Grande-Anse (prononcé ) est un ancien village du Nouveau-Brunswick, au Canada. Il fait partie de la ville de Rivière-du-Nord depuis la réforme de la gouvernance locale du . Grande-Anse fut fondée en 1808 par l'Acadien Simon Landry sur un site connu des Micmacs et fut constituée en municipalité en 1968.

L'économie est basée sur la pêche. Grande-Anse est connue pour son phare, symbole du tourisme en Acadie, ainsi que pour ses hautes falaises, sa plage et son ancien musée des papes, le seul musée consacré aux papes en Amérique du Nord qui a cessé ses activités le , après 30 ans d’existence. Ce changement de vocation a donné lieu au Musée des cultures fondatrices.

Toponyme

Grande-Anse est nommé ainsi d'après sa position sur la Grande-Anse, de la baie des Chaleurs. Ce nom est une traduction du nom micmac Walayik Alan Rayburn, Geographical Names of New Brunswick, Énergie, Mines et Ressources Canada, Ottawa, 1975, ..

Le nom du village se prononce Grantanse (), malgré son orthographe trompeuse.

Géographie

thumb|left|250px|Carte topographique de Grande-Anse. Géographie physique Situation Grande-Anse est situé à 50 kilomètres de route à l'est de Bathurst.

Grande-Anse est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie.. Le village est d'ailleurs surnommé « La Porte de l'Acadie » car il est géographiquement la porte d'entrée de la Péninsule acadienne. La majorité des habitations sont situées au nord du territoire, le long de la rue Acadie, près de la Baie des Chaleurs et dans le hameau de St-Paul, plus au sud.

Le terrain est relativement plat et le littoral est formé de hautes falaises irrégulières. Le territoire est presque entièrement couvert de forêt. À l'exception de petits ruisseaux, les seuls cours d'eau importants sont la rivière du Nord et son affluent, le ruisseau des Prairies.

Grande-Anse est limitrophe du village de Saint-Léolin au sud ainsi que de la paroisse de New Bandon à l'ouest et Maisonnette à l'est.

Géologie Le sous-sol rocheux de Grande-Anse est composé principalement de roches sédimentaires de la formation de Clifton (datant du Carbonifère supérieur) du groupe de Pictou (datant du Pennsylvanien entre 300 et 311 millions d'années) .. Le grès gris est très présent ainsi que du conglométrat et de l’argile schisteuse. La formation de Clifton se retrouve de la vallée de la rivière Népisiguit à Miscou. Sur la plage, sous forme de galets, on retrouve de l’agate, du jaspe, de la calcédoine de différentes couleurs et du marbre.

Climat Le climat est sec au profit des Appalaches et des terres humides plus au sud, et frais dû à la présence du golfe du Saint-LaurentNotre patrimoine du paysage: l'histoire de la classification écologique des terres au Nouveau-Brunswick, .. Le climat est semblable dans toute la Péninsule sauf que le vent est deux fois plus fort sur le littoral et endommage les arbresNotre patrimoine du paysage: l'histoire de la classification écologique des terres au Nouveau-Brunswick, .. Il existe une station météorologique à Bas-Caraquet et une autre à Miscou.

+ Données météorologiques de Bas-Caraquet, de 1994 à 2006 Relevés météorologiques de Bas-Caraquet, Nouveau-Brunswick, de 1994 à 2006 (). Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Année Températures minimales (°C) -12,6 -12,7 -7,2 -1,3 4,6 10,7 15,0 14,3 10,6 4,7 -0,6 -6,5 1,6 Températures maximales (°C) -5,2 -3,9 0,6 5,8 13,0 19,4 22,0 21,5 17,5 10,7 4,7 -0,6 8,8 Températures moyennes (°C) -8,9 -8,6 -3,3 2,5 9,3 15,8 19,4 18,8 14,7 8,3 2,3 -3,6 5,6PluviométriePluie et équivalent en eau de la neige. (mm) 31,4 49,3 64,6 63,2 85,5 61,3 71,8 66,8 73,2 95,6 93,9 74,6 900,5

Faune et flore

Des récifs artificiels destinés aux homards sont installés au large de Grande-Anse en 2004. Selon les biologistes de Pêches et Océans Canada, ce projet est une réussite.

Géographie humaine

Transport

Grande-Anse est desservi par la route 11.

ViaRail Canada possède une station à Bathurst.

L'instauration d'un traversier entre Grande-Anse et Paspébiac est projetée depuis les années 1980. Un tel projet coûterait (2009) et permettrait de transporter personnes par été.

Logement Le village comptait 354 logements privés en 2006, dont 345 occupés par des résidents habituels. Parmi ces logements, 79,7 % sont individuels, 2,9 % sont jumelés, 2,9 % sont en rangée, 5,8 % sont des appartements ou duplex et 5,8 % sont des immeubles de moins de cinq étages. De plus, 2,9 % des logements entrent dans la catégorie autres, tels que des maisons mobiles. 69,6 % des logements occupés le sont par le propriétaire et 30,4 % sont loués. 85,5 % ont été construits avant 1986 et 15,9 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,0 pièces et ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la provinceRecensement Statistique Canada 2006: Familles et ménages.

Histoire

thumb|upright=0.7|L'église Saint-Simon et Saint-Jude en 1940. Préhistoire

Grande-Anse est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Gespegeoag, qui comprend le littoral de la baie des Chaleurs. Ce territoire était revendiqué d'abord par les Iroquois et ensuite seulement par les Mohawks.

Colonisation européenne

Selon ce que rapporte Donat Robichaud, la région est visitée par des pêcheurs Normands et Bretons dès la fin du Donat Robichaud, Le Grand Shippagan, 1976. p. 33-37. Les Bretons sont en fait bien établis avant 1536. Les Basques chassent la baleine en Europe à partir du ou plus tôt mais, à la suite de l'effondrement de la population de ces cétacés, commencent à les chasser au sud du Labrador au , en plus de pêcher la morue. Ces pêcheurs viennent surtout du Pays basque espagnol mais ceux du Pays basque français deviennent de plus en plus nombreux. Ils sont déjà bien installés vers 1540. Contrairement à une idée répandue, ils n'ont pas chassés la baleine de plus en plus loin jusqu'à atteindre l'Amérique mais s'y sont rendus directement.

Les Micmacs sont habitués à faire des échanges avec les Européens car, lorsque Jacques Cartier explore la baie des Chaleurs pour la première fois, il croise le une flotte de Micmacs provenant probablement de Grande-Anse. Cartier est effrayé et fait tirer des coups de semonce mais finit par faire du troc le lendemain avec eux.

Vers 1632, les pêcheurs de morue basques se déplacent dans des endroits plus reculés, dont Caraquet, Paspébiac et Shippagan, notamment pour éviter les attaques des Inuits et des pirates anglais ou danois, mais aussi à cause de la baisse de la population de baleine et de l'ouverture de la pêche au Svalbard. La pêche basque à Caraquet dure sans encombre jusque vers la fin du .

Fondation

En 1808, Simon Landry, petit-fils d'Alexis Landry, vient s'établir à Grand-Anse avec des membres de sa famille. Ils s'établissent probablement sur le site actuel de l'église Saint-Simon et Saint-Judes. En 1818, les terrains sont accordés officiellement à trois familles, soit celles de Rémi landry, de Jean-Baptiste Thériault et Jean-Baptiste Poulin. Un peu plus tard, c'est le tour des familles de Bruno Poirier et Isaac Haché. En 1819, les Thériault déménagent et fondent le village d'Anse-Bleue, situé à l'est de Grande-Anse..

La caisse populaire est fondée en 1938. Les écoles des environs sont consolidées dans un même district scolaire en 1956.. L'école Léandre-LeGresley est construite en 1957 et reçoit son nom actuel en 1976. L'exploitation industrielle de la tourbe débute en 1961.. Les Filles de Jésus s'implantent en 1962. mais quittent la région dans les années 2000.

Grande-Anse est constitué en municipalité le . avec comme premier maire monsieur Edmond Landry et comme conseillers MM. Antime LeGresley et Ernest Haché. La caserne de pompiers et l'entrepôt municipal ouvrent leurs portes la même année.. L'édifice de la caisse populaire est inauguré le . L'église est rénovée la même année.

Selon le journaliste Réal Fradette, les années 1970 et 1980 sont l'âge d'or de Grande-Anse, alors que de nombreux habitants travaillent dans les grands chantiers à Belledune et Dalhousie et que les commerces et usines du village fournissent aussi leur lot d'emplois. Le centre sportif Edmond E. Landry est construit en 1981. Une usine de béton préfabriqué est fondée en 1985.. Le garage municipal est inauguré en 1993. L'école Léandre-Legresley est reconstruite au début des années 1990. L'édifice municipal est construit en 1996. La fin des grands chantiers, la fermeture de l'usine de boissons gazeuses et de transformations du poisson et, selon l'ancien maire Edmond Landry, la réforme de l'assurance-emploi en 1997 contribuent tous à miner l'économie du village ; de nombreux jeunes quittent pour trouver de l'emploi ailleurs, notamment dans l'Ouest canadien.

La pollution de la mer en provenance des usines de transformation est dénoncée en 1998. Un vol de cinq tonnes métriques de fruits de mer, d'une valeur estimée à , est commis le .

Au cours de l'année 2007, trois des cinq conseillers municipaux démissionnent ou ne peuvent plus siéger, paralysant l'administration municipale faute de quorum. La même année, des projets de construction d'éoliennes sont annoncés mais un groupe de citoyens, comptant notamment l'ancienne mairesse, Denise De Grâce, s'oppose à la construction trop proche des maisons et au manque de transparence dans le dossier.

La fermeture de l'usine de transformation du crabe Canadian Ocean Products le fait perdre 175 emplois; la faible couverture médiatique de l'événement force la Société nationale de l'Acadie à critiquer la Société Radio-Canada, qui se ravise en présentant plus de nouvelles de l'Acadie. La fermeture d'une autre usine produisant du hareng mariné appartenant au même propriétaire, la L. & R. Foods, fait perdre 20 emplois; un projet de cuisine industrielle est toutefois proposé l'année suivante dans le bâtiment abandonné. La Cour fédérale force ensuite le propriétaire à garder ses deux bateaux à quai. La fermeture d'une usine de transformation du homard et du hareng dans le village voisin d'Anse-Bleue, en 2008, approfondi la crise économique. L'épicerie de Grande-Anse ferme d'ailleurs ses portes plus tard dans l'année. Toujours en 2008, un mur de pierre doit être construit au pied des falaises afin de protéger la route 11 de l'érosion.

Grande-Anse est l'une des localités organisatrices du Congrès mondial acadien, en 2009. L'ancienne usine de boissons gazeuses est démolie la même année. La patinoire du Centre Edmond E. Landry ferme ses portes la même année à cause d'un bris du système de refroidissement Réal Fradette, « », dans L'Acadie Nouvelle, 14 mars 2009.; elle ne rouvre qu'à la fin 2010.

L'église Saint-Simon et Saint-Jude de Grande-Anse (Diocèse de Bathurst) attire l'attention au printemps 2012 à cause du piètre état du bâtiment et de la mauvaise condition financière de la paroisse. En 2015, l'ancienne usine Fruits de mer Landry est rénovée pour la transformation du homard et recrute 90 employés.

Depuis le déclin de l'économie, le village dépend en partie des communautés environnantes comme celle de Caraquet.

Chronologie municipale

Démographie

La population est presque entièrement francophone, à l'exception de quelques familles anglophones. Selon le recensement de Statistique Canada de 2001, Grande-Anse comptait 853 habitants en 2001, comparativement à 965, cinq ans plus tôt. Le village a une superficie de et une densité de 34,9 habitants au km.

Administration thumb|L'édifice municipal.

Conseil municipal Le conseil municipal est formé d'un maire et de quatre conseillers généraux. Le conseil municipal actuel est élu lors de l'élection quadriennale du . Chantal Pinet est finalement élue à l'élection partielle du ..

Conseil municipal actuel

Mandat Fonctions Nom(s) 2012 - 2016 Maire Yves Létourneau Conseillers Anne Landry, Louise Le Gresley, Chantal Pinet et Philippe Poirier.

Anciens conseils municipaux