L'Organisation des États turciques est une organisation internationale regroupant les États de langues turciques. Elle est fondée en tant que Conseil turcique (, , , , ) le à Nakhitchevan (Azerbaïdjan) par l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Turquie. La Hongrie en est devenue un État observateur en 2018.. Lors du à Istanbul, le Conseil turcique s'est reformé en organisation et prend le nom d'Organisation des États turciques.. À cette occasion, l'Ouzbékistan rejoint l'organisation et le Turkménistan en est devenu le second État observateur avant de devenir membre en 2022..
L'objectif de cette coopération est de promouvoir le développement fraternel entre ces pays partageant des langues de la même famille et de permettre une coordination générale. Leurs domaines d’actions sont, entre autres, économiques et énergétiques mais aussi et surtout culturel. Au-delà d'une réelle approche multilatérale effective, cette organisation permet de mettre en réseau ces différents États.
Composition États membres
Pays Population Superficie () Date de début 3 octobre 2009 3 octobre 2009 3 octobre 2009 15 octobre 2019 3 octobre 2009
États observateurs
Pays Population Superficie () Date de début 3 septembre 2018 12 novembre 2021 11 novembre 2022
Secrétaires généraux
NomPaysDébut de mandatFin de mandat1Halil Akıncı3 octobre 200916 septembre 20142Ramil Hasanov16 septembre 20143 septembre 20183Baghdad Amreyev3 septembre 201811 novembre 20224Kubanychbek Omuraliev11 novembre 2022
Sommets
#DatePaysVilles du Conseil turcique 20–21 octobre 2011Almaty du Conseil turcique 22–23 août 2012Bichkek du Conseil turcique 15–16 août 2013Qabala du Conseil turcique 5 juin 2014Bodrum du Conseil turcique 11 septembre 2015Astana du Conseil turcique 3 septembre 2018Cholpon-Ata du Conseil turcique 15 octobre 2019Bakou du Conseil turcique 12 novembre 2021Istanbul de l'Organisation des États turciques11 novembre 2022Samarcande de l'Organisation des États turciques3 novembre 2023Astana de l'Organisation des États turciquesBishkek de l'Organisation des États turciquesGabala
Institution Le Conseil turcique a trois capitales, Istanbul (Turquie), Bakou (Azerbaïdjan) et Astana (Kazakhstan), et un bureau à Budapest depuis 2019. Istanbul est la capitale administrative, Bakou est la capitale de l'Assemblée parlementaire et Astana est la capitale de l'Académie turcique.
Drapeau Le drapeau du Conseil turcique a été présenté au public lors de la conférence de presse du Conseil des ministres des Affaires étrangères qui a précédé le deuxième sommet du Conseil turcique qui s'est tenu le à Bichkek. Il contient les éléments des drapeaux nationaux des États membres fondateurs du Conseil turcique. Ainsi, il est composé de l'étoile du drapeau de l'Azerbaïdjan, de la couleur bleue du drapeau du Kazakhstan, du soleil du drapeau du Kirghizistan et du croissant du drapeau de la Turquie. Ce drapeau, ainsi que ceux des États membres, ont été solennellement hissés au mât par Noursoultan Nazarbaïev, président fondateur de la république du Kazakhstan, et Abdullah Gül, président de la république de Turquie, au siège administratif du Conseil turcique, à Istanbul, le .
Origine historique À la suite de la chute de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1991, la Turquie va se rapprocher des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale. La zone territoriale du Caucase et de l’Asie centrale devient un enjeu stratégique pour Ankara. À la suite du retrait du « Grand voisin du Nord », la Turquie apparait pour les puissances de l’Ouest comme un moyen de faciliter la transition économique libérale et démocratique des républiques turcophones pour faciliter les échanges avec l’Occident. Insérée dans l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) et proche de l’Union européenne, la Turquie représente un moyen indirect de lutte contre les puissances fondamentalistes de l’Iran et de l’Arabie Saoudite.
Néanmoins, les républiques turcophones de l’Azerbaïdjan, du Kazakhstan, de Kirghizistan et de l’Ouzbékistan connaissent des difficultés économiques importantes. Le revenu par habitant s’avère être en dessous de la moyenne de l’ex-URSS. La croissance est également plus lente avec un rapport au revenu moyen par habitant de l’URSS passé de trois quarts en 1970 à moins de deux tiers en 1990.
Sous le régime soviétique ces difficultés étaient compensées via des transferts budgétaires. Toutefois, après la fin de ce régime les républiques turcophones se retrouvent face à elles-mêmes, ayant des déséquilibres internes très affaiblis ainsi que des besoins de financement important. Au niveau des échanges commerciaux, les déficits sont également élevés, hormis pour l’Azerbaïdjan. En outre, ces États connaissent un goulet d’étranglement d’ordre structurel et financier.
À cette époque, les relations commerciales avec la Turquie sont relativement faibles. En 1992, le volume des échanges s’établissait à 283,7 millions de dollars, soit 0,8% du commerce extérieur de la Turquie.
Domaines d'actions
Coopération économique À l’occasion de l’ouverture de la Turcophonie, la Turquie s’est dotée de l’Agence Turque de Coopération et de Développement (TIKA).
Le décret-loi statutaire du ministère des Affaires étrangères a créé cette organisation en 1999. En 2001, l’ensemble des règles de l’organisation a été défini au travers la « loi sur "l'organisation et les tâches de la Direction turque de la coopération et du développement".
Cette agence fut organisée en deux départements aux missions différentes. Le premier département fut chargé des questions économiques, commerciales et techniques (Ekonomik Ticari ve Teknik İşbirliği Dairesi) et le second chargé des affaires sociales et culturelles (Eğitim Kültür ve Sosyal İşbirliği Dairesi).
La TIKA devient alors un instrument économique privilégié pour accroître les échanges entre la Turquie, l’Asie centrale et les Balkans mais aussi avec l’Amérique latine, l’Afrique ou encore les îles du Pacifique.
Au-delà de l’agence TIKA, la coopération économique des républiques turcophones et de la Turquie passe par d’autres collaborations concrètes, notamment avec de grandes multinationales. Les petites et moyennes entreprises sont également amenées à travailler conjointement afin de maintenir une activité économique dynamique dans la région.
Néanmoins, les réalisations économiques du Conseil turcique s’avèrent peu effectives par rapport à d’autres domaines d’actions.
Le , le Fonds turcique d'investissement est créé a Istanbul ; traduction approximative : Proposition de loi sur l’accord d’établissement du fonds d’investissement turc est en TBMM..
Coopération énergétique L’énergie représente également un enjeu de collaboration important pour les États membres du Conseil turcique. En effet, la Turquie dispose de ressources énergétiques importantes dans la région d’Asie centrale. Depuis 2005, l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) transporte sur 1776 km le pétrole brut du champ pétrolifère d'Azeri-Chirag-Guneshli sur la mer Caspienne jusqu'à la mer Méditerranée. Ce projet implique directement l’Azerbaïdjan puisque l’oléoduc prend racine à Bakou.
Le projet du Gazoduc transanatolien (TANAP) constitue également un enjeu de coopération énergétique majeur dans la région. Ayant pour but un acheminement en gaz naturel de l’Azerbaïdjan jusqu’à l’Europe via la Turquie, ce gazoduc est présenté comme le symbole de l’amitié et la fraternité entre la Turquie et l’Azerbaïdjan en Anatolie. L’inauguration du projet TANAP a eu lieu le à Eskisehir, en Turquie en présence de Mustafa Akinci, président de la république turque de Chypre du Nord, Aleksandar Vucic, président de la république de Serbie, Petro Porochenko, président d’Ukraine, le président de la république d’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev et Recep Tayyip Erdogan, président de la république de Turquie. La coopération énergétique constitue donc un enjeu important pour les États membres du Conseil turcique mais l’action concrète de cette organisation au sein de cette thématique reste limitée.
Le , la Turquie et le Turkménistan signent un nouvel accord gazier qui consiste à transporter le gaz turkmène vers la Turquie, puis vers l'Europe.
Coopération culturelle
Alphabet Une des mesures les plus symboliques en matière culturelle fut l’adoption de l’alphabet latin au détriment de l’alphabet cyrillique par les républiques turcophones, encouragées par la Turquie. L’Ouzbékistan, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ont en effet approuvé l’alphabet latin, rejoints par le Kazakhstan. La Turquie a proposé son assistance à ces pays pour changer d’alphabet sous la supervision du Ministre de la Culture Turc et de l’Association pour la Langue Turque afin de promouvoir une communication simplifiée entre les pays. Le 6 Mai 2024, la commission de l'alphabet commun du monde turcique est réunie pour la 2ème fois à Bakou
TÜRKSOY L’Organisation internationale pour la culture turque (TÜRKSOYInterview Stéphane de Tapia pour les Cafés géographiques de Rennes) constitue une institution dévouée à la promotion de la culture turque, pouvant être comparée à l’UNESCO pour le monde turc. En 1992, les ministres de la culture de l'Azerbaïdjan, du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l'Ouzbékistan, de la Turquie, et du Turkménistan déclarèrent leur engagement à coopérer pour un cadre culturel commun. Le à Almaty, un accord entre ces pays conduisit à la naissance de cette organisation internationale. Elle permet désormais le travail entre plusieurs acteurs (associations, ministères, municipalités) d’Asie centrale pour promouvoir cette culture. Elle vise aussi à promouvoir des figures intellectuelles comme Oljas Souleïmanov, Abdulla Oripov, and Tchinguiz Aïtmatov. Le , la Fondation Turcique de la culture et de l'héritage est créé à Bakou.
Éducation L’éducation représente également un enjeu important pour la coopération entre les États turcophones. Beaucoup d’échanges universitaires ont lieu entre la Turquie et les quatre États turcophones, et inversement. Des programmes universitaires communs sont aussi permis notamment grâce au « Big student projet », programme du ministre de l’éducation après la chute de l’URSS pour développer les échanges universitaires. Plusieurs bourses universitaires sont mises en place pour faciliter ces échanges mais dans les faits celles-ci sont parfois insuffisantes pour que les ressortissants des quatre autres États viennent étudier en Turquie. Deux grandes universités ont joué un rôle majeur pour faciliter ce partenariat universitaire dont l’université Ahmet Yesevi, du nom du protagoniste ayant contribué au développement d’un mysticisme islamique commun à l’Asie Centrale et l’Anatolie. Cette université turque est implantée au Kazakhstan et Kirghizstan. L’université de Manas dispose également d’un rôle majeur, créée au Kirghizstan en 1995, du nom de la figure littéraire ayant contribué à l’histoire et l’identité littéraire du Kirghizstan. Le programme Orhun, est un programme d'échange d'étudiants et d'enseignants entre les universités turciques.
Religion