La rue Quincampoix est une voie, ancienne, des 3 et 4 arrondissements de Paris, en France.
Situation et accès La rue Quincampoix est une voie publique de l'ouest des 3 et de Paris, près de la limite avec le . Elle est orientée sud-sud-ouest/nord-nord-est, parallèlement au boulevard de Sébastopol, qui n'en est distant que d'un bloc d'immeubles, une trentaine de mètres à l'ouest.
La rue débute au sud entre les 16 et 20, rue des Lombards. Elle se termine au nord, entre les 17 et 19, rue aux Ours. C'est une rue étroite (environ de large, parfois moins) et dont l'alignement n'est pas toujours régulier.
La numérotation des immeubles débute à l'extrémité sud (le côté le plus proche de la Seine) et les numéros augmentent en se dirigeant vers le nord. Les numéros impairs sont alors à gauche, les numéros pairs à droite, comme il est d'usage à Paris.
Outre ses extrémités, la rue Quincampoix est traversée ou au débouché des voies suivantes : : rue de La Reynie ; : ouverture du côté droit de la rue sur la place Edmond-Michelet ; : rue Aubry-le-Boucher ; : rue de Venise ; : rue Rambuteau ; : passage Molière.
Les stations de métro les plus proches sont Hôtel de Ville (lignes 1 et 11), au sud-est de l'extrémité sud, Rambuteau (ligne 11), à l'est du milieu de la rue, et Étienne Marcel (4), à l'ouest de l'extrémité nord. La gare de RER Châtelet - Les Halles est également accessible à l'ouest du milieu de la rue.
Origine du nom Selon l'avocat et historien Henri Sauval et l'abbé Lebeuf, la rue semble devoir son nom à un seigneur, de Quinquenpoit, ou à Adam de Quincampoix, ou encore à un Nicolas de KiquenpoitLe cartulaire de la Sorbonne, en l'an 1253, fait mention d'un Nicolas de Kiquenpoit qui pourrait avoir donné son nom à cette rue (cf. . originaire du PercheJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris. qui avait fait construire la première maison de la rueJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. Il ne semble pas qu'elle soit liée à l'étymologie classique du toponyme « Quincampoix ».
L'orthographe est incertaine : des sources parlent de « Quinquenpoix » avec un « x », d'autres de « Quiquenpoit » avec un « t ». Son nom a également été écrit « Cinquampoit » ou « Quiquenpoit ».
Historique vignette|redresse|Plan de Roussel (1730). La rue Quincampoix (orthographiée « Quinquempoix ») s'étend entre la rue aux Ours et la rue Aubry-le-Boucher. Le sud de l'actuelle rue Quincampoix est nommé « Rue des Diamant ». vignette|redresse|Panneau Histoire de Paris « Rue Quincampoix ». Il est déjà question de cette rue dans des actes authentiques de 1210.
Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris sous le nom de « rue Quinquempoit ».
Ce nom a ensuite été écrit diversement ; on trouve « rue Cinquampoit », « rue Quiquenpoist », « rue Quinquempouel » et enfin « rue Quincampoix ».Elle est citée sous le nom de « rue Quinquempoix » dans un manuscrit de 1636.
En 1702, la rue, qui fait partie du quartier de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, comporte 101 maisons et 17 lanternesJean de la Caille : Description de la ville et des fauxbourgs de Paris en vingt planches..
La rue est ainsi décrite en 1719 :
Le , un courtier est assassiné par le comte Antoine de Horn, parent du Régent, au n°54, au cabaret de l'Épée de Bois. Il est roué en place de Grève le Panneau Histoire de Paris.
Au , la rue Quincampoix, d'une longueur de , qui était située dans l'ancien , quartier des Lombards, commençait aux 16-18, rue Aubry-le-Boucher et finissait aux 17-19, rue aux OursCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan « Lombards », îlot , F/31/83/08, îlot , F/31/83/09, îlot , F/31/83/10, îlot , F/31/83/11, îlot , F/31/83/13..
Les numéros de la rue étaient rouges. Le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair était le .
Une décision ministérielle, du 21 prairial an X (), signée Chaptal, fixe la largeur de cette voie publique à . Cette largeur est portée à , en vertu d'une ordonnance royale du .
La rue Quincampoix a été désignée populairement comme « rue des Mauvaises-Paroles » et comme « rue des Cocus ». Sa partie sud, entre la rue des Lombards et la rue Aubry-le-Boucher, était autrefois connue sous le nom de « rue de la Couréerie », « rue de la Courroierie » ou « de la Vieille-Courroirie », avant de prendre le nom de « rue des Cinq-Diamants » au , à cause d'une enseigne.
C'était encore un lieu de prostitution notoire dans les années 1960-1970.
Le passage Molière est ouvert sur la rue en 1791. La rue Rambuteau est percée dans les années 1830, traversant la rue Quincampoix vers son milieu.
Le , une décision ministérielle réunit la rue des Cinq-Diamants à la rue Quincampoix, qui était alors située entre la rue Aubry-le-Boucher et la rue aux Ours.
Le 6 août 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la « Grosse Bertha » explose au de la rue Quincampoix.
La place Edmond-Michelet est ouverte dans les années 1970 lors de la rénovation du quartier. Les immeubles situés entre le 24Au n°24 se situait l'hôtel de La Reynie. Voici comment Georges Cain le décrit en 1910 : « Une halte à l’hôtel de la Haute-Loire, 24, rue Quincampoix — ex-hôtel de la Reynie. Ce fut parait-il, jadis, une demeure seigneuriale habitée par Gabrielle d'Estrées ! Ce n’est plus, aujourd’hui, qu’un dormoir à l’usage des porteurs aux Halles et des maçons ; braves gens, forcés professionnellement à se lever au milieu de la nuit ou aux premières heures du jour. Aussi se couche-t-on de bonne heure à l’hôtel de la Haute-Loire et y dort-on à poings fermés. Nous entrons, nous gravissons le curieux escalier de bois sculpté, contemporain de Henri IV, où s’accrochèrent peut-être les jupes lamées d’argent de la royale favorite, et au premier palier nous lisons cet avis : Le propriétaire de l’hôtel prévient MM. les locataires qu’il tient à leur disposition des linges à l’usage des pieds. Les successeurs de Gabrielle d’Estrées portent des chaussettes russes ! L’hôtel est tout secoué de ronflements sonores... Un rapide coup d’œil au Sénat ; c’est la chambrée de choix réservée à MM. les habitués... Une vingtaine de lits bien alignés, bien propres, dont le patron s’enorgueillit à juste titre : — Pensez donc, messieurs, que nous avons des sénateurs qui couchent ici depuis plus de quinze ans, dont un marchand de mouron qui fut riche à plus de deux millions !... » (Georges Cain, Les Pierres de Paris, 1910) et la rue Aubry-le-Boucher sont démolis, ouvrant ainsi une partie de la rue Quincampoix.
La rue Quincampoix fut aussi, au , le siège de la Banque de LawFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|redresse|, rue Quincampoix. Les alignements des bâtiments anciens sont ceux qu’ils avaient au Moyen Âge. Il ne reste que très peu d’éléments architecturaux de cette époque, au-dessus du sol. Les seuls éléments subsistant se trouvent dans les sous-sols.. : portail de la corporation des marchandes lingères. Ce portail était situé à l’origine dans le quartier des Halles (plus précisément au 6 place Sainte-Opportune) et fut édifié au milieu du , soit plus de 30 ans après l’installation des « maîtresses lingères ». En 1778, la demeure fut vendue mais garda son architecture quasi-intacte. En 1899, les propriétaires des lieux s’engagèrent dans un nouveau projet immobilier et furent contraints de détruire la demeure. La Commission du Vieux Paris protesta contre cette démolition et leur proposa de céder le portail, vieux de 150 ans, à la ville de Paris. N’ayant pas la possibilité de conserver le portail en son lieu d’origine, ce dernier fut installé, en 1902, au square des Innocents, ouvrant sur les pavillons des halles et à deux pas de son emplacement originel. En 1977, le portail fut retiré du square en raison notamment de la construction du Forum des Halles et réinstallé ici. : une façade factice abritant une tour de ventilation recouverte de trompe-l'œil a été réalisée par Fabio Rieti. : immeuble du , immeuble classé depuis 1974. Bâtiment avec une façade de trois travées, les quatre étages sont desservis par un escalier à l'arrière du bâtiment. Il possède deux niveaux de caves. En 1660, son propriétaire est Louis Pocquelin, marchand drapier et, en 1689, François Alexandre, marchand mercierGrégory Chaumet, « Les caves de la rue Quincampoix… », in Les Dossiers d'archéologie, , septembre-octobre 2015, « p|44-45 ».. : au Moyen Âge, la corporation des merciers est installée à cet endroit. et 27 rue de Venise : emplacement d'une maison du , jadis siège du célèbre cabaret de l'Épée-de-Bois. Fondé en 1658, ce fut pendant trois siècles un haut lieu de convivialité et de spectacles populaires, avant de fermer ses portes en 1958 La rue de Venise et le cabaret de l'Epée-de-Bois", vus de la rue Quimcampoix, en 1905. 4ème arrondissement. Inhabitée depuis sa fermeture, elle s'effondre partiellement en 1963, révélant un escalier de bois datant de l'époque d'Henri IV, lequel disparaît à son tour en 1970. : le passage Molière débute à ce numéro. : le mur ouest est plus ancien que les autres. On y trouve une voûte en berceau à chaînages de pierre avec trace d'un arc formeret.
Une partie significative des immeubles de la rue Quincampoix (près de la moitié) sont protégés au titre des monuments historiques, lors de la rénovation urbaine du quartier : le est inscrit en 1968.. Les immeubles suivants sont inscrits en bloc en 1974 : du côté impair, les 7., 9., 11., 13., 15., 25., 27., 41., 43., 45., 55., 57., 59., 61., 65., 67., 69., 71., 73., 75., 77., 79., 83., 91., 99., 105., 107., 109. et 111. ; du côté pair, les 6., 8., 10., 12., 14., 16., 18., 20., 36., 42., 44., 58., 60., 62., 64., 66., 68., 70., 72., 78. (adresse du bar musical L'Art BrutVéronique Petit, La Maison de Marie-Claire, 305, juin 1994, .), 84. et 88.. Le passage Molière, au 82, l'est également.. L'immeuble aux 2-4 l'est en 1984..
Maison non localisée Maison appartenant aux religieuses cisterciennes de l'abbaye du Pont-aux-Dames qui leur rapportait Déclaration des biens de l'abbaye à la demande du roi François en 1522. Cartulaire de l'abbaye, texte en ligne..
Notes et références
Pour approfondir
Bibliographie . Grégory Chaumet, « Les caves de la rue Quincampoix, témoin d’un quartier du », in Les Dossiers d'archéologie, , septembre-, . Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Jacques Silvestre de Sacy, Le Quartier des Halles, Paris, Le Temps, 1969, . Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.
Articles connexes Liste des voies du de Paris Liste des voies du de Paris Liste des monuments historiques du arrondissement de Paris Liste des monuments historiques du arrondissement de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
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