de Tatev ou Tat’ewac’i (en arménien ; mort le ), également de Khotanan, est Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 1629 à 1632.
Biographie
Moïse reçoit son éducation et débute en 1618 sa carrière de vardapetUn vardapet correspond à un docteur dans la hiérarchie de l’Église apostolique arménienne. Les ecclésiastiques titulaires de ce titre se voyaient souvent confier la charge d'un diocèse avec les fonctions épiscopales. au monastère de Tatev, en Siounie.. Il devient ensuite chapelain de la cathédrale d'Etchmiadzin, de 1625 à 1629.. Le premier coadjuteur de Garni (1593-1628) le détestait cependant et il lui dit : « quitte ce pays et vas où tu veux ». Moïse s’en alla donc au village de Khkelo Tzor, près de la forteresse d’Erevan qui avait été conquise par les armées iraniennes en 1604. En réglant un litige privé survenu entre un notable arménien nommé Hovhannès et son épouse, sœur d'Amir Gouna Khan, le gouverneur iranien de la ville (1604-1628), Moïse s’attire la bienveillance du souverain Chah AbbasMarie-Félicité Brosset, Collection d’historiens arméniens, Saint-Pétersbourg, 1876, « Mémoires historiques sur les Sofis par le diacre Zakaria », 37-38..
En 1628, après la mort du Catholicos-coadjuteur de Garni, son neveu et co-coadjuteur de Garni (1624-1628) écarte Moïse de Tatev du siège patriarcal, bien que ce dernier ait été désigné comme successeur du vieux Catholicos en titre (1587-1629). se rend à la cour de Chah Abbas sans obtenir la confirmation de la dignité qu’il avait usurpée. Il doit revenir en Arménie et se retire à Van. Pendant ce temps, Moïse est élu Catholicos le après la démission de .
Avec l’appui du Catholicos de Sis et du Patriarche arménien de Constantinople, tente ensuite d’obtenir le patriarcat grâce au gouvernement ottoman du Sultan qui s’opposait à l’Iran en Arménie. Il est expulsé par les habitants d’Amid, partisans de , et doit se réfugier en Géorgie jusqu’à la mort du patriarche.
Moïse de Tatev s’était consacré longtemps avant son avènement à une œuvre de réforme et de réorganisation des institutions patriarcales. Il est à l’origine de la restauration du siège d'Etchmiadzin après deux cents ans de conflits entre les clans épiscopaux qui l’avaient amené au bord de la ruine. s’est également montré un négociateur avisé qui sut mettre à profit les bonnes dispositions de Chah Abbas à son égard pour obtenir du gouvernement persan la fin des exactions notamment financières dont l'Église arménienne était victime, et même l’exonération de certains impôts.
Sur le plan doctrinal, il se signale par l’envoi en 1631 de correspondances au pape et au roi de Pologne pour dénoncer les intrigues d’un certain abbé Nikol Thorosovitch qui avait été sacré en 1626 « évêque des Arméniens de Pologne » par , qu'il avait excommunié en 1629 mais qui avec l’appui des Jésuites de Lemberg, tentait en vain d’obtenir de la communauté arménienne de ce pays qu’elle se rallie l’Église catholiqueSelon Krikor Jacob Basmajian, Histoire moderne des Arméniens 1375-1916, Paris, 1917, 40-41 : « les Arméniens de Galicie rejoindront finalement l'Église romaine en 1689 sous le successeur de Nikol, l'évêque Vardan Hovnanian »..
Le Catholicos meurt le . Malgré la très courte durée de son patriarcat, l’œuvre de Moïse de Tatev est à l’origine du renouveau de l’influence morale du Catholicossat d'Etchmiadzin au .
Notes et références
Sources Mathieu de Tokat, traduction de Salomon Caesar Malan, The life and Times of St Gregory the Illuminator, Londres, Oxford, Cambridge, 1857, « Of the Armenian Church », 45-46. Joseph Fr. Michaud et Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, Paris, 1825, , 429, et , 501-502.
Moise03 Catégorie:Décès en mai 1632 Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIe siècle)