Le Jour où la Terre s'arrêta () est un film américain réalisé par Robert Wise et sorti en 1951. Le scénario, signé Edmund H. North, est une adaptation de la nouvelle Farewell to the Master de Harry Bates.
Le film évoque l'arrivée d'une soucoupe volante à Washington, DC. Deux créatures en sortent : l'extraterrestre Klaatu et un robot surnommé Gort. Un soldat nerveux tire et blesse Klaatu. Gort réplique, mais Klaatu est emmené blessé dans un hôpital, dont il ne tarde pas à s'échapper. Klaatu cherche alors à contacter des personnalités dignes de recevoir son message. D'apparence humaine, il se fait passer pour le major Carpenter et trouve refuge dans une pension de famille où il fait connaissance d'une veuve et de son petit garçon.
Il est souvent considéré comme la première œuvre d'envergure de science-fiction dans le cinéma américain. En 1995, le film a été sélectionné pour être conservé par le National Film Registry des États-Unis comme étant "culturellement, historiquement ou esthétiquement significatif". Un remake sort en 2008.
Synopsis vignette|Klaatu. Un engin extraterrestre de forme discoïde fait sensation en atterrissant en plein centre de Washington, DC. Il est immédiatement entouré d'un cordon militaire et d'une foule de badauds. Le pilote, Klaatu, sort et annonce qu'il vient en paix. Mais un soldat perd son sang-froid, tire et le blesse au bras. Apparaît alors le robot humanoïde Gort, qui émet un rayon désintégrateur annihilant les armes déployées tout autour.
Klaatu, blessé, est emmené dans un hôpital où il est en pratique prisonnier. Sa guérison ultra-rapide stupéfie les médecins. Pendant ce temps, les militaires tentent en vain de démonter ou neutraliser la soucoupe volante de Klaatu et le robot Gort, qui s'avèrent indestructibles, rebelles à tous les outils existants. Klaatu demande à rencontrer les chefs d'État terriens afin d'assurer la paix dans l'univers. Mais constatant l'impossibilité politique d'organiser une réunion de tous les chefs d'État, il s'évade, habillé d'un costume civil qu'il a dérobé au passage et qui porte une étiquette de nettoyage au nom de Carpenter : il décide d'endosser cette identité.
Le soi-disant Carpenter se rend en ville, loue une chambre dans une pension de famille où il ne tarde pas à sympathiser avec une autre locataire, Helen, jeune veuve de guerre, et avec son fils Bobby. Il voit aussi que radios et télévisions entretiennent l'hystérie contre le terrifiant « monstre de l'espace » qu'il est censé être. À défaut de pouvoir convaincre les responsables politiques, il décide les jours suivants de s'adresser aux plus grands scientifiques terriens afin de leur exprimer l'inquiétude qu'éprouvent les civilisations avancées des planètes habitées lointaines devant l'évolution de la Terre, en proie à des pulsions agressives et destructrices. Il prend ainsi contact avec le professeur Barnhardt, qui réside justement à Washington, lui dévoile sa vraie identité, l'avertit que l'accumulation des armes atomiques sur Terre pourrait inciter les extraterrestres à prendre les devants pour éliminer une source potentielle de danger. Barnhardt est d'accord pour relayer le message auprès de ses collègues, mais suggère à Klaatu/Carpenter de donner une preuve tangible de ses capacités techniques pour se faire écouter.
Entre-temps, Helen, son fiancé Tom et le petit Bobby, d'abord incrédules, voient s'additionner les indices qui montrent que leur ami « Carpenter » est en fait l'extraterrestre contre lequel la chasse à l'homme fait rage. Klaatu rend visite à Helen à son travail, la prend à part dans un ascenseur qui stoppe brusquement : il lui déclare qu'il a fait en sorte que tous les appareils électriques de la planète cessent de fonctionner durant une demi-heure (sauf là où il y aurait danger vital, comme dans les hôpitaux ou les avions). Le monde entier s'est arrêté !
Tom dénonce Klaatu aux autorités. Helen, outrée de cette trahison et des mobiles égoïstes de Tom, rompt avec lui. Avec Klaatu, elle prend une voiture pour retrouver le professeur Barnhardt. Durant le trajet à travers Washington en état de siège, Klaatu dit à Helen que s'il lui arrive malheur, elle devra aller voir le robot Gort pour lui dire la formule « Klaatu barada nikto ».
Une patrouille abat Klaatu. Helen fonce voir Gort, toujours immobile devant la soucoupe volante, prononce le mot de passe. Le robot la met à l'abri à l'intérieur du vaisseau puis va récupérer le corps de Klaatu, auquel il rend la vie — mais provisoirement seulement, explique‑t‑il à Helen.
Klaatu adresse aux scientifiques rassemblés devant sa soucoupe volante le message qu'il était venu délivrer, puis décolle.
Le message de Klaatu
Je pars bientôt, vous m'excuserez si mes paroles sont brutales. L'univers est plus petit chaque jour, et la menace d'une agression, d'où qu'elle vienne, n'est plus acceptable. La sécurité doit être pour tous ou nul ne sera en sécurité. Cela ne signifie pas renoncer à la liberté mais renoncer à agir avec irresponsabilité. Vos ancêtres l'avaient compris quand ils ont créé les lois et engagé des policiers pour les faire respecter. Sur les autres planètes, nous avons accepté ce principe depuis longtemps.
Nous avons une organisation pour la protection mutuelle des planètes et la disparition totale des agressions. Une autorité aussi haute repose bien sûr sur la police qui la représente. En guise de policiers, nous avons créé une race de robots. Leur fonction est de patrouiller dans des vaisseaux tels que celui-ci, et de préserver la paix. Pour les questions d'agression, nous leur avons donné les pleins pouvoirs. Ces pouvoirs ne peuvent être révoqués. Au premier signe de violence, ils agissent contre l'agresseur. Les conséquences de leur mise en action sont trop terribles pour s'y risquer.
Résultat : nous vivons en paix, sans arme ni armée, ne craignant ni agression ni guerre, et libres d'avoir des activités plus profitables. Nous ne prétendons pas avoir atteint la perfection, mais nous avons un système qui fonctionne.
Je suis venu vous donner ces informations. La façon dont vous dirigez votre planète ne nous regarde pas. Mais si vous menacez d'étendre votre violence, votre Terre sera réduite à un tas de cendres. Votre choix est simple : joignez-vous à nous et vivez en paix ou continuez sur votre voie et exposez-vous à la destruction.
Nous attendrons votre réponse. La décision vous appartient.
vignette|Klaatu (Michael Rennie) et le robot humanoïde Gort.
Fiche technique vignette|Bande-annonce. Titre français : Le jour où la Terre s'arrêta Titre original : Réalisation : Robert Wise Scénario : Edmund H. North, d'après la nouvelle Farewell to the Master de Harry Bates Musique : Bernard Herrmann Photographie : Leo Tover Production : Costumes : Perkins Bailey, Travilla et Charles Le Maire Société de distribution : Twentieth Century Fox Pays de production : Budget : Langue originale : anglais Format : noir et blanc - 1,37:1 - mono - 35 mm Genre : science-fiction Durée : 92 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : Affiche : Boris Grinsson (France)
Distribution Michael Rennie (VF : Marc Valbel) : Klaatu / Carpenter Patricia Neal (VF : Françoise Gaudray) : Helen Benson Hugh Marlowe (VF : Roger Tréville) : Tom Stevens Sam Jaffe (VF : Henri Ebstein) : le professeur Jacob Barnhardt Billy Gray (VF : Jacky Gencel) : Bobby Benson Frances Bavier (VF : Germaine Michel) : Barley Lock Martin (Rôle muet) : Gort
Acteurs non crédités (par ordre alphabétique) Marshall Bradford (VF : Jacques Ferréol) : le chef de l’état-major Wheaton Chambers (VF : Lucien Blondeau) : Bleeker Frank Conroy (VF : André Lorière) : Harley Marjorie Crossland (VF : Cécile Dylma) : Hilda Elmer Davis (VF : Richard Francœur) : un commentateur Charles Evans (VF : Maurice Dorléac) : le major général Edith Evanson (VF : Henriette Marion) : Crockett Harry Harvey (VF : Paul Forget) : le conducteur de taxi Gabriel Heatter (VF : Jean-François Laley) : un commentateur H.V. Kaltenborn (VF : Jacques Berlioz) : un commentateur Freeman Lusk (VF : Claude Péran) : le général Cutler George Lynn (VF : Jacques Beauchey) : le colonel Ryder Tyler McVey (VF : Jean Violette) : Brady Drew Pearson (VF : Jean Violette) : un commentateur Harlan Warde (VF : Georges Hubert) : Carlson
Production
Historique L'idée du film est venue du producteur, qui voulait faire un film sur une "histoire de soucoupe volante". Daryl Zanuck, directeur de la Fox approuve, et le département "scénario" de la Fox commence à rechercher une histoire. Il recommande chaudement à Blaustein la nouvelle Farewell to the Master de . Blaustein n'aime pas spécialement l'histoire, mais apprécie la manière dont elle est amenée (une soucoupe arrive sur Washington), et un des messages de la nouvelle : "Making of" sur le Blue-Ray "Le Jour où la Terre s'arrêta", édition 2011, EAN 3344428044282.
Il confie la nouvelle à Edmund North, un ami qui avait été scénariste à Hollywood avant la guerre, pour créer un scénario. Zanuck est enthousiasmé, et appelle Robert Wise pour lui demander s'il est intéressé par le scénario. Il en lit une première mouture, et tombe sous le charme : il trouve que c'est une excellente manière d'aborder la science-fiction au cinéma, et - au sortir de la Seconde Guerre mondiale - d'apporter un message au monde sur les dangers de la violence aveugle et de la guerre, surtout avec les armes nucléaires qui interrogent le monde à cette époque. De plus, en tant que réalisateur "de commande", il était lassé de réaliser des westerns et voulait aborder d'autres domaines.
Robert Wise imagine d'aborder la réalisation sous un angle très "documentaire", s'inspirant des montages de Sergei Eisenstein, pour donner à l'histoire un aspect le plus réel et plausible possible, amenant ainsi un sentiment d'alerte et d'urgence. L'étranger est mis en scène dans les décors connus de Washington DC, et dans la vie quotidienne des américains. Des journalistes célèbres sont mis en scène pour annoncer les nouvelles dans le film.
Casting
Selon la politique de la Fox à l'époque, une star aurait dû prendre le rôle principal de Klaatu. Zanuck propose les noms de Spencer Tracy et Claude Rains. Wise est en total désaccord, car il veut donner l'aspect le plus réel et crédible possible à l'histoire, et si une soucoupe volante s'ouvre et Spencer Tracy en sort, cela ruinerait complètement cet aspect du film. C'est Zanuck lui-même qui remarque un acteur de théâtre à Londres, et lui fait immédiatement signer un contrat avec la Fox, et le propose à Wise : Michael Rennie. Wise reconnait immédiatement son personnage dans la prestance, la gravité et l'aspect émacié et étrange de l'acteur.
Un autre personnage important est celui du professeur Jacob Barnhardt, inspiré de Albert Einstein et incarné par Sam Jaffe. Ce dernier est étiqueté communiste, présent sur la liste noire de Hollywood et le directeur de casting veut le renvoyer, mais Wise le veut absolument pour le rôle. Zanuck tranche et permet à Wise de le garder. Ce sera son dernier rôle avant longtemps, le maccarthysme s'empirant encore dans les années qui suivent.
On recherche également quelqu'un pour animer l'imposant costume du robot Gort. On remarque le portier du célèbre cinéma Grauman's Chinese Theatre à Los Angeles, un basketteur de 2 mètres 30 : Lock Martin. L'homme est grand, mais pas très massif, il faut renforcer le costume de Gort avec plusieurs couches pour lui donner un aspect imposant. Engoncé dans son lourd costume, il manque de force également pour porter Patricia Neal, et elle doit être soutenue par des câbles dans la scène où elle est portée par Gort. Une version statique du robot en fibre de verre, de 2m 70 de hauteur est aussi réalisée pour les scènes où il est immobile.
Post-production et effets spéciaux