thumb|Bouton SOS E-call dans une Volkswagen e-Golf.
L'eCall est une initiative de la Commission européenne visant à introduire dans tous les véhicules vendus dans l'Union européenne un système d'appel d'urgence automatique basé sur un service public, permettant à une voiture accidentée d'appeler instantanément via un réseau de téléphonie mobile les services d'urgence et d'envoyer sa position précise, que ses occupants soient conscients ou non, et quel que soit le pays de l'UE dans lequel elle se trouve. Ce système, basé sur le E112 (Signifiant « augmenté ». 112), ou NG112 ()., c'est-à-dire le numéro unique d'urgence européen 112 amélioré par la géolocalisation, permet une intervention des services d'urgence plus rapide, adaptée à la sévérité de l'accident et au type de véhicule impliqué, réduisant ainsi la mortalité et la gravité des blessures résultant des accidents de la routeeSafetySupport.org: études sur l'impact de l'eCall..
Le , le Parlement européen a rendu obligatoire l'équipement par les constructeurs de tous les nouveaux modèles de véhicules avec le système eCallRésolution législative P8_TA(2015)0099 du Parlement européen du 28 avril 2015 pour le déploiement du système eCall embarqué fondé sur le service 112.. La mesure entre en application à partir du , mais l'ensemble du parc ne sera équipé qu'en 2035..
La mise en application de l'eCall reste sujette à polémique : le dispositif de géolocalisation, de communication vocale et d'identification qu'il comporte constitue un danger pour les libertés : en cas de détournement de cette technique, il pourrait permettre de suivre les déplacements de la population en temps réel, d'enregistrer à distance les conversations de l'habitacle ou de constituer un moyen de contrôle routier. La législation actuelle apporte cependant des garanties théoriques à ce niveau.
Objectifs Pour l'Union européenne, l'objectif est de réduire la mortalité routière de annuellement en Europe, avec une réduction de la gravité des conséquences des blessures., dans un contexte où meurent chaque année dans des accidents et restent handicapées à vie..
Le label eCall a été formé en accolant les mots de la langue anglaise “emergency“ et “call“..
Principe de fonctionnement vignette|redresse=1.3|Lors de la détection d'un accident (1), l'équipement utilise les informations des satellites GPS (A et B) pour calculer sa position ou géolocalisation (2) ; il se connecte à une antenne-relais (C) (3), envoie les données numériques et établit une communication vocale (4) ; l'opérateur (D) interroge les occupants du véhicule (5) et demande ou envoie les secours appropriés (6).
Lorsque les capteurs du véhicule détectent un accident (par exemple quand un coussin gonflable de sécurité (« airbag ») est déclenché), le système eCall d'un véhicule active sa carte SIM et lance un appel à destination du centre d'appel d'urgence par l'intermédiaire du 112. En cas de non-déclenchement du système, ou si les occupants d'un véhicule assistent à un accident sans pour autant y être impliqués, l'eCall peut être activé manuellement. Une communication vocale s'établit alors automatiquement entre l'opérateur du centre d'appel d'urgence et le véhicule, afin que les passagers puissent donner des détails sur la situation s'ils ont la capacité de le faire. Dans le même temps, l'opérateur du centre d'appel d'urgence reçoit un ensemble minimal de données (le MSD – Minimum Set of Data), qui inclut la localisation de l'accident (provenant directement du système de positionnement par satellites du véhicule), le type du véhicule (par l'intermédiaire du code VIN) et de manière optionnelle les données du système de bord. Il sait également si l'eCall a été déclenché automatiquement ou manuellement. En fonction de toutes les informations récoltées, l'opérateur du centre d'appel d'urgence déploie les moyens adaptés pour faire face à la situation.
Le système étant prévu pour fonctionner dans tous les pays de l'Union européenne il a été soumis aux discussions de nombreux groupes de travail de normalisation (CEN, ETSI et 3GPP) pour aboutir à l'adoption de protocoles de communications standardseSafetySupport.org : statut des différents groupes de travail pour le développement de standards pour l'eCall. Il est également prévu que les opérateurs des centres d'appel d'urgence soient capables de travailler dans plusieurs langues étrangères.
Différentes solutions privées sont aujourd'hui proposées en option par des constructeurs automobiles. Certains services intègrent une fonction internationale qui n'est par contre pas accessible dans tous les pays de l'Union européenne.
Des projets de recherche se penchent sur l'adaptation de l'eCall aux deux-roues motoriséssaferider-eu.org : site du projet de recherche Saferider. Si le système de déclenchement n'est pas encore fixé, les perspectives d'impact sur cette catégorie d'utilisateurs vulnérables sont très positivesSpringerlink.com : étude d'impact de l'appel d'urgence automatique par le centre de recherche finlandais VTT.
Centre d'appel
On distingue deux catégories de centres d'appel: les PSAP et les TPSP.
Un appel d'urgence est traditionnellement acheminé dans la région de l'appelant par le réseau téléphonique vers le centre de réception des appels d'urgence (en anglais , PSAP) le plus approprié. Ce centre de réponse public répond à l'appel, évalue la situation et oriente l'appelant vers l'assistance d'urgence appropriée, si nécessaire.
Les appels d'urgence peuvent aussi régulièrement être émis par un organisme pour le compte d'un tiers, en tant que service. Ces organismes sont considérés comme des prestataire de services tiers (en anglais, Third-Party Service Provider (TPSPs)). Le tiers ajoute un délai mais peut filtrer les appels.
Les voitures commercialisées sont soit configurées pour appeler directement le centre de réception des appels d'urgence (PSAP), soit pour appeler le prestataire de services tiers (TPSP) choisi au moment de la configuration, conformément à la réglementation qui permet ces deux fonctionnementsEmergency Communications from Third-Party Service Providers, EEMA, 24 mai 2022, https://eena.org/knowledge-hub/documents/emergency-communications-from-third-party-service-providers/.
Centre d'appels en France Dans la version française de la législation européenneRèglement (UE) 2015/758 du 29 avril 2015 concernant les exigences en matière de réception par type pour le déploiement du système eCall embarqué fondé sur le service 112 https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32015R0758&from=CS, le PSAP est dénommé « centre de réception des appels d'urgence » et le TPS « prestataire de services tiers ».
En France, le centre d'appel est centralisé.
Les autorités ont délégué pour une durée de sept années l'activité de plate-forme chargée de contacter les passagers du véhicule au Syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA), qui avait déjà l'expérience de gestion des services de SOS “privés” des constructeurs de type PSA.
De ce fait, le coût du service est pris en charge par les assureurs et leurs filiales spécialisées dans l’assistance.
Ainsi, le marché est en partie tenu par IMA (MAIF, MACIF et Matmut) et Mondial Assistance (Allianz).
Pour assurer cette activité 24 heures sur 24, deux équipes de dix personnes ont été mises en place.
Le SNSA a pour objectif de répondre en 13 secondes et de décider de la nécessité de contacter les secours en 75 secondes.
L'appel est réceptionné par une plateforme informatique et renvoie les appels vers des assistants humains qui servent de relais avec les services ad-hoc comme les secours ou les assistances des assurances..
Depuis 2013, des « chargées d’urgence » d'Inter Mutuelles Assistance (IMA) à Niort répondent aux appels des eCall générés automatiquement par les véhicules ou par l'appui par un des occupants sur le bouton de SOS. .
Les appels à IMA sont réceptionnés dans un Open Space où certains appels sont reçus en anglais, allemand, espagnol, portugais, italien et français.
Au cours de l'année 2021, en France, la plateforme du SNSA a traité eCall par le 112..
Impact sur l'amélioration des secours routiers
L'impact envisagé d'une introduction de l'eCall se situe sur plusieurs niveaux, et dépend en partie de la situation de l'accident. L'impact prévu est très positif dans le cas d'un véhicule seul accidenté sur une route peu empruntée, lorsque le ou les occupants du véhicule sont inconscients ou ne peuvent communiquer précisément leur position. Il l'est dans une moindre mesure dans le cas d'un accident entre plusieurs véhicules sur une route surveillée et passante (autoroutes, milieu urbain), où la signalisation d'un accident et sa localisation sont plus aisées.
Temps d'arrivée des secours
La réduction du temps d'arrivée des secours sur le lieu d'un accident permet de diminuer de manière significative la gravité des blessures des accidents de la route. D'après le concept d'heure d'or, un blessé grave a en effet un taux de survie maximum s'il est opéré dans l'heure qui suit l'accident. La possibilité d'informer immédiatement de l'accident les autres usagers de la route, ainsi que la réduction du temps d'arrivée des autres services de sécurité pour baliser la zone d'accident et régler ou, éventuellement, dévier le trafic, permet d'éviter les suraccidents, assure la sécurité du personnel des services d'urgence médicale et génère une meilleure fluidité du trafic.
Le système pourrait réduire le temps de réponse des secours de parfois jusqu’à 60 % en zone urbaine et parfois jusqu'à 50 % et en zone ruralehttps://www.planet-sansfil.com/lunion-europeenne-impose-la-fonction-ecall-sur-tous-les-vehicules-bmw-va-plus-loin/ ou bien jusqu’à 40 % en zone urbaine et parfois jusqu'à 50 % et en zone rurale..
Durée de l'intervention
La désincarcération des occupants de véhicules accidentés est une opération délicate et souvent longue. Les équipes de secours ont développé des procédures efficaces pour faire face aux différentes situations, mais la diversité et la solidité des véhicules modernes compliquent souvent la tâche. D'après une étude de l'ADAC (automobile club allemand), 40 % des interventions sur des véhicules construits entre 1990 et 1992 durent moins de 50 minutes, contre seulement 20 % pour des véhicules construits entre 2005 et 2007ADAC.de: étude de l'ADAC sur les procédures de désincarcération. De plus, la présence de dispositifs de sécurité à déclenchement mécanique ou pyrotechnique (coussin gonflable de sécurité, prétensionneur de ceinture) constitue une difficulté supplémentaire dans le processus de désincarcération.
Pourtant, les nouveaux véhicules sont conçus pour prévoir un plan de découpage des tôles facilitant la désincarcération, plan qui n'est que rarement disponible sur le lieu de l'accident. Permettre aux services de secours d'avoir accès dès la notification de l'accident au type de véhicule engagé, et donc au plan de désincarcération adéquat, a donc un effet positif sur le temps nécessaire à l'évacuation des blessés.
Données transmises Données minimales transmises En plus de la localisation, l’eCall transmet des informations sur le véhicule dans une structure nommée MSD (Minimum Set of Data) : Type de véhicules (véhicule de tourisme, véhicule utilitaire, bus, moto…) Le code VIN du véhicule Son type de carburant Le nombre de passagers
Données supplémentaires transmises par certains constructeurs Les constructeurs peuvent proposer une version augmentée du système imposé par le règlement européen. BMW, par exemple, transmet des informations additionnelles telles que : la localisation précise, le sens de marche, la vitesse, les mesures prises par les capteurs et le nombre d’airbags déclenchés.
Coût du système et impact économique