Shediac est une ville du comté de Westmorland située dans le sud-est du Nouveau-Brunswick au Canada. La ville est située à proximité du parc provincial de la Plage-Parlee.

Toponyme

La ville portait à l'origine le nom de La Batture. Le nom Shediac fait référence à sa position à l'embouchure de la rivière Shediac. Ce nom est dérivé du micmac Esedeiik, signifiant « qui remonte loin », possiblement en référence à la configuration de la baie de Shediac ou au portage menant vers la rivière Petitcodiac..

Bien que le nom officiel soit Shediac en français et en anglais, Shédiac est utilisé encore aujourd'hui en français familier.

Géographie

Géographie physique vignette|230px|Tronçon de la route 15 dénommée "Autoroute des anciens combattants" entre Dieppe et Shédiac. Situation Shediac est situé à de route au nord-est de Moncton. La ville se situe sur le détroit de Northumberland, à l'embouchure de la rivière Scoudouc, à cheval entre le pays de Gédaïque et le pays de Cap-Pelé. Shediac est limitrophe de Pointe-du-Chêne au nord-est, de Beaubassin-Est à l'est, de la paroisse de Shédiac au sud, de Chemin-Scoudouc à l'ouest et de Cap-de-Shediac au nord-ouest. Shediac est généralement considérée comme faisant partie de l'Acadie..

Topographie

Le relief de Shediac est relativement plat.

Géologie Le sous-sol de Shediac est composé principalement de roches sédimentaires du groupe de Pictou datant du Pennsylvanien (entre 300 et 311 millions d'années) ..

Climat Shediac bénéficie d'un climat continental humide.

Faune et flore Une faible portion de Shediac, surtout dans le sud du territoire, est composé de forêt.

Géographie humaine Transport Shediac est traversée par la route 15, reliant Moncton à l'Île-du-Prince-Édouard via la Transcanadienne et le pont de la Confédération, ainsi qu'à l'extrémité sud de la route 11, se rendant jusqu'au Québec. Les routes 132, 133 et 134 constituent des accès secondaires. Shediac est desservi par les autobus interurbains. Plus de correspondances sont possibles à partir de Moncton, où l'on retrouve aussi la gare de Moncton et l'aéroport international du Grand Moncton.

Morphologie urbaine

Le centre-ville est situé sur la rive est de la rivière Scoudouc. Shediac-Est puis Rings Corner s'étendent vers l'est, le long de la rue Principale. Chapmans Corner est situé sur la rive ouest de la rivière Scoudouc. Une partie d'Ohio-du-Barachois est situé au sud-est du territoire, l'autre partie étant dans Beaubassin-Est.

Logement

La ville comptait 2437 logements privés en 2006, dont 2223 occupés par des résidents habituels.. Parmi ces logements, 60,8 % sont individuels, 6,3 % sont jumelés, 3,4 % sont en rangée, 2,9 % sont des appartements ou duplex, 19,8 % sont des immeubles de moins de cinq étages et 3,4 % sont des immeubles de plus de cinq étages. Enfin, 3,2 % des logements entrent dans la catégorie autres, tels que les maisons-mobiles.. 66,9 % des logements sont possédés alors que 33,1 % sont loués. 59,5 % ont été construits avant 1986 et 5,9 % ont besoin de réparations majeures. Les logements comptent en moyenne 6,4 pièces et 0,5 % des logements comptent plus d'une personne habitant par pièce. Les logements possédés ont une valeur moyenne de , comparativement à pour la province.

Histoire

vignette|La scierie Smith, sur la rivière Scoudouc, vers 1920. Shediac est situé dans le territoire historique des Micmacs, plus précisément dans le district de Sigenigteoag, qui comprend l'actuel côte Est du Nouveau-Brunswick, jusqu'à la baie de Fundy. Le district de Pigtogeoag ag Epegoitnag est situé juste à l'Est. Plusieurs campements existent à l'embouchure de la rivière Shediac et de la rivière Scoudouc. Une réserve micmacque est fondée mais elle n'est plus utilisée à la fin du .

Un fort est construit à Shediac ou les environs par Louis de La Corne en 1749. La tradition orale affirme que les ruines sur l'île au Crâne sont en fait d'un autre fort construit par les Micmacs, autrefois appelé le fort Sauvage.

La ville est fondée par les Acadiens vers 1750, probablement sur le site actuel de Cap-de-Shediac, à l'ouest. Selon William F. Ganong, c'est la présence du fort qui attire la population. Il semble que celui-ci soit abandonné temporairement après 1755. C'est toutefois à ce moment que la population grandit, au cours de la déportation des Acadien. Les terres entre Cap-de-Cocagne et Shédiac sont concédées au Acadiens en 1767. Ce sont leurs descendants qui fondent la plupart des communautés des environs, où ils sont toujours majoritaires.

Un Anglais, le colonel Joseph Williams, obtient une concession sur la rive ouest de la baie avant 1785. Sa terre est rachetée par le londonien William Hannington en 1785, qui est plus tard rejoint par des anglophones d'origines diverses, entre autres des Loyalistes et des immigrants britanniques. Leurs descendants résident dans la partie Ouest de la ville, se sont déplacés dans la vallée de la rivière Scoudouc ou encore se sont établis dans d'autres régions de la province.

La ville de Shediac à proprement parler n'est pas fondée avant 1800. La construction navale et l'exportation du bois vers l'Angleterre contribuent à la prospérité économique du .. La paroisse civile de Shédiac est érigée en 1827.

L'hôtel Shediac est construit dans les années 1850. Fidèle Poirier ouvre un premier magasin à Shediac en 1856. Le chemin de fer vers Saint-Jean est inauguré en 1857. Un service de traversier est instauré en 1858 vers Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard. La ville devient ainsi une tête de ligne importante, ce qui attire de nombreux immigrants. Ce service de traversier est remplacé en 1918 par celui entre Cap-Tourmentin et Borden-Carleton. La première chapelle catholique de la ville est inaugurée en 1859. Shédiac obtient la première école de grammaire du comté en 1862. Le Moniteur acadien, premier journal francophone à voir le jour en Acadie, est fondé en 1867. Le dépôt du chemin de fer est détruit dans un incendie le ; il est reconstruit à Moncton. La première église de Shediac est construite en 1862 ; l'ancienne chapelle devient la sacristie. Une assemblée de la colonisation acadienne a lieu en ville le .

La ville est constituée le .. L'hôpital de Shediac, d'une capacité de 25 lits, est fondé en 1957.. Il est fermé en 1973 mais remplacé par le centre médical régional en 1977, qui emménage dans un nouvel édifice en 1980. La Polyvalente Louis-J.-Robichaud est inaugurée en 1969 .. La Division des pensions et retraites du ministère fédéral des approvisionnements et services, comptant 400 employés, emménage dans un nouvel édifice à Shediac en 1982. L'école Mgr-François-Bourgeois est inaugurée en 1987. L'Hôtel Shediac est démoli en 2004. Shediac accueille la XXIV finale des Jeux de l'Acadie en 2003. Un centre multifonctionnel est ouvert en 2011..

Lors de la réforme de la gouvernance locale du , les districts de services locaux (DSL) de Cap-de-Shediac, Chemin-Scoudouc et Pointe-du-Chêne, de même que des portions du DSL de Scoudouc, sont fusionnés à la ville..

Chronologie municipale

thumb|left|300px|Évolution territoriale de la paroisse de Shédiac après 1966.

Démographie

La ville comptait habitants en 2006, soit une hausse de 12,4 % en 5 ans. En 2016, elle atteint 7,184 résidents.. Il y a en tout 2220 ménages dont 1555 familles. Les ménages comptent en moyenne 2,3 personnes tandis que les familles comptent en moyenne 2,7 personnes. Les ménages sont composés de couples avec enfants dans 22,5 % des cas, de couples sans enfants dans 35,4 % des cas et de personnes seules dans 28,6 % des cas alors que 13,3 % des ménages entrent dans la catégorie autres (familles monoparentales, colocataires, etc.). 66,2 % des familles comptent un couple marié, 17,4 % comptent un couple en union libre et 16,4 % sont monoparentales. Dans ces dernières, une femme est le parent dans 86,3 % des cas. L'âge médian est de 46,7 ans, comparativement à 41,5 ans pour la province. 86,9 % de la population est âgée de plus de 15 ans, comparativement à 83,8 % pour la province. Les femmes représentent 54,3 % de la population, comparativement à 51,3 % pour la province. Chez les plus de 15 ans, 30,6 % sont célibataires, 44,9 % sont mariés, 4,6 % sont séparés, 7,7 % sont divorcés et 12,0 % sont veufs. De plus, 11,2 % vivent en union libre.

Les autochtones représentent 0,9 % de la population. et 1,5 % des habitants font partie d'une minorité visible.. Les immigrants représentent 3,5 % de la population et 0,0 % des habitants sont des résidents permanents.. 1,0 % des habitants ne sont pas citoyens canadiens et 91,6 % des habitants âgés de plus de 15 ans sont issus de familles établies au Canada depuis trois générations ou plus. En date du , 83,7 % des gens avaient la même adresse depuis au moins un an alors que 6,1 % habitaient auparavant ailleurs dans la même ville, que 7,9 % habitaient ailleurs dans la province, que 2,0 % habitaient ailleurs au pays et que 0,0 % habitaient ailleurs dans le monde.. À la même date, 57,6 % des gens avaient la même adresse depuis au moins cinq ans alors que 14,6 % habitaient auparavant ailleurs dans la même ville, que 21,1 % habitaient ailleurs dans la province, que 5,6 % habitaient ailleurs au pays et que 1,1 % habitaient ailleurs dans le monde.

La langue maternelle est le français chez 73,2 % des habitants, l'anglais chez 23,8 % et les deux langues chez 1,5 % alors que 1,5 % sont allophones.. Les deux langues officiellesLe Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue, c'est-à-dire que l'anglais et le français ont un statut égal. sont comprises par 76,8 % de la population alors que 8,4 % des habitants sont unilingues francophones, que 14,8 % sont unilingues anglophones et que 0,0 % ne connaissent ni l'anglais ni le français. Le français est parlé à la maison par 69,9 % des gens, l'anglais par 27,5 %, les deux langues officielles par 1,6 %, le français et une langue non officielle par 0,0 %, l'anglais et une langue non officielle par 0,0 % et une langue non officielle seule par 0,9 %. Le français est utilisé au travail par 50,9 % des employés et l'anglais par 40,5 % alors que 8,4 % des employés utilisent les deux langues officielles, que 0,0 % utilisent le français et une langue non officielle, que 0,3 % utilisent l'anglais et une langue non officielle et que 0,0 % utilisent uniquement une langue non officielle..

L'histogramme suivant démontre la progression de l'anglais et la régression du français:

Évolution des langues maternelles (en %) Légende Sources..https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2011/dp-pd/prof/details/page.cfm?Lang=F&Geo1=CSD&Code1=1307052&Geo2=PR&Code2=01&Data=Count&SearchText=shediac&SearchType=Begins&SearchPR=01&B1=Language&Custom=&TABID=1https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2016/dp-pd/prof/details/page.cfm?Lang=F&Geo1=CSD&Code1=1307052&Geo2=CD&Code2=1307&SearchText=shediac&SearchType=Begins&SearchPR=01&B1=Language&TABID=1&type=0: