Indiana Jones et le Temple maudit (Indiana Jones and the Temple of Doom) est un film d'aventures américain réalisé par Steven Spielberg, d'après un script de Willard Huyck et Gloria Katz, produit et coécrit par George Lucas.
Sorti le , le film est un succès au box-office, avec 333,1 millions de dollars de recettes mondiales, ce qui en a fait le film le plus rentable de l'année.
À sa sortie, l’accueil critique a été mitigé : le film a été critiqué pour sa violence et son ton plus sombre, ainsi que controversé pour sa représentation de l’Inde. Avec le temps, l’opinion critique s’est améliorée, saluant notamment son intensité et son imagination.
À la suite des plaintes sur certaines scènes violentes (et à des critiques similaires visant Gremlins, produit par Spielberg et sorti deux semaines plus tard), Spielberg a suggéré à la MPAA d’ajuster son système de classification : cela a conduit, dans les deux mois, à la création du classement PG-13. Le film a été nommé à l’Oscar de la meilleure musique originale et a remporté l’Oscar des meilleurs effets visuels.
Ce film est en fait une préquelle du premier, Les Aventuriers de l'arche perdue, sorti en 1981, et dont l'histoire se passe un an plus tard, en 1936. Un troisième film, Indiana Jones et la Dernière Croisade, est sorti en 1989, suivi dIndiana Jones et le Royaume du crâne de cristal en 2008 et dIndiana Jones et le Cadran de la destinée en 2023.
Synopsis En 1935, à Shanghaï, Indiana « Indy » Jones (Harrison Ford) tente de conclure un échange avec le gangster Lao Che (Roy Chiao), mais il est trahi, empoisonné, et s’enfuit de justesse avec Wilhelmina « Willie » Scott (Kate Capshaw), une meneuse de revue, et Demi-Lune (Ke Huy Quan), un jeune garçon débrouillard. Après avoir embarqué sur un avion piégé, ils survivent à un crash et se retrouvent en Inde, dans un village misérable dont les enfants ont été enlevés et Shiva Lingam, la pierre sacrée volée. Indiana accepte d’aider les habitants et remonte la piste jusqu’au palais de Pankot.
Accueilli par Zalim Singh, le jeune maharadjah et son entourage, il comprend vite qu’on lui cache quelque chose. En explorant les souterrains du palais, Indy, Willie et Demi-Lune découvrent une secte des Thugs dirigée par le grand prêtre Mola Ram (Amrish Puri), qui pratique des sacrifices au nom de Kâlî et utilise les enfants comme esclaves dans une mine pour retrouver les pierres de Sankara. Indy et Willie sont capturés. Indy est placé sous emprise par une potion, tandis que Willie est destinée au sacrifice. Grâce à Demi-Lune, Indy reprend ses esprits, déjoue le rituel, libère les enfants et récupère les pierres. S’ensuit une fuite haletante à travers les mines, puis un affrontement final sur un pont suspendu, où Mola Ram est vaincu. De retour au village, Indy rend la pierre sacrée et les enfants, tandis que sa relation avec Willie se conclut sur une note romantique.
Fiche technique
Titre original : Titre français et québécois : Indiana Jones et le Temple maudit Réalisation : Steven Spielberg Scénario : Willard Huyck et Gloria Katz, d'après une histoire de George Lucas Musique : John Williams Direction artistique : Roger Cain et Alan Cassie Décors : Elliot Scott Costumes : Anthony Powell Maquillage : Connie Reeve, Peter Robb-King et Tom Smith Photographie : Douglas Slocombe et Paul Beeson (prises de vues additionnelles) Son : Ben Burtt, Gary Summers, Randy Thom Montage : Michael Kahn Production : Robert Watts Production déléguée : George Lucas et Frank Marshall Production associée : Kathleen Kennedy Sociétés de production : , présenté par Sociétés de distribution : (États-Unis, Québec), (France) Budget : . Pays de production : Langues originales : anglais, sinhala, hindi Format : couleur (DeLuxe) Version — 2,39:1 (CinemaScope / Panavision) — son Dolby stéréo Version — 2,20:1 (Panavision 70) — Son stéréo 6 pistes Genre : aventure, action, fantastique Durée : Dates de sortie : États-Unis, Canada : . France : Belgique : Classification : États-Unis : des scènes peuvent heurter les enfants - accord parental souhaitable () France : tous publics (conseillé à partir de ) .. Belgique : tous publics (). Québec : et plus () requalifié en 2003 tous publics - déconseillé aux jeunes enfants ()
Distribution
Source et légende : Version française (V. F.) sur Voxofilm« Fiche du doublage français du film » sur Voxofilm, consulté le 30 novembre 2014
Production Genèse et développement Spielberg a raconté que, lorsque George Lucas lui a proposé Les Aventuriers de l’arche perdue, Lucas lui a dit qu’en réalisant le premier film il devrait en faire une trilogie — alors qu’en réalité, ils ont dû inventer les histoires suivantes au fur et à mesure. Tous deux ont expliqué le ton plus sombre du Temple maudit par leur état d’esprit après des ruptures amoureuses, Lucas voulant aussi un “deuxième volet” sombre comme pour L’Empire contre-attaque.
Pour éviter de réutiliser les nazis, Lucas situe l’intrigue un an avant le premier film Les aventuriers de l'arche perdue. Le développement a connu plusieurs pistes abandonnées : poursuite sur la Grande Muraille, vallée de dinosaures, Roi singe, ou bien même un château hanté en Écosse — finalement remplacé par un temple démoniaque en Inde. Lucas pose alors les bases : une secte, esclavage d’enfants, magie noire et sacrifices. Lawrence Kasdan refuse d’écrire le scénario, jugé trop “méchant”, et Lucas engage Willard Huyck et Gloria Katz, notamment pour leur connaissance de la culture indienne (avec Gunga Din comme influence).
Beaucoup de scènes emblématiques viennent d’anciennes idées ou brouillons du premier opus (bagarre à Shanghaï, évasion de l’avion, raft, course en wagonnets). L’ouverture en numéro musical vient aussi d’une autre idée de Lucas. Pour introduire la secte et “tenir” le public, ils choisissent la scène du banquet volontairement répugnante (insectes, “cervelles de singes”, etc.). Le scénario est écrit très vite sous pression, subit plusieurs réécritures, change de titre (Temple of Death vers Temple of Doom), et certaines scènes prévues sont coupées (dont une avec un serpent autour de Willie). Enfin, Harrison Ford récupère plusieurs répliques initialement destinées à Demi-Lune.
Attribution des rôles L'actrice Sharon Stone est pressentie pour le rôle de Willie, finalement interprété par Kate Capshaw..
Ce film est l'occasion des retrouvailles entre deux grands acteurs indiens, Roshan Seth et Amrish Puri, qui avaient tourné deux ans plus tôt aux côtés de leur compatriote Ben Kingsley dans Gandhi de Richard Attenborough.
Tournage thumb|Harrison Ford avec le producteur sur le tournage du film au Sri Lanka.
Le script ayant déplu aux autorités indiennes, celles-ci refusent de donner une autorisation de tournage sur leur territoire. Le tournage commence donc à Kandy au Sri Lanka, le , à proximité d'un endroit où une société d'ingénierie britannique était en train de construire un barrage. Pour la construction du pont suspendu au-dessus de la gorge, l'équipe du film fait donc appel à cette société. Le tournage se poursuit aux studios d'Elstree à partir du . Aussi, pour simuler le sectionnement du pont par le coup de sabre d'Indy, des pétards ont été placés au centre des cordages.
Durant le tournage, l'acteur principal Harrison Ford souffre de problèmes de disques intervertébraux, au point même de se faire une hernie discale en jouant la scène du corps à corps entre Indy et un thug dans la chambre du palais. L'acteur est rapatrié d'urgence aux États-Unis pour une hospitalisation de six semaines. Le réalisateur Steven Spielberg continue malgré tout les prises de vues avec le cascadeur Vic Armstrong. Le réalisateur filme notamment la scène de la bagarre opposant Indy et le colossal assaillant Thug qui finit écrasé par le concasseur, le héros n'étant filmé que de dos et de loin (pour ne pas révéler le visage d'Armstrong à l'image). Lorsque Harrison Ford revient sur le plateau, Steven Spielberg filme quelques gros plans de son visage pour rendre la scène plus crédibleDocumentaire Indiana Jones : Créer la trilogie, 2003..
L'acteur indien D. R. Nanayakkara, ne parlant pas anglais, se contente de répéter les répliques que Spielberg lui souffle. Ce détail est marqué par le fait que le personnage effectue une pause entre chaque phrase.
Pour le tournage de la scène de la course en wagonnet dans la mine, les ingénieurs du son enregistrent les bruits à l'intérieur de l'attraction Big Thunder Mountain de Disneyland The Imagineers, Disneyland: An Imagineer's-Eye Tour , 38.
Pour les scènes extérieures du Palais de Pankot, l'équipe s'est inspirée directement du fort d'Amber de la ville de Jaipur au Rajasthan.
Musique Musique préexistante Anything Goes de Cole Porter
Bande originale La bande originale rassemble la musique du film de 1984, composée et dirigée par John Williams, interprétée par la Hollywood Studio Symphony, avec des orchestrations de Herbert W. Spencer et Alexander Courage. Sortie en 1984 (CD, vinyle, cassette), elle a été rééditée en 2008.
La première édition vinyle, limitée à environ 40 minutes, ne contenait pas plusieurs morceaux du film. Après l’édition étendue du premier opus en 1995, l’espoir d’une version plus complète s’est concrétisé en via Concord Music Group, dans un coffret de 5 CD réunissant aussi les bandes originales des autres films Indiana Jones. TitreDurée1Anything Goes2:492Indy Negociates3:583The Nightclub Brawl2:314Fast Streets of Shanghai3:395Map / Out of Fuel3:226Slalom on Mt. Humol2:247Short Round's Theme2:288The Scroll / To Pankot Palace4:249Nocturnal Activities5:5410Bug Tunnel / Death Trap3:2911Approaching the Stones2:3912Children in Chains2:4213The Temple of Doom2:5914Short Round Escapes2:2115Saving Willie3:3516Slave Children's Crusade3:2317Short Round Helps4:5018The Mine Car Chase3:4119Water!1:5520The Sword Trick1:0421The Broken Bridge / British Relief4:4722End Credits6:20
Accueil Accueil critique
Sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes, le film obtient un score de 84 % d'avis favorables, sur la base de 68 critiques collectées et une note moyenne de 7,10/10 ; le consensus du site indique : . Sur Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 57 sur 100, sur la base de 14 critiques collectées ; le consensus du site indique : ..
En 2008, le magazine Empire classe le film à la de sa liste des « 500 meilleurs films de tous les temps »..
Jacques Lourcelles, dans son Dictionnaire du cinéma juge le film supérieur au précédent opus, Les Aventuriers de l'arche perdue, mais regrette que la plupart des idées aient été empruntées aux films d'aventures exotiques tels que le pratiquait autrefois Hollywood, avec simplement un humour plus moderne visant à rendre le spectateur complice des péripéties. Il note l'absence de consistance des personnages, indiquant que leur seule raison d'être est d'échapper à mille morts, typique du cinéma de Spielberg, caractérisé par en dépit de sa Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, tome 3, , Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1992, p.741-742.
Box-office Le film rapporte au box-office mondial, dont aux États-Unis. C'est le troisième film à avoir réalisé le plus de recettes en 1984 aux États-Unis, derrière Le Flic de Beverly Hills et SOS Fantômes.. En France, le film réalise ..
Distinctions Entre 1984 et 2019, le film Indiana Jones et le Temple maudit est sélectionné dans diverses catégories et a remporté 7 récompenses ...
Récompenses 1984 Jupiter Awards : Meilleur film international pour Steven Spielberg Meilleur acteur international pour Harrison Ford
1985 British Academy Film Awards : meilleurs effets visuels pour George Gibbs, Michael J. McAlister, Dennis Muren et Lorne Peterson Goldene Leinwand : Golden ScreenGolden Screen : Oscars : meilleurs effets visuels pour George Gibbs, Michael J. McAlister, Dennis Muren et Lorne Peterson