Octave Penguilly L'Haridon, né le à Paris et mort le à , est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français.
Lieutenant-colonel, il termine sa carrière militaire comme conservateur du musée de l'artillerie à Paris et de la collection d'armes et d'armures de Napoléon III. Sa peinture manifeste une originalité qui s'éloigne des principes académiques traditionnels.
Biographie Provenant d'une famille d'origine finistérienne, Octavien (dit Octave) Penguilly L'Haridon est le fils du baron Penguilly L'Haridon, ancien commissaire des guerres de la Vieille Garde impériale, et de Louise Marie Labiche. Né le à ParisArchives en ligne de Paris, actes de l'état civil reconstitué, cote 5Mi1 159, vue 18/50, il demeure célibataire et meurt le à son domicile parisien, au 1, place Saint-Thomas-d'AquinActes d'état civil de la Ville de Paris, archives numérisées..
Il
Carrière militaire Le , Octave Penguilly L'Haridon est admis à l'École polytechniqueJournal des débats politiques et littéraires, , p. 3. et rejoint en 1833, en qualité de sous-lieutenant, l'École d'application d'artillerie à Metz. Sorti lieutenant le , il devient capitaine le et commande la batterie du régiment de 1848 à 1852. Rejoignant ensuite l'École polytechnique (1853-1854) en tant qu'inspecteur des étudesAnnuaire de l'état militaire de France jusqu'en 1847, puis Annuaire militaire de la République française à compter de 1848, par années successives, BnF (mise en ligne partielle sur Gallica)., il est nommé, en 1856, conservateur du musée de l'Artillerie, en remplacement de Félicien de Saulcy, admis en retraiteLa Presse, année, , p. 2..
Promu chef d'escadron le , il termine sa carrière militaire en étant nommé, le , au grade de lieutenant-colonelLe Moniteur universel, n°359, , p. 3.. Atteint par la limite d'âge, il est admis à la retraite d'ancienneté de son grade à compter du Bulletin des Lois n°1500 de l'année 1869, décret n°24975 du ..
Fonctions de conservateur
Le , il reçoit au Musée de l'artillerie l'empereur Napoléon III pour lui présenter les pièces de canon, arrivées de Rhodes la veille, ainsi que la collection des armes chinoises récemment disposéesLe Constitutionnel, journal politique, littéraire, universel, année, n°157, , p. 2..
La même année, il publie le Catalogue des collections composant le Musée d'artillerie. écrit le Journal des débats en 1863Xavier Raymond, Journal des débats politiques et littéraires, , p. 4..
Napoléon III, admiratif de ce travail, le charge du classement de la collection de Pierrefonds et lui donne le titre honorifique de conservateur de sa collection d'armesRevue d'artillerie, 1985, p. 550-551..
Le , Octave Penguilly L'Haridon est nommé, par décret, conservateur de la collection d'armures de la salle des Preuses, qui avait été complétée par plusieurs envois de l'empereurArnaud Timbert, Viollet-le-Duc et Pierrefonds : histoire d'un chantier, Presses universitaires du Septentrion, 2017, p. 2..
Mêlant de front l'arme et les arts, il met à profit ses rapports avec les grands collectionneurs et sa situation auprès de l'empereur pour faire bénéficier le musée de l'Artillerie de dons nombreux et importants.
Carrière artistique Parallèlement à sa carrière militaire d'officier d'artillerie, Octave Penguilly L'Haridon se consacre à sa passion pour le dessin puis la peinture. Alors qu'il est élève à l'École d'application à Metz, il participe en 1834 à l'exposition de la Société des amis des arts où il remporte une médaille. Dans son rapport, le jury est élogieux :
La formation artistique de Penguilly L'Haridon débute dès 1835 par des cours de dessin de Nicolas-Toussaint Charlet. Il commence par présenter des dessins au Salon de 1835.
En 1840, L'Artiste, journal de la littérature et des beaux-arts, dresse ce portrait de lui :
Il présente ensuite sa première peinture au Salon de 1841 et envoie régulièrement ses œuvres à partir de 1846 jusqu’à sa mort. Il a su se démarquer, notamment grâce à son tableau Le Combat des Trente (1857, musée des Beaux-Arts de Quimper), œuvre réaliste par la multiplicité des détails. La Bretagne lui inspire des paysages et des évocations historiques qui feront l'objet d'illustration de livres sur cette région, comme Bretagne ancienne et moderne et Bretagne et Vendée.
Il présente au Salon de 1859 un paysage intitulé Les Petites mouettes (1858, musée des Beaux-Arts de Rennes), remarqué par Charles Baudelaire, dont le sujet, la composition et les couleurs prennent leurs distances avec les principes académiques traditionnels. Un peu plus tard, Octave Penguilly L'Haridon choisit de renouveler l'iconographie traditionnelle dans son tableau Les Bergers, conduits par l'étoile, se rendent à Bethléem (1863, Paris, musée d'Orsay). En effet, les bergers sont représentés ici comme des bédouins contemporains accompagnés de leurs chiens, et le lieu saint vers lequel ils se dirigent est en fait une bourgade en plein désert, signalée par une étoile qui la domine.
Le comte Horace de Viel-Castel écrit dans ses Mémoires, à la date du , que
La Maison de l'empereur fait l'acquisition de plusieurs de ses tableaux : Les Binious bretons (1855), Le Combat des Trente (1857), Ronde d'officiers du temps de Charles Quint (1859), Les Petites mouettes (1859), Saint Jérôme (1861), Un tripot (1863), Bergers conduits par l'étoile se rendant à Bethléem (1863), La Leçon d'équitation (1864), Chevalier dictant une lettre à un moine (1865), Protée et ses phoques (1866), L'Enfant prodigue (1868), Côtes de Belleville (1869)Maison de l'empereur Napoléon III. Musées impériaux et encouragement aux arts : ordonnances de paiement et pièces comptables à l'appui (1852-1870), Archives nationales. Compléments avec la base de données ARCHIM..
Distinctions Médailles 1847 : médaille de , peinture (genre). 1848 : médaille de , peinture (genre).
Décoration ()Journal des débats politiques et littéraires, , p. 3.. Chevalier du Bulletin des Lois n°891 de l'année 1862, décret impérial n°13961 en date du .Explication des ouvrages de peinture […] des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Élysées le ..
Œuvres exposées aux Salons parisiens Octave Penguilly L'Haridon expose d'abord des dessins, puis des peinturesExplication des ouvrages de peinture […] des artistes vivants, par année d'exposition, sur BnF Gallica. : 1835 : Danse de paysans bretons, dessin à la plume ; Marché de Bretagne, dessin à la plume ; Corps-de-garde du temps de la ligue, dessin à la plume ; Conte de fée, dessin à la plume ; Bouteselle, dessin à la plume. 1836 : L'Espion, scène militaire du temps de Louis XIII, dessin à la plume. 1840 : La Fête de ville, dessin à la plume ; Trente vignettes pour le Roman Comique de Scarron, dessin à la plume. 1841 : Le Chemin perdu. 1842 : Les Deux chevriers. 1843 : Les Fourberies de Scapin, dessin. 1846 : Parade ; La Sentinelle ; Le Ravin. 1847 : Un tripot ; Intérieur de la ferme, ancienne collection du duc de Montpensier ; Un mendiant, ancienne collection du duc de Montpensier ; Paysage par un temps de pluie. 1848 : Écueils sur l'île de Batz par une marée basse de l'équinoxe (Finistère) ; Combat de Don Quichotte contre les moulins à vent ; Retour de Don Quichotte. 1849 : Don Quichotte voit berner Sancho Pança ; Cabaret breton, costumes de Pont-l'Abbé et de Pleyben (Finistère). 1850 : Les Maraudeurs Halte de cavaliers flamands par une matinée d'hiver ; Dimanche avant les vêpres ; Cabaret breton un jour d'assemblée ; Souvenir d'Alsace (clair de lune) ; Au clair de lune ; Vieux troubadour ; Lansquenet ivre ; Tête de buveur ; La Danseuse et le feu-follet ; Le Sabbat. 1852 : Calvin ; Les Approches d'une tempête sur les côtes du Finistère, à marée montante ; Mendiant assis près d'une fontaine consacrée à la Vierge (Finistère). 1853 : Le Cavalier. Paysage. 1855 : Un inventeur ; Binious breton Le tripot, précédemment exposé au Salon de 1847 ; Une vedette gauloise ; L'Invitation. 1857 : Le Combat des Trente. 1859 : Train d'artillerie du temps de Louis XIII, en marche vers la fin du jour ; Le Coup de l'étrier ; Une ronde d'officiers du temps de Charles-Quint ; Petite danse macabre : la Mort, dans une ronde symbolique, entraîne les quatre Âges de la vie humaine ; La Plage, souvenir des environs de Saint-Malo ; Les Approches des montagnes, souvenir des Pyrénées, versant Espagnol, coucher du soleil ; La Plaine de Carnac et ses menhirs (Morbihan) ; Les Petites mouettes, rivage de Belle-Isle-en-Mer, Port-Donan (Morbihan). 1861 : Les Rochers du Grand Paon, île de Bréhat ; Mort de Judas ; Saint Jérôme. 1863 : Les Bergers, conduits par l'étoile, se rendent à Bethléem, huile sur toile, L'Arrivée à l'auberge ; La Leçon d'équitation : ajuster les rênes. 1864 : Arrivée des mages à Bethléem ; L'Ouragan. 1865 : Chevalier dictant une lettre à un moine () ; La Plage. 1866 : Protée et ses phoques (Homère, Odyssée ; livre IV. Récit de la déesse Idothée). 1867 : Persée et Andromède ; La Bohémienne. 1868 : Promenade sur le bord de la mer ; L'Enfant prodigue. 1869 : Les Spatules ; Côtes de Belleville. 1870 : Ville romaine bâtie aux pieds des Alpes-Dauphinoises quelque temps après la conquête des Gaules ; Une venta dans la Manche.
Parmi ses autres œuvres : Les Rochers du Grand Paon, île de Bréhat, 1861, huile sur toile, collection particulièresabix.revues.org. ; Les Bergers, conduits par l'étoile, se rendent à Bethléem, 1863, huile sur toile, Paris, musée d'OrsayMusée d'Orsay : notice du tableau Les Bergers, conduits par l'étoile, se rendent à Bethléem. ; Côtes de Belleville, 1868, huile sur toile, Paris, Petit Palais« Côtes de Belleville », notice sur petitpalais.paris.fr..
Dessins, gravures et illustrations Dessins d'Octave Penguilly L'Haridon ayant appartenu au marquis de ChennevièresCatalogue des dessins modernes, aquarelles, le tout ayant appartenu à feu le Marquis de Chennevières, Directeur Honoraire des Beaux-Arts, 1900, p. 105. : 13 dessins à la pierre noire, à la mine de plomb et à l'aquarelle, dont : Une cour de ferme ; Un gibet ; Paysages montagneux ; Études d'arbres. 19 dessins à la mine de plomb, à la plume, à la sanguine et au lavis de bistre, dont : Un cardinal assis à table ; La Toilette ; La Centauresse ; Arrivée des mages à Bethléem ; Une fête villageoise ; Costumes.
Octave Penguilly L'Haridon a gravé à l'eau-forteHenri Beraldi, Les graveurs du : guide de l'amateur d'estampes modernes, 1885, p. 25. : Frontispices de Lénore et du Conseiller Krespel, dans la Pléïade de Curmer, 1842 ; , l'Étude ; Latréaumont ; Halte flamande ; La Sorcière de village ; Les Truands (pour L'Artiste) ; Un philosophe, vendeur de mort-aux-rats ; Pèlerin montant au Calvaire ; Hommes d'armes ; Scène d'intérieur.
Il a illustré divers ouvrages : La Bretagne, et Bretagne et Vendée de Pitre-Chevalier, Les Français peints par eux-mêmes, et plusieurs des figures du Béranger de 1847.
Publications Octave Penguilly L'Haridon, Catalogue des collections composant le Musée d'artillerie, Paris, Charles de Mourgues frères, 1862 (lire en ligne). Octave Penguilly L'Haridon, Catalogue des collections du Cabinet d'armes de S. M. l'empereur, Paris, Librairie centrale, 1865 (lire en ligne).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Béatrice Fontanel, Daniel Wolfromm, Quand les artistes peignaient l’histoire de France, De Vercingétorix à 1918, Paris, Seuil, 2002. Émile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, tome 2, Paris, Librairie Renouard, 1885, (en ligne). Geneviève Lacambre, Jacqueline de Rohan-Chabot, Le Musée du Luxembourg en 1874, Paris, Éditions des Musées nationaux, 1974, .
Liens externes
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