François Monchâtre, né le à Coulonges-sur-l'Autize dans les Deux-Sèvres, est un artiste français.

Biographie

De 1946 à 1950, François Monchâtre suit des études à l'École des métiers d'art de Paris et se spécialise grâce à une formation en vitrail et peinture sur verre donnée par l'atelier de Max Ingrand. En 1952, il quitte Paris pour s'installer à La Rochelle où il commence à peindre.

De son enfance et de ses diverses expériences professionnelles (liftier, garçon d'ascenseur, marionnettiste au cabaret de la Rose rouge, étalagiste aux Dames de France…), il tire sa passion pour la nature et son regard ironique sur le monde.

De 1963 à 1975, Monchâtre expose chez Iris Clert où il côtoie Tinguely, Arman, Klein, César et Gaston Chaissac. Il réalise ses premières Automaboules en métal peint et ses OPNI (Objets peints non identifiés).

À partir de 1970, il élabore une série de machines à rêver, en utilisant du bois, du plomb et des miroirs, singuliers dispositifs aux rouages poétiques et totalement inutiles, reflet des mécanismes qu'il admire depuis son enfance où il s'ingéniait à bricoler.

En 1975, il rejoint l'atelier Jacob dirigé par Alain Bourbonnais. Ce dernier, architecte et proche de Dubuffet, rassemble les œuvres des « singuliers de l'art », et consacre le numéro 2 des Cahiers d'art Hors-les-Normes aux machines et gravures de Monchâtre en 1980. Plusieurs machines sont toujours à la Fabuloserie à Dicy dans l'Yonne, musée permanent du couple Bourdonnais.

En 1989, pressé par son ami peintre Alain Lacoste, Monchâtre rejoint les Jardiniers de la mémoire et le musée de la création franche de Gérard Sendrey à Bègles.

La galerie Treger l'accueille à partir de 1992 et, en 2001, à l'occasion d'Art Paris au Carrousel du Louvre, Richard Treger lui consacre entièrement son stand.

À partir de 1990, Luis Marcel, galeriste et fondateur de L'Art en marche à Lapalisse, le montre dans l'exposition « Art brut et compagnie » à la Halle Saint-Pierre à Paris ou à l'« Outsider Art Fair » à New York en 2001 et en 2003.

En 2022, après une première exposition commune à Paris en 1972, les œuvres de François Monchâtre retrouvent celles d'Alain Pauzié, 50 ans plus tard, lors d'une exposition-rétrospective, intitulée "Des bons à rien et des crétins", présentée à la Collégiale de Loudun et mise en scène par Didier Bénesteau.

Un imaginaire détonnant

Bien que fréquemment cité dans des ouvrages consacrés à l'art brut, Monchâtre se révèle inclassable et réfractaire aux étiquettes. Il réalise des « peintures bavardes » avec, pour personnage principal, le Crétin. Personnage anguleux, toujours de profil, cravaté et raide dans son imperméable, il symbolise tous les petits chefs et détenteurs de pouvoirs tyranniques.

Il est difficile de classer l'œuvre de Monchâtre ; il y est cependant reconnu des lignes de forces : une technicité pleine de ressources au service d'un imaginaire étonnant, une satire tempérée par la poésie et le charme des rencontres incongrues de mots et d'images, qui font de Monchâtre un authentique héritier du surréalisme. D’une grande créativité, fasciné par l’absurde et doué d’un humour décapant, Monchâtre offre un regard à la fois poétique et critique sur la société.

Citations

« Ces machines que je fabrique, dans le fond, je les avais construites, disons, dans ma jeunesse. Parce qu’au moment des battages, c’était une attraction formidable, on fabriquait des batteuses, des outils aratoires. En définitive, ces mécanismes-là, les «automaboules » sont la suite de ma jeunesse. C’est des voitures de dingues, parce, dès le moment où on monte dans une voiture, on est un couillon. Les gens perdent leur politesse. Ils deviennent agressifs. Ils regardent le compteur. Il suffit d’un moment d’inattention, un coup de volant à gauche, on fout un vélo en l’air… C’est ça l’ennui de la voiture, et quand on voit la tête des gens en voiture, drôles de têtes ! On voit un individu qui met en route une tonne, montée sur quatre roues, avec ça on peut faire du mal… » « Ce que je fais n’est pas reconnu par la société, mais c’est un travail, en définitive. Tout mon travail, je le fais avec plaisir, car si on fait n’importe quel boulot sans plaisir, c’est abominable.»

- François Monchâtre - La Fabuloserie, 2011

Expositions Quelques musées et salons ayant accueilli les œuvres de Monchâtre :

À l'étranger : Venise, Dusseldorf, Dallas, Londres, Munich, Cologne, Bruxelles, Zurich, Saragosse, New York En France : Paris, Festival d'automne, Salon Comparaisons, Grands et Jeunes d'aujourd'hui, musée d'art moderne de la ville de Paris, salon des artisans d'Art, Art Élysées, Collégiale de Loudun. Collections publiques : Fonds national d'art contemporain, musée d'art moderne de Saint-Étienne, la Fabuloserie, musée de Tessé au Mans, Musée de la création franche à Bègles

Expositions récentes 2013 : « Raw Vision », Halle Saint-Pierre, Paris « Les plaisirs démoniaques », galerie Lelia Mordoch, Paris 2022 : « Des bons à rien et des crétins » Collégiale Sainte Croix, Loudun 2026 « Aéroport François Monchâtre — Embarquement immédiat ! » Espace Nominoë, Dol-de-Bretagne

Bibliographie Monchâtre, textes de Michèle Nikitine, Jean-Jacques Lévêque, Caroline Bourbonnais, et al., Nantes, Éd. Joca Seria, 2005 La Fabuloserie : art hors-les-normes, catalogue d'exposition24 septembre - 12 novembre 1983., préface de Michel Ragon, Dicy, La Fabuloserie-Bourbonnais, 1983 « The World of François Monchâtre » in Raw Vision , Bernard Chérot, 2001 François Monchâtre, Michèle Bordier-Nikitine, Musée de Tessé Le Mans, 1987 L'Humour dans l'art contemporain, Espace Belleville, 2001 François Monchâtre, créateur singulier, 2026

Notes et références

Liens externes

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