Le Vampirevoir en ligne est un film documentaire français réalisé clandestinement par le résistant Jean Painlevé, entre 1939 et 1945, décrivant la chauve-souris d'Amérique du Sud nommée vampire , métaphore de l'envahisseur hitlérien.

Liminaire C'est le seul film réalisé par Jean Painlevé sur un mammifèreRoxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Le Spectaculaire », 2009, 312 p., à la page 169., il s'est plutôt spécialisé sur la faune sous marine. L'Institut Pasteur ayant reçu une chauve-souris du Brésil, le montage et le tournage sont achevés en 1939, et Painlevé ne pourra terminer son film qu'après la LibérationDocumentaire De l'inconnue des six jours au Vampire, présenté par Roxane Hamery, 20 minutes, Les Documents Cinématographiques, 2005. A la minute 11.20.

Jean Painlevé tente par ce film d'expliquer la source d'inspiration de Murnau pour son film de 1922, Nosferatu le vampire et par analogie le péril du nazisme.

Ce film expérimental est également un documentaire animalier, mettant en présence un cobaye et le petit vampire ; montrant le microscopique trypanosome, parasite transmis par les hématophages dont le vampire fait partie ; et des étrangetés de certains animaux marins et insecte. Mais le film comporte deux approximations ou erreurs scientifiques : Le petit vampire était affamé et attaque sa proie au museau alors que dans la nature il ne suce le sang que de bœufs et de chevaux en les mordant aux pattes ; et Painlevé dans son commentaire et par ses images se trompe en affirmant que c'est avec son bec de lièvre "en forme de gouttière" et "sa langue concave" que le vampire aspire le sang alors que en réalité, c'est tout comme le chat qu'il lape ce liquide avec sa langue convexe "comme une cuiller".

Synopsis Painlevé « place le film sous le signe des récits et légendes fantastiques. » Les premières images montrent des animaux monstrueux et inquiétants dans l'eau ou dans l'air, porteurs de maladies et sources de fantasmes et de terreur imaginaire. Des extraits du film expressionniste allemand Nosferatu le vampire (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau figurent ces créations imaginaires mais le propos et une carte montre qu'elles sont incarnées en Europe comme l'a été le nazisme. Ensuite, le film change de centre d'intérêt, il quitte l'imaginaire et le rappel historique pour aller vers le reportage animalier, vers le "vrai vampire" en Amérique du sud.

La principale séquence du film montre un Desmodus ou vampire commun, attaquant un cobaye. On voit la chauve-souris marcher lentement vers le cobaye qui ne semble pas être effrayé. Le vampire lui lèche alors le nez, acte que le cobaye prend comme un geste amical et ne bouge donc pas, mais sa salive contient un puissant anesthésiant lui permettant d'endormir localement le cobaye, il peut alors le mordre à la joue, puis laper le sang coulant de la plaie ouverte. Des microcinématographies montrent le trypanosome, microbe inoculé par le vampire et transmettant la maladie de caderas au bétail.

Puis le film quitte de nouveau le strict documentaire scientifique pour évoquer de nouveau le nazisme, le petit animal est cadré lorsqu'il étire son aile d'un geste rapide, et le spectateur y voit un salut nazi.

Musique Jean Painlevé explique son choix :Et il fallait quand même une musique importante et très spécialisée. Or je portais en moi depuis longtemps la musique de Duke Ellington, « Black and Tan Fantasy » et « Echoes of the Jungle » que je trouvais formidable et qui me semblait convenir parfaitement au côté terrifique du vampire, en même temps qu’au côté légendaire.

Analyse André Bazin en dit : « Jean Painlevé occupe dans le cinéma français une place singulière et privilégiée. Son vampyr [sic], par exemple, est tout à la fois un documentaire zoologique et l'accomplissement de la grande mythologie sanguinaire illustrée par Murnau dans son NosferatuBeauté du hasard : le film scientifique, André Bazin, p. 320, cité par Roxane Hamery.. »

Le film a été réalisé durant la Seconde Guerre mondiale et traite aussi de l'invasion de l'Europe par le Nazisme. La chauve-souris devenant, pour le réalisateur, la métaphore de l'invasion du parti Hitlérien. "Le vampire existe cependant" dit Jean Painlevé, en voix-off, à l'instant où est montré une carte de l'Europe. A la fin du film, la chauve-souris étend son aile gauche, rappelant le Salut fasciste, ce que Painlevé nomme "le salut du vampire", à nouveau en voix-off.

Fiche technique Réalisation : Jean Painlevé Pays de production : Format : Noir et blanc - 1,37:1 - 35 mm - Son mono Genre : Documentaire / film scientifique Durée : 9 minutes Année de sortie : France :

Notes et références Ce film a été édité en DVD avec 11 autres documentaires de Jean Painlevé, Jean Painlevé Les pieds dans l'eau, 2022, production Les documents cinématographiques.

Ce court-métrage a également été diffusé sur TF1, le vendredi , au cours de l'émission "Demandez la lune" (seconde partie de soirée).:

Liens externes

Catégorie:Film français sorti en 1945 Catégorie:Court métrage documentaire français Catégorie:Court métrage français en noir et blanc Catégorie:Court métrage documentaire animalier Catégorie:Vampirisme Catégorie:Court métrage français sorti dans les années 1940