vignette|300px|Soldats canadiens en 1944. L'histoire militaire du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale a débuté par une déclaration de guerre effectuée contre l'Allemagne le . Les militaires canadiens ont joué un rôle important dans l'effort de guerre des Alliés en étant déployés sur tous les fronts à l'exception du front Est : l'Italie, l'Europe du Nord, l'Afrique du Nord, Hong Kong et les îles Aléoutiennes. Le Canada a été très actif dans la défense des routes maritimes de l'Atlantique Nord et la Marine marchande canadienne a complété plus de voyages transatlantiques. Les Canadiens ont également participé aux opérations dans le Pacifique. Ce sont en tout quelque de Canadiens qui ont servi dans l'une des trois forces armées ou avec les forces alliées au cours des six ans que dura la Seconde Guerre mondiale.
Au début de la guerre, l'engagement du Canada en Europe a été limité à une seule division. Le déploiement militaire du Canada demande une organisation de corps lors de l'invasion de l'Italie en 1943, de la Bataille de Normandie en 1944 et de la libération de la Belgique et des Pays-Bas en 1944 et 1945. Plus de Canadiens ont perdu la vie et autres ont été blessés au cours du conflit.
L'impact de cette guerre sur l'histoire canadienne a été considérable. La crise de la conscription a eu un effet majeur sur l'unité nationale entre les Canadiens francophones et anglophones, même si elle n'a pas été aussi dommageable politiquement que celle de la Première Guerre mondiale. L'effort de guerre a renforcé l'économie canadienne, a conduit à une diversification de la production et a renforcé la reconnaissance nationale auprès de la communauté internationale.
Origines du conflit vignette|Benito Mussolini, chef du gouvernement du royaume d'Italie Le parti nazi d'Adolf Hitler prit le pouvoir en Allemagne en avec des ambitions expansionnistes. En six ans, Adolf Hitler amena l'Europe au bord de la guerre en plus des dictateurs Benito Mussolini en Italie et Francisco Franco en Espagne. En effet, l'Italie tenta de se constituer un empire colonial en envahissant l'Éthiopie en 1935 alors que l'Allemagne remilitarisa la Rhénanie en et que la guerre civile espagnole éclata en . En 1938 eu lieu l'Anschluss, c'est-à-dire l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne.
vignette|gauche|File d'attente pour de la nourriture à la mission de la rue Yonge à Toronto dans les années 1930
Pendant ce temps, au Canada, la population se remettait lentement de la Grande Dépression de 1929. L'économie canadienne connaissait des moments difficiles et plus du quart des Canadiens étaient sans emploi. Le conflit opposant les Canadiens anglais et les Canadiens français faisait toujours rage à la suite de la crise de la conscription pour la Première Guerre mondiale. Dans cette optique, William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, refusa de préparer la nation à servir dans une autre guerre afin de ne pas alimenter le sentiment isolationniste des Québécois.
Ainsi, le Canada ne participa à aucune planification militaire importante avec la Grande-Bretagne et les États-Unis et ne fit aucune déclaration publique quant au soutien canadien à l'effort de guerre à venir. Cependant, le cabinet du premier ministre avait décidé secrètement que le Canada devrait déclarer la guerre à l'Allemagne si la Grande-Bretagne le faisaitMaple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, .
Le moment décisif arriva le lorsque l'Allemagne envahit la Pologne. Le refus d'Adolf Hitler d'obtempérer à l'ultimatum lancé par la Grande-Bretagne et la France de retirer ses troupes de Pologne força ces deux nations à déclarer la guerre à l'Allemagne le . La déclaration de guerre du Canada fut faite le Maple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, « Le début de la guerre » dans La participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale 1939-1945 d'Anciens Combattants Canada, page consultée le . Cette attente du Canada s'explique par le fait que par le statut de Westminster, le Canada avait le choix de déclarer ou de ne pas déclarer la guerre aux pays de l’Axe. Le Canada voulait montrer qu'elle était indépendante des décisions britanniques bien que le choix d'entrer en guerre a été fait au moment de l'entrée en guerre du Royaume-Uni. C’est le que le Canada va officiellement entrer en guerre avec l’Allemagne, principalement dans le but de freiner les idées nazies, mais aussi en raison du sentiment d’attachement avec l'Empire britannique. Par contre, surtout par désir d’affirmation nationale que le Canada a décidé d’entrer en guerre avec les puissances de l’Axe. Le Canada voulait sortir de l'ombre du Royaume-Uni en termes de politique internationale. Sa contribution militaire à la guerre s’est avérée très importante pour les Alliés.
La mobilisation des forces
vignette|droite|NCSM Saguenay
Ayant souffert de près de vingt années de négligence, les forces armées canadiennes étaient, en 1939, une petite organisation mal équipée et peu entraînée. En effet, durant l'entre-deux-guerres, le gouvernement fédéral voyait les forces armées comme un petit groupe de militaires professionnels dont le rôle était d'entraîner la milice et les autres forces non professionnellesMaple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, p. 6. En fait, la force permanente de l'armée canadienne était composée de moins de en 1931Maple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, p. 8.
L'équipement moderne était rare au sein de l'armée et le budget alloué à la défense par le gouvernement fut extrêmement réduit durant la Grande DépressionMaple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, . Les tentatives de modernisation de l'équipement avaient commencé à la fin des années 1930, mais l'achat de matériel fut lentMaple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, . De son côté, la Marine royale canadienne était principalement composée de deux destroyers de classe River, le et le , acquis en 1931.
Bien que les deux destroyers fussent modernes, ils ne possédaient pas la technologie moderne comme l'asdic et le radar. À la fin des années 1930, le gouvernement canadien acheta cinq destroyers à la Royal Navy du Royaume-Uni. La marine était organisée en une force professionnelle comprenant environ marins à la fin des années 1930 et deux forces auxiliaires : la Réserve de la Marine royale canadienne et la Réserve volontaire de la Marine royale canadienne<ref name="bercuson10-12">Maple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, </ref>.
La force aérienne canadienne était sous le commandement de l'armée jusqu'en décembre 1938 et servait principalement des intérêts civils dans les années 1920 et le début des années 1930. Elle était alors composée d'un personnel de moins de et ses aéronefs étaient obsolètes. En 1939, le gouvernement acheta vingt Hawker Hurricane I au Royaume-UniMaple Leaf Against The Axis: Canada's Second World War, .
Néanmoins, les forces armées canadiennes étaient déjà en alerte à la suite de la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France le avant même que le Canada n'entre officiellement en guerre une semaine plus tard, le . À ce moment, la force permanente comprenait et la milice en comprenait . Aucune réelle planification militaire ni même de décision quant à la taille du contingent canadien n'avaient été faites avant la déclaration. Le recrutement massif commença dès la déclaration et ce furent et femmes qui s'engagèrent à servir au cours du mois de .
Les premières campagnes vignette|Fusilier canadien Il faut se rappeler qu’au début de la guerre, le Canada avait comme premier objectif de se concentrer sur l’exportation de ressources vers le Royaume-Uni, sans nécessairement envoyer de troupes en Europe. En 1939, le Canada sortait de la Grande Dépression et était encore fragile économiquement. Le gouvernement canadien était au courant qu’envoyer des troupes en Europe dès le début de la guerre pouvait rapidement causer de lourdes pertes ce qui plongerait le Canada dans une autre crise. La contribution militaire par l’approvisionnement des Alliés était alors la solution parfaite pour le Canada, car cela maintiendrait l’économie et les industries présentes aux pays.
La 1re Division du Canada fut déployer en 1940 en Grande-Bretagne. La 1re Brigade d'infanterie canadienne arrive à Brest le 13 juin en tant qu'avant-garde de la division, elle s'est dirigée vers Le Mans, puis s'est retirée après la demande d'armistice française. Le 18 juin, elle a embarqe sur des navires de transport de troupes à Brest et à Saint-Malo et rentre en Grande-Bretagne. On compte alors environ canadiens au Royaume-Uni.
Entre la chute de la France en et l'invasion allemande de l'URSS en , le Canada fournit aux Britanniques les besoins urgents en nourriture, armes et matériel de guerre à l'aide de convoi maritimes et le transport aérien, ainsi que les pilotes et les avions qui combattirent lors de la bataille d'Angleterre et le Blitz. Si l'invasion de la Grande-Bretagne par l'Allemagne avait eu lieu en 1941, les unités connues plus tard comme le Corps canadien auraient déjà été déployées entre la Manche et Londres pour y répondre.
vignette|gauche|Soldats canadiens en Angleterre armés de Thompson en 1942.
À partir de 1939 jusqu'à la fin de la guerre en Europe en , la Marine royale du Canada et la Marine marchande canadienne jouèrent un rôle particulièrement vital dans la seconde bataille de l'Atlantique. Après la chute de la France en juin 1940, le Royaume-Uni était sous la menace d’une invasion de son territoire. Donc, la marine canadienne a pris un plus grand rôle dans la défense du territoire britannique, ainsi que dans la protection des convois de navires marchands. À la fin de l’année 1942, la marine canadienne effectuait 48% des missions d’escorte de convois vers le Royaume-Uni. En 1943, le Canada commandait toutes les missions de protection de convois qui se déroulaient dans l’Atlantique du Nord-Ouest. Il s’agissait de la première fois que des officiers canadiens avaient l’autorité suprême sur un théâtre de guerre.
Le Canada fut le lieu principal du plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique (BCAT)., qui demeure le principal programme de formation de l'armée de l'air dans l'histoire.
Le gouvernement canadien mettra aussi en place un programme de formation de pilotes de combat. Ce programme fut nommé le programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique. Ce programme va permettre de former plus de 167 000 pilotes dans 107 écoles de vols répandues partout au travers du pays. Plus de la moitié des diplômés BCAT étaient des Canadiens qui allèrent servir avec l'Aviation royale du Canada (ARC) et la Royal Air Force (RAF). Un des six commandement des forces de bombardement de l'armée de l'air royale britanniques des unités aériennes en Europe était canadien.
L’aviation est certainement un des aspects militaires où le Canada fut le plus impliqué, si bien qu’à la fin de la guerre, 11 escadrons de bombardiers et 14 escadrons de chasseurs volaient au-dessus de l’Europe, en plus d’avoir six escadrons qui survolaient l’Atlantique pour surveiller les attaques de la marine de guerre allemande.
Les soldats de l'armée Canadienne combattirent dans la bataille de Hong Kong en 1941 contre les Japonais et au désastreux débarquement de Dieppe le , alors que la Division d'infanterie canadienne appuyée par des commandos britanniques et une petite unité de rangers américains effectuaient une tentative ratée de débarquement dans le port français de Dieppe.
Les troupes canadiennes participèrent à la campagne d'Afrique du Nord. Au début de la guerre, les troupes japonaises avaient envahi l'Alaska. L'Armée de l'air canadienne effectua des patrouilles anti-sous-marines contre les Japonais tandis que sur terre, les troupes canadiennes combattirent côte à côte avec les troupes américaines contre les Japonais. Finalement, les Japonais furent repoussés.