Château-Chinon. À la fin du , elle possédait une superficie de de bois et buissons sur une superficie totale de , soit près de 16 %. Aujourd’hui, ce sont de bois et 302 de friches.

Blotti au fond de la vallée du Ternin, son territoire est toujours recouvert de feuillus et de sapins. Elle dépendait en grande partie avant la Révolution du duché de Bourgogne et seul le hameau de la Chaux dépendait du Nivernais, raison pour laquelle les habitants manifestèrent leur mécontentement lors de leur rattachement au département de la Nièvre en 1791.

Son sol est généralement maigre et arénacé (riche en éléments siliceux), produisant néanmoins beaucoup de céréales et surtout des petits navets très renommés sous le nom de navets de Saulieu. Au , on trouvait dans ces terrains sablonneux peu de seigle mais beaucoup d’avoine, d’orge et de blé noir et des pommes de terre. On y trouve une mine de plomb argentifère, bénite par Lucien Charrault, alors curé d’Alligny, le Lucien Charrault, Dans l’Ombre du Morvan : le canton de Montsauche, 1933 (réédité en 1987 par Lai Pouèlée). dont l’exploitation a été abandonnée.

Alligny-en-Morvan est également proche des lacs de Chamboux, des Settons et de Saint-Agnan.

Au , le village était desservi par le grand chemin de Saulieu qui était alors en très mauvais état et peu entretenu, passant par Conforgien et Beaumont. Ce chemin traversait le village pour aller jusqu'à Moux, passant par le moulin Guyon, traversant la Serrée et le bas de Fétigny.

Communes limitrophes

Hydrographie Le Cousin Le Ternin, dit aussi la Taraine, rivière qui n'est encore là qu'un gros ruisseau, traversant le territoire du nord au sud, en coulant au fond d'une gracieuse vallée, dominée de toutes parts par des mamelons aux sommets boisés. Ce cours d'eau s'appelle sur l'ensemble de son parcours le Ternin ; au Moyen Âge, on disait le Torodam, Taronne en 1330, Tarnin en 1356, Tavernay (1659), Tarenne, Terren ou encore Taraine, Tennene, en aval du bourg d'Alligny. Elle prend sa source au moulin de Guyon descendant de la paroisse de Saint-Léger-de-Fouche, traverse le village du septentrion au midi et passe par une vallée à 50 pas au-dessous de l'église du bourg. Le ruisseau de Champcreux au couchant est appelé aussi ruisseau des Prés de Fétigny. Il prend sa source dans une montagne voisine à environ du bourg et se jette dans la Taraine à deux cents pas au-dessous de Champcreux et traverse le grand chemin d'Alligny à Saulieu par le moulin Guyon. Sur son cours étaient installés deux battoirs à cent pas l'un de l'autre. Le ru Colas provient de l'étang des Rias, au couchant dans une vallée, qui se jette dans la Taraine après avoir traversé le grand chemin d'Alligny au moulin Guyon, à deux cents pas au-dessous de Fétigny, entre ce lieu et le moulin de la Chaume. Il faisait fonctionner un battoir à écorces placé sur son cours. Le ruisseau de Bazole, au levant, qui vient d'une montagne de Pensière et se jette dans la Taraine à cinquante pas de l'église du bourg.

Morphologie urbaine Le territoire de la commune comporte 28 hameaux et des écarts :

Bazoles sur la rive gauche du Ternin, dans une gorge au levant du bourg, dépendance de la seigneurie d'Island-lès-Saulieu au . Les sires d'Alligny percevaient un droit de péage sur le chemin de ce hameau au bourg. En effectuant le terrassement pour une construction on y découvrit, en 1834, trois sarcophages en grès renfermant chacun deux squelettes. Aux abords se trouvait une fosse commune, pavée de pierres plates, d'environ sept mètres de diamètre.Trois habitants de ce hameau : Michel, Claude, Barthélemi, s'étant dit « entre eux les choses les plus vilaines et méprisantes qu'ils avaient pu inventer, et s'étant abîmés d'avanies » furent condamnés le à d'amende par la municipalité. Celle-ci leur enjoignit « très expressément, comme à tous autres de son arrondissement, d'avoir dorénavant plus d'humanité et de chrétienté les uns pour les autres, sous peine d'y être pourvu plus rigoureusement ». Le Poteau de Bazole séparait la justice d'Alligny de celle de Bazole ; dans ce poteau était fixée une feuille de fer blanc sur laquelle sont peintes les armes de , il était au levant à quatre cents pas du bourg. Le ruisseau dudit Bazole coule entre le poteau et le Terreau Breneau, un peu plus près de celui-ci, ce poteau est contigu à la cour d'une maison seule servant d'hôtellerie sur le grand chemin d'Alligny à Saulieu . Beaumont Bellomons, au sommet des montagnes, ancienne baronnie, sans doute à cause de son union avec Conforgien. La possession de ce fief donnait droit à une partie des dîmes de la paroisse. Les étangs de Beaumont et de Jean de Saulieu qui en dépendaient furent conservés par délibérations des habitants d'Alligny en date du à cause de leur utilité. Les Boignons Au nord du bourg à mi-côte à deux cents pas de Champcreux. Le Boillasson En plaine au couchant, à trois quarts de lieue du bourg. Chamboux Au nord dans une vallée à du bourg, s’y trouvait le moulin de Chamboux avec sa maison de meunier. Champcomeau Chamcomeaul, (1284) - Chamcommeau - Au nord du bourg vis-à-vis de ce hameau, se trouve sur un monticule dominant la rivière, les ruines du château de Champcomeau, connu sous le nom de Tour-d'Ocle. Sa position et les vestiges de ses anciens fossés montrent bien qu'il avait une certaine importance. Il doit son second nom à l'un de ses propriétaires, Jean d'Ocle, seigneur en partie d'Alligny et faisant partie des assiégeants de Château-Chinon en 1412. Cette terre située sur la rive gauche de la rivière fut rattachée au à la baronnie d'Island-lès-Saulieu. Il y avait en ces lieux, un moulin et un étang sur lesquels fut assignée la part de patrimoine revenant au plus jeune fils de d'Aligny : Girard d'Aligny dit Besort, entré comme novice à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun en 1284, ainsi que le montant de l'aumône perpétuelle de 20 sous faite au dit monastère. Le moulin de Chamcommeau, moulait encore en 1905. Un pont en granite, au levant du hameau, enjambe la rivière. Il n'a pu être daté dans le rapport établi et référencé IA00001859 de l'Inventaire général de Bourgogne.Ce lieu-dit comporte une ferme, avec grange, remise, étable, porcherie, cellier, et un corps de logis antérieur à 1842, dont les dépendances sont postérieures ; elle est construite en granite, moellon, enduit, avec sous-sol et rez-de-chaussée, toitures en tuile et ardoise et un escalier extérieur. Cet ensemble du a fait l'objet d'un rapport référencé IA00001873 à l'Inventaire général du patrimoine de Bourgogne. Champcreux Au nord du bourg, dont il est éloigné de , formait avec Fétigny deux fiefs en toute justice. (voir article Révolution). Il possédait un battoir sur la carte de Cassini de 1754. Les Chaumes de Marnay Le moulin des Chaumes de Marnay est aujourd'hui une propriété privée. Il date de 1852, construit sur l'emplacement d'un étang dont la chaussée fut démolie en amont du moulin de Marnay. La maison du meunier est à côté ainsi qu'un battoir d'écorce au milieu du . La Chaux Clax- Dans une vallée au nord-ouest du bourg, à du village. Était alternatif avec Saint-Léger-de-Fourches. Une partie formait un fief particulier mouvant d'Island, l'autre partie dépendait de la baronnie. Le château de la Chaux est une bâtisse flanquée de deux pavillons. Il a été reconstruit en 1860 et la chapelle fut bénite le , par Monseigneur Théodore-Augustin Forcade, évêque de Nevers, et dédiée à saint Joseph.Le second jour des Rogations de 1791, Jean Régnier du hameau de Réglois s'étant permis d'enlever des rubans et des fleurs qui ornaient la croix de La Chaux fut condamné le par la municipalité à la requête du procureur de la commune à se prosterner le dimanche à l'issue de la messe paroissiale à deux genoux au pied de la croix du cimetière, à deux mains jointes, le chapeau sous le bras gauche, le temps et l'espace d'une heure, pour réparation de l'injure faite à ladite croix ; à payer sous forme d'amendes, la somme de six livres et encore à se transporter au corps de garde de Saulieu pour 24 heures en forme de correction. La Chapelle Il y existait jadis, sur l'ancien chemin de Montsauche à Saulieu, une chapelle connue sous le nom de Chapelle-des-Brebis dédiée à saint Franchy que l'on invoquait contre les maladies des troupeaux. Il s'y est tenu jusqu'en 1849 un apport dont Antoine Tixier, curé de Saint-Brisson, commis en 1667, parle ainsi : On déterra près de l'emplacement, en 1849, des sarcophages en grès, renfermant des ossements humains. Les villageois des alentours ont prétendu que cette violation des tombeaux avait attiré depuis sur leurs champs la grêle et les tempêtes. Ce lieu était alternatif avec Saint-Léger-de-Fourches. Combe-de-la-Palue C'est ici qu'était avant 1462, l'ancienne église paroissiale près du château de La Mothe-D'Aligny. Elle était de style roman, ainsi que l'indiquaient les matériaux du clocher et ceux du portail de l'Ouest, démoli en 1852. On pense que son transfert à l'emplacement actuel est dû à Jean de Fontenette pour la mettre plus à portée de son château. La Crémêne Au nord-ouest du bourg, à quatre cents pas du bourg se trouve un mamelon qui domine ce bourg, et qui est couronné d'une enceinte quadrangulaire, formée par d'anciens fossés que la tradition dit être un retranchement romain, castrum romanum, d'où serait venu le nom de ce hameau. La montagne du Grand-Habre, haute de et que couronnait jadis un signal. Ne serait-elle pas, interroge l'abbé Baudiau, ce lieu dont parle Ammien Marcellin, à l'occasion du voyage du césar Julien, en 356 : Aliis per arborem…;quibusdam per sidolocum iri debere affirmantibus. L'ancienne voie qui allait de Autun à Auxerre par le nord du Morvan devait presque toucher, en effet, le pied de cette montagne. Les différents groupes d'habitations de ces hauteurs sont connus sous le nom de Valottes. Le Creuzot Lieu alternatif avec Saint-Léger-de-Fourches, au couchant, sur une montagne à une lieue du bourg. L'Etang-Neuf ou Moulin Neuf Groupe de trois maisons situé sous le déversoir de l'étang éponyme. Le moulin de l'étang-neuf est cité dès 1495. Faisant partie de la seigneurie d'Alligny, il est situé au midi dans une vallée avec la maison du meunier à un quart de lieue du bourg. La rivière Le ternin passe au-dessous. Selon l'abbé Bruneau, vers 1700 à la suite d'un incendie, le moulin, l'huilerie et le battoir sont détruits. Étienne Choureau y est meunier en 1714. En 1757, le curé d' Alligny-en-Morvan indique qu'. En 1773, une femme inconnue d'environ 60 ans décède dans la grange du moulin « dans des sentiments chrétiens » sous les yeux du meunier Pierre BoucherBulletin de l'Association des Moulins du Morvan .. Le moulin est toujours en activité en 1926. Le moulin dont la rénovation commence en 2002, possède toujours sa roue en bois mais l'huilerie est en ruine. Ferrières Dans la plaine, au levant à du bourg. Sur la rive droite de la Taraine, au sud-est du bourg, avait droit de justice, fief mouvant de la Tour d'Island et en arrière-fief du comté de Saulieu. Hugues de Fontette, seigneur de La Mothe d'Aligny, le vendit à la fin du à Charles d'Estinville. Sa veuve, Jeanne de Chaulmery, en fit reconnaissance à l'évêque au nom de ses enfants : Jean, Michel, et Françoise, en 1503.