est le quatrième album studio du groupe britannique de rock progressif Van der Graaf Generator. Il est sorti en 1971 sur le label Charisma Records.

Il se compose de trois longues suites dont la dernière, , occupe l'intégralité de la deuxième face du 33 tours. Ces morceaux ont été composés au cours d'une tournée difficile en Allemagne pendant la première moitié de l'année 1971 avant d'être enregistrés aux studios Trident pendant l'été. L'album est d'abord envisagé comme un album double, mais Charisma force le groupe à se contenter d'un album simple.

À sa sortie, est particulièrement bien accueilli en Italie. Le groupe y donne de nombreux concerts devant un public nombreux, mais l'épuisement et le manque de soutien de sa maison de disques finissent par entraîner sa séparation en .

Histoire

Contexte

vignette|gauche|Luxford House.|alt=Photo en couleurs d'une maison en pierres blanches et en briques rouges entourée d'un jardin verdoyant

Après plusieurs changements de composition depuis sa création en 1967, Van der Graaf Generator se stabilise en 1971 sous la forme d'un quatuor composé du chanteur Peter Hammill, du saxophoniste David Jackson, de l'organiste Hugh Banton et du batteur Guy Evans. Le groupe donne de nombreux concerts et les quatre musiciens deviennent de bons amis après une tournée particulièrement difficile en Allemagne. C'est durant cette même tournée que Hammill écrit , et le groupe commence à jouer lors de ses dernières dates.

Après la fin de la tournée, Hammill invite le producteur chez lui pour lui jouer des compositions prévues pour le prochain album de Van der Graaf Generator, seul à la guitare et au piano. Evans voudrait qu'il laisse de côté au profit de morceaux plus commerciaux, mais il accepte de travailler dessus après une réunion de groupe. Durant l'été, les quatre musiciens se retrouvent à Luxford House, le manoir du Sussex où vit leur imprésario Tony Stratton-Smith, pour répéter ensemble.

Enregistrement

vignette|redresse|alt=Photo de l'entrée d'un immeuble aux murs blancs, fermée par de grandes grilles bleues|L'entrée des anciens studios Trident en 2018.

est enregistré de juillet à aux studios Trident de Londres. Les premiers morceaux sur lesquels travaille le groupe sont une reprise de , le générique de fin de la station BBC Radio 1, composé par George Martin, et , une composition de Hammill. Ces deux titres ne sont pas retenus sur l'album final.

La majeure partie des morceaux, et notamment la longue pièce , est enregistrée en fragments courts, de deux à cinq minutes de long, qui sont assemblés vers la fin des séances par Guy Banton et John Anthony. Le premier a recours à ce qu'il appelle son « rasoir psychédélique », un magnétophone modifié afin d'être capable de rembobiner et d'enregistrer en même temps. Le mixage s'avère si complexe qu'il mobilise à un moment tous les magnétophones disponibles aux studios Trident.

L'album est d'abord conçu comme un album double similaire à Ummagumma de Pink Floyd, sorti en 1969, avec un deuxième disque composé d'enregistrements en concert d'anciens morceaux du groupe et de projets personnels de chaque membre du groupe. La maison de disques Charisma Records exige que tienne sur un seul disque, ce qui entraîne l'abandon de ces morceaux.

Parution et accueil

sort en au Royaume-Uni chez Charisma Records. Au Canada et aux États-Unis, il est édité par Buddah Records dans une version modifiée qui ajoute à l'insu du groupe au milieu de la première face, entre les suites et . En Europe, est éditée en 45 tours en avec en face B. Si le single ne se classe pas dans le hit-parade britannique, le disc-jockey John Peel adopte la reprise de comme générique de fin de son émission à la place de la version originale. Son compositeur, George Martin, approuve la version de Van der Graaf Generator, qu'il décrit comme « un enregistrement puissant qui respecte l'original ».

L'album ne rencontre pas un grand succès commercial au Royaume-Uni. La critique de avoue sa perplexité devant le contenu du disque, mais Roy Hollingworth affirme dans que est l'un des morceaux les plus fascinants qu'il ait jamais entendus. C'est en Italie que connaît ses meilleures ventes. Lorsque le groupe s'y rend pour donner quelques concerts après la sortie du disque, il reçoit un accueil triomphal au point que la police italienne doit assurer leur sécurité pendant leurs déplacements.

Postérité

vignette|gauche|Van der Graaf Generator en 1970.|alt=Photo en noir et blanc d'un groupe de rock sur scène prise depuis le public

Épuisé par les nombreux concerts qu'il doit donner, peu soutenu par son label, Van der Graaf Generator se sépare en . est ainsi le dernier album du groupe jusqu'à sa réunion, trois ans plus tard, même si les quatre membres du groupe continuent à jouer ensemble sur les albums publiés entre-temps par Peter Hammill en solo.

Avec le recul, est considéré comme l'un des meilleurs albums de la discographie de Van der Graaf Generator. Il est décrit comme « un chef-d'œuvre incompris » et « l'un des albums les plus extraordinaires de son époque » par les magazines Q et Mojo respectivement. Des musiciens tels que Fish et Julian Cope ont exprimé leur admiration pour ce disque.

En 2005, durant une grande campagne de remastérisation des albums de Van der Graaf Generator, des morceaux prévus pour être inclus sur le double sont redécouverts. Une version enregistrée en studio dans les conditions du direct de figure en bonus de la réédition de , tandis que celle de inclut les compositions inédites (d'Evans), (de Jackson) et (de Banton). Cet album fait l'objet d'une Reprise par en 2021..

Caractéristiques artistiques

Paroles et musique

Comme sur les autres albums de Van der Graaf Generator, toutes les paroles sont écrites par Peter Hammill. a pour thème la lutte entre le bien et le mal, tandis que s'inspire de sa fascination pour la mer. Cette longue suite raconte l'histoire d'un gardien de phare qui voit des gens mourir sur le rivage. Il se sent coupable de ne pas pouvoir les aider et la fin de la chanson reste ambigüe sur son sort : il pourrait aussi bien avoir décidé de se tuer qu'être parvenu à rationaliser sa situation.

La suite originale, entièrement composée par Hammill, est complétée de passages dus aux autres membres du groupe : , un morceau à l'orgue de Hugh Banton inspiré d'Olivier Messiaen ; , construit autour d'un riff de piano de Guy Evans ; et le thème final , composé par David Jackson.

Pochette et photographie

Le titre de l'album provient d'une contrepèterie accidentelle : un jour, en voulant dire (« je vais aller enregistrer quelques parties de cuivres supplémentaires »), David Jackson dit au lieu de .

La pochette de est conçue par Paul Whitehead, un artiste qui travaille régulièrement avec les artistes de Charisma Records. L'illustration, qui représente la planète Terre entourée d'un rideau devant laquelle se découpent des silhouettes en forme de pièces de jeu d'échecs, provient d'une instruction de Peter Hammill, qui explique à Whitehead : « que l'on soit prince ou pauvre ou quoi que ce soit d'autre, on est toujours un pion ». Une photographie des membres du groupe prise par Keith Morris orne l'intérieur de la pochette.

Fiche technique

Titres

a été réédité en 2005 avec cinq titres bonus :

Musiciens

Van der Graaf Generator

Peter Hammill : chant, guitare acoustique, guitare slide, Grand piano, piano électrique David Jackson : saxophones ténor, alto et soprano, flûte, chœurs Hugh Banton : orgue Hammond, orgue Farfisa, piano, mellotron, synthétiseur ARP, pédales basse Taurus Moog, basse, chœurs Guy Evans : batterie, tympanon, percussions, piano

Musicien supplémentaire

Robert Fripp : guitare électrique sur "Lemmings", "Man-Erg", et "A Plague of Lighthouse Keepers"

Équipe de production

: production Robin Cable, David Hentschel, Ken Scott : ingénieurs du son Paul Whitehead : pochette Keith Morris : photographie

Références

Bibliographie

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Liens externes

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