thumb|290px|Le couvent Saint-Augustin, devenu musée toulousain. Le musée des Augustins est le de Toulouse en Haute-Garonne. Créé par décision du et ouvert en 1795, il est abrité dans l'ancien couvent des Augustins de Toulouse. Il rassemble des collections importantes de peinture et de sculpture.

Le musée, fermé pendant près de 6 ans en raison de travaux pour des questions structurels et de répondre à de nouveaux usages culturels a rouvert ses portes le .

Historique Création du musée Avant d'être affectés au musée, les bâtiments étaient une maison de l'ordre des ermites de saint Augustin. Dans son emplacement actuel, à l'intérieur des murs de la cité, le couvent des Augustins de Toulouse fut construit à partir de 1310 après l'autorisation du pape donnée par un rescrit daté du . Il fut consacré le .

Le couvent des Augustins devient bien national par décret le . Il est désaffecté puis démembré en 1790 lors de la suppression des ordres monastiques. Le site est alors destiné à accueillir un musée, dans le cadre des politiques révolutionnaires visant à mettre l'art à la disposition du peuple.

La saisie des œuvres les plus utiles pour la création d'un « Muséum du Midi de la République » est décidée par le Conseil du département de Haute-Garonne le Le lieu - Musée des Augustins. Il s'installe aux Augustins et ouvre solennellement ses portes le , ce qui en fait l'un des plus anciens musées de France, très peu de temps après le Louvre.

Histoire des collections Les premières collections sont formées de saisies révolutionnaires et des œuvres de l'Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse. Le musée des Augustins de Toulouse a été intégré à la liste des quinze musées institués par le décret du , dit décret Chaptal, du nom du ministre de l'Intérieur de l'époque. Sa proposition consistait à répartir entre chacune des villes concernées des lots tels que « chaque collection présente une suite intéressante de tableaux de tous les maîtres, de tous les genres, de toutes les écoles ». Le , paraissait un autre décret imposant aux villes de préparer à leurs frais « une galerie convenable » pour recevoir les œuvres déposées (plus de 600 le seront par vagues successives en 1802, 1805 puis, par décret impérial, le ). Ce dernier dépôt est l'un des plus importants que le musée ait reçu.

En 1800, le sculpteur François Lucas (alors conservateur du musée) obtient un envoi d’œuvres de Paris en échange de tableaux toulousains destinés à être déposés au Museum spécial de l’École française à Versailles. Sous le Consulat et l'Empire, le musée reçoit en 1803 et en 1805. Parmi ces œuvres italiennes, flamandes et françaises, on trouve Saint Jean et saint Augustin de Pérugin, Apollon écorchant Marsyas de Guido Reni, Le Christ en Croix de Rubens. Une grande partie de ces tableaux viennent des saisies faites dans les pays occupés par l'armée française.

En 1804, le musée et l’École des arts s'installent dans l'aile Est du petit cloître Renaissance.

Lors de son passage à Toulouse en 1808, Napoléon confirme la cession du couvent à la ville à des fins muséologiques. En 1812, le musée reçoit de Napoléon tableaux (hollandais, flamands, italiens et français) dont la Réception du duc de Longueville dans l'ordre du Saint-Esprit de Philippe de Champaigne.

Le temple des Arts En 1823, l'architecte Jacques-Pascal Virebent propose de démolir les cloisons séparant la sacristie, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié et la salle capitulaire pour en faire une galerie unique. En 1828, l’École des arts fait démolir les murs et les hautes fenêtres afin d'y présenter les antiques. Au cours de ces travaux, le maire se voit obligé de débloquer des fonds supplémentaires pour des travaux urgents : murs de l'abside ruinés, voûtes lézardées. On suspend également une voûte en berceau plein-cintre, qui atténue le caractère religieux du bâtiment. L'architecte Urbain Vitry termine les travaux en 1831 et aménage une galerie de peinture dans l'église, que l'on appelle « temple des Arts ».

L'aile Ouest et le grand réfectoire du , achetés en 1862, sont détruits en 1868. La municipalité confie alors la rénovation du bâtiment à Eugène Viollet-Le-Duc en 1873 pour en faire un vrai musée, l'escalier monumental Viollet-Le-Duc a été créé avec son collaborateur Denis Darcy qui reprendra les travaux à sa mort. De 1880 à 1901, il édifia le bâtiment actuel longeant la rue Alsace-Lorraine. Le nouveau musée est enfin terminé.

L’École des beaux-arts quitte les Augustins pour la Daurade en 1895Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse : 230- Le musée des Augustins », Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 11e série, t. 9, 1921, p. 148-150 (lire en ligne).. La municipalité décide alors de démolir l'aile sud (chapelle de l'Ecce Homo, archives, bibliothèques, apothicairerie) pour faire place à un jardin.

Restauration au En 1950, pour faire face à un problème de place et d'agencement, l'administration des Monuments historiques décide de rendre alors à l'église son aspect ancien. Les œuvres qui se trouvaient dans ce « temple des Arts » sont mises en réserve, dans l'attente du réaménagement des locaux anciens de l'église. Celle-ci est l'un des joyaux du patrimoine gothique méridional de Toulouse, elle est composée d'une nef unique à huit travées sur croisées d'ogives, de chapelles latérales entre les contreforts et d'un chevet voûté en étoile.

Les travaux consistent tout d'abord en la reconstitution des murs séparant la chapelle et la sacristie dans l'aile orientale. À partir de 1975, on procède à l'augmentation de la surface des salles d'exposition et à la restauration du couvent. Enfin une nouvelle entrée est construite au sud-est en récupérant le portail de la chapelle des Pénitents noirs, autrefois rue Saint-Jérôme. En 1980, les travaux engagés par Paul Mesplé, conservateur du musée et l'architecte Sylvain Stym-Popper en 1950 puis repris par l'architecte Yves Boiret et le conservateur Denis Milhau sont terminés. Le musée rénové rouvre ses portes. Les nouveaux supports pour exposer les sculptures romanes ont été conçus par l'architecte Pierre Debeaux. Ils sont aujourd'hui détruits, d'autres aménagements ayant été faits depuis notamment la nouvelle présentation réalisée par Jorge Pardo. La sculpture de la fontaine du petit cloître est une œuvre de Robert Fachard. Le nouvel aménagement de l'ancienne église a permis au musée de se doter d'un remarquable orgue de facture allemande classique conçu par Jürgen Ahrend et décoré par Pierre Belin. Il a été inauguré en 1981 et il est toujours possible aujourd'hui d'écouter des concerts tous les mercredis soir dans l'église du musée.

Travaux au Entièrement fermé à partir du pour réfection des verrières., il devait rouvrir en 2020.mais de nouveaux travaux se sont avérés nécessaires afin de résoudre des problèmes structurels et de répondre à de nouveaux usages culturels. La réouverture totale du musée, dans les faits, s'échelonnera du au Printemps 2027..

Les travaux qui ont débuté en 2018 ont nécessité la fermeture d'abord partielle puis complète du musée. Les salons des peintures, en plus d'être rénovés (les verrières, leur climatisation et les réserves…), ont vu leur aménagement muséographique repensé.

Des fouilles archéologiques, des travaux dans le grand cloître et la construction d'un nouvel accueil (confiée à l'agence portugaise Aires Mateus) ont été réalisés. L'un des buts des travaux était d'améliorer l'accessibilité par l'installation d’ascenseurs et de rampes PMR.

Un appel aux dons a été lancé le afin de financer la restauration des colonnes et des chapiteaux du cloître ayant subi des dégradations dues à l'humidité et à la pollution.

Le jardin Le jardin du musée des Augustins fut mis en place à l'occasion d’une exposition qui lui a été consacrée au mois d’ sous le nom de « Les jardins d’un couvent ». Le jardin est issu d’un partenariat entre la conservation du musée et les espaces verts de la ville de Toulouse. Les parcelles sont composées sur le plan des jardins de l'abbaye de Saint-Gall en Suisse qui est le plan de référence utilisé pour les constructions monastiques de l’Occident médiéval. Celui-ci est divisé en quatre parties. Chaque zone a une utilité propre : chacune des 112 espèces végétales est répartie selon sa fonction.

Tout d’abord, le jardin central est principalement orné de fleurs et permet de réaliser des bouquets pour agrémenter les autels. On peut notamment y voir des roses et des lys, mais aussi des violettes, des capucines, des acanthes et des pervenches.

La seconde partie, l’Herbularius autrement appelé « jardin des plantes médicinales », est situé du côté du logis du médecin et lui sert à cultiver les plantes dont il a besoin pour ses remèdes. Certaines d’entre elles telles que la marjolaine disposent de propriétés antiseptiques, permettant de soigner la nervosité et les maux de tête une fois bues en infusion. Cependant, de nombreux autres maux peuvent être soignés ou soulagés par l’intermédiaire de ces plantes comme la petite absinthe qui a comme vertu de soigner les maladies de l’estomac telles que le mal de mer et la nausée.

Ensuite, l’Hortus ou « le potager », situé près des cuisines, est composé de légumes et de fines herbes utiles à l’alimentation des religieux. Il suit également le schéma strict du plan de l’abbaye de Saint-Gall. Des courgettes, du persil, des carottes et de la batavia sont des exemples de légumes consommés par les religieux.

Pour finir, l’Arboretum ou Fructum qui se situe généralement du côté du cimetière, n’est autre que le verger. Le jardin dispose d’arbres fruitiers et d’arbustes servant à l’alimentation et au fleurissement du jardin avec entre autres des pommiers, des cerisiers, des poiriers et des cassissiers.

Les collections Les saisies révolutionnaires et le reversement des fonds de l'ancienne Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse ont permis d'accumuler une collection impressionnante (plus de ) d'œuvres d'art réparties également entre peintures et sculptures.

Peinture École française thumb|Valentin de Boulogne, Judith (vers 1625). thumb|Élisabeth Vigée Le Brun, Portrait de la baronne de Crussol (1785). thumb|Joseph-Marie Vien, L'Amour fuyant l'esclavage (1789). Les courants artistiques français représentés vont du néo-classicisme au réalisme en passant par le classicisme. Les salons Rouge, Bleu et Blanc présentent une collection de peintures françaises des plus exceptionnelles.

Hyacinthe Rigaud, peintre français du , spécialisé dans les portraits, peignit de grands noms de la noblesse et de la bourgeoisie française comme , Corneille, Martin Desjardins, François Mansart ou encore Jean de La Fontaine et Jean Racine. Il intégra Académie royale de peinture et de sculpture en 1700. Aux dires de tous, Hyacinthe Rigaud était un homme généreux, admirable, et un artiste au talent incontestable. À sa mort, la France et toute l’Europe lui rendirent hommage. Un musée abritant une importante collection de ses œuvres a vu le jour dans sa ville natale, Perpignan. Portraitiste de renom, il a notamment peint le Portrait de Germain Louis Chauvelin, garde des sceaux (1727). Cette œuvre représente l’éminent personnage dans son costume de premier magistrat de France. Drapé de noir, il tient dans sa main un pli portant l’inscription « Au Roy ». Ce détail témoigne de l’importance de Germain-Louis Chauvelin et de sa place privilégiée dans la société. Cet effet est accentué par l’attitude noble du personnage, et par le décor somptueux qui l’entoure.