vignette|Les armes de Villeneuve-d'Ascq se blasonnent ainsi : Tiercé en fasce : au d'or à la fasce d'azur et au sautoir de gueules brochant sur le tout, au coupé au I échiqueté d'argent et d'azur de trois tires et au II de gueules, au de sinople à la bande échiquetée d'argent et de gueules de deux tires.. Devise : Tres in uno (« Trois en un » ). Ornements extérieurs : Légion d'honneur et la Croix de guerre 1939-1945 avec palme de vermeil (attribuée à l'ancienne commune d'Ascq). Composition : Le blason de Villeneuve-d'Ascq est composé de la réunion des armes au premier d'Ascq, au deuxième de Flers-lez-Lille et au troisième d'Annappes. Il est souvent représenté avec un lion flamand à trois griffes de chaque côté et un château à trois tours (pour chacun des villages) sur le dessus, rappelant aussi le château de Flers.
L'histoire de Villeneuve-d'Ascq est liée à l'aventure commune des trois villages d'Annappes, Ascq et Flers dont elle est issue. Quelle que soit l'époque, quelques constantes marquent l'histoire de ces villages : une vie rurale autrefois (cette ville est à présent l'une des plus importantes de l'agglomération lilloise), en proie à des épidémies, à la famine et à la guerre.
Préhistoire Le premier passage connu de l'homme sur la commune de Villeneuve-d'Ascq est attesté par un fragment de hache polie en silex, trouvé dans les années 1980 dans le parc de l'école Saint-Adrien à Annappes. Elle est estimée à environ -2000 ans. On a trouvé d'autres haches de ce genre dans la région de Lille, notamment dans les alluvions de la Deûle. Selon les historiens, ces haches sont attribuées à des populations qui pratiquent déjà l'élevage et l'agriculture mais emploient encore un outillage de pierre taillée. Cependant, il n'y a aucune preuve que l'homme se soit alors sédentarisé à cet endroit.
Protohistoire Les traces d'occupation humaine retrouvées par les archéologues datent de la fin de l'indépendance gauloise.
Beaucoup de signes de présence gauloise ayant été observés dans les villes voisines, notamment à Mons-en-Barœul et à Lezennes, il est vraisemblable que les champs de ces Gaulois débordaient sur l'actuel territoire de Villeneuve-d'Ascq. Les archéologues ont mis au jour des habitats celtes dans le quartier des Prés et aux MarchenellesRepères Chronologiques, Société Historique de Villeneuve-d'Ascq et du Mélantois. On a également trouvé des balles de fronde au Centre Marc-Sautelet à Annappes. Il est toutefois probable que cet endroit n'était pas un lieu de résidence, mais simplement un de ces replis dans la forêt (décrits par Jules César) où se réfugiaient les Gaulois de la région à l'approche des légions romaines.
Antiquité Les plus vieilles constructions connues à Villeneuve-d'Ascq apparaissent sous l'administration romaine. Ce sont principalement des fermes, dont certaines assez vastes, que l'on connaît grâce à la fouille de l'une d'elles située dans l'actuel quartier du Château, à Flers. Édifiée au , reconstruite au et ruinée définitivement au , la « villa de Flers » - le nom de villa désigne un habitat romain qui regroupe la maison du maître et une exploitation agricole - couvrait une surface de 350 mètres carrés environ, sans les dépendances. Pour sa construction on avait employé du grès, des pierres et des tuiles de fabrication locale. Elle possédait une installation de chauffage par le sol, on y utilisait des meules en pierre, des poteries de fabrication locale et d'autres céramiques amenées par le commerce de la région de Bavay et même de la céramique « sigillée » du Massif central. Dans le cimetière proche, les restes des défunts étaient enterrés dans des urnes après incinération. Les champs situés en contrebas témoignent d'un effort d'aménagement considérable (épandage de craie, drainage par un réseau de fossés, apport de sable...). À cette époque, la région semble être à la pointe du savoir-faire gallo-romain. Au Pron, à Ascq, on utilise des bas-fourneaux pour la production du fer.
Les installations gallo-romaines disparaissent au et laissent place aux roseaux, alors que sur les limons du Mélantois - où se situera le village d'Ascq - les cultures se développent.
Au , le territoire de Villeneuve-d'Ascq fait partie de la zone contrôlée par les Francs saliens.
Haut Moyen Âge À cette époque, l'histoire des trois villages se confond avec celle de la châtellenie de Lille et de l'abbaye de Cysoing« Les origines d'Ascq », Part. 1, Chap. 1, page 9, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Annappes et ses environs sont au haut Moyen Âge le site d'un domaine royal mérovingien (des tiers de sous d'or y ont été frappés au début du par le monétaire Alafredus), comme l'indique un texte qui mentionne Asnapio sous le règne de Charlemagne. Ce dernier d'ailleurs y passera pour aller inaugurer l'abbatiale de Saint-Riquier à Pâques de l'an .
Lors de la venue de Charlemagne pour l'inauguration de l'abbatiale de Saint-Riquier en , ses envoyés royaux dressèrent un inventaire d'Annappes. La description fut tellement minutieuse qu'elle fut recopiée comme exemple dans un manuel de gestion des fermes impériales, le capitulaire « de Villis ». Dans ce capitulaire « de Villis » daté de , Ascq dépend, comme Flers et Gruson, du fisc d'Annappes« Ascq sous Charlemagne en l'an 800 », Part. 1, Chap. 2, pages 13 à 16, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952.. Les envoyés royaux ont noté avoir trouvé pour les trois villages cinq moulins, quatre brasseries (a priori pour la cervoise), deux ponts (on estime qu'il s'agit des ponts d'Hempenpont et de Pont-à-Tression) et quatre jardins. L'inventaire mentionne d'importantes provisions des milliers de muids d'épeautre et d'orge, des centaines de muids d'avoine, de seigle, de froment, quantité de fèves et de poids ; salés (dont 155 provenant du cens), de fromages, de la bière, du sel, du beurre, du miel (dont trois muids provenant du cens) ; à Tréola, de vin (750 provenant des vignes du domaine et 500 du cens) ; on dénombrait , béliers, brebis et agneaux, des centaines de chevaux, ânes et mulets, des centaines de porcs, de chèvres et de vaches, d'abeilles, des oies, des canards et des paons ; les arbres cultivés dans le fisc étaient des poiriers, des pommiers, des néfliers, des pêchers, des noisetiers, des noyers, des mûriers, des cognassiers, des pruniers et des cerisiers. En outre, les envoyés de Charlemagne témoignent de la présence de lis, costus, menthe, persil, rue, ache, livèche, sauche, sarriette, sabine, porreau, aulx, tanaisie, menstratum, corriendre, échalotes, oignons, choux, choux-raves, bétoine ; le fisc de Tréloa contient également bette, auroue, népéta, sclarea, tournesol, aigremoine, mauves, guimauves, cerfeuil, brittoles.
Asnapio était aussi un haras qui fournissait la cavalerie impériale. Voici la composition de son cheptel en : 51 juments, 3 étalons, 10 poulains, 2 ânes ; 16 bœufs, 50 vaches ayant vêlé, 20 génisses, 3 taureaux, 38 veaux ; 260 porcs, 100 porcelets, 5 verrats ; 150 brebis, 120 moutons, 200 agneaux ; 30 chèvres, 3 boucs, 30 chevreaux; 30 oies, 80 poulets, 22 paons.
Charlemagne transmet le domaine d'Annappes, avec ses dépendances Ascq et Flers, à son fils Louis le Pieux. En , l'empereur Louis le Pieux donne le domaine royal d'Annappes en dot à sa fille Gisèle, épouse d'Évrard de Frioul. Ce couple noble fondera l'abbaye Saint-Calixte de Cysoing. Le marquis , leur second fils, héritera de la cour d'Annappes avec toutes ses dépendances, sauf Gruson ; il sera par la suite roi des Lombards, puis empereur des Romains.
En , Annappes, avec ses dépendances Ascq et Flers, fait un retour au domaine particuliers des comtes de Flandres par une descendante directe d'Évrard de Frioul : Clémence de Bourgogne, épouse de Appendice, Quelques notes historiques sur les communes voisines, Flers, pages 288 et 289, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Vient l'époque de l'invasion du continent par les Vikings. En , les Normands pillent le domaine d'Annappes depuis leur camp de Courtrai.
Moyen Âge classique Dans le Comté de Flandre vignette|Céramiques des trouvées à la motte Quiquempois. 250px|vignette|Carte des Pays-Bas bourguignons en 1477 En orange, les acquisitions des ducs de Bourgogne et de Charles Quint. - 1384 : Artois (5), Flandre (9), Malines (15) - 1427 : Namur (8) - 1428 : Hainaut (6), Zélande (10), Hollande (7) - 1430 : Brabant (1), Limbourg (3) - 1443 : Luxembourg (4) - Sous Charles Quint - Utrecht (17), Frise occidentale et orientale (14), Gueldre (2) - provinces perdues et reprises : Groningue (14), Overijssel (16), Zutphen (11) - la Picardie va à la France en 1477. En vert, la principauté de Liège indépendante En rouge, l'Angleterre En bleu, la France En gris, d'autres États du Saint-Empire romain germanique
Les 17 Provinces : 1. le duché de Brabant 2. le duché de Gueldre 3. le duché de Limbourg 4 le duché de Luxembourg 5. le comté d'Artois 6. le comté de Hainaut 7. le comté de Hollande 8. le comté de Namur 9. le comté de Flandre 10. le comté de Zélande 11. le comté de Zutphen 12. le marquisat d'Anvers 13. la seigneurie de Frise 14. la seigneurie de Groningue 15. la seigneurie de Malines 16. la seigneurie d'Overijssel 17. la seigneurie d'Utrecht
Au , le comte de Flandre, installé à Lille, accapare le territoire d'Annappes. Tous les villageois sont désormais soumis au comte qui installera un maire, officier comtal, pour gérer le domaine d'Annappes. En 1066, Baudouin V de Flandre donne, par la charte de dotation Saint-Pierre de Lille, une ferme à Flers et les deux tiers des revenus de l'église d'Annappes - cependant, on ne sait pas s'il y a un lien entre cette église et l'actuelle église d'Annappes. Le comte donne les terres de son domaine à ses vassaux. Création de fiefs du Breucq, d'Annappes, de Quiquempois, de Rocques. Ainsi vers 1090, le seigneur du Breucq élève une motte (signe de puissance), un château et une basse-cour qui devint la cense du Breucq. Cette seigneurie était importante et occupait la forêt du Barœul depuis les abords de Lille jusqu'à Croix. À cette époque, les marais séparaient et protégeaient les villages.
Au , les travaux ruraux se répartissent entre l'élevage dans les marais, le bois dans le Barœul et la culture du blé dans les campagnes du Mélantois. À partir du , la zone actuelle des quartiers d'Ascq et de Cité-Scientifique possède des terres très fertiles, qui eurent un très bon rendement jusqu'au , et étaient considérées comme parmi les plus fertiles du comté.
Le comte dote les établissements religieux de certaines de ses terres. C'est ainsi qu'au , l'abbaye cistercienne de Loos cultive aux Quatre Cantons du grain entreposé ensuite à Tressin. De même, l'hôpital Saint-Sauveur possède une grande ferme à blé à Annappes au .
En 1213, Philippe Auguste vient par trois fois ravager les environs de Lille, pour punir les comtes de Flandre qu'il ne juge pas assez coopératifs« Ascq dans les luttes séculaires de 863 à 1794 », Part. 1, Chap. 4, , pages 33 à 38, Essai de l'histoire d'Ascq et de ses environs, Pierre Delebart, Imprimerie R. Boulonnais, Ascq, 1952..
Les moulins La région compte une population de plus en plus importante, et les habitations commencent à empiéter sur les marais de Flers. C'est à cette époque que des bourgeois lillois récupèrent la mairie comtale d'Annappes et que le conseil municipal se charge de définir des règlements communs aux trois villages d'Annappes, Ascq et Flers. Vers 1220, des moulins à vent s'installent aux Marchenelles et à Ascq.
Bas Moyen Âge