Depuis la découverte des vastes gisements pétroliers de la mer du Nord vers la fin des années 1960, l'énergie en Norvège constitue un secteur très important de l'économie de la Norvège, qui est en 2023 le et le exportateur mondial de gaz naturel. Elle se classe au mondial pour sa production de pétrole, qui est cependant en déclin, et au pour ses exportations de pétrole brut. Les réserves de pétrole représentent 10,2 années de production au rythme de 2022 et celles de gaz naturel 12 années.
Avec l'arrivée du pic de production dans la mer du Nord, la décision de poursuivre la prospection dans la mer de Barents et dans l'Arctique donne lieu à un débat public lié aux préoccupations internationales au sujet du réchauffement climatique.
L'électricité norvégienne est surtout produite par ses barrages hydroélectriques (87,9 % en 2023) ; le pays se classe au mondial des producteurs d'hydroélectricité en 2023 et au premier rang en Europe, avec 3,2 % de la production hydroélectrique mondiale et 21,3 % de celle de l'Europe. La production éolienne progresse rapidement : en 2023, elle contribue pour 9 % à la production d'électricité du pays.
La consommation d'énergie primaire par habitant en Norvège est 2,8 fois supérieure à la moyenne mondiale en 2021 et supérieure de 64 % à celle de la France, et la consommation d'électricité y est 7,1 fois plus élevée que la moyenne mondiale ; cela s'explique par la présence d'industrie électro-intensives telles que les usines d'aluminium, attirées par la disponibilité d'électricité à bas coût. La part de l'industrie dans la consommation d'électricité atteint 41,5 % en 2022 contre 26, % en France et 44,7 % en Allemagne.
Les émissions de liées à l'énergie en Norvège étaient en 2022 supérieures de 53 % à la moyenne mondiale et de 10 % à la moyenne européenne ; 47 % de ces émissions provenaient du pétrole et 40 % du gaz ; les secteurs émetteurs étaient surtout l'industrie des hydrocarbures (33 %) et les transports (37 %).
Vue d'ensemble Principaux indicateurs sur l'énergie en Norvège Population Énergieprimaire Production Exportationsnettes Consom.élect.* ÉmissionsGES**tab.GHG-FC Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 4,24 882 5002 4007 99,1 28,0 2000 4,49 1095 9547 8386 112,2 32,5 2010 4,89 1373 8728 7324 121,6 40,3 2015 5,19 1246 8816 7529 122,4 40,4 2016 5,23 1177 8845 7621 123,5 39,7 2017 5,28 1258 9105 7851 125,2 39,6 2018 5,31 1249 8651 7341 127,7 39,2 2019 5,35 1171 8152 6978 127,1 38,1 2020 5,38 1159 8734 7518 128,4 36,7 2021 5,41 1201 8955 7770 130,7 36,8 2022 5,46 1161 9045 7842 127,6 36,2 variation1990-2022 +29 % +32 % +81 % +96 % +29 % +29 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.
Comparaisons internationales La Norvège est un acteur mondial majeur du secteur des hydrocarbures et de celui de l'hydroélectricité comme le montrent les statistiques de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et celles de l'Energy Institute : + Place de la Norvège dans les classements mondiaux Source d'énergie Indicateur Rang Année Quantité Unité % monde Commentaires Gaz naturelProduction38 2023 4,20 EJ 2,9 % : États-Unis (25,5 %), : Russie (14,4 %), : Iran (6,2 %)Exportations brutes4445 2023 116,2 Gm 9,5 % : États-Unis (16,6 %), : Russie (11,3 %), : Qatar (10,4 %) Pétrole brutProduction22 2023 94,7 Mt 2,1 % : États-Unis (18,3 %), : Russie (12,0 %), : Arabie saoudite (11,8 %)Exportations nettes 2021 3281 PJ 3,6 % : Arabie saoudite (14,4 %), : Russie (10,8 %), : Irak (7,9 %), : Canada (7,7 %) ÉlectricitéExportation nette 2021 17,58 TWh 2,3 % : Canada (), : France () HydroélectricitéProduction57 2023 136,1 TWh 3,2 % : Chine (28,9 %), : Brésil (10,1 %), : Canada (8,6 %), : États-Unis (5,6 %), : Russie (4,7 %), : Inde (3,5 %)Puissance installée 2024 World Hydropower Outlook (pages 92-93), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 12 juin 2024. 2023 33,9 GW 2,4 % : Chine (), : Brésil (), : États-Unis ()% hydro/élec.*56 2023 87,9 % : Venezuela (76,5 %)* part de l'hydroélectricité dans le total de la production électrique.
Le Forum économique mondial classe la Norvège au mondial derrière la Suisse en 2014 selon son « indice de performance de l'architecture énergétique » fondé sur trois critères : contribution à la croissance économique, impact environnemental de l'approvisionnement et de la consommation énergétique et degré de sécurité, accessibilité et diversité de l'approvisionnement Global Energy Architecture Performance Index Report 2015, Forum économique mondial, décembre 2014 (voir pages 7 et 8)..
Énergies fossiles L'extraction des énergies fossiles constitue l'épine dorsale de l'économie norvégienne. Selon l'AIE, le pétrole constituait en 2009 22 % du produit intérieur brut, 47 % de ses exportations, 26 % des investissements et 27 % des revenus du gouvernement..
En 2018, après vingt ans de déclin, la production norvégienne d'hydrocarbures s'apprête à retrouver les sommets du début des années 2000 ; pendant des décennies, l'État n'avait pas ouvert de nouvelles zones d'exploration ; en 2017, il a mis aux enchères 93 nouveaux lots, en particulier en mer de Barents. Le secteur emploie , directement ou indirectement, soit 6 % de la population active. Il représente presque la moitié des exportations. La quasi-totalité (97 %) des recettes du pétrole sont mises en réserve dans le fonds souverain norvégien destiné à maintenir le niveau de vie très élevé de la population lorsqu'il n'y aura plus de pétrole ; il atteint de dollars, ce qui en fait le plus gros actionnaire du monde : il détient 1,5 % des actions mondiales. Il boycotte depuis 2015 les entreprises évoluant dans l'industrie charbonnière, les entreprises accusées de contribuer au réchauffement climatique et les fabricants d'armes, mais reste en revanche très investi dans l'industrie pétrolière, qui représente de dollars d'actifs, soit plus de 6 % de son portefeuille d'actions« La Norvège, ce faux ami de la planète », Les Échos Week-end, 6 décembre 2018..
Réserves Les réserves prouvées de pétrole de la Norvège étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 0,2 % des réserves mondiales. Elles représentaient 10,2 années de production au rythme de 2022 : 74. Elles sont restées au même niveau depuis 2010 Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 38, 53, 61, 69), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011.. Les ressources supplémentaires non récupérables dans les conditions actuelles sont estimées à .
Les réserves de gaz naturel étaient estimées à (milliards de m) fin 2022, soit 0,7 % des réserves mondiales ; elles représentaient de production au rythme de 2022 : 85. Elles ont reculé de 29 % entre 2010 et 2022. Les ressources supplémentaires non récupérables dans les conditions actuelles sont estimées à .
Production La production d'énergie primaire de la Norvège atteint en 2022, en progression de 80,8 % par rapport à 1990. Elle se compose de 93,4 % d'énergies fossiles (50,5 % de gaz naturel, 42,8 % de pétrole brut et 0,04 % de charbon) et de 6,6 % d'énergies renouvelables (hydoélectricité : 5,1 %, biomasse : 0,8 %, éolien : 0,6 %).
En 2023, la Norvège a produit (milliers de barils par jour)21, soit (millions de tonnes) de pétrole, en hausse de 6,2 % par rapport à 2022 et de 13,4 % par rapport à 2013. Elle se classe au mondial avec 2,1 % de la production mondiale22. Elle a également produit (milliards de m) de gaz naturel37, soit (exajoules), en baisse de 5,2 % en 2023, mais en hausse de 8 % par rapport à 2013. Elle se classe au mondial avec 2,9 % de la production mondiale38.
Le pic de production de pétrole a été atteint en 2000, à de mètres cubes. Depuis son extraction décline mais est en partie compensée par l'augmentation de la production de gaz naturel et de ses dérivés (condensat et GNL). Ainsi entre 2000 et 2010, la production de gaz du pays a plus que doublé, atteignant de mètres cubes d'équivalent pétrole..
En novembre 2022, Equinor annonce un investissement, avec ses partenaires, de pour exploiter un nouveau gisement dénommé « Irpa » qui permettra d'approvisionner le Royaume-Uni et le continent européen. Irpa, situé en eaux profondes, à sous la surface, en mer de Norvège, contiendrait environ (milliards de mètres cubes) de gaz. Auparavant baptisé « Asterix », ce gisement avait été découvert en 2009. Le début de l'exploitation est prévu pour 2026 et devrait pouvoir se poursuivre jusqu'en 2039. À la suite de l'invasion russe de l'Ukraine, la Norvège est devenue le principal fournisseur de l'Europe ; elle a augmenté de 8 % à 10 % ses exportations vers le continent européen depuis le début de l'annéeLa Norvège va ouvrir un nouveau champ gazier offshore pour irriguer l'Europe, Les Échos, 22 novembre 2022.. En 2022, l'État a engrangé 131 milliards d'euros de revenus liés aux hydrocarbures, trois fois plus qu'en 2021 ; le pays a parfois été qualifié de « profiteur de guerre », ce qu'il récuse. Il a accordé 1 milliard d'euros d'aides à l'Ukraine en 2022 et décidé d'en donner 6,8 milliards sur cinq ans.
L'évolution de la production d'hydrocarbures depuis les premiers barils extraits en 1971 est la suivante (en millions de mètres cubes d'équivalent pétrole) :
Exportations En 2023, la Norvège a exporté de gaz naturel par gazoducs45 et par voie maritime sous forme de GNL44. Au total, ses exportations atteignent , soit 9,5 % des exportations mondiales, au mondial derrière les États-Unis (16,6 %), la Russie (11,3 %) et le Qatar (10,4 %). Ses exportations par gazoducs étaient destinées à l'Union européenne : et aux autres pays européens : . Ses exportations de GNL étaient destinées à l'Union européenne : (dont pour la France), au Royaume-Uni et à la Turquie.
La Norvège a exporté en 2022, soit 92 % de sa production, dont de gaz naturel, soit 94 % de sa production et de pétrole brut, soit 86 % de sa production, et d'électricité. Elle a importé , dont de produits pétroliers.
La Norvège occupait en 2009 le des pays exportateurs de pétrole avec environ de barils par jour.. Le pays est ensuite sorti du classement des 10 premiers exportateurs de pétrole, du fait du déclin de sa production, mais en 2021 il retrouve sa Energy Statistics Data Browser : World : Balances 2022, Agence internationale de l'énergie, 21 décembre 2023..
Charbon Les réserves prouvées récupérables de charbon de la Norvège étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, plus de ressources ultimes non encore prouvées96, et aucune de lignite)105. La production était de en 2022.
La Norvège était exportatrice nette de charbon en 2008 ; elle en produisait alors approximativement trois fois plus qu'elle n'en consommait. Cette production provenait exclusivement de deux mines situées sur le Spitzberg, l'île principale du Svalbard. La production annuelle totale s'élevait en 2010 à environ .. Le pays possède par ailleurs des réserves très importantes potentiellement exploitables situées sous le plateau continental norvégien : (milliards de tonnes)... Si l'estimation de ces réserves difficilement accessibles s'avérait réaliste, cela représenterait près de quatre fois les réserves mondiales prouvées : 100.
Hydrocarbures de la mer du Nord thumb|left|Évolution de la production de pétrole en mer du Nord. Source: Bureau central de la statistique de la Norvège.