Le kiwaï (Actinidia arguta), également appelé kiwi de Sibérie ou kiwi d'été, est une plante grimpante de la famille des Actinidiaceae, originaire d'Extrême-Orient, cultivée pour ses fruits comestibles (peau y comprise), que les données scientifiques disponibles font classer parmi les aliments sains : le kiwaï, comme son cousin le kiwi, est l'un des fruits les plus riches en nutriments au monde et une excellente source d'antioxydants.. Le terme, encore peu connu, désigne également le fruit de cette plante dont le nom scientifique est : Actinidia arguta (Siebold & Zucc.) Planch. ex Miq.

Le kiwaï est parent du kiwi., déjà utilisé dans la pharmacopée de l'empire de Chine.

Description thumb|Kiwaï (Actinidia arguta), dans le Jutland. thumb|Feuilles du Kiwaï. thumb|Fleur du Kiwaï. thumb|Fleur femelle. thumb|Fleur mâle. thumb|Fruits non mûrs. thumb|Fruit du Kiwaï coupé en deux. thumb|Grappe de fruit du Kiwaï (cultivar : Weiki, l'un des plus courants en Europe).

Cette plante grimpante volubile très vigoureuse et rustique, a un port de liane dont les tiges peuvent atteindre plus de quinze mètres de long. Comme la plupart des autres Actinidia, c'est une plante dioïque sauf pour la variété japonaise Issai (autofertile, mais moins vigoureuse que la moyenne) et pour la variété Vitikiwi (qui elle, est parthénocarpique).

Feuilles Les feuilles, alternes, caduques, cordiformes, sont assez grandes, de 8 à de long, terminées en pointe et finement dentées.

Fleurs Généralement blanches, elles sont relativement petites (environ deux centimètres de diamètre) et très odorantes. Elles apparaissent à l'aisselle des feuilles, généralement groupées par trois.

Fruits Ce sont des baies ovoïdes qui poussent en grappe, longs d'environ (plus petites que les kiwis, de la taille d'un gros raisin). Leur peau est lisse, généralement verte tirant sur le jaune, ou plus ou moins rougeâtre ou brun-rouge, selon les cultivars. Les fruits sont . Les variétés donnant des fruits tirant vers le vert sont habituellement plutôt douces, et les rouges un peu plus acides mais de nombreux hybrides existent à mi-chemin entre les deux avec des nuances de goûts variés.

Un avantage du kiwaï (par rapport au kiwi) est que sa peau, qui évoque celle du raisin, est comestible (et elle contient jusqu'à 15 fois plus d'antioxydants que la pulpe du fruit)...

Intérêt nutritionnel Diverses études.. ont montré que les teneurs du Kiwaï en composés intéressants varient selon les cultivars et leur variabilité génétique, mais aussi selon ses conditions de culture (qualité, fertilité et disponibilité en eau du sol, ensoleillement, température, tutorage), et selon la date et les conditions de récolte, d'entreposage (et de transformation, le cas échéant).

Le fruit est connu pour être très riche en vitamine C, en vitamine B8 (myo-inositol), mais c'est aussi une source intéressante de vitamines A et E, B6 et autres ; ainsi que de lutéine, de β-carotène, de chlorophylles, d'enzyme actinidine et d'antioxydants, et de fibres alimentaires. Il est riche en certains minéraux/oligoéléments (potassium, calcium, magnésium, cuivre, fer, manganèse) ; et selon Piotr Latocha (2017) .

Composition Elle rappelle de près celle du kiwi, mais avec des teneurs nettement plus haute en certains composés.., ce qui pourrait lui valoir un intérêt que le Kiwi dans le cadre de la demande croissante en aliments naturels riches en composés biologiquement actifs bons pour la santé ; d'autant que selon Yeomans (2005), ses avantages pour la santé se montrent plus efficaces quand certains ces composés sont présents ensembles dans l'aliment..

Voici quelques données pour le fruit mûr « prêt à consommer » (matière sèche, sucre soluble, pectines, acides organiques, acidité titrable, pH, cendres, fibres et protéase) : matière sèche (MS) : elle varie avec le cultivar, et selon les conditions de croissance : de 14,6 à 25,5 % (à comparer au kiwi Hayward (le plus cultivé) : 15,3–17,2 % de matière sèche. teneur en cendres : de 0,62 à 0,94 % ; soit un peu plus élevée que chez le Kiwi (0,61 % pour le kiwi Hayward) ; Pectine : Contrairement au kiwi, le kiwaï est aussi riche en pectines (pour certains cultivars seulement, avec alors de 2,17 à 3,30% ; solides solubles : de 12,1 à 16,8° Brix, dépassant celle du kiwi Hayward (13,2 à 13,8° Brix) ; composition en sucres solubles et en acides organiques : elle varie et peut influencer la palatabilité des fruits.. Le kiwi (Actinidia deliciosa) et le kiwaï (Actinidia arguta) ont un taux comparable de sucres solubles (environ 8,1 à 8,8 et 3,9 à 9,6 g de sucres pour 100 g de poids frais (FW), respectivement .. Chez A. deliciosa le glucose et le fructose dominent, le saccharose étant moins présent alors qu'il domine chez Actinidia arguta, suivi du glucose et du fructose.. ; équilibre entre sucre et acides organiques : il fonde les qualités gustatives du kiwi et du kiwaï. qui, tous deux, contiennent surtout des acides citrique et quinique (responsables du goût acide du fruit), devant l'acide maliqueOkamoto G, Goto S (2005) Juice constituents in Actinidia arguta fruits produced in Shinjo, Okayama. Scientific Reports ofthe Faculty of Agriculture Okayama University, Okayama. http://ousar.lib.okayama-u.ac.jp/files/public/0/2/20160527165120358034/94_009_013.pdf. ; mais il y a moins d'acide quinique dans le kiwaï que dans le kiwi.. Selon Wojdyło (2017), les acides organiques de kiwaï, totalisant 16,85–21,06 g/100 g FW, se composent d'acide citrique (5,75–9,56 g/100 g FW), d'acide quinique (4,17–8,20 g/100 g FW), d'acide malique (1,37–4,34 g/100 g FW), acide oxalique (1,70–3,67 g/100 g FW), acide shikimique (0,03–0,23 g/100 g FW) et acide succinique (0–0,28 g/100 g FW). L'acide citrique est dominant avec 30 à 50% de la teneur totale en acides organiques. Des teneurs différentes sont cependant trouvées au Japon par Nishiyama . qui ont étudié chez plusieurs espèces d'actinidies la teneur des trois principaux acides organiques (acide citrique, quinique et malique) chez Actinidia arguta (fruit) à 0,54–1,37, 0,51–0,73 et 0,10–0,30 g/100 g FW, respectivement. Contrairement au kiwaï, le kiwi Hayward ne contient que 2,19 à 2,41 g d'acides organiques au total pour 100 g en poids frais ; pH : il est compris entre 3,1 et 3,6 (contre 3,1 à 4,0 chez le Kiwi), ce qui le classe, comme le Kiwi, parmi les aliments « riches en acides » ; Enzymes : Le kiwaï contient environ 2,0 à 3,8 % de TDF, et des quantités appréciables de protéases, plus que dans le kiwi ; avec comme principale protéase la cystéine protéase actinidine (qui agit comme la papaïne. Cependant les taux d'actinidine varient beaucoup selon les espèces et cultivars, tant pour le kiwaï que pour le kiwi. Ainsi, les quantités d'actinidine chez les trois principales espèces (Actinidia deliciosa, Actinidia chinensis et Actinidia arguta) varient à 2,9-4,4, 0-5,7 et 1,6-10,7 mg/mL de jus de fruit, respectivement.. L'activité protéasique mesurée pour différents cultivars de kiwaï varie significativement (de 25,7 à 114,0 nM p NA/min) mais est nettement plus élevée que pour le kiwi (6,3–10,1 nM p NA/min) ; Fibresv (insolubles et solubles) : de 2,1 à 3,1 ; et de 0,8–1,0%, respectivement ; Vitamine C : comme tous les fruits d'Actinidia, le kiwaï est riche en diverses vitamines, en particulier pour le fruit avec un taux exceptionnellement élevé de vitamine C, bien que ce taux puisse considérablement varier selon l'espèce et les cultivars : entre 22,8 et 430 mg/100 g PF chez les trois principales espèces. Le Kiwaï (en moyenne 150 mg/100g en poids frais) en contient généralement encore plus que les deux principaux kiwis A. chinensis (103 mg/100g en poids frais) et A. deliciosa (65 mg/100g en poids frais).. En Europe, ce taux varie entre 45.4 et 107.7 mg/100 g de poids frais selon le cultivar de kiwaï (les plus fréquents sont Weiki, Ananasnaya et Geneva). Des hybrides ( Issai) sont particulièrement riches en vitamine C (jusqu'à 222 mg de vitamine C/100 g en poids frais), mais ce dernier a des caractéristiques morphologiques qui n'en font pas un produit commercial à grande échelle. De sélectionneurs chinois ont produit des cultivars encore plus riches ( Kui Lu pouvant contenir jusqu'à 430 mg/100 g de vitamine C en poids frais. ; le record ayant été trouvé chez Actinidia kolomikta (jusqu'à 1500 mg/100 g en poids frais).. Exposée à l'air, la vitamine C se dégrade vite (par oxydation en présence d'oxygène et/ou au contact d'ions de métaux lourds ou légers) mais à l'intérieur du kiwaï (et du kiwi) on n'en observe qu'une légère réduction au fil du temps. ; Autres vitamines : le fruit est une bonne source de vitamines B : B1 surtout avec 0,01 à 0,05 mg/100 g de poids humide ; B2 (0,02 à 0,11 mg), B3 (0,50 à 1,55 mg), B5 (3,80 à 5,60 mg), B6 (1,10 à 1,90 mg) et B8 (266 à 982 mg).Jiang CJ (2011) Development of Actinidia arguta as food materials and components available for prevention of lifestyle-related diseases, and its function mechanism. Msc Thesis, Iwate University Graduate School Department of Agronomy Department of Biological Resources Science (Yamagata University). Nishiyama y ont rouvé des taux de myo-inositol (vitamine B8) quatre à six fois supérieures à celles du kiwi (jusqu'à 982 mg et 153 mg/100 g PF respectivement). Cela fait du kiwaï ; Composés phénoliques : ces antioxydants très efficaces sont assez présents dans le Kiwaï (et le Kiwi) mais le TPC (total des composés phénoliques) varie selon les conditions de croissance, et selon la méthode d'extraction et de détermination au laboratoire. Actinidia arguta contiendrait jusqu'à plus de trois fois de polyphénols que le kiwi Hayward.. Ce TPC recalculé en tant qu'équivalent en acide gallique ou GAE (Gallic acid equivalent) est de 41,7 à 267 mg pour 100 g de poids frai. Selon Parc . les flavonoïdes, les tanins et les flavanols sont dominants et plus concentrés dans le Kiwaï qu et le Kiwi. Pour An le kiwaï contient de 118,2 à 191,6 mg de GAE/100 g de composés phénoliques en poids humides, dont 28,8 à 40,4 mg de CE/100 g de flavonoïdes.. D'autres y ont trouvé jusqu'à 426 mg/100g de matière humide de composés phénoliques... D'autres encore rapportent que le TPC du kiwaï calculé en tant que somme de tous les composés identifiés, varie de 443,2 à 1301,1 mg/100 g de matière humide, notamment en fonction du cultivar.. Les flavan-3-ols (mesurés par la méthode UPLC-PDA) sont la classe majeure de polyphénols des kiwaï, constituent de 96 à 99 % des composés polyphénoliques totaux. Les flavonols (deuxième classe de composés phénoliques de ce fruit, en constituent 1 à 4 %), devant les acides phénoliques (0,4 à 0,7 %) et les anthocyanes (0 à 0,8 %). La spectrographie de masse a mis en évidence 24 composés différents, dont vingt-deux identifiés pour la première fois dans les fruits d'Actinidia. Les flavonols (16 composés) dominent, principalement des dérivés de la quercétine et du kaempférol, devant les acides phénoliques (sept composés). D'autres sources citent aussi l'acide gallique, l'acide chlorogénoc, l'acide tannique, l'acide 2,4-dihydroxybenzoïque, l'acide caféique, de la (+)-catéchine, de la (-)-épicatéchine, de la rutine et de la quercétine. Ces composés phénoliques contribuent à la défense du végétal contre divers facteurs environnementaux nocifs ; on les retrouve donc sans surprise dans la peau/pelure du fruit où ils pourraient éventuellement être un témoin du stress environnemental subi par le fruit ou la plante en croissance ;