La chanson est un tango composé à Vienne en 1929 dont la musique est de pianiste dans un orchestre de tango né le 23 décembre 1885 à Pistoia, mort le 9 septembre 1975 Desenzano del Garda, un musicien italien et les paroles du librettiste autrichien Julius Brammerné le à Sehradice (Moravie) et mort le à Juan-les-Pins.

Un succès international

Gigolo (ou Schöner Gigolo, armer Gigolo) est publié par Wiener Bohème Verlag en 1929, et la même année en Italie.

En Allemagne, le premier enregistrement a lieu le par la firme Odeon par l'orchestre de Dajos Béla et le chanteur Kurt MühlardtAdriano Mazzoletti, Il jazz in Italia : dalle origini alle grandi orchestre, 2004. Gigolo, est interprétée pour la première fois en Italie par Daniele Serra en 1930 sur disque La voce del Padrone (La Voix de son maître) avec des paroles d'Enrico Frati. Le morceau, devenu rapidement un succès international, est traduit dans de nombreuses langues. La chanteuse française Irène Bordoni, l'une des premières interprètes du texte français d'André Mauprey C'est mon gigolo, chanson réalisteParoles françaises de I'm Just A Gigolo écrites par André Mauprey : C’est mon gigolo Ce petit gars falot C’est mon seul gigolo avec ses yeux plein de flammes Même si j’en sais rien Mais il me prend si bien Qu’à lui je suis corps et âme Il n’est pas costaud Mais il est si beau qu’il plait à toutes les femmes Et je m’dis bien des fois est il vraiment seul à moi Je l’aime trop mon gigolo l'introduit aux États-Unis. Les paroles anglaises sont d’Irving Caesar.

La version interprétée par Bing Crosby est le premier grand succès du crooner. C’est Louis Prima qui en fait un succès international en 1956 lorsqu’il ajoute à la suite , morceau composé en 1915 par Spencer Williams avec les paroles de Roger GrahamRoger Graham (1885-1938), compositeur, auteur, éditeur ; chansons : Peggy from Panama, I Believe in You, You'll Want Me Back Some Day,I Ain't Got Nobody., donnant ainsi un nouveau rythme à l’ensemble souvent considéré comme un morceau unique.

Paroles Les paroles adaptées suivant les pays racontent l'histoire, soit d'un officier de hussard après la défaite de l'Autriche en 1918, soit d'un officier orgueilleux du Tsar immigré après la Révolution russe, qui survit en faisant le taxi-boy ou le gigolo. Julius Brammer, l'auteur du texte original, avait écrit les livrets de nombreuses opérettes. Le texte allemand rapporte le triste sort d'un officier autrichien contraint de faire le gigolo, lui qui fièrement avait parcouru tous les champs de bataille de la Grande Guerre. C'en est bien fini du prestige de l'armée et de l'uniforme. L'ironie, c'est que l'avènement du Troisième Reich en 1933 a bouleversé la vie du parolier et de l'interprète le plus connu de la chanson, le ténor autrichien Richard Tauber, tous deux représentant cette symbiose judéo-allemande qui était particulièrement présente dans la culture populaire. Celle-ci annonce l'émergence d'une Allemagne prenant congé d'une rigidité militariste aussi bien que monarchique en faisant mine, sans nécessairement y croire, d'en regretter l'esthétique. Mais seulement la chanson avait un peu vite décrit la déchéance de l'officier dans l'Autriche et l'Allemagne d'après 1918. Son auteur et son principal interprète de ce texte furent chassés de leur pays par un régime qui renforça le goût de l'uniforme tout en préparant une guerre de revanche plus importante encore que celle de 1914-1918.

Dans le film Kuhle Wampe oder Wem gehört die Welt (1932) qu'il coréalisa avec le Bulgare Slatan Dudow, Bertolt Brecht met en scène une triste fête de fiançailles dans un camp pour sans abris près de Berlin. Les prolétaires, plutôt que de prendre conscience de leur propre malheur, chantent celui, imaginaire, d'un officier déchu, alors que l'Allemagne s'apprête à se remilitariser.

Les textes français renoncent à traiter du sort de l'officier, préférant le thème alors en vogue de la femme déchue, dépendante sexuellement d'un homme qui manifestement ne vaut pas grand-chose.

Le texte américain reprend le thème de l'officier déchu, mais, pour attirer la sympathie du public, il s'agit ici d'un officier français.

Interprètes français Chanteuses et chanteurs Amanda Lear dans son album Back in Your Arms en 1998 Damia reprend cette chanson sous le titre en français C'est mon gigolo Irène Bordoni, 1930 Berthe Sylva, 1930 Maurice Chevalier Yvonne Printemps Lucienne Delyle, 1952 Orpheon Celesta Carlos sous le titre Je suis un rigolo Kad Merad MC Solaar Alizée Chimène Badi Amel Bent Jenifer Corinne Hermès en 2019 Claire Keim Nolwenn Leroy Lorie Mimie Mathy Hélène Segara Shy'm Victoria Abril (Olala!, 2007) Zaz (en français et en anglais) dans Le Bal des Enfoirés 2012.

Musiciens Django Reinhardt, 1949

Interprètes étrangers Richard Tauber Louis Armstrong Lou Bega David Bowie Bing Crosby Thelonious Monk Art Tatum Louis Prima Sarah Vaughan Marlene Dietrich dans le film C'est mon gigolo (1978) David Lee Roth Daniele SerraDaniele Serra chante Just a Gigolo sur archive.org Il Discobolo.net Village people Helmut Lotti (2006 : disque Crooners)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie François Genton, « Lieder, die um die Welt gingen: deutsche Schlager und Kulturtransfer im 20. Jahrhundert », dans Olivier Agard, Christian Helmreich, Hélène Vinckel-Roisin (dir.), Das Populäre. Untersuchungen zu Interaktionen und Differenzierungsstrategien in Literatur, Kultur und Sprache, Göttingen, V&R unipress, 2011, p. 189-203. .

Liens externes

Paroles de la chanson originale en italien

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