Le diocèse de Bethléem est une ancienne circonscription ecclésiastique de l'Église catholique romaine, à l'origine un évêché de Palestine créé vers 1110 par le pape Pascal II à la requête du roi BaudouinBethléem dans l'histoire. Site de la municipalité de Bethléem, puis plus tard enclavée dans le diocèse d'Auxerre, ayant la particularité d’avoir à sa tête un évêque ne gouvernant aucun paroissien.

En effet, après la prise de Bethléem par Saladin en 1187, la résidence épiscopale fut transférée en France, près de Clamecy, en 1211. Son évêque n'eut plus de juridiction réelle en dehors de l'Hôtel-Dieu de Panthénor, qui formait son domaine. Il dépendait cependant directement du Saint-Siège.

Supprimé comme siège résidentiel au début du , il fut établi comme siège titulaire en 1840. Ce siège est vacant depuis 1987.

Histoire Fondation de l'évêché de Bethléem en Palestine En 1110, le drapeau des croisés flotte sur Jérusalem depuis déjà 10 ans. Cette année-là, le pape Pascal II érige Bethléem en évêché à la demande du roi Baudouin.

L'hôpital de Panthénor Par ailleurs, en Bourgogne l'hôpital de PanthénorOn ne connaît pas l'origine du nom de ce lieu appelé Panthénor. Une indication possible : Anténor, ancêtre mythique des rois de France dans l’une des variantes de la légende de l'origine troyenne des Francs, a trois fils dont le plus jeune est nommé Panthénor (voir Trésor de l'histoire de France, p. 464). est fondé vers 1117 par Guillaume II, comte de Nevers, à Clamecy dans la Nièvre, en rive droite de l'Yonne (face au bourg de Clamecy en rive gauche)Bethléem sur geoportail.fr – cartes IGN. Couches « Cartes IGN classiques », « Carte de Cassini », « Carte de l'état-major (1820-1866) » et « Limites administratives » activées. Vous pouvez moduler, désactiver ou supprimer chaque couche dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche.. Guillaume II adjoint à l'hôpital une chapelle dédiée à Notre-Dame. et installe dans le lieu huit chanoines réguliers augustins chargés de loger les pèlerins et soigner les malades..

Le comte Guillaume IV, petit-fils du fondateur, meurt de la peste à Ptolémaïde en 1168. Affectionnant particulièrement Bethléem de Palestine, il choisit de s'y faire inhumer ; et il lègue l'hôpital de Panthénor et ses dépendances au diocèse de Bethléem en Palestine, offrant ainsi à son évêque un refuge si ce dernier est chassé de son siège par les infidèles. Ces dispositions sont confirmées par son frère Guy . Lesdites dépendances n'incluent pas la chapelle de Bethléem dans le faubourg de Clamecy, laquelle a toujours été du ressort de l'évêché d'Auxerre. Une contestation à ce sujet s'élèvera au début du , résolue en faveur de l'évêque d'Auxerre.

Transfert de l'évêché de Bethléem en Palestine à Panthénor en Bourgogne Vaincus par Saladin, les croisés quittent la Palestine en 1187. À la suite des efforts diplomatiques de l'évêque de Salisbury et ambassadeur de Richard Cœur de Lion Hubert Walter, à partir de 1192 et pour quelque temps les musulmans autorisent la pratique du christianisme contre paiement d'un tribut.

Régnier, septième évêque de Bethléem, vient finalement en 1204 s'établir à Panthénor qui est désormais appelé Bethléem, du nom de l'évêché de Palestine qu'il abrite.

La relocation ne va pas sans mal. Les évêques voisins, celui d'Auxerre et celui de Nevers, émettent des protestations bruyantes et des prétentions sur Clamecy. En la ville de Clamecy est déclarée par arbitrage papal appartenir au diocèse d'AuxerreLa date d'octobre 1182 pour la déclaration d'appartenance de Clamecy au diocèse d'Auxerre, apparaît dans un acte contresigné par le doyen Renaud du chapitre d'Auxerre. Voir ., mais le pape en exclut Bethléem-lez-Clamecy, qui reste du ressort de l'évêque de Bethléem.

L'évêché de Bethléem-lez-Clamecy

Les évêques de Bethléem-lez-Clamecy, considérés à Rome comme les successeurs des évêques de Bethléem en Palestine, furent pendant plusieurs siècles nommés directement par les papes. À dater du concordat de 1516 entre Léon X et François , la nomination de ces prélats fut dévolue aux comtes de Nevers., qui jouirent jusqu'à la Révolution française du droit de présenter au pape des évêques de leur choix, de consensu Regis Christianissimi (avec le consentement du roi très-chrétien).

Dépendant directement du Saint-Siège de par la bulle Apostolatus Officium du 17 Août 1524 : « L'évêché in partibus de Bethléem, auquel est a perpétuité et canoniquement unie, annexée et incorporée l'église Notre-Dame de Bethléem-lez-Clamecy, immédiatement soumise au Saint-Siège... », il n'était pas suffragant de l'archevêque de SensCorpus Latinum Stampense, Philibert de Beaujeu évêque de Bethléem et vicaire général de Sens, Institution à Étampes d’une fête chômée de saint Basile : c'était un siège réel, enclavé dans le diocèse d'Auxerre. Jusqu’au début du , les évêques de Bethléem-lez-Clamecy furent des prélats sans autre juridiction que celle sur l'ancien Panthénor, contestée par les évêques d’Auxerre malgré plusieurs bulles papales.

En 1291, Robert II duc de Bourgogne conclut un arrangement avec Hugues, évêque de Bethléem, concernant le temporel de l'hôpital de Panthénor.

Par lettres patentes du ., le roi Charles VI accorde aux évêques de Bethléem les mêmes privilèges qu'aux autres évêques du royaume.

Laurent Pinon, dominicain et évêque de Bethléem de 1422 à 1424, est également le confesseur de Philippe le Bon duc de Bourgogne. Lorsque l'évêque d'Auxerre Jean de Corbie résigne de son évêché en 1432, le duc souhaite le voir remplacé par un homme de confiance à la tête de cet évêché frontière entre la Bourgogne et la France. Rappelons que la guerre de Cent Ans bat son plein et que le traité de Troyes de 1420 a fait de Henri V d'Angleterre le régent du royaume de France face à Charles VI fou et déchargé du gouvernement du royaume depuis 1392. Le duc de Bourgogne Jean sans Peur, qui visait la couronne de France par l'affaiblissement de la dynastie royale, a été assassiné en 1419 sur ordre du dauphin futur Charles VII (en retour de l'assassinat de Louis d’Orléans, frère cadet du roi Charles VI, commandité en 1407 par Jean sans Peur) et Philippe, son fils, s'est par vengeance et par intérêt encore plus ouvertement allié aux Anglais que ne l'avait fait son père. Dans ce contexte, il est donc essentiel pour le duc Philippe d'avoir sur le siège d'Auxerre un homme qui lui est acquis. Philippe le Bon écrit au pape Eugène IV pour lui demander d'y nommer Laurent Pinon. Le pape répond le et agrée à sa demande. Comme le doyen du chapitre et concurrent au siège épiscopal Hugues des Noës a fait citer Laurent Pinon devant le concile de Bâle, Philippe écrit aussi aux aînés du concile de Bâle pour leur recommander son confesseur, avançant des arguments politiques et non religieux - ce qui est habile dans le contexte politique du moment, et en l’occurrence efficace.

Le , Pinon est à Varzy, d'où il autorise à quêter dans le diocèse avec une croix et un reliquaire, pour contribuer à la construction de l'église de Bethléem récemment ruinée par la guerre de Cent Ans et que l'évêque Arnoul fait rebâtir ; et il accorde des indulgences aux donateurs.

Le , l'évêque d'Auxerre Pierre de Longueil reçoit à Bethléem l'hommage de Charles comte de Nevers et de Rethel, pour la baronnie de Donzy. Il est d'ailleurs noté dans l'acte ad hoc que la cérémonie de cet hommage aurait dû se dérouler au château épiscopal de Varzy. Arnoul, l'évêque de Bethléem alors en fonction, y assiste ainsi que d'autres personnages.

En 1464, le cardinal Rollin évêque d'Autun, sollicité par quelques religieux demeurant avec un ancien évêque de Bethléem, confère l'épiscopat de Bethléem à Antoine Buisson Carme. Ce faisant il empiète sur le droit de l'évêque d'Auxerre, qui cette année-là est Pierre de Longueil (en fonction 1449-1473). Ce dernier connaît la décision papale de 1211. Il soutient donc que l'affaire est de son ressort ; d'ailleurs l'évêque de Bethléem paie la décime apostolique à l'évêché d'Auxerre. Une enquête est ouverte, avec Jean Chevalier pour l'évêque d'Auxerre et Gui de Montagu pour celui d'Autun, et l'abbé de Vézelay devant arbitrer. Le tout reste cordial, les deux évêques s'accordant pour chacun leur tour célébrer les ordres dans la chapelle de l'hôpital pendant le temps qu'il faudrait pour résoudre l'affaire. Les choses traînent un tant soit peu et avec le temps apparaît une falsification, soit dans les provisions soit dans la prise de possession du précédent évêque de Bethléem dont la fonction passe pour avoir été attribuée par l'évêque d'Autun. Le responsable en est Gui de Chassy, religieux et familier d'Antoine Buisson, et que Pierre de Longueil somme de s'expliquer sur ce point et sur d'autres délits. Gui de Chassy ne se présente pas à la convocation et est excommunié, une sentence prononcée dans l'église de Clamecy. Gui de Chassy en appelle à la sentence ; Pierre de Longueil obtient de la cour des lettres datées du interdisant de traduire cette affaire hors du royaume. Ces lettres sont signifiées à Antoine Buisson et Gui de Chassy le 28 du même mois de mai. Gui de Chassy demande des lettres apostolos à Pierre de Longueil, qui les lui refuse.

Etienne Belli Profez, venant de la même maison du Carmel de Savoie qu'Antoine Buisson et demeurant avec lui, décide d'administrer les sacrements dans la chapelle de Bethléem (qui est hors juridiction de l'évêché de Bethléem). Lui aussi est sommé de comparaître devant l'évêque d'Auxerre, ne se présente pas et est de même excommunié, demande des lettres apostolos qui lui sont à lui aussi refusées ; ce dernier acte est signé le par le notaire Jean Briant, trésorier de Cosne. Etienne Belli et Gui de Chassy obtiennent l'absolution ad cautelam auprès du cardinal Rollin le suivant, à la suite de quoi tous deux se font oublier. Le but de Pierre de Longueil est d'empêcher l'évêque de Bethléem de donner les ordres dans la chapelle de l'hôpital ou à l'intérieur de son hospice, si ce n'est aux religieux y demeurant, et de faire cesser l'usage d'annoncer des ordinations générales que cet évêque affichait sur la porte de son hôpital ; le clergé de France finit par y remédier.

En 1521, Filbert de Beaujeu est nommé évêque de Bethléem ; il le restera jusqu'à sa mort en 1555. Il est aussi grand prieur de l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Il semble que dès 1521 il soit choisi par François de Dinteville évêque d'Auxerre (1513-1530) pour exercer la fonction d'évêque suppléant (pour le diocèse d'Auxerre, donc), car Lebeuf signale une affaire arrivée « sous son gouvernement », lequel n'aurait duré qu'une année à cause de ses nombreuses autres occupations et pour lequel il a été remplacé par Pierre de Piles, chanoine et licencié es Lois.

Très peu de temps après son installation à Auxerre à la suite de son oncle, François II de Dinteville évêque d'Auxerre (1530-1554) choisit lui aussi Filbert de Beaujeu comme suffragant pour ses propres fonctions épiscopales : deux commissions données à Beaujeu par Guillaume Chausson, vicaire général, en septembre et , indiquent que Dinteville II est déjà absent de son diocèse à cette dateLa première commission, du 27 septembre 1530, concerne la réconciliation de l'église Saint-Eusèbe souillée par du sang versé, avec le pouvoir de conférer la prêtrise à deux diacres étrangers ; et la deuxième commission, du 2 octobre 1530, ordonne la réconciliation du cimetière de l'église de Breteau pareillement souillé.. La suppléance de Beaujeu perdure à l'occasion du voyage de Dinteville II à Rome, où il est envoyé en ambassade en 1531 par François pour négocier un mariage royal avec la nièce du pape. Lorsqu'Auxerre subit une épidémie de peste en 1531, Beaujeu écrit à Dinteville II à Rome en septembre pour l'en avertir et offrir ses services.