vignette|Vue aérienne du castel del Monte

Le castel del Monte est un château italien du construit dans les Pouilles par Frédéric II de Hohenstaufen, empereur du Saint Empire. Il se dresse au sommet d'une colline des Murges occidentales, à au-dessus du niveau de la mer, dans la frazione homonyme d'Andria, à à l'ouest de Bari. Dépourvu de pont-levis et de douves, il n'a peut-être jamais eu de rôle défensif.

L'édifice est inscrit à l'inventaire national italien des monuments en 1936, et sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996.

Histoire

La naissance officielle de l'édifice intervient le , lorsque Frédéric II ordonne que soient prévus tous les matériaux nécessaires à l'édification d'un château près de l'église de Santa Maria del Monte (aujourd'hui disparue). Cette donnée, toutefois, n'est pas acceptée de tous les spécialistes : selon certains, en effet, la construction du château à cette époque en était déjà au stade de la couverture. L'attribution des plans à un architecte en particulier est même incertaine. Certains y voient l'œuvre de Riccardo de Lentini, tandis que la plupart des historiens soutiennent que la construction a été imaginée par Frédéric II lui-même.

Il semble que le château fut édifié sur les ruines d'une précédente forteresse d'abord lombarde puis normande. Il est probable qu'à la mort de Frédéric II, survenue en 1250, l'édifice n'était pas encore terminé.

Il ne servit que rarement à des fêtes, parmi lesquelles, en 1246, les noces de la princesse Violante de Souabe, fille naturelle de Frédéric et Bianca Lancia avec le comte de Caserte Riccardo Sanseverino. Le château devint ensuite le centre d'un fief qui appartint successivement aux Orsini del Balzo, ducs d'Andria, au général espagnol Gonzalve de Cordoue et, à partir de 1552, à la famille Carafa. À partir du , l'édifice connut de longues périodes d'abandon, pendant lesquelles il se vit dépouillé de ses décorations et de ses ornements muraux en marbre (dont les seules traces subsistantes sont derrière les chapiteaux) et devint tour à tour une prison, puis un refuge pour les bergers, les brigands et les réfugiés politiques. En 1876, le château fut enfin acheté au duc Riccardo Carafa d'Andria par l'État italien (pour la somme de ), dans un état de préservation extrêmement précaire, et les restaurations ne commencèrent qu'en 1928. En 1936 il fut déclaré monument nationalDécret royal n⁰2091 du 27 octobre 1936.

En 1996, l'UNESCO l'inscrit sur sa liste du patrimoine mondial pour la perfection de ses formes et pour l'union harmonieuse d'éléments culturels de l'Europe du Nord, du monde islamique et de l'antiquité classique, exemple typique d'architecture militaire du Moyen ÂgeCastel del Monte sur le site officiel de l'UNESCO.

Description

L'édifice a un plan octogonal régulier, avec à chacun des huit angles de l'octogone une tour elle-même octogonale. Sur sa paroi extérieure, chaque mur mesure de tour à tour, et chaque tour a un diamètre de , soit de côté. La cour interne est un octogone irrégulier, dont les côtés varient entre . Son diamètre est de . Le château dans son ensemble a un diamètre de . Les tours sont hautes de , et dépassent de peu la hauteur des murs de la cour intérieure, avec Franco Cardini, Castel del Monte, éditions il Mulino, L'identità italiana Données numériques sur le site web du château.

Extérieur

La porte d'entrée principale s'ouvre dans celui des murs de la structure octogonale qui est orienté exactement vers l'est, c'est-à-dire en face du point où le soleil se lève lors des équinoxes de printemps et d'automne. On y accède maintenant par l'intermédiaire de deux volées d'escaliers symétriques « en tenaille » disposées sur les côtés de l'entrée, et reconstruites en 1928.

À la différence de la simple entrée secondaire sur la face opposée (orienté vers l'ouest) du bâtiment, constituée d'un simple portail en arc d'ogive, l'entrée principale est décorée de deux colonnes cannelées qui soutiennent un faux linteau au-dessus duquel se détache un fronton de forme triangulaire.

Toutes les parois présentent deux fenêtres : une à simple baie correspondant au rez-de-chaussée, et une à deux arcs au deuxième étage, pas toujours verticalement alignées. Cette règle n'est pas respectée sur les faces occidentales et orientales, où sont percées les deux portes, et qui n'ont pas de fenêtre du rez-de-chaussée, et la face nord, qui présente une fenêtre à trois arcs au deuxième niveau. De plus, des meurtrières dans les parois des tourelles donnent de la lumière aux escaliers en colimaçon aménagés à l'intérieur.

D'un point de vue structurel, les murs du bâtiment principal, entre les tourelles, émergent directement du sol, tandis que les tourelles présentent un soubassement, dont le sommet est mis en valeur par une corniche de style gothique.

Intérieur L'espace intérieur est réparti sur deux étages, qui surplombent le terrain environnant de respectivement. Les pièces trapézoïdales sont séparées par des murs joignant les arêtes de l'octogone interne et les arêtes de l'octogone extérieur, où sont placées les tourelles. Le problème de la couverture des chambres est résolu en divisant le trapèze initial en un carré central et deux triangles latéraux. Le carré central est couvert d'une voûte d'arêtes, alors que les deux triangles latéraux sont couverts de deux quartiers de voûte en berceau pour chaque chambre. Au centre de chaque voûte d'arêtes, à l'intersection des nervures, une clé de voûte dépasse de l'intrados, différente dans chaque pièce.

Les nervures n'ont pas de fonction porteuse, mais seulement une fonction décorative. Les voûtes en berceau sont construites parallèlement au mur extérieur de la pièce en question. Bien qu'adjacents, les deux types de voûtes utilisés sont complétement indépendants : à leur intersection en effet, on peut remarquer que la courbure présente une discontinuité, provoquée par un décalage dans la composition des deux couvertures contiguës.

Le plan d'appui de la voûte est souligné par une corniche, soutenue par le chapiteau au sommet des colonnes porteuses. La communication entre l'étage inférieur et l'étage supérieur est assurée par les escaliers en colimaçon, qui ne sont pas présents dans chacune des huit tours. Ces escaliers montent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Ils comprennent chacun trapézoïdales, chacune constituée d'une pierre d'un seul tenant, qui émergent d'une colonne centrale d'un diamètre d'environ .

L'étage supérieur, bien que calqué sur la structure de l'étage inférieur, est plus raffiné et plus orné : les nervures qui soulignent les voûtes sont plus élancées, et chaque salle est largement éclairée par la présence de fenêtres à deux ou, dans un cas, à trois arcs. La particularité de ces fenêtres est la présence de marches et d'une banquette de chaque côté de la baie. Le long des murs de chaque salle court une banquette qui passe en dessous de la base des colonnes.

À l'intérieur du château, une attention particulière doit être portée au mécanisme de manœuvre de l'antique volet roulant qui fermait la porte principale, visible avec tous les évidements nécessaires, à l'intérieur du mur porteur, pour le passage des chaînes qui le soutenaient.

Cour intérieure Dans la cour intérieure, la compacité des murs est atténuée par la présence de trois portes au niveau inférieur et de trois portes richement ornées au niveau supérieur. La sensation à l'intérieur de la cour est que tout le rez-de-chaussée joue le rôle de soubassement pour l'étage supérieur, allégé par des arcs aveugles.

Les portes de l'étage supérieur donnaient probablement à l'origine sur une galerie en bois placée en encorbellement, aujourd'hui disparue, et qui faisait le tour de la cour au complet. Cette galerie aurait permis de se rendre d'une pièce à l'autre de l'étage sans avoir à en traverser toutes les pièces.

On pense qu'au centre de cette cour, il a déjà existé un bassin, également octogonal, fabriqué en marbre d'une seule pièce, selon la description de Troyli en 1743.. Une des nombreuses légendes veut que ce bassin ait représenté le Saint Graal. qui, suivant certaines légendes, aurait été abrité pendant un moment dans l'édifice.

Sous le bassin, au centre de la cour, en dessous du sol, se trouve une large citerne pour recueillir les eaux pluviales, dont il semble qu'il était fait grand cas dans cet édifice, puisqu'il existe cinq autres citernes dans les tourelles. Toutefois, seule celle située sous la cour est actuellement fonctionnelle.

Comme preuve additionnelle de la perfection structurelle de l'édifice, les tangentes aux murs de la cour intérieure se coupent précisément au centre des tourelles octogonales.

thumb|center|upright=2.5|Cour du château. Vue panoramique à 360°.

Décoration thumb|upright 0.7|Vue d'une colonne intérieure, et de la banquette qui garnit la périphérie de chaque pièce du deuxième niveau. thumb|upright 0.7|Escalier à l'intérieur du château. thumb|upright 0.7|Une salle du premier étage : fenêtre à deux arcs, avec son escalier et ses banquettes latérales.

La décoration de l'édifice, à l'origine très riche, mais désormais presque entièrement disparue, se distingue au niveau des clés de voûte des nervures, décorées de créatures mythologiques et de motifs végétaux, caractéristiques du réalisme de la sculpture souabe tardive, d'inspiration romanisante (comme le buste de Barletta). Architecture et sculpture trahissent les influences des constructions françaises et cisterciennes.

De riches corniches en porphyre décorent les portes.

La structure est composée essentiellement de trois matériaux différents, dont l'agencement n'est pas aléatoire, mais étudié pour l'effet de leurs couleurs :

La pierre calcaire, certainement le matériau prédominant, puisque c'est dans ce matériau qu'ont été taillés tous les éléments structurels et plusieurs éléments décoratifs. Ce matériau confère à l'édifice une couleur allant du blanc au rose, en fonction de l'heure de la journée à laquelle on l'observe ; Le marbre blanc ou avec de légères veines, ne subsistant aujourd'hui que dans de rares décorations dans les salles, devait autrefois être le matériau dont étaient faits tous les accessoires et les décorations du bâtiment ; La breccia corallinavariété de marbre rouge-orangé qui donne une touche de couleur à la structure. Dans le passé, l'effet devait en être plus marqué, puisque les murs de toutes les pièces étaient revêtus de plaques de ce matériau.

Hypothèses sur la fonction de l'édifice

Bien qu'il soit communément appelé castel (château), la fonction exacte de cet impressionnant édifice est encore inconnue. Privé d'éléments architecturaux typiquement requis dans l'architecture militaire, posté sur une position non stratégique, cet édifice n'a probablement jamais été conçu pour être une forteresse. Plusieurs éléments de la construction, de plus, font rejeter fermement cette hypothèse : par exemple, les meurtrières, en outre, sont trop étroites pour envisager de les utiliser pour tirer des flèches.

L'hypothèse qu'il s'agissait d'une résidence de chasse, activité que le souverain affectionnait, est remise en doute par la présence d'ornements élaborés et l'absence d'écuries et d'autres annexes typiques des résidences de chasse. En outre l'environnement est constitué d'oliviers peu à même de receler du gros gibier.

Une récente hypothèse de Fallacara et Occhinegro assigne à la construction le rôle de centre de bien-être, sur le modèle du hammam arabe. Divers éléments de la construction suggèrent cette destination : multiples et ingénieux systèmes de canalisations et récolte d'eau, nombreuses citernes de conservation d'eau, la particulière conformation de l'entier complexe, le parcours interne ainsi que la forme octogonale.