L' est une structure intercommunale française, créée le dans le cadre de la mise en place de la métropole du Grand Paris et située dans le département de la Seine-Saint-Denis en région Île-de-France. Elle regroupe les communes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville. Cette structure succède à une communauté d'agglomération du même nom créée en 2010 et qui avait le même territoire. Est Ensemble regroupait en 2018 une population totale de 426 389 habitants.

Historique Des réflexions étaient menées depuis les élections municipales de 2008 en vue de la création d'une intercommunalité dans le centre du département de la Seine-Saint-Denis pouvant regrouper dix villes : les neuf qui se sont unies et Rosny-sous-Bois. Cette réflexion succède à un projet avorté en 2005, qui aurait pu réunir Bagnolet, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas et Romainville.

La communauté d'agglomération Est Ensemble est créée par arrêté préfectoral du la fondant à dater du .

Comptant habitants en 2012, elle est formée de neuf communes du centre-ouest du département et est alors la deuxième intercommunalité à fiscalité propre d'Île-de-France par sa population après Plaine Commune, située dans le même département.

Dans le cadre de la mise en place de la métropole du Grand Paris, la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République du (Loi NOTRe) prévoit la création d'établissements publics territoriaux (EPT), qui regroupent l'ensemble des communes de la métropole à l'exception de Paris, et assurent des fonctions de proximité en matière de politique de la ville, d'équipements culturels, socioculturels, socio-éducatifs et sportifs, d'eau et assainissement, de gestion des déchets ménagers et d'action sociale. Les EPT exercent également les compétences que les communes avaient transférées aux intercommunalités supprimées.

L'EPT Est Ensemble créé par un décret du 11 décembre 2015 sur Légifrance. succède à la communauté d'agglomération Est Ensemble, avec la même composition.

Territoire communautaire de l'établissement

Communes membres Est Ensemble est composée des communes suivantes :

Géographie La Plaine de France, lieu de développement des grandes infrastructures La Plaine de France qui s’inscrit sur les communes de Pantin, Bobigny, Romainville, Noisy-le-Sec et Bondy, n’a opposé aucun obstacle aux développements urbains et d'infrastructures de transports, du fait de sa topographie peu marquée.

Les routes nationales 2 et 3, qui sont des voies historiques du territoire, se sont naturellement inscrites au sein de cette plaine afin de connecter les anciens bourgs du territoire à Paris, en ligne droite.

La voie ferrée (empruntée aujourd’hui essentiellement par le RER E et les trains grandes lignes), ainsi que les gares de Bobigny / Pantin et Noisy-le-Sec y prennent place et s’inscrivent ainsi naturellement au sein de la plaine. Le tracé profite du faible dénivelé au pied des buttes de Romainville, du plateau d'Avron et du plateau de l'Aulnoye.

vignette|Bords du Canal de l'Ourcq, Pantin

Le canal de l’Ourcq s’inscrit également dans cette vaste plaine en pente très douce, à partir de son aménagement entre 1802 et 1822.

Vectrices de facilités de transports ou génératrices de nuisances, ces infrastructures ont conduit au développement de vastes secteurs d’activités au sein de la Plaine de France. Ces secteurs associés à des emprises importantes ont également tiré parti de la topographie peu marquée pour se développer.

Les coteaux de la butte de Romainville, espaces de défense en partie transformés en espaces de loisirs La butte de Romainville est associée à des coteaux relativement pentus, notamment au nord de la butte, ainsi qu’à des corniches.

Cette situation topographique particulière dégage des vues paysagères propices à l’aménagement de forts dans le cadre de la création de l'enceinte de Thiers visant à protéger Paris dans les années 1840.

vignette|Panorama du Fort de Romainville, Les Lilas

Les coteaux, constituent ainsi des lieux à la fois patrimoniaux, du fait de la présence de ces forts, mais présentant également des complexités d’aménagement plus importantes. Ces difficultés d’aménagement ainsi que les vues offertes au nord ont encouragé les communes à y maintenir les boisements denses.

Sur les coteaux moins pentus, des secteurs pavillonnaires prennent place. Le bâti de petite dimension et la surface importante de jardins est en mesure de s’adapter plus facilement aux espaces de coteaux difficilement aménageables. De plus, le sol argileux et la présence d'anciennes carrières limitent (voire interdisent) la profondeur des fondations, obligeant à des constructions de faible hauteur.

Les plateaux de la butte de Romainville et le bas-Montreuil, lieux de vie du territoire Les plateaux de la butte de Romainville et le bas-Montreuil disposent d’une topographie peu marquée propice au développement urbain. Le haut de la butte bénéficie d’une situation de promontoire ouvrant des vues, tandis que le bas-Montreuil se situe au débouché d’un thalweg qui forme un vaste amphithéâtre exposé au soleil. Sur ces deux secteurs, des tissus urbains de formes variées prennent place : faubourgs, zones pavillonnaires, grands ensembles formant un patchwork urbain.

Du passé au projet : 3 territoires en développement L’histoire géographique du territoire d'Est Ensemble et son développement urbain au cours des siècles marquent des dynamiques différentes selon les secteurs. Cette morphogénèse fait apparaître trois morceaux interdépendants, d’abord entités géographiques et devenus avec la construction intercommunale des territoires d’entrainement, inscrits au Plan local d'urbanisme : La Plaine de l’Ourcq, lieu d’infrastructures et de projets ; Le Parc des Hauteurs, centre d’Est Ensemble délimité par le plateau de Romainville ; Le Faubourg, lieu de vie et d’intensité du territoire, lieu réceptacle de l’entrainement et des nuisances de sa voisine, Paris.

Histoire

Ancien Régime

Les premières occupations du territoire remontent au néolithique (5800 à 2500 ans avant notre ère), plusieurs découvertes archéologiques ayant mis au jour des éléments datant de cette période et après. A l’époque gallo-romaine, quelques villae romaines structurent cet espace et en exploitent les terres.

A l’exception des Lilas, les bourgs qui constituent aujourd’hui les communes d’Est Ensemble sont déjà présents dès le haut Moyen Âge. Ils prennent place dans la plaine au nord du plateau (Bobigny, Bondy, Noisy-le-Sec, Pantin) ou au creux d’une combe ou d’un talweg du plateau (Le Pré-Saint-Gervais, Romainville, Bagnolet, Montreuil). Ils ne dépassent pas quelques centaines d’habitants, à l’exception de Montreuil, qui compte déjà plusieurs milliers d’habitants grâce à sa proximité avec Vincennes. De grands domaines isolés jalonnent également cet espace. Les terres sont la propriété de seigneurs locaux, notables de la cour et des grandes abbayes (Saint-Denis, Saint-Maur ou encore Saint-Martin-des- Champs)

Le territoire d'Est Ensemble est alors rural, composé de champs, de bois et de forêts. Les plaines au nord et au sud du plateau accueillent des cultures ouvertes et du maraîchage, tandis que les coteaux sont occupés par des cultures fruitières (vergers et vignes). Ces cultures permettent aux bourgs d’assurer leur subsistance et alimentent Paris, qui compte déjà plusieurs centaines de milliers d’habitants.

Les eaux des sources du plateau de Romainville, appelées « Sources du nord », sont réputées pour leur qualité et leur richesse en minéraux. Elles sont captées dès le milieu du Moyen Âge pour alimenter les ensembles religieux du nord-est parisien en eau potable. Deux aqueducs souterrains sont construits : l'un vers la léproserie Saint-Lazare, l'autre vers Saint-Martin-des-Champs. Prolongés dans Paris, ils alimentent les fontaines du nord-est parisien jusqu’aux halles. À partir du , un troisième aqueduc alimente l'hôpital Saint-Louis. Les eaux de Montreuil (sources et eaux pluviales) sont également captées dès 1260 pour alimenter le château de Vincennes.

La seule grande voie de communication est celle reliant Paris à Meaux. Il s’agit d’une route royale plantée d’arbres, rectiligne de Paris jusqu’à Livry-Gargan. Les bourgs de Pantin et Bondy se développent en rapport avec cette route (un péage est même installé à Bondy à partir de 1115). Au nord de cette dernière, la Route des Petits Ponts relie Paris à Thieux via Aulnay-sous-Bois et traverse la plaine au nord de Bobigny. Deux routes de moindre importance desservent les autres communes depuis Paris : celle entre Paris et Rosny via Montreuil, et celle entre Paris et Bondy, via Bagnolet, Romainville et Noisy-le-Sec. L’ensemble du territoire est quadrillé de chemins agricoles, sur lesquels s’appuieront les futurs réseaux viaires.

Dès les , le gypse du plateau de Romainville commence à être exploité. Des plâtrières fleurissent sur les coteaux du plateau et constituent une activité importante du secteur, employant de nombreux ouvriers.

Première moitié du : un territoire structuré par les infrastructures de transport et les ouvrages défensifs

Aménagement du canal de l'Ourcq

Le besoin de Paris en eau potable, ainsi que son approvisionnement en bois de chauffage et de construction tirés de la forêt de Retz motivent la canalisation de l’Ourcq dès 1560. Des travaux de canalisation et de modernisation sont entrepris tout au long du XVIIe siècle. Devant l’accroissement du besoin en eau potable et la nécessité d’offrir une navigation plus directe et plus sure depuis le nord-est, il est décidé en 1802 de capter les eaux de l’Ourcq. Le projet soumis par l’ingénieur Pierre-Simon Girard en 1804 répond à trois enjeux :

Un canal navigable, et donc avec une vitesse de flux lente, Un canal cheminant de l’eau potable, pour laquelle il faut absolument éviter les eaux stagnantes (tels dans les biefs d'écluses). Un canal permettant d’alimenter les canaux Saint-Martin et Saint-Denis, conçus dans le but d'éviter aux bateaux la traversée de Paris par la Seine, dont les courants vifs et non régularisés présentent encore un danger.

vignette|Canal de l'Ourcq à Bondy

Un canal de dérivation de la rivière de l'Ourcq est aménagé vers un bassin situé près de la Villette, qui sert de bassin de partage entre les canaux de l’Ourcq, Saint-Martin et Saint-Denis. Les travaux débutent en 1804 et s’achèvent progressivement en 1822.

Le canal de l’Ourcq traverse la plaine au nord du plateau de Romainville, suivant le tracé de la route royale de Paris à Meaux, ne formant un coude que pour éviter le village de Pantin. Le ru de Montfort, à Bobigny, est canalisé pour alimenter le canal. Ce dernier marque une rupture dans la plaine, isolant notamment le bourg de Bobigny. Cinq ponts permettent d’enjamber le canal : un à Pantin, un à Bobigny et trois à Bondy.

Transformation du territoire d'Est Ensemble

Après la Révolution, les grands domaines qui constellent le territoire sont nationalisés et/ou revendus. Les châteaux de Bobigny , Bondy, Romainville, des Bruyères et de Tillemont sont petit à petit démolis au cours du siècle.

De la fin du XVIIIe au milieu du XIXe siècle, le phénomène de la plaisance gagne le territoire. Les bourgeois et notables parisiens sont attirés par le cadre bucolique et champêtre des communes du plateau, ainsi que de ses vues dégagées, son air pur et son eau de qualité. Les promeneurs se rendent aussi au bois de Romainville et à la forêt de Bondy. Des lieux de plaisir (guinguettes, cabarets) voient le jour au Pré-Saint-Gervais, au bois de Romainville, à Bondy et Bagnolet, tandis que bourgeois et notables s’y font construire des maisons de plaisance. Des entrepreneurs aménagent des lotissements pavillonnaires, à l’instar de la Villa du Pré en 1830. Enfin, les premiers réseaux d’omnibus sont mis en place pour relier Paris.